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Xavier Blanc, dirigeant

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20 octobre 2015

Xavier Blanc : «En étant utile pour les autres, je suis épanoui »

Au fil de la discussion, à la Gare de Genève, grâce au bon vouloir de sa mémoire qui argumente, se souvient, s'appuyant sur des souvenirs vivaces, positifs et forcément inoubliables, Xavier Blanc dit ce qu'il a entrepris encore. La liste de ses activités, de ses engagements s'allonge. On prend des notes, le cahier se remplit. La prochaine fois on se munira d'un deux cents feuilles. « Et j'ai encore des tas de choses à te raconter. »

Le monde du sport a considérablement enrichi son livre de rencontres, soulignant avec humour et   à-propos l'aspect romantique de celles-ci. « Grâce à mon travail, j'ai la chance de connaître des sportifs et de grands sportifs, des entraîneurs ou de grands entraîneurs, des financiers, des chefs d'entreprise, de grands dirigeants, des personnes très fortunées, des politiques, etc, etc », raconte Xavier Blanc. « Ces rencontres, c'est la Suisse, ajoute-t-il. C'est de pouvoir croiser le chemin, par exemple, d'Alain Berset dans un train, de prendre son téléphone et d'appeler facilement X, Y ou Z, qui est connu ou un peu moins. Ailleurs, ça serait différent, ou un peu plus compliqué. » La petitesse du territoire permet ce genre  de privilège.

Quand il entraînait des athlètes, Xavier Blanc leur disait : « Soyez toujours contents de vos résultats, peut-être que vous ne les referez plus.» Histoire d'éviter la frustration. « Au début, au plan technique, je n'étais pas compétent, mais j'avais la foi. J'étais un jeune entraîneur passionné, auquel on faisait confiance. C'était les athlètes qui étaient bons, il y a eu des résultats. J'ai vécu une période géniale.» Xavier Blanc poursuit : «En tant qu'entraîneur, j'avais seulement deux qualités. Un : je savais préparer les athlètes pour le jour J. Deux: sachant que j'étais incompétent, j'étais donc dans la recherche, constamment. Avec eux je me trouvais sur le terrain et j'occupais un autre, celui de la réflexion et de la compréhension de mon environnement ; le sport suisse.»

Paradoxalement, Xavier Blanc a toujours eu un problème avec la compétition. «J'étais mal à l'aise quand je finissais devant un concurrent. Je ne savais pas comment réagir. J'ai de la peine avec les classements. » Pourquoi ? Voilà un mot qui revient souvent dans le discours fort riche du natif de Morges. « Non, je ne suis pas à l'aise avec la compétition. Oui, pourquoi obligatoirement gagner ? Mais c'est personnel… Courir, avoir des sensations géniales me suffisait amplement.  Si, poursuit-il,  je ne suis pas à l'aise avec la compétition, je l'étais avec l'accompagnement des athlètes et le sport de haut niveau qui te pousse en tant qu'entraîneur à dépasser tes limites et tes connaissances. Les voir réussir les objectifs qu'ils s'étaient fixés était vraiment jubilatoire. »

Xavier blanc et Sergei Aschwanden

Xavier Blanc et l'aide aux sportifs

En 2000, Edwin Rudolf, alors directeur de l'Aide Sportive, contacte Xavier Blanc. « Je cherche à développer l'Aide Sportive en Suisse-romande. J'ai pensé à vous pour ce travail. » Xavier Blanc accepte, quitte l'IDEHAP (Institut de Hautes Etudes en Administration Publique) où il se trouvait depuis 1995. Sa mission dans cet institut universitaire, dans un premier temps ? Mettre sur pied  un cours de management de sport. « C'est le professeur Jean-Loup Chapelet qui m'avait engagé. »

A l'Aide Sportive (la fondation de Swiss Olympic), Xavier Blanc y a passé 11 ans de sa vie. «Mon rôle a été de collecter des fonds pour aider les jeunes sportifs. De servir d'intermédiaire entre les donateurs et les sportifs. En 11 ans, j'ai récolté 6 millions de soutien.» La première année ? «Sur 500 coups de fil, j'ai essuyé 500 refus. » Grâce à un réseau tissé de longue date, Xavier Blanc a su s'entourer de personnalités qui font le sport. Celles-ci  l'ont soutenu en l'encourageant, en lui ouvrant des portes, en lui donnant de la légitimité. « Une fois par année, j'organisais une soirée romande  - une idée géniale signée Xavier Blanc - de l'Aide Sportive en mettant les sportifs soutenus au centre de la manifestation. »

Xavier Blanc et le Spécial Olympics Switzerland

Xavier Blanc a donc quitté l'Aide Sportive pour prendre la responsabilité du bureau romand de Special Olympics Switzerland ( www.specialolympics.ch ) Cette fonction, il l'occupe depuis le 1 er janvier 2012. Pourquoi avoir quitté l'Aide Sportive ? « Tout simplement parce que j'avais besoin de redonner un sens à mon activité professionnelle. Le sport d'élite, que j'apprécie toujours énormément, a considérablement évolué. J'ai parfois l'impression d'être devant de la Télé réalité avec sa médiatisation à outrance. Avant d'être une activité que l'on partage, c'est trop souvent devenu un produit commercial. » Il cite deux exemples. « Au 100m, vous avez Bolt 1 er ,  mais qui connait le second ou le troisième ? Roger Federer…il n'a même plus le droit de perdre ! »

Special Olympics a été créé en 1968 aux USA par Eunice Kennedy-Shriver. Depuis 1988, il est  reconnu officiellement par le CIO. Aujourd'hui, Special Olympics est présent dans 170 pays et représente 4 millions de sportifs, organise 70'000 compétitions annuelles (exemples : World Games, European Games, National Games) dans 32 disciplines sportives.

Special Olympics est le plus important mouvement sportif pour personnes en situation de handicap mental ; soit des personnes présentant une déficience intellectuelle, une perturbation de la capacité d'apprentissage, un trouble ou un retard de développement, voire une anomalie comportementale. « Mon travail consiste à les valoriser et à rechercher des fonds pour leur donner accès au sport », dit Xavier Blanc, qui se sent à nouveau utile. « Se sentir utile, cela donne un sens à tes réalisations. J'ai la chance de pouvoir me retrouver dans cette situation. En étant utile pour les autres, je suis épanoui. »

Chez Special Olympics, Xavier Blanc vit dans un monde chaleureux, attachant et  reconnaissant. «Où la performance est un moyen, pas une finalité. » Il raconte une anecdote. «La première compétition que j'ai suivie avait pour cadre  la piscine de Porrentruy, occupée par 150 personnes en situation de handicap mental. Comme personne ne me connaissait, on m'a présenté, tout le monde a stoppé son activité et on m'a applaudi. Ça a duré 30 secondes.»

Curieux comme peut l'être un homme multipliant l'accès à des terres inconnues, Xavier Blanc est encore ému à l'évocation de cet accueil rare. Lointain mais si présent.

Palmarès

Xavier Blanc est né le 31 janvier 1966 à Morges.

Issu de l'athlétisme (Club-Athlétique de Fribourg).

En 1979, a été finaliste de l'écolier romand le plus rapide.

Sur 100 m, son record personnel est de 11'13. A entraîné (au club Stade-Genève, de 1988 à 1996) de nombreux athlètes, parmi eux Laurent Clerc et Olivier Bettex, qui ont réalisé une belle carrière. A été aussi responsable national du 4x100m juniors et espoirs. Son histoire avec l'athlétisme a pris fin en 1996.

Est au  bénéfice d'un Master en science politique et d'un Master of Advanced Studies en Management et analyse de politique publique (sujet de mémoire : la politique du sport suisse), d'un diplôme européen de préparateur physique en sport collectif des Universités de Lyon et de Turin. Xavier Blanc est aussi instructeur Jeunesse & Sport.

A été préparateur physique à Etoile-Carouge (football, arrivée début 1998), avec une ascension en LNA (1997-1998).

Puis est parti au Centre de formation du FC Servette (Xavier Blanc a suivi Thierry Cotting). Retour à Etoile-Carouge et fin de l'aventure football.

Il fait partie  de la Commission d'aide aux sports à Genève.

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