Laura Hrebec, athlète exceptionnelle | Coopération
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Laura Hrebec, athlète exceptionnelle

24 mai 2016

«Je vais courir le semi aux Européens d'Amsterdam…»

Aux championnats d'Europe d'athlétisme qui se disputeront à Amsterdam en juillet prochain, Laura Hrebec, 39 ans, participera au semi-marathon, le premier de l'histoire inscrit au menu de ce rendez-vous. «Je serai la seule romande dans l'aventure. Cela aurait bête de ne pas y aller, de refuser cette sélection, surtout que mon mari m'a dit: «Laura, vas-y!» Une récompense, une suite logique après une carrière riche, une manière aussi de rendre hommage à toutes les personnes qui l'ont entourée et qui l'ont aidée, conseillée et encouragée. La course est programme le dimanche matin, 10 juillet.

C'est en 2015, lors du semi-marathon La Tour-de-Peilz-Lausanne, inclus dans le Lausanne-Marathon que la citoyenne d'Illarsaz en le bouclant en 1 h 15'13''9 fit mieux que la limite imposée (1 h 16'20''). Dans un premier temps, il a été dit que le parcours ne pouvait pas être homologué; plus tard, il a été reconnu comme valable. «Je n'étais licenciée dans un aucun club. Pour pouvoir aller à Amsterdam je me suis inscrite, il y a deux ou trois semaines, au club sportif 13 étoiles (Valais), le même que celui de Magali di Marco (ancienne grande triathlète).» 

Mère de famille, Laura Hrebec enseigne les mathématiques et les sciences au collège de Montreux (à 90%) et court le long du Rhône, près de chez elle. «Je m'entraîne environ 7 heures par semaine. J'ai acquis un tapis roulant que j'ai installé dans mon garage. Ainsi, je suis près de mes enfants, quoi qu'il arrive.» La particularité de Laura Hrebec? Elle est l'exemple type et rare de l'athlète de haut niveau aux visées non professionnelles. «Dans mon esprit, je suis une athlète populaire mais compétitive et qui jongle avec l'élite. Ma philosophie c'est prendre la vie comme elle se présente. Je ne m'astreins à aucun régime. J'aimerais faire plein de choses à la fois. Mais j'avoue que, parfois, je ressens le besoin de me reposer. Je suis pas mal dans la réflexion.»

Spontanée, naturelle, Laura Hrebec séduit. Volontaire, elle force l'admiration. Depuis 2004, elle tient un journal dans lequel elle inscrit le plan de ses entraînements. «Il porte sur 3 à 4 semaines.» Elle est à l'écoute de son corps, elle varie les séances pour écarter la lassitude. «J'ai couru le semi en 1 h 15'. On m'a dit que je pouvais améliorer ce chrono d'une minute. A Amsterdam, j'espère ne pas terminer dernière.» Impossible. «Alors, j'espère ne pas terminer trop loin des meilleures.» Elle sourit. Avoue. «Encore aujourd'hui, je manque de confiance. Je me dis: les autres, sont meilleures que moi. J'ai de la peine à me dire, ou à me convaincre, que je fais partie de l'élite. Cet esprit d'athlète populaire va me rester.» Peut-être parce qu'elle  a commencé la course à pied en 2008 – tardivement -, au semi-marathon du Val-de-Travers, terminant dans la foulées des hommes, avec un chrono, révélateur de ses grandes possibilités (1h27'50''9).    

Laura Hrebec est une athlète exceptionnelle ; une femme humble et hyper organisée.

Laura Hrebec et les sciences

Laura Hrebec a toujours aimé les sciences, la nature. Elle a fait collection de fossiles, qui sont le reste (coquilles, carapaces, etc) ou le simple moulage d'un animal ou d'un végétal. «Je n'ai pas d'ossement mais des empreintes  de mollusques, de poissons, par exemple.» Où les trouvez-vous? «Ah!, c'est secret, mais j'ai l'oeil pour ça. » L'histoire des fossiles la passionne. Depuis toute petite. «J'aurais pu être paléontologue.» Ou? «Vétérinaire.» Chez elle, elle a 5 à 6 classeurs contenant des photos, des textes. « Ils sont épais comme ça…»

Laura Hrebec, qui a effectué sa scolarité à Vevey et à Pully, avant de fréquenter l'UNI à Lausanne, a une licence en biologie et une demi-licence en physique.

Laura Hrebec et le sport

Elle aime les balades, la montagne et ses courses, elle a pratiqué le judo et l'équitation. Par plaisir. A 16 ans, elle a eu un accident grave au genou gauche (ligaments). «J'étais une casse-cou. Le médecin m'a dit: il faut que vous renonciez à la course à pied. Vous devez éviter les chocs.» Laura Hrebec a pratiqué aussi le ski de fond et d'alpinisme. A 20 ans, elle est partie 4 jours au Tessin, à l'aventure, dans la nature, avec une carte et un sac de couchage. «J'aime étudier les cartes.» En 2004 ou en 2005, il y a un triathlon à Vevey. «Mon frère m'avait prêté son vélo de course, mes chaussures étaient faites pour le volley, j'ai eu les pieds en sang.» Elle termine 8e. «C'était pas mal pour une première. Surtout que je n'étais pas une bonne nageuse.» Passer pro? «Je n'en avais pas envie, il aurait fallu bosser la natation. Je voulais rester une athlète de niveau populaire.» 

Laura Hrebec et la course à pied

Au semi-marathon du Val-de-Travers 2008, elle avait flambé. Pierre Morath, athlète, historien du sport et cinéaste, la repère surtout qu'au Tour du Pays de Vaud (2008), Laura Hrebec, a battu tous  les records. «Je te verrai bien sur le marathon », lui dit-il. Longtemps, il l'a entraînée, fournissant à Laura Hrebec du matériel, en tant que patron d'un magasin de sport à Epalinges.

Sur le moment, à 32 ans, Laura Hrebec éprouva quelques difficultés sur la piste. «Je courais comme un canard. J'aimais bien les courses de montagne où les foulées sont raccourcies.» Alors, elle a appris pour que la route ne soit pas trop dure, la technique de foulées et la position du bassin, s'adapta à la rigueur des entraînements et à son intensité. En 2009, elle remporte le marathon de Genève. Bingo pour une première! D'autres courses victorieuses  se sont enchaînées. Motivation supplémentaire.

L'objectif de Laura Hrebec  en automne 2010 ? Le marathon de Francfort, l'occasion de s'attaquer au minima pour les JO de Londres 2012. «Je suis tombée enceinte de ma première fille en août. J'avoue avoir été partagée entre ma vie de famille et le sport, surtout que ça commençait à bien marcher.» Il va sans dire que le projet olympique est tombé à l'eau. «Pierre Morath n'a pas été très content. «Et Julia est née le 10 avril 2011.»

En avril 2012, Laura Hrebec gagne les 20 km de Lausanne. «J'ai ressenti une grande fierté d'être 1ère. Pierre Morath est venu me féliciter.» Dans sa serre intérieure de femme humble et intelligente elle a peut-être voulu lui prouver qu'on pouvait être maman et rester une championne.

Une athlète d'exception, dotée d'un mental d'acier. Tout simplement.

En se quittant l'autre jour, Laura Hrebec, dans un joli sourire dit: «J'ai un cours à 10h30, puis une réunion avec des parents. Ensuite, j'irai faire un peu d'aviron sur le lac. C'est bon pour le cardio et les muscles du corps.»  

Bientôt, elle commencera une formation de «Coaching-running» à Lausanne. «Pour ensuite donner des cours. Je suis enseignante de métier, j'aime transmettre le savoir.» 

Palmarès

Laura Hrebec est née le 12 mai 1977 à Vevey.

Ses hauts faits soustraits d'un palmarès riche et victorieux.

En 2015 (dans le cadre du Lausanne-Marathon), Laura Hrebec a couru le semi-marathon (La Tour-de-Peilz-Lausanne) en 1h15'13''8 (limite 1h16'20''). Elle s'est qualifiée pour les Européens d'athlétisme qui se disputeront à Amsterdam en juillet.

4 fois championne de Suisse de triathlon (populaire) ; a gagné à deux reprises la Coupe de Suisse de triathlon (populaire).

Duathlon (longue distance : 10 km course à pied, 150 km en vélo et 30 km course à pied) : 3e des Mondiaux en 2014.

Championne d'Europe de duathlon (10-60-10) à Horst an de Maas (Pays-Bas) en 2015.

Plusieurs fois vice-championne de Suisse sur 10 km (sur route).

A gagné la course Montreux-les-Rochers- de- Naye (2015).  Le Marathon de Genève en 2009.

A Morat-Fribourg, a terminé 4e en 2015 (derrière 3 Africaines), 6e en 2014, 6e en 2011, 4e en 2009.

Ses records personnels. Sur route.

10 km en 34'47''. 15 km en 55'44''. 10 miles (GP de Berne) en 58‘53‘‘. 20km en 1h11'15''. Semi-marathon en 1h15'13''8 et le marathon en 2h41'37''.

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