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Christelle Fauche, ancienne joueuse de tennis

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02 mai 2017

Christelle Fauche: "J'aurais pu être la numéro 1, mais..."

Solaire. Elle est solaire, Christelle Fauche. "J'aurais pu être la numéro 1 du pays, à deux reprises. Le problème, dès lors double, c'est que Manuela Maleeva-Fragnière s'est naturalisée Suisse ; ensuite, c'est Martina Hingis qui est arrivée." Elle sourit et prend du plaisir, parle dans la foulée de Roger Federer, qui le 25 avril, jour de notre rencontre avec Christelle Fauche à Genève, n'avait pas encore pris sa décision de jouer ou pas à Roland-Garros: "À mon avis, il va prendre des nouvelles de la météo le moment venu. Si les conditions s'annoncent sèches, il ira. Le terrain sec donnera de la vitesse à la balle, il préfère ça. Les courts à Roland-Garros, c'est du ciment avec   de la poudre dessus ; ça, il faut le savoir." Depuis, le Bâlois a décidé de jouer à Paris, se sentant affamé et impatient de jouer, a-t-il déclaré dimanche dernier à un média américain.

Christelle Fauche est Franco-Suisse mais elle a toujours joué pour la Suisse. "J'ai bénéficié de sa filière, j'étais dans les cadres, mon choix a été logique." Mais sur le circuit pro, elle était proche des joueuses françaises. Elle est restée très amie avec Amélie Mauresmo et Sandrine Testud, notamment. Sa maturité fédérale passée au gymnase à Genève "avec la mention bien, j'aimerais que vous le mentionnez (rire)" Christelle Fauche s'envola pour les Etats-Unis. "C'était en septembre 1992. J'y ai vécu un an."

Un an pour réussir. Un an, seulement, un délai fixé par son papa, avec un retour au pays, imposé. "Tu vas aux Etats-Unis, mais tu reviens ici et tu reprends tes études",   lui intima-t-il. "J'ai deux parents universitaires", dit Christelle Fauche. "Ma maman, encore aujourd'hui, ne sait pas compter les points au tennis. Elle n'y connaît rien, mais elle m'aime. Si j'avais eu une famille moins étrangère à ce sport, j'aurais joué plus longtemps. Entre le moment où j'ai commencé et jusqu'à l'âge de 19 ans, ma courbe a été ascendante."

Aux Etats-Unis, à l'Académie Hopman fréquentée entre autre s par Jennifer Capriati, Jim Courier et Pete Sampras "Avec Capriati, le week-end, on allait au ciné", elle a pu jouer, s'entraîner, dans un autre monde. "Mais mon corps a explosé, j'ai connu des blessures, j'ai perdu des matches, je ne savais pas ce que c'était d'en perdre. Je me suis mise trop de pression, ça m'a stressée, il y a eu des blessures." Elle boit un peu de thé, jette un regard sur l'extérieur. Il pleut. "Un champion, c'est un équilibre de plein de choses.   Mon entourage n'était pas adapté à ça." Des regrets? "Non je n'ai aucun regret. J'ai eu, j'ai vécu une adolescence formidable." Au collège, Christelle Fauche était la collégienne qui jouait au tennis. "Sur les deux tableaux, ça marchait bien ; et c'était rassurant."

Christelle Fauche et la caisse AVS

Depuis 2014, Christelle Fauche dirige la Caisse AVS de la Fédération des entreprises romandes à Genève. "Si je vous avais demandé de deviner ma profession je suis sûre que vous n'auriez pas trouvé", dit-elle, rieuse. En effet.

Son parcours est étonnant, détonant même. "Mon niveau d'énergie est au-dessus de la moyenne." On a envie de suivre Christelle Fauche dans ses entreprises, motivatrice hors pair et hyper dynamique ; de travailler avec. " J'ai besoin de mettre de l'intensité dans ce que je fais, dans ce que j'entreprends. Il faut me laisser m'exprimer." Durant l'heure et demi qu'a duré l'interview, elle a beaucoup parlé "Je suis perpétuellement dans la réflexion"; et on l'écoute. Son discours est vivant et derrière chacun de ses mots, il y a un sens. Son autorité est naturelle. "Je n'ai pas une logique de pouvoir. D'être le plus haut, je m'en fous." A la Caisse AVS qu'elle dirige, elle a une centaine   de personnes à manager. "Au-dessus de moi il y a une DG (direction générale). Elle est composée de autre personnes."

Christelle Fauche a étudié le droit des affaires et le droit fiscal (ce droit durant cinq ans). A Berlin, elle s'est enrichie d'un postegrad. De retour à Genève, elle a travaillé dans une fiduciaire. Mais elle est montée aussi à Paris. "J'ai suis allée à science-po, parce que à un certain moment, j'ai ressenti le besoin de remettre mon cerveau en marche. J'avais 19 ans, j'ai eu une vie d'étudiante à Paris ; à 19 ans, je n'avais encore jamais embrassé un garçon." Elle sourit. Solaire.

Christelle Fauche est une compétitrice dans l'âme. "Quand je jouais au tennis, la compétition, c'était moi par rapport à moi-même, jamais pour "écraser" les autres." Le tennis l'a formatée pour la suite, le sport est une école de la vie. "Il m'a appris la performance personnelle, la concentration, la recherche au niveau de l'efficience, à gérer la pression. Tout ça aujourd'hui m'aide énormément. On peut tout retranscrire dans le monde du travail. J'aime la compétence."

Et un retour dans le monde du tennis, est-ce envisageable? "Par nature, je ne ferme aucune porte, même si je n'aime pas le côté politique des fédérations. Cela étant, je retournerais volontiers dans ce monde du tennis, que j'aime tant." Comme directrice d'un grand tournoi ? Ou d'un tournoi tout court ?  

Et autrement ? On verrait bien, Christelle Fauche, belle personne à la personnalité affirmée – un atout pour les autres, pour un entourage et pas une crainte – être un jour RH dans une grande société suisse.

Palmarès

Christelle Fauche est née le 9 juin 1973, à Paris (elle est Franco-Suisse)

Est maman de 3 enfants, 14, 11 et 8 ans. (1 fille et 2 garçons).

Ancienne championne de tennis. "J'avais un bon service, un bon coup droit, un bon physique et un bon mental. Chez les filles, c'est suffisant. Mais il m'a manqué des conditions de jeu, du temps, des matches au haut niveau, des matches de Grand Chelem pour progresser, pour viser mieux que la 80e mondiale."

Surface préférée: la terre battue.  

Joueuse de simple. Et en double? "Non, car j'étais assez nulle à la volée"

A été une fois championne de Suisse élite, à 16 ans.

A été 5-6 fois championne de Suisse, juniors.

A été championne de Suisse, plus de 40 ans, à Nyon en 2016.

A été championne de Suisse, interclubs, avec le Drizia-Miremont (GE).

Meilleur classement mondial: 80e en 1992 (13 juillet).

Demi-finaliste à Lucerne en 1992 (elle avait éliminé Nicole Provis et Amanda Coetzer, nettement mieux classée à la WTA).

Tournoi Grand Chelem: 64e de finaliste en Australie en 1993, à Wimbledon en 1992 (battue par Gabriela Sabatini 6-1, 6-1) et à l'US open en 1992.  

A son retour des Etats-Unis, en 1993, elle a mis fin à sa carrière.

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