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Claude Gross, ex-entraîneur, directeur sportif

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02 août 2016

Claude Gross: «La licence UEFA Pro, elle me servira ou pas…»

Avec le FC Le Mont, il a connu des ascensions. Entraîneur durant cinq ans, Claude Gross, fort de quelques éclats sportifs joyeux et jalousés et de coups de gueule au bord de la touche, et aussi ailleurs, fut en Ligue Nationale (LN), le chef resté le plus longtemps à cette place. Un record de durée; ou presque. «Je n'avais pas de pression liée aux résultats, sinon celle que je me mettais moi-même», relève l'intéressé serein et détendu à l'ombrage d'un coin de terre battue au Mont-sur-Lausanne. «Le foot n'est pas mon gagne-pain.»

C'est que Claude Gross, depuis 6 ans, est responsable technique (voirie, bâtiments et service des eaux) à la Commune de Chexbres. «J'aime mon métier et le football est mon ballon d'oxygène. » Durant toutes ces années, il a eu deux boulots: un vrai et un autre. «Il y en a qui n'en ont pas. Je  suis un privilégié.» Il s'est levé tôt pour être à son travail à 0630 ou à 0700. L'entraînement? «En 1ère ligue, il était à 1830. Quand Le Mont est monté en Challenge League on l'a fixé à 1730. Comme il y a eu de plus en plus de joueurs pros, c'était plus facile de réunir le groupe plus tôt. Ainsi, j'avais mes soirées. J'ai une famille.»

En novembre, Claude Gross sera au bénéfice de la licence UEFA Pro, commencée en janvier 2015, un papier qui ouvre toutes les portes d'un stade, d'un vestiaire, un document qui va lui permettre d'entraîner partout mais pas n'importe où. «Dans ma volée, il y a Marco Walker, Vogel, Wicky, Joël Magnin, Lombardo et Marc Duvillard», énumère en vrac Claude Gross, fier de côtoyer ces anciens footballeurs de renom «Moi, je n'ai jamais évolué en Ligue nationale», de posséder bientôt cette licence dont les contours ont été élaborés à Mûri (principalement) et à Macolin «Elle me servira ou pas», souligne-t-il. «Je sais d'où je viens, je sais qui je suis, mais il n'est pas interdit de rêver.» Pour donner forme à ce papier, Claude Gross a vécu quelques stages, dont un à Rennes, avec le truculent et célèbre Rolland Courbis, qui a duré une semaine et un autre, aux Pays-Bas,  avec les M17 suisses de Gérard Castella. «J'ai dû aussi analyser l'équipe de Suisse (forces et faiblesses, notamment) lors de son match contre la Slovénie, à Bâle. J'ai dressé un rapport.» Les examens finals sont prévus en novembre.  

Au terme du dernier championnat, Claude Gross a ressenti une usure, une fatigue, un gros coup de mou. Durant 5 ans (voire plus), il a consenti à beaucoup de sacrifices, le soir et des nuits, il lisait et analysait les vidéos des matches; une vie qu'il a voulue et cautionnée. C'est pourquoi il ne se plaint de rien, sauf peut-être de cette lassitude survenue subitement, même si elle était attendue à cause de quelques prémices.

Aujourd'hui, il est le directeur sportif du FC Le Mont parce que, qu'il le veuille ou non, le football fait partie de son ADN.

Claude Gross et...

…son rôle de directeur sportif. «Il n'est pas défini, il n'y a pas de cahier des charges», dit Claude Gross, qui soigne un genou droit abimé, par une usure aussi. «J'aide le président Serge Duperret, j'épaule l'entraîneur de la 1ère équipe. J'assure le joint entre ces deux hommes.» Et les transferts ? «Ils se discutent et s'effectuent entre eux et moi. Si on se trompe, il y a trois responsables. Dans le cas contraire, on est trois à être contents.»

Durant des années, Claude Gross a goûté à l'adrénaline, a même vécu avec. «Les matches, c'est quelque chose…», lâche-t-il. «Aujourd'hui, curieusement, le terrain et les entraînements ne me manquent pas.» Parce que la situation est nouvelle? «Je ne sais pas.» Joueur, il était rapide et  était un milieu de couloir. «Un numéro 7. Je n'étais pas très puissant, mais correct.» Droitier, il écrit de la main gauche.

Avec le recul, récent, Claude Gross est satisfait de son parcours d'entraîneur. «Je n'oublie pas d'où je viens: du FC Vignoble, de 3e ligue.»  Il ne se met pas de barrière. «Simplement, il faut savoir où sont ses limites. Et j'ai 47 ans.» Avec son président Serge Duperret, l'aventure, déjà longue, connait des prolongations. «Entre lui et moi, le contrat, ça a toujours été une poignée de mains.»  Un signe d'amitié et de confiance, avec des hauts et des bas, comme dans un vieux couple.

Claude Gross...

…et le caractère. «Si j'ai un caractère fort, dur et parfois froid, c'est pour masquer une timidité qui est limite maladive», avoue Claude Gross. On la soupçonnait. «Le foot, poursuit-il, c'est une bonne thérapie.» Sa philosophie de vie? «Je suis quelqu'un de très honnête qui dit les choses en face, un bosseur, je suis droit, c'est bateau ce que je vous dis, non?» Non. «J'ai reçu cette éducation, qui me rend fier.»

Dans le milieu du football, Claude Gross a gardé ces valeurs. «Vis-à-vis du groupe, de mon équipe, j'ai toujours fait preuve d'honnêteté. Si les parcours ont été jolis, c'est peut-être aussi grâce à ça.» Toujours, il s'est adapté – tactiquement notamment - en fonction des joueurs mis à sa disposition. «On fait avec les joueurs qu'on a. Au Mont, produire du jeu, ce que j'aime dans le football et pas tout ce qui a autour car cela ne me correspond pas, c'est compliqué. On a bossé, je me suis adapté et on s'en  est sortis.»

Claude Gross...

et l'injustice. «Quand le FC Le Mont est monté en Challenge League (ex-LNB), on n'était pas désiré par la Swiss Football League – pourquoi ces anglicismes? -, dit Claude Gross. «Un petit dérangerait-il ici? C'est parce que, à Baulmes où on joue, il n'y a pas de loges?», ironise-t-il. «On n'a acheté aucun match et on n'a rien volé, on est montés en travaillant. Chaque semaine, on nous répète qu'on est le petit. Ça m'énerve. On dirait que dans ce canton, la réussite dérange, est jalousée.»

Au Mont, le président, l'ancien entraîneur, Claude Gross, devenu directeur sportif ont souvent dit ce qu'ils pensaient. «On n'aime pas l'injustice; en ce qui me concerne j'ai une très bonne autocritique.» Alors, Calimero? «Je n'aime pas trop qu'on pense ça de nous. On ne pleure jamais, on expose ou on  soulève des problèmes. On se plaint des choses flagrantes mais on ne pleure pas. Si on avait pleuré, on ne serait pas là.»  

Aujourd'hui, «Ils s'y sont faits», admet Claude Gross, parlant des instances et de certaines personnes y travaillant. Parce que les infrastructures au Mont ne sont pas compatibles avec l'élite, le FC, depuis quelques saisons, a été contraint de s'exiler à Baulmes. «On est bien là-bas, on a attiré du public du Nord-Vaudois et Baulmes n'est qu'à 25 km de Lausanne ou du Mont. Il y en a encore qui en font une montagne…»

Palmarès

Claude Gross est né le 10 février 1969 à Lausanne. De papa Français et de maman Suisse. Est au bénéfice d'un double passeport.

Ancien footballeur et entraîneur. Aujourd'hui, directeur sportif du FC Le Mont (Challenge League, ancienne LNB).

Joueur: au LS (espoirs), à Orbe, Epalinges et Crissier.

Entraîneur : au FC Vignoble (3e ligue, avec une ascension en 2e ligue, 1999 à 2003), à Cheseaux (2e ligue). A été assistant des M18 Team Vaud (2006-2009), de 2008 à 2010, entraîneur du Team Vaud (2e ligue, avec une promotion en 2e ligue inter). A été une saison au Stade Nyonnais (assistant de la 1ère équipe, dirigée par John Dragani).

Puis a entraîné le FC Le Mont en 1ère ligue (2011 à 2013), puis en 1ère ligue promotion (2013-2014), enfin en Challenge League (2014-2016). John Dragani lui a succédé à la tête de la 1ère équipe.

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