X

Recherches fréquentes

Stefano Crescenzi, ancien footballeur

TEXTE
01 septembre 2015

Crescenzi: un homme dans les mémoires à l'Elysée

Stefano Crescenzi est professeur au Collège de l'Elysée à Lausanne. «Mes élèves sont âgés de 10 à  16 ans.» Avant d'être nommé dans cette institution, il a effectué de nombreux remplacements. «Le métier a changé parce que les élèves ont changé.» Avant, les élèves étaient plus respectueux «Mais on avait  quand même une ou deux classes difficiles.» Aujourd'hui, tout est devenu plus compliqué. «Quand ils commencent à enseigner, les jeunes professeurs – pas tous, heureusement - se rendent comptent rapidement de la difficulté de leur tâche. Alors, soit ils demandent des congés, une année sabbatique ou alors arrêtent. »

A l'Elysée, Stefano Crescenzi enseigne le sport (principalement), l'histoire et l'italien. «Ayant obtenu mon passeport suisse en 1994, je n'entrais pas en ligne de compte pour jouer (éventuellement) avec des sélections suisses.» Il est double national et quand il était à l'Uni, il a «fait» les lettres. «C'était le foot à l'époque, pour moi. Je suis parti en lettres, pour faire quelque chose. L'intérêt est venu petit à petit.» Il a aussi une licence en russe. «Je pense qu'il ne me faudrait pas longtemps pour reparler cette langue.» Professionnel, il ne l'a été qu'au SC Zoug. «Sinon à Lausanne, j'étais aux études. Elles ont contribué à mon équilibre, à mon bien-être; surtout, les études m'intéressaient.»

Le 6 juin 1981, à 22 ans, le footballeur Stefano Crescenzi est entré qui dans l'histoire du LS, qui dans la mémoire collective. En marquant deux buts pour le LS, dans les prolongations, lors de la finale de la Coupe de Suisse contre Zurich (4-3). «A la 75e minute, rappelle l'intéressé, Robert Lei-Ravello se blesse. Tout le monde s'attendait à ce que Jean-Michel Guillaume le remplace. Charly Hertig (alors entraîneur, assisté de Richard Dürr), me dit: «Stef', prépare-toi !» En ce qui me concerne, je savais  que s'il y avait un changement, je jouerais. Hertig me l'avait dit auparavant. En ¼ de finales, contre Nordstern, j'avais marqué le but égalisateur tout à la fin des prolongations qui nous avait permis de rejouer chez nous contre la formation bâloise (3- 0, les tirs aux buts n'existaient pas encore). Et en demi-finale, nous avions éliminé Grasshopper à Zurich (3-1). Le groupe était super, la camaraderie extraordinaire. Charly m'aimait bien. Hélas, Richard et lui ne sont plus là.»

Encore aujourd'hui, d'aucuns lui reparlent de cette finale de rêve. Un spectacle, joué par  Massimo Furlan, l'a faite revivre, avec la présence de certains de ses acteurs venus saluer le public, un soir de juillet de cette année. L'événement s'est passé au stade olympique de la Pontaise à Lausanne, dans  le cadre du Festival de la Cité. L'émotion était palpable.

Il faut savoir se souvenir des belles choses.

Stefano Crescenzi «ses» filles

Après avoir entraîné les garçons durant très longtemps, Stefano Crescenzi s'est offert deux années sabbatiques. Histoire de recharger des batteries reliées, notamment, à la motivation et aux envies. «J'ai repris goût au foot, dit-il, ça fait 4 ans que je les entraîne, j'ai retrouvé une belle motivation. On s'entraîne trois fois par semaine et il y a le match le week-end. Le football, pour les filles, c'est avant tout un jeu. Elles défendent ses valeurs et le respecte. Elles ont du plaisir à être ensemble. Chez elles, les gestes, comme les attitudes, sont naturels. Il n'y a pas de naïveté car elles travaillent comme les garçons. »

Une sélection des meilleures filles du Canton de Vaud - et au-delà - forme son groupe. «Mon équipe, cette saison, est incorporée avec les Inter C. Nous jouerons contre des garçons, qui ont entre 13-14 ans. Soit deux ans de moins que mes filles, pour compenser la différence au niveau de la force et de la vitesse. »

Stefano Crescenzi...

…et le football actuel. «Le foot actuel ? Il est catastrophique. Je ne parle pas de son niveau de jeu, ni de l'aspect technique, tactique. Il n'y a jamais eu autant de tricheurs, de scandales. Le système veut ça, qui peut transformer l'être humain, le sportif, le footballeur, en le plongeant dans une situation extrêmement difficile. »

La philosophie de Stefano Crescenzi ? « C'est le jeu. L'amour du jeu.  Ses vertus. Je retrouve tout ça chez les filles. Il y a beaucoup d'entraîneurs garçons chez les filles. Ceci explique peut-être cela. »

Depuis la dernière Coupe du monde féminine au Canada, et la présence remarquée de l'équipe de Suisse, des sponsors se manifestent, s'intéressent de plus en plus au football des dames. Mais cet intérêt ne va en rien perturber leur état d'esprit, ni changer quoi ce soit.

Des personnes compétentes, passionnées, attentives, attentionnées - à l'image de Stefano Crescenzi - veilleront à ce qu'il n'y ait pas le plus petit vertige ou dérapage.

Palmarès

Stefano Crescenzi est né le 28 mars 1959 à Lausanne.

Ancien footballeur – milieu de terrain.

A été junior C au Stade-Lausanne, puis a évolué au Lausanne-Sport.

A joué ensuite avec le SC Zoug (montée en 1ère division, LNA), puis le club est tombé en faillite.  Retour en Suisse-romande, à l'ES Malley (promotion en LNB, avec Stéphane Chapuisat, 17 ans).

A remporté la Coupe de Suisse avec le LS (saison 1980-1981). Finaliste de la Coupe avec le LS en 1984, défaite contre Servette 1-0.

A entraîné durant 30 le football masculin (chez les juniors), terminant son parcours – 2 dernières années – avec les M21 Team Vaud.

A été entraîneur-joueur durant 4 ans d'Italia Morges (fin des années 1980, début des années 90) « Italia Morges n'existe plus. »

Entraîne les filles M17 de Team Vaud espoir féminin. «Nous faisons partie d'Yverdon féminin, nous nous entraînons à Bussigny et cette saison, nous jouerons à Chavornay les matches de championnat à domicile. »

Quiz

  01
sur
 


Article précédent Patrick Sylvestre, ancien footballeur Article suivant Raymond Corbaz, ancien athlète