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Julian Senderos, Lions de Genève Basket

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17 mai 2016

Julian Senderos : la classe et l'élégance qui charment. Son regard pétille, vit au rythme des paroles, des souvenirs et anecdotes et le sourire, le rire, est une de ses marques de fabrique naturelles. Julian Senderos, amoureux de l'histoire de son pays : «Il y avait un Roi dans chaque communauté et des gens s'entretuaient pour être Roi», et mondiale, en général : «J'ai énormément de livres, il m'en reste beaucoup à lire». Il est devenu citoyen Suisse, quand Julien et Philippe sont nés (1980 et 1985). «Il était important pour eux d'être Suisse, de leur inculquer les us et coutumes de ce pays, qui est mon pays d'accueil. La Suisse m'a fait progresser dans la vie. Je me suis adapté à ses normes, à sa mentalité et j'en suis fier.» Julian Senderos, 72 ans, est le papa de Julien (ancien basketteur international suisse) et de Philippe (footballeur professionnel et international, GC est son dernier club). Il leur a inculqué le respect - avec succès -, la discipline, les vertus du travail, la rigueur. Il en parle, son cœur l'accompagne, ses yeux brillent d'un éclat rare.

«Julien a été à 4 reprises champion de Suisse jeunesse de natation. Philippe a nagé, aussi, il était un peu meilleur que son frère mais il m'a dit un jour : «Papa, la natation, ce n'est pas pour moi, car faire des allers-retours (il joint le geste à la parole), non papa, pas ça.» Philippe nageait ; son but, c'était de battre son frère et c'est tout.»

- Julien et Philippe avaient besoin de se défouler ?

"Oui, comme tous les enfants. J'ai fait du karaté, du full-contact. Un jour, je leur ai acheté des gants de boxe. On arrangeait le salon et on boxait. Une fois, Philippe a mis KO Julien. Pan !"

- Vos fils n'ont pas poursuivi dans cette voie, peut-être parce que l'autre était déjà tracée ou dans les gênes.

"Julien a fait du basket (il a été champion de Suisse avec les Geneva Devils) et Philippe à 5 ans et demi s'est inscrit à Servette, club avec lequel il a effectué sa formation". (Ses clubs par la suite ? Arsenal puis Milan, Everton, Fulham, Valence, Aston Villa).

- Vous leur avez inculqué le respect, la discipline, entre autres

"J'ai toujours été très discipliné, c'est une éducation, c'est une valeur, j'étais rarement au bistrot. Quand Julien est né, nous allions à la campagne pout courir, respirer l'air sain. On se rendait à la messe, il y avait après le repas et les balades. J'ai reçu une éducation, je la leur ai transmise, aux deux : aider et respecter les autres. Dans la vie, il ne faut jamais se laisser faire, mais il faut avoir du respect pour tout le monde."

- Julien et Philippe ont donc été des enfants « faciles » à vivre ?

"Tout dépend de la manière dont vous éduquez vos enfants. Nous sommes très attachés à nos fils. Ils savent que leur papa et leur maman ont beaucoup travaillé, et peu dépensé, pour leur offrir une vie normale. Par exemple : Julien est parti aux Etats-Unis pour ses études. Nous avons assuré financièrement son séjour, lequel l'a enrichi professionnellement. Nous avons toujours été proches d'eux mais jamais envahissants. On a toujours voulu qu'ils se sentent protégés."

- A un moment donné, avez-vous su que Julien et Philippe seraient un jour des acteurs au niveau de l'élite, des professionnels du sport ?

"Non, mais on voulait, ma femme et moi, qu'ils aient du plaisir dans le sport. Le plaisir est aussi une valeur touchant au bien-être et au respect de ce que l'on entreprend. Le plaisir est une notion de base, importante. Elle devrait toujours prendre le dessus sur l'enjeu. Nous avons été spectateur de leur réussite.

Julian Senderos et deux anecdotes

Quand il était à Madrid, Julian Senderos a travaillé dans l'hôtellerie. «J'ai commencé dans une Cafétéria, comme serveur. Elle se trouvait proche des bureaux du Real Madrid basket et du Real Madrid football. Je n'étais pas fan du Real Madrid mais j'ai rencontré notamment Ferenc Puskas, Alfredo di Stefano, Gento et le président Santiago Bernabeu.» Au sujet de ce dernier, immense président, Julian Senderos se souvient : «Un dimanche, je devais ouvrir la Cafétéria à 10h mais je    suis resté endormi. J'ai enfourché ma Vespa. Je suis arrivé à la Cafétéria à 10h45. Et qui attendait devant la porte ? Le président Bernabeu. J'ai eu honte et je me rappelle m'être fait engueuler par mon patron.»

Dans cette Cafétéria, Julian Senderos a connu beaucoup de personnes. Il y voyait des acteurs très importants du monde sportif défiler mais aussi un autre. «On était situé à côté de la délégation des impôts et du Ministère de la Marine. Un jour, un Amiral, venu boire un café, me demande : «Vous pensez rester ici toute votre vie ? Dans l'hôtellerie, il faut bouger.» Il a ajouté : «J'ai une nièce, elle est partie à Londres, faites comme elle, apprenez les langues.» Je l'ai écouté. C'était en octobre 1965. J'ai eu l'adresse de sa nièce, elle m'a envoyé des papiers, un contrat de travail. J'ai débarqué à Londres en 1966, l'année de la Coupe du monde de football. J'ai assisté à Suisse-Espagne et j'ai pu voir à la TV Santana, - ex-grand joueur de tennis - jouer. »

Le parcours de Julian Senderos

Il a effectué sa scolarité à Santiuste (il y avait un maître et une maîtresse) jusqu'à l'âge de 12 ans, puis il est parti à Madrid, pour le baccalauréat, qu'il n'a pas terminé. «A 15-16 ans, j'ai effectué un apprentissage dans l'hôtellerie ; j'ai passé mon bac, souligne-t-il, par correspondance quand j'étais   en Angleterre.» 

A Madrid, il travaille dans une Cafétéria, puis dans un restaurant à Bernabeu. «C'était le même patron.» Il y a rencontré, là aussi, des sportifs de renom. «Pour payer mes études, je travaillais beaucoup.» A la fin des années 1960, Julian Senderos est à Genève. «J'ai été commis à l'Hôtel du Rhône, puis chef de rang, à la Réserve. J'y suis resté 17 ans. En main, j'avais mon diplôme fédéral, passé à l'Ecole hôtelière de Lausanne (Chalet-à-Gobet) où je me rendais un jour par semaine.» A la Réserve, j'ai été chef de rang, chef d'étage et Maître d'hôtel. Quand je suis parti, j'étais 1 er Maître d'hôtel.» Ses missions ? «Je m'occupais du plan de la brigade, du bar, d'étages (services), des banquets, du restaurant, de la piscine. J'étais responsable de 35 employés. Il y avait toutes les nationalités.»

En 1986, il travaille chez Lombard Odier à Genève. «Un poste s'était créé.» Son job ? «Chauffeur de direction. J'y suis resté 23 ans, des années inoubliables.» Homme de contact et de classe, humble et d'une politesse rare saupoudrée d'un charme tout aussi naturel, Julian Senderos était aussi fait pour ce métier. «Un jour, un client, que je connaissais, m'a fait tellement confiance qu'il m'a demandé : «Julian, où est-ce que je peux me confesser ?» J'ai téléphoné à une de mes connaissances et peu de temps après, ce Monsieur était à confesse.»

Santiuste : de 200 à 2 ou 3 habitants

Sa scolarité, il l'a effectuée à Santiuste (Madrid se trouve à 130 km). «Le village comptait environ 200 habitants. Aujourd'hui, ils sont tous partis dans les grandes villes. On ne dénombre plus que 2 ou 3 personnes ; parmi elles, un de mes cousins», dit Julian Senderos. Pourquoi ces personnes sont parties ? «Santiuste est un village agricole, où on vit de la terre et des vignes. Pour en vivre, il faut beaucoup travailler. En ville, vous travaillez 8 heures et le soir vous êtes libre. Quand vous vivez de   la terre, que vous êtes agriculteur ou berger, c'est 24 heures sur 24 (ou presque) qu'il faut bosser.» D'où cette émigration vers les grands villes.»

Palmarès

Julian Senderos est né le 18 octobre 1943 à Santiuste (Espagne)

Ceinture noire de karaté : «Mon professeur a été feu Henri Jordan».

Accueil Dojo Henri Jordan Karaté Club Genève.

Dans le basket, a été membre du comité de MGS (Meyrin-Grand-Saconnex) et actuellement des Lions de Genève (LNA). «Je suis un peu l'homme à tout faire, un motivateur, un conciliateur.» Au Pommier, la salle (sise au Grand-Saconnex) où évoluent les Lions de Genève, Julian Senderos accueille les gens, les VIP, avec classe ; chez lui, elle est spontanément naturelle et rassurante.

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