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Ivan Du Pasquier, ancien joueur de tennis

07 mars 2017

Ivan Du Pasquier: un autodidacte, citoyen du monde.  La vraie écriture de son nom, c'est Ivan Du Pasquier. "On a racheté la particule, il y a 300-400 ans, mais ne me demandez pas pourquoi le D est en majuscule", dit l'ancien tennisman, lequel n'a jamais quitté son sport, ce sport qu'il aime tant. "Même sur mon passeport, mon nom n'a pas toujours été écrit correctement."  

Depuis plus de 30 ans, il enseigne le tennis au Lausanne-Sports. Il est même directeur de son école. "On y dénombre une centaine de jeunes et on compte au LS 30 juniors "compétition", le travail ne manque donc pas. Tout ça me passionne. Je m'intéresse au tennis pour son jeu mais aussi pour son aspect social. Il regroupe – et c'est pareil dans d'autres sports – des personnes de conditions différentes. J'aime l'enseigner, tout entreprendre pour faire grandir les jeunes dans la vie, avec l'aide du tennis."

Ivan Du Pasquier est né à Neuchâtel. Une année après, il est parti avec ses parents au Tessin. "Papa était dans l'hôtellerie mais à cause de l'effondrement du dollar et de la livre sterling, le secteur hôtelier traversa une crise. C'était à la fin des années 60. Conséquence: nous sommes retournés à Neuchâtel. J'avais alors 10 ans."

C'est à cet âge-là qu'il commença le tennis. "Papa en faisait. En déménageant du Tessin, j'ai trouvé une raquette de tennis dans une armoire. C'est là que j'ai commencé à taper dans une balle, contre le mur de la maison communale du village où nous habitions." Rapidement Ivan Du Pasquier gravit les échelons. Un grand espoir était né, le monde du tennis le qualifia ainsi.

"A mon époque, il n'y avait pas d'entraîneur de condition physique. A 3-3 dans un match, j'étais déjà "raide". De 16 à 18 ans et demi, j'ai eu M. Stojan qui me disait: "Lift Ivan, lift Ivan (Ivan Du Pasquier secoue la tête, signe de désolation, d'incompréhension), que j'interprétais plus ou moins justement. On tapait dans la balle, c'était des Tretorn XL, j'avais mal aux bras après 3 minutes. On y allait avec la fleur au fusil, des fois, je faisais juste, après c'était faux. Maintenant, on sait ce que l'on fait, avant pas du tout." Des regrets? " Peut-être aurais-je été meilleur si j'avais pu bénéficier d'entraîneurs compétents, d'une préparation physique de qualité et de temps de récupération nécessaire en haut niveau. J'ai été un cobaye dans tous les domaines. Je suis un autodidacte, passionné. Ma passion a contrebalancé pas mal de choses." En Coupe Davis il était toujours seul. Il a parcouru le monde entier, avec ce statut et ses valises. "J'étais livré à moi-même." Au fond de lui, il a aimé ça, une impression confirmée par sa manière de raconter un peu de son histoire qu'il anime dans un langage direct, spontané, parfois sans préjugés. On aime ce langage direct, où il y a une petite part de lutte contre les mots fragiles. C'est surtout rarissime.

Après avoir effectué son école primaire au Tessin et suivi la section pré-gymnastique scientifique à Neuchâtel, Ivan Du Pasquier a bifurqué vers le tennis, qui allait devenir sa vie. "J'ai arrêté l'école tôt. Ce qui ne m'empêche pas de parler 5 langues. Je peux parler aussi bien à la Reine d'Angleterre qu'à un drogué. Ma vie, découverte puis construite en grande partie par moi-même, c'est l'être humain, ce qu'il est, c'est le monde."

Ivan Du Pasquier est un enseignant-né

De 14 à 15 ans, Ivan Du Pasquier s'est déplacé en chaise roulante, victime d'une ostéochondrite (anomalie de la croissance des os et du cartilage) aux genoux. "J'avais poussé de 18 cm en une année. Mon état de santé s'en est ressenti." Doué pour le tennis mais sans démesure aucune, il a poursuivi son chemin tantôt bien, tantôt mal (pubalgie en 1980, atteinte des insertions tendineuses sur le bassin), n'abandonnant jamais le court, ni le cours de son histoire, souffrant, surtout, d'un manque d'encadrement, d'un suivi très sérieux. "Je me suis perdu,  j'ai perdu mon chemin."

Avec les frères Günthardt et Roland Stadler, Ivan Du Pasquier fut le premier joueur de tennis professionnel du pays. Après déduction des frais relatifs aux voyages – l'avion était payé –, il estime à 21'000 dollars ses gains à l'ATP. A la fin de sa carrière, il s'est interrogé: "Je fais quoi maintenant? Je n'ai pas continué les études. Coup de bol, je reçois un jour un téléphone d'une personne qui me dit: "Ça te dirait d'enseigner le tennis à Genève?" J'ai accepté, je suis resté un ou deux ans à Genève, aux Tuileries. Après, je suis parti à Lausanne, au Lausanne-Sports. Je n'ai fort heureusement pas eu le temps de gamberger."

Il ne le dit pas mais les années sont là pour l'affirmer: Ivan Du Pasquier aime l'enseignement. Quelque part, un don s'est manifesté chez lui, très jeune. Il ne lui restait plus qu'à l'appliquer. Mais quand?" Si j'avais fini mes études, je serais aujourd'hui prof de maths. En fait, j'en sais rien..."

Durant quelques années, de 2000 à 2004 - il mit alors momentanément son rôle de professeur de côté –, il travailla pour une société de management "Up turn on", chargée, entre autres, de la détection de talents dans le monde entier. "Ainsi, j'ai découvert Ana Ivanovic." La joueuse serbe, née à Belgrade, a été professionnelle de 2003 à 2016, occupant la place de numéro un mondiale durant de nombreuses semaines, la première fois le 9 juin 2008.

Le tennis suisse? Ivan Du Pasquier parle des grands champions qui ont écrit son histoire. "La Suisse est un petit pays, c'est extraordinaire ce qui est arrivé et arrive encore. Chez les dames, comme chez les hommes. Un jour, Roger Federer et Stan Wawrinka mettront fin à leur carrière. Statistiquement, si on ne voit personne arriver dans les 200 ans à venir, là, ça sera normal."

Ivan Du Pasquier avec l'Argentin Guillermo Vilas (à droite)

Palmarès

Ivan Du Pasquier est né le 23 novembre 1961 à Neuchâtel.

Ancien tennisman professionnel, de 1978 à 1983, au plus haut niveau.

Droitier, revers à une main.

104e mondial en 1982 (en simple), 251e mondial en 1983 (en double).

Tournoi du Grand Chelem: US Open (64e de finale,en simple), Roland-Garros (1/32e de finale, en double).

A été champion de Suisse junior en 1978.

En 1980, a été champion de Suisse d'hiver, puis champion de Suisse en été (il était tête de série numéro 14) et avec le Lausanne-Sports, a été champion de Suisse en interclubs.

Était numéro 3 en Suisse derrière Heinz Günthardt et Roland Stadler, puis numéro 2 en 1982.

A disputé avec la Suisse la Coupe Davis, intégré en 1980 ( joué contre l'Italie et le Mexique, notamment), mais y fut évincé plus tard, suite à un mauvais résultat lors des championnats de Suisse (défaite en 1/4 de finales contre Markus Günthardt). Jakob Hlasek prit sa place.

En 1981, se distingue à Taïwan (1/4 de finale ) et à Manille (finale).

Fin 1982, il souffre d'une pubalgie. Il reprend en avril 1983, puis met fin à sa carrière.

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