Sébastien Roth, ancien footballeur | Coopération
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Sébastien Roth, ancien footballeur

23 juin 2015

Cet ancien portier de talent a toujours le cœur grenat

Il a le cœur peint en grenat ; grenat comme Servette. Durant quelques saisons, Sébastien Roth a été le gardien du club, du temple. Il y a peu de temps, le club genevois a été relégué administrativement mais sauvé de la faillite ; d'une autre, après celle survenue en 2005. «C'est pour ça qu'on devient fou avec tout ce qui se passe », dit cet ancien portier talentueux, aujourd'hui conseiller en assurance ; à Nyon, chez Generali.

Le regard bleu, le costume d'un bleu logiquement plus foncé, Sébastien Roth raconte, en quelques mots - ou maux - ce qu'il a vécu en 2005. « La faillite a causé du malheur à tout le monde et il n'est pas que sportif. C'était galère parce que les salaires ne tombaient pas : six mois sans être payé. Les gens croient qu'on touche une fortune parce qu'ailleurs, elle existe (dans les grands clubs surtout). Pas ici, mais ils font l'amalgame. » Des joueurs n'ont pas pu rentrer chez eux parce que   la serrure avait été changée. D'autres n'avaient plus de quoi payer l'essence pour leur voiture. « La femme d'un joueur a souhaité se faire avorter de peur que son mari et elle ne puissent pas assumer la vie de l'enfant.» Un drame humain. Une faillite, quelle que soit son ampleur, où qu'elle survienne, débouche toujours sur des situations dramatiques. «Dans le club, il y a eu une belle solidarité, de la part des membres du Club des 100 (club de soutien) notamment; de l'aide est également  venue de l'extérieur. »

Sébastien Roth est alors parti en France, à Lorient (D2). Un mois avant la faillite, il avait reçu une offre du FC Bâle, alors entraîné par Christian Gross. «Nous nous étions rencontrés à Lausanne, au Mövenpick. Bâle était déjà champion du pays, mais Servette n'était pas loin. On régatait avec les Rhénans. J'étais titulaire ; avec mon cœur grenat, je ne pouvais décemment pas quitter Genève.»  Des gens lui disaient : « Sébastien, pourquoi as-tu refusé d'aller à Zurich ?» Réponse de l'intéressé,     à l'époque, confirmée l'autre jour : « Pour la bonne et simple raison que les dirigeants zurichois ne m'ont jamais fait d'offre.»

Sébastien Roth est à Carouge, responsable des gardiens. C'est un formateur, pas un futur entraîneur d'une équipe. Un projet se dessine, il est discuté ;  bientôt il sera opérationnel. « J'ai envie de tisser des liens avec les clubs alentours (Plan-les-Ouates, Vernier, Champel, etc). Il n'y a pas assez de communication entre les clubs. L'idée, ce n'est pas de leur prendre des joueurs, ni de les piller mais de détecter les talents - il y en a partout -, de donner une chance aux meilleurs. Cela passe par des discussions avec les entraîneurs. »

Le football suisse a toujours eu des gardiens de grande qualité. Sébastien Roth a fait partie de ceux-là. Il a hâte de pouvoir encore donner plus, à considérer son expérience, son vécu et tout ce qu'il a appris (à Servette, notamment, aux côtés d'Eric Pédat, un portier de légende.) « Je suis encore trop dans la compétition.» Quand il dit ça, il a les fourmis dans les jambes. On ne les a pas vues. Il a suffi de se plonger dans son regard bleu pour deviner qu'elles étaient là.

Sébastien Roth et son assurance

Depuis 3 ans et demi, Sébastien Roth, au bénéfice d'un CFC de commerce travaille chez Generali à Nyon. «Je suis conseiller en assurance, surtout en prévoyance. » Son patron? « C'est un ami. On se connait depuis 15 ans. C'est lui qui m'a proposé le job. » Durant 6 mois, il a suivi une formation. «  J'ai appris tellement de choses que le métier est hyper intéressant, ça me plaît ; tout dépend de la manière dont tu l'abordes. Je suis plus conseiller que vendeur. Il faut  être honnête, agréable dans l'approche avec la clientèle, sérieux, instaurer une relation de confiance. C'est essentiel ; et même vital.»  

Et dire qu'à l'époque, Sébastien Roth clamait haut et fort : « Moi dans les assurances, jamais ! »

La transition de l'après-football s'est faite sans problème chez Sébastien Roth. « Car c'était mon intention d'arrêter. J'avais besoin de stabilité. Depuis l'âge de 16 ans, je n'ai pas  eu vraiment de point d'encrage. »  

Il parle à nouveau de la faillite vécue avec Servette. « Quand tu occupes le haut de l'affiche, c'est   fou le monde qu'il y a ; quand tu n'es plus intéressant pour les gens – quelle que soit les raisons -, ils disparaissent, ils ne sont plus là. Ça m'a permis de faire un tri dans mon entourage. »

Sébastien Roth a des valeurs. Il en a construites quelques-unes; les autres, il les a apprises, puis développées dans le sport « Une école de vie.»

Palmarès

Sébastien Roth est né le 1er avril 1978 à Boncourt.

Gardien de but.

Juniors à Alle puis à Delémont. A joué aux SR Delémont (en 1ère équipe en 1997), à Soleure, à Servette (de janvier 2000 à 2005, année de la faillite du club). Puis à Lorient (D2), à Yverdon, à Chénois (une pige), à Schaffhouse (LNB, challenge League), au Mont, à Carouge, promu en LNB (challenge League).

Sélectionné avec toutes les équipes nationales juniors. A disputé l'Euro des M16 avec la Suisse.

A été le gardien de l'équipe de suisse des M21. Troisième gardien à l'Euro 2004 au Portugal. Puis a été la doublure de Zuberbühler (2004-2005). Il a perdu sa place par la suite, pour les CM 2006 (remplacé par Coltorti).

A remporté la Coupe de Suisse avec Servette en 2001. Avec Servette, a disputé la Coupe de l'UEFA (jusqu'en 8e de finales, 2001-2002).

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