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Raymond Corbaz, ancien athlète

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08 septembre 2015

« Je me livre et je mets le dialogue en route »

Raymond Corbaz ne «fait» pas son âge, comme on dit, sa passion pour la course à pied n'a jamais cessé de l'habiter et il a la communication facile. « J'ai été un commercial. Je me livre et je mets le dialogue en route. Ce sont des cartouches importantes.» Son discours est vivant et clair ; parfois il lutte contre des mots fragiles quand il aborde des domaines qui le sont tout autant.

Un livre est en chantier. Il s'appellera « Ma trace », révèle Raymond Corbaz. Cet ouvrage parlera  un peu de lui, de sa trajectoire; surtout des athlètes, sportifs fragiles, avec des conseils que l'auteur a prodigué durant toute sa vie, mais il n'y aura pas que ça. «Au Footing-club Lausanne, société que je préside depuis sa création – en 1969 -, je fais le papy, je suis le motivateur, je soigne les relations publiques. Quel que soit leur niveau, les athlètes (coureurs, hommes et dames) sont des personnes hyper sensibles. Il faut les écouter, les entourer. Il faut être présent, leur consacrer du temps. » En septembre, Raymond Corbaz sera au marathon de Berlin. «Nous serons 38, du Footing-Club, à nous rendre en Allemagne. Le club compte entre 220 et 250 pratiquants.» Christophe Gilliéron, colonel à l'armée et banquier assure la vice-présidence avec un tel brio que les nuits de Raymond Corbaz sont aussi paisibles qu'un matin calme.

Du coup, il découpe sa vie en 4 étapes : il y a d'abord eu l'athlète, puis la présidence du Footing-Club Lausanne, ensuite l'organisation de courses dès 1972 ; enfin la prise de pouvoir d'un magasin « New Concept », à Epalinges (en 1995), dédié aux coureurs à pied, aux athlètes, à Monsieur et à Madame tout le monde ; un magasin qu'il a remis – vendu – en 2009. Pour Raymond Corbaz, le cross amène à la piste. En novembre prochain au CHUV de Lausanne, une conférence est prévue. Sa teneur ? «Nous allons parler des tests d'efforts avec un spécialiste et un médecin. Nous allons informer les adeptes de la course à pied des bénéfices du cross sur une préparation hivernale et de ses valeurs en vue des courses en général, qu'elles soient hors-stade ou sur piste.»

Depuis 2013, le Footing-Club Lausanne est affilié à Swiss-athletics. «La Fédération nous suit mais ne vient pas en soutien. Nous sommes un peu seuls. Ce qu'on veut faire, c'est travailler non seulement avec les élites mais avec les populaires qui participent à toutes les courses, les inciter à faire du cross, leur parler de ses bienfaits sains pour la suite. Cela fait des années et des années que nous effectuons ce travail, qui est une mission, qu'on gère cette philosophie ; aujourd'hui, ça commence à payer. » 

En 1969, année de création du Footing-Club Lausanne – une centaine de membres déjà en faisaient  partie -, les courses de marathon n'existaient pas vraiment. «Il y avait celui de Boston, mais pas New-York», précise Raymond Corbaz. Cette année-là, 1700 athlètes ont participé à Morat-Fribourg. « On était dans une période où le jogging démarrait  tranquillement. Le footing connaissait ses premiers frémissements. » Aujourd'hui, signe des temps modernes, tout le monde court et pas que pour son plaisir et le bien-être, ni pour le plaisir et son bien-être.

Sur la piste cendrée du stade de Vidy à Lausanne en 1973.

Raymond Corbaz et les coureurs…

…africains. Des soupçons de dopage entourent (notamment) l'athlétisme kényan. « A l'origine, dit Raymond Corbaz, les Africains bénéficient de conditions de bases idéales. Ils vivent pour la plupart sur les hauts plateaux et pour aller à l'école et retourner à la maison, les gamins courent. Ce sont évidemment des conditions extraordinaires, que l'Européen ne connait pas. Dans le sport en général, en athlétisme, en particulier, les Africains jouent leur carrière. » 

L'Europe a eu des grands champions (demi-fond, fond, marathon). Raymond Corbaz en cite trois : Alain Mimoun, Gaston Roelants et Michel Jazy. «Leurs chronos, souligne-t-il, sont proches de ceux réalisés aujourd'hui. Sans preuve, il ne faut pas accuser, en l'occurrence les Africains. C'est nous qui n'avons rien fait pour apporter de la munition aux jeunes qui brillaient. Pour rivaliser avec l'Afrique, ses athlètes, l'Europe, ses fédérations, n'ont rien entrepris. Aux Etats-Unis, grâce à l'appui marqué d'un gros équipementier, des stages ont été mis sur pied pour des coureurs qui veulent s'entraîner sérieusement, avec des ambitions. Aux derniers mondiaux de Pékin, des résultats ont été entrevus. Aux JO de Rio en 2016, il sera très intéressant de voir le comportement des athlètes américain s sur les courses longues. »

En Suisse, pour ne parler que d'eux, Markus Ryffel détient toujours le record de Suisse du 5000 m établi aux JO de Los Angeles en 1984, en 13'07''54 ; et Pierre Délèze, celui du 1500 m en 3'31''75,  performance réussie au Weltklasse de Zurich en 1985.

Raymond Corbaz rapporte une anecdote. « On m'a raconté qu'un docteur américain (Dr Saunders) avait racheté un stade à New-York dans le but de relancer la course à pied chez les jeunes. Il a mis sur pied des jeux scolaires indoor. Le succès est énorme. »

Raymond Corbaz et sa...

…vie. Raymond Corbaz avoue : «J'ai eu cette chance d'avoir toujours pu faire ce que je voulais. » Un luxe, un privilège. C'était une autre époque, bien moins compliquée et où des portes s'ouvraient plus facilement. « Aujourd'hui, ça se passerait autrement. »

Sa scolarité, il l'a effectuée au Mont-sur-Lausanne. Puis, il a toujours baigné dans le monde du sport. « J'ai eu la chance – encore une, méritée, voulue, recherchée – de figurer très rapidement parmi les meilleurs athlètes. » Il a été moniteur de gym au Mont-sur-Lausanne, il a suivi une formation EPGS (Ecole de Gymnastique Sportive), Jeunesse & Sport ; a suivi également des cours à l'INS Paris (INSEP,  Institut National du Sport). Raymond Corbaz a aussi ouvert à l'époque un institut « Sauna-Massage», au Mont-sur-Lausanne. Dès 1975, il a travaillé pour NIKE « au service de vente plus promotion », au contact, déjà, avec la clientèle. « Grâce à NIKE, j'ai reçu une formation de podologue sportif, formé pour fabriquer des semelles.» A 50 ans, il décide d'ouvrir un magasin, « New Concept » à Epalinges.  

De formation, Raymond Corbaz est mécanicien en mécanique fine. « J'ai travaillé chez Bobst, une entreprise qui m'a permis de m'entraîner quand je le voulais. « Le directeur du personnel m'avait même dit : « On vous fait confiance, vous n'avez pas besoin de timbrer. On sait que le travail sera  fait. Nous aimons bien les bons employés, qui flambent dans le sport. » Ou vice versa. 

Le rêve de Raymond Corbaz ? Devenir pilote. Grâce à l'armée, il a pu passer une licence privée de pilote ; mais il n'a jamais pu accéder à un  Vampire. « J'étais parmi les meilleurs, l'armée définit le nombre de pilotes sélectionnés. L'armée en prenait 15 et j'ai terminé en 19e position. » Raymond Corbaz a le brevet d'acrobatie. Consolation ?

Palmarès

Raymond Corbaz est né le 4 janvier 1944 au Mont-sur-Lausanne.

Ancien athlète. Du Stade-Lausanne.

En 1971, a terminé 2e des championnats de Suisse de cross à Zurich (derrière Werner Dösseger).

En 1973, a terminé 3e des championnats de Suisse de marathon (en 2h31' et des poussières).

A été sélectionné à des très nombreuses reprises avec l'équipe de Suisse (pise et cross).

En 1982, il a terminé 6e de Morat-Fribourg, arrivée au Tilleul (53'48'', son meilleur chrono).

Président (il l'est toujours)-fondateur du Footing-Club Lausanne, club qui a vu le jour en mars 1969. C'est le plus grand club de sport populaire de Suisse-romande.

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