Dominique Herr, ancien footballeur | Coopération
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Dominique Herr, ancien footballeur

08 février 2016

«J'aurais aimé jouer en Angleterre »

Devant la gare de Bâle, un homme tourne la manivelle de son orgue de Barbarie. Une musique s'en échappe, jolie et connue chère à Edith Piaf: «Non, rien de rien, non je ne regrette rien…» A deux pas de là, on retrouve Dominique Herr, ancien grand footballeur et international, agent général depuis 8 ans d'une caisse de santé (EGK, qui a une agence à Lausanne). Comme feu la chanteuse française  qui aurait  eu 100 ans le 19 décembre dernier, Dominique Herr ne regrette rien. Sinon, peut-être d'avoir dû mettre fin à sa carrière, à l'âge de 30 ans, pour des raisons de santé et sur ordre des médecins, le privant de l'Euro 1996 en Angleterre.

Lors d'un match avec le FC Sion à Sion, Dominique Herr venait d'être victime d'une xième commotion cérébrale. «J'en subissais une chaque année. Chez moi, c'était régulier», dit-il. «J'étais sensible à cet endroit, comme on peut l'être au niveau des articulations ou, plus gravement, du cœur. Avec le recul, j'avoue que j'aurais dû prendre beaucoup plus de temps pour me remettre de ce genre de choc. Mais je voulais rejouer tout de suite; un réflexe, une attitude que beaucoup ont. Reste qu'aujourd'hui, les sportifs sont plus prudents. Je crois savoir que des tests neurologiques existent, destinés à déceler la moindre anomalie, à suivre l'évolution du traitement après une commotion.»  

Durant des années, des saisons, Dominique Herr a été le meilleur joueur de tête du pays, défenseur central intransigeant. «Jouer en Angleterre m'aurait plu.» La France, aussi, l'aurait séduit mais cela ne s'est pas produit «Il n'y avait pas encore l'arrêt Bosman.» Les clubs européens n'avaient droit qu'à deux joueurs étrangers dans leur équipe. L'arrêt Bosman? Il a été rendu par la Cour de Justice des Communautés européennes le 15 décembre 1995 (CJCE), libéralisant les transferts et interdisant les « quotas » de joueurs étrangers dans une même équipe lorsque ceux-ci sont européens.

Le mot tolérant est cher à Dominique Herr. «Je le suis aussi avec les employés. Ici, l'ambiance est familiale. Pour avoir du succès, il faut bosser, bien sûr, il faut aussi que les personnes éprouvent du plaisir à venir travailler.» Dominique Herr est donc tolérant mais aussi exigeant. «Cela fait partie de mon caractère, mais toujours dans le respect.» Il abhorre la défaite. «Je n'aime pas perdre.» Sur le terrain, il était pareil. J'ai pris quelques cartons rouges, tous injustifiés.» Evidemment.

Il rit de bon coeur. Chez EGK, tout le monde est parti. C'est l'heure de la pause. Il est 12 h 30. Mais devant la gare, l'homme est toujours là, avec son vieil orgue, et des personnes déposent des pièces de monnaie dans son chapeau posé à même le sol. Qui est aussi une note de musique.   

Dominique Herr et...

…Odermatt et Rufer. Dominique Herr porte un petit bouc discret. «J'ai moins de cheveux en haut, ceci explique peut-être cela…», rigole le Bâlois de cœur mais qui aime beaucoup la Romandie et son teint latin. Quand il avait 10 ans, il avait un voisin copain célèbre, Karl Odermatt, une légende du FC Bâle et de l'équipe de Suisse. «Il est toujours au club. Karl, qui a 73 ans, est un de ses ambassadeurs et travaille toujours dans le marketing. Quand j'étais gamin, il m'emmenait voir les entraînements.»

Dominique Herr «Je suis un jeune vieux » est aussi une grande figure du FC Bâle. Le reconnaît-on encore dans la rue, ailleurs ? « Dans anciens se souviennent de moi, je connais beaucoup de monde mais le temps passe.» Comme entraîneur, il a apprécié Roy Hodgson (aujourd'hui sélectionneur de l'équipe d'Angleterre), quand il était à la tête de l'équipe de Suisse. «Son 4-4-2 était performant. Roy savait ce qu'il voulait; il t'emmenait là où il voulait.» Au chapitre joueur, Dominique Herr, le défenseur, était dans la «souffrance» face à Wyton Rufer, attaquant Néo-Zélandais alors au FC Zurich (il a évolué aussi avec Aarau et Grasshopper). «Il avait tout pour lui: la vitesse, la technique et de la tête, il était fort. Il a fait une jolie carrière.» Et d'ajouter: «Quand je l'ai affronté, j'étais jeune, j'avais de la peine contre lui mais si j'avais été plus âgé je ne sais pas ce comment les choses auraient tourné car je n'ai plus jamais (re)joué contre lui.»

Dominique Herr et...

…l'équipe de Suisse. Encore aujourd'hui, on lui parle de Suisse-Roumanie (4-1), match qui s'est joué à Détroit lors de la Coupe du monde de 1994 aux Etats-Unis. Un match extraordinaire, référence, sans doute le plus beau de l'histoire de l'équipe de Suisse.

A nos yeux, cette équipe était supérieure dans le jeu et intrinsèquement à celle d'aujourd'hui, qui ne dégage aucun charisme et dont l'attitude, le comportement sur le terrain de quelques joueurs, n'est pas exemplaire (au niveau de l'engagement). «Au niveau de la vitesse, de l'engagement physique, on aurait de la peine. C'est une évidence. Individuellement, peut-être qu'on avait moins de talent - peut-être…-, mais le groupe était hyper fort. » En 8e de finale, à Washington, la Suisse fut battue 3 à 0 par l'Espagne. «Physiquement on était cuits. Le tournoi avait été éprouvant (à cause de la chaleur) et les entraînements très durs.» Trop durs.

Palmarès

Dominique Herr est né le 25 octobre 1965 à Bâle.

Ancien footballeur. Défenseur central.

A joué au FC Bâle (1984-1988), au LS (1988-1992) et au FC Sion (1992-1996)

A gagné à deux reprises la Coupe de Suisse avec Sion (1995 et 1996). N'a jamais été champion de Suisse.

A été international de Suisse à 52 reprises. A disputé la Coupe du monde de 1994 aux Etats-Unis.

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