Daniel Perroud, organisateur d'évènements sportifs | Coopération
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Daniel Perroud, organisateur d'évènements sportifs

21 février 2017

Daniel Perroud : un metteur en scène qui aime les acteurs. Hier, Daniel Perroud, metteur en scène, qui a, à son palmarès plus d'une centaine d'organisations de grands événements sportifs, était entouré de collaborateurs. «A l'époque de DPO – Daniel Perroud Organisations –, que j'ai vendu, j'étais entouré de 6 personnes fixes, d'environ 40 pour le Supercross et de 250 pour le Tour de Romandie.» Aujourd'hui, cet homme exceptionnel, au look d'acteur, très attachant, humble et sensible car il est à l'écoute des autres, est tout seul et son bureau est beau. Sa société Daniel Perroud Management SA se trouve à Nyon. Elle a pour but toute activité commerciale dans les secteurs de l'automobile – un domaine qui le passionne –  et du sport – sa vie, ou presque – ainsi que le développement, la réalisation et la commercialisation de projets immobiliers. «Chapitre sportif, je ne fais plus que le Jumping.» Daniel Perroud qui n'a jamais «fait» de cheval, parle du Jumping Longines de Crans-Montana, qui a eu lieu en 2016, et appelé à avoir son histoire. Il est le directeur de cet événement, qu'il organise avec François Besençon.

Le Genevois est un rassembleur, même s'il préfère dire qu'il est un motivateur. Modestement, il aime à répéter ceci : «Je ne suis bon en rien, mais moyen en tout.» Mais alors comment expliquer cette trajectoire, ce chemin de vie décoré de succès, bordé de rencontres exceptionnelles, de gens illustres ou d'anonymes qui ont enrichi son existence, le poussant, peut-être, à remettre le métier  sur l'ouvrage, parfois sans savoir où cela le mènerait. «Jamais je n'ai organisé une manifestation de manière préméditée. Elles l'ont toutes été suite à des rencontres.»

Il cite un exemple. «En 1992, je me rendais à Nîmes pour assister au match de Coupe Davis  France-Suisse. Mon épouse me dit : «Si la Suisse gagne, tu voudras organiser la rencontre suivante à Genève.» La Suisse a gagné. On a alors organisé Suisse-Brésil à Palexpo. Une folie. On avait tablé le budget sur 18'000 spectateurs, il y en a eu 55'000 en 3 jours. C'était extraordinaire. Un succès aussi immense, je n'en ai connu qu'un seul en 33 ans d'organisation.» Avec DPO, Daniel Perroud a connu de très bonnes manifestations et d'autres un peu moins bonnes. «Si je n'avais pas gardé en parallèle mes garages, je n'aurais pas eu la certitude de pouvoir faire manger ma famille.» Il rappelle, un exemple parmi quelques autres : «Lors de mon premier Tour de Romandie (1997), j'avais mis  400'000 francs de ma poche pour avoir le direct à la TV.»

L'enrichissement humain a été ou est encore le moteur de Daniel Perroud. La rencontre avec des personnes, de milieux fréquemment différents et organiser des événements sportifs, ont à chaque fois été une formidable expérience pour le Genevois, homme de conviction et attentif, soucieux jusqu'au moindre détail. Il accorde sa confiance, révèle avoir une chance extraordinaire. «J'ai une épouse extraordinaire. On s'est connus, j'avais 19 ans, on s'est mariés, j‘en avais 21. Nous avons eu deux enfants et nous sommes toujours ensemble. Ma femme m'a toujours accompagné dans les manifestations. Elle a géré plein de choses (la billetterie notamment ; pour les gens elle assurait le lien quand j'étais appelé ici ou là. Elle a été une assistante exceptionnelle, je ne la remercierai jamais assez.»

Daniel Perroud et Roger Federer

En 2012, Daniel Perroud a repris le Geneva Open Challenger, l'a refait vivre, un tournoi de tennis de qualité ; dans la foulée, en 2015, fut créé : le 1 er ATP 250 aux Eaux-Vives. Le Geneva Open Challenger a été élu meilleur Challenger mondial en 2013 et il a été honoré à Monte-Carlo en 2014, lors d'une belle réception, en l'honneur des 20 ans de l'ATP.

Était présent Roger Federer, qui a pris la parole. Il y avait du monde et avant de regagner sa place, le Bâlois est allé féliciter Daniel Perroud. «Je ne m'y attendais pas, quelqu'un a dû certainement lui dire où je me trouvais car il m'a trouvé tout de suite. Il m'a félicité, il m'a dit bravo. Je l'ai vousoyé, Roger Federer, on peut se dire tu. Quel moment magique! Il aime vraiment le tennis, le jeu, plus que toute autre chose.» Encore aujourd'hui, Daniel Perroud  n'en est pas encore revenu de la visite courtoise et d'une grande simplicité du Bâlois.

Daniel Perroud et les bénévoles du TDR

Daniel Perroud a été le patron du Tour de Romandie (TDR) de 1997 à 2001. On le lui a enlevé et il en a souffert. «J'ai été en manque», avoue-t-il. Il aimait bien le mardi, avant le grand départ, où il se retrouvait avec les 250 bénévoles, pour leur parler, pour leur manifester sa confiance, réciproque. «Parmi eux, il y avait des chômeurs, des professeurs de médecine, des ouvriers, des peintres, etc. Je m'adressais à eux, mon discours touchait tout le monde, sans distinction ni différence. On est là, je leur disais, pour se faire plaisir.» Il ajoute, reconnaissant : «Avant une arrivée, quand je demandais  à une personne de remettre un panneau en ordre, par exemple, je ne savais pas si je m'adressais à un chômeur ou un médecin et tout se passait sans barrières sociales. C'est un peu être «leader» d'un groupe de rock ; s'il n'y a pas de liant, il n'y a rien qui se passe.»

Sur le Tour de Romandie, Daniel Perroud est à l'origine de la mise en route des bus VIP, de la TV en direct, de la pose d'écrans géants. «Ça me paraissait nécessaire pour le spectacle et les spectateurs.»

Daniel Perroud et Suisse-Brésil

Dans cet ordre d'idée (offrir du spectacle), lors de la rencontre de Coupe Davis Suisse-Brésil en 1992 à Genève (Palexpo), les joueurs ont fait leur entrée dans la fumée, avec light show et laser. A ce sujet, un homme a voulu lui parler. C'était feu Eric Walter (ancien grand journaliste). Daniel Perroud n'était pas tranquille. «Il m'a dit, M. Perroud, le tennis n'est pas la boxe mais un sport de tradition. Vous vous permettez de faire entrer les joueurs sous des lumières, des lasers, avec de la fumée. Là, Eric Walter me regarde et ajoute : «Il y a 18'500 personnes, c'est vous qui êtes dans le juste.» Daniel Perroud, s'en souvient,  a poussé un gros soupir. «Venant de lui, j'étais extra content.»

Daniel Perroud et son moteur

Daniel Perroud possède 3 garages, qu'il n'exploite plus. «On a gardé les biens immobiliers.» Son moteur ? «Ça a toujours été de me dire : m…, je ne suis pas un super sportif alors qu'est-ce que je peux faire pour les super sportifs ?» Réponse : organiser pour ces acteurs des événements dont il serait le metteur en scène.

Le premier a eu lieu en 1983, et il fera date. Organiser une réunion de boxe et de kick-boxing à Genève. «Personne n'avait rien fait jusque-là.» A l'affiche (entre autres) au Vél d'Hiv', le boxeur Michel Giroud et Jean-Marc Tonus (kick-boxing). «Le budget s'élevait à 120'000 francs. Il nous fallait 1700 spectateurs pour le couvrir. Il y en a eu 4300. Pour le match de boxe entre Enrico Scacchia, dit Rocky, et Skouma, nous en avions dénombré plus de 6000. Ce combat a été un des tout premiers retransmis par Canal+. On se serait cru à Las Vegas.»

Daniel Perroud, patron à 19 ans

Daniel Perroud est au bénéfice d'un CFC. «J'ai fréquenté l'Ecole de banque et de cadre chez UBS à Genève, j'avais 19 ans et je souhaitais faire l'Ecole hôtelière, dans l'optique d'ouvrir un bar et être indépendant. J'avais ça dans la tête.» Ses parents avaient déjà eu des restaurants. «Or, mon papa  me dit un jour : si tu veux être indépendant, il te faut reprendre la carrosserie familiale.» C'est ce que Daniel Perroud fit, lui le passionné d'automobile. «C'est ainsi que je suis devenu patron à 19 ans. J'avais carte blanche et j'avoue humblement que j'étais plus présomptueux que sûr de moi.» Il avait sous ses ordres 7 employés. Une carrosserie où il se rendait déjà quand il avait congé à l'école.

Patron, il dit à ses employés, qui le connaissait bien : «Désormais, ne m'appelez plus Daniel (il était   considéré comme un copain), mais Monsieur Perroud. Du coup et à tour de rôle, ils sont tous partis.» Un choc ? «Non, j'étais plutôt content car cela m'a permis de constituer une équipe, qui était la mienne.»

Entre 8 et 13 ans, Daniel Perroud a été élevé dans un resto tenu par ses parents. «Rapidement et tout le temps, j'ai été en contact avec le monde des adultes. Je suis fils unique.» Il raconte. «Les gens m'ont pris en affection. C'est une des chances de ma vie car tout ça se poursuit. Au resto, les clients s'occupaient de moi, ils m'aimaient bien. Je me rappelle, j'avais 12 ans, que des personnes m'avaient invité à la montagne. J'avais une chambre d'hôtel, que pour moi. C'était génial.»

Le petit Daniel d'alors ne savait peut-être pas qu'il était en train de tracer sa vie, de lui donner une orientation dynamique, sportive, belle et riche de rencontres, surtout ; dont une, un peu plus tard avec Chantal, qui allait devenir son épouse, sa complice de toujours.

Palmarès

Daniel Perroud est né le 25 mai 1955.

Organisateurs d'une centaine d'événements sportifs. De 1983 à pratiquement ce jour. En résumé, les principaux ou les plus marquants.

Les sports ? Le kick-boxing, avec un championnat du monde (le 1 er en 1983, Tonus-Babbs, au Vél d'Hiv' de Genève et en 1994, Emery-Sadouki, au New Véld'Hiv').

Et quelques championnats d'Europe. Dont un en 1993 (Carl Emery-Jonsson, au New Vél d'Hiv').

La boxe, avec des championnats d'Europe et Mauro Martelli à l'affiche (1987 et 1988) et Enrico Scacchia (contre Skouma) en 1985. Un championnat du monde (Maartelli-Breland) en 1989, aux Vernets. A son compteur aussi, beaucoup d'autres réunions importantes.

Le Supercross. Le 1 er en 1987. En tout, il y en a eu 22, le dernier en 2007 à Palexpo, Genève).

Tennis. En 1992, match de Coupe Davis Suisse-Brésil (à Palexpo), également Suisse-Hollande en 1995, à Palexpo, Suisse-Allemagne en 1996 à Palexpo.

Basketball. Match Magic Johnson à Palexpo en 1993.

Cyclisme. En 1994, à Bordeaux, record du monde de l'heure par Graeme Obree. 5 Tour de Romandie (de 1997 à 2001).

Football. A été président du Stade Nyonnais (saison 2003-2004 jusqu'en 2009, d'abord en 1 ère ligue puis en Challenge League.

Un livre lui a été consacré «Daniel Perroud, organisateur, 25 ans de souvenirs et d'anecdotes», propos recueillis par Sylvain Muller (édition Slatkine, 2010).

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