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Jean-Luc Rouiller, ancien basketteur

18 décembre 2018

Jean-Luc Rouiller: A la LNM, il ne mène personne en bateau.
Depuis juin 2017, Jean-Luc Rouiller, 53 ans, est directeur de la Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et de Morat. Il a été choisi parmi 185 postulants. "Y paraît", dit-il souriant, face à un beau lac, perlé ce jour-là de gouttes d'eau. La pluie s'y était invitée. Fort heureusement, le soleil était ailleurs, dans un plat de sushis. Le parcours professionnel, riche, varié et intense de cet ancien basketteur, compétiteur partout et dans l'âme, a séduit les décideurs, sans doute aussi impressionnés. 

La compétition, la sportive ou l'autre, Jean-Luc Rouiller l'a connaît; de tout temps, il l'a affrontée. "Mais là, quand on postule, on ne voit pas ses "adversaires". Auditionné, il faut donner le meilleur de soi-même, être authentique, performant, comprendre les attentes, les défis qui sont à relever. Je suis arrivé dans la place par "gros temps". Je n'avais jamais tenu la barre d'une telle entreprise." Sa variété de compétences et ses composantes humaines - en tant qu'économiste dans l'agro-alimentaire, il a touché à tout, au marketing commercial, domaine où il excelle -son activité dans le sport aussi, lui ont permis de passer l'épaule. "Je suis arrivé, ici, sans à priori. J'ai connu un début intense. J'ai dû apprendre beaucoup de choses; il y en avait à régler; et des brèches étaient à colmater. Les dialogues avec les partenaires ont été nombreux."

Homme de terrain et de parquet

Il porte un regard en direction du lac, finalement calme, comme apaisé. "Dans cette période mouvementée, vécue à mon arrivée, la société se trouvait dans une situation financière délicate. Le personnel, dans son entier, avait un urgent besoin d'être rassuré et coaché plutôt que "dirigé", souligne en gras Jean-Luc Rouiller. Il y a eu une évolution, pas de révolution. "J'ai dû pendre des décisions, pas très populaires. Auparavant, j'avais appris à connaître les personnes qui étaient avec moi, le terrain sur lequel je m'aventurais." Capitaine à la retraite, mais à l'armée, Jean-Luc Rouiller, 193cm, homme pragmatique, de terrain et de parquet - il est un ancien basketteur - proche des gens est un rassembleur.

-Combien de bateaux possède la Compagnie?
-Dix dont 8 sont en activité. La Compagnie compte une bonne vingtaine d'employés à l'année, y compris les pilotes. Des matelots nous rejoignent. Lors de la bonne saison, le contingent, idem pour la restauration, se double. L'effectif total? Il s'élève à environ 100 personnes en été. Le pilote ou capitaine est sur l'eau, on ne le voit pas de toute la journée.

-Les capitaines ne sont-ils que des pilotes?
-Non, ils ont des doubles fonctions. Chez nous, ils naviguent en été et travaillent au chantier naval l'hiver. Ils s'occupent de l'entretien des bateaux. En quelque sort nous "achetons" des compétences métiers (électricien, ferblantier, menuisier, etc). Tenez: présentement, on cherche deux capitaines, appelés également à fonctionner comme électricien et mécanicien (la rencontre avec Jean-Luc Rouiller a eu lieu le 4 décembre à Neuchâtel). Nous avons besoin de ces compétences.

Application météo

-Le taux de fréquentation sur les bateaux dépend-il pas totalement des conditions météo?
-L'emprise est forte, oui. Nous effectuons du transport touristique. L'été 2018 a été magnifique. Paradoxalement, il a fait si chaud en août qu'on a enregistré une baisse d'affluence. Aujourd'hui, c'est flagrant, les personnes planifient leurs activités selon ce qu'indique leur application météo.

-Conséquence?
-Nous nous devons de leur offrir des produits généraux le moins possible dépendant de la météo. Une offre permettant d'établir un lien. Ou des liens. Deux exemples: des after work ou un événement raclette. Qu'il fasse beau ou mauvais, les gens viennent. Pourquoi? Parce que ce sont des moments sympathiques et conviviaux. Par rapport à l'an passé, l'augmentation a été de 12%. On transporte environ 250'000 personnes par an sur nos bateaux. 

-Ces bons moments surtout estivaux où il se passe toujours quelque chose de vivant, vous les aimez...
-...Oui et ça me correspond bien. La navigation a une réputation ancienne ou alors erronée. Mais le regain d'intérêt est manifeste. À Neuchâtel, on est très orienté "images". Notre rôle, c'est adapter l'offre, augmenter le confort. Sur le bateau, pour utiliser une image, il ne faut plus offrir (que) le filet mignon. On a des produits locaux et modernes qu'on veut mettre en avant. Nous mettons un point d'honneur à avoir une très bonne qualité de cuisine. 

Les brunchs ? Un atout

-Les brunchs en sont un...
-...Oui mais il n'y a pas que ça. Si la croisière classique existe toujours (4-5 heures), on a des courses d'une à deux heures, qui sont plus intensives, accompagnée d'un brunch, par exemple. Les enfants ne sont pas oubliés (courses spéciales). On doit adapter nos produits et nos horaires. Il faut aller sur notre site www.navig.ch, pour bien se rendre compte de l'offre. Il y a aussi des soirées dansante, avec DJ. Le but: chercher de nouveaux clients et montrer la vivacité, le dynamisme de la Compagnie. Avec, à défaut d'être attractifs, des prix compétitifs. Nous travaillons beaucoup avec les réseaux sociaux. 

-Le fait d'avoir joué au basketball à un haut niveau vous a-t-il aidé tout au long de vos différentes étapes professionnelles?
-Globalement oui. On y apprend des valeurs, on les cultive, on les met en pratique, après. J'ai toujours été un compétiteur. J'ai toujours soigné l'état d'esprit; avoir un bon état d'esprit dans une équipe -dans le travail, c'est la même chose- te permet d'avancer, de te sublimer, d'être le meilleur. Qui dit bon état d'esprit, dit discipline, volonté et énergie. Face à un projet ou confronté à une situation difficile, il est très important d'avoir ces ingrédients pour gagner.

-Basketteur, vous étiez...
-...Je n'étais pas talentueux, mais très travailleur, sérieux et bon défenseur. Mon parcours a duré 3 ans (1988 à 1991). J'ai commencé à bosser en 1991. A l'armée, j'étais officier et sportif d'élite en parallèle. Un jour on m'a demandé: "Quand allez-vous travailler?" Ça m'a fait réfléchir, il fallait faire un choix. J'ai choisi, je ne pouvais pas faire deux choses à la fois. Je suis quelqu'un d'entier.

Et le fair-play ?

-Vous avez été Directeur de la Fédération de suisse de basket...
-...Et j'ai adoré ce poste, qui est super intéressant. Mais je ne l'ai pas occupé très longtemps.

-Pourquoi?
-Parce que si on le défend sur le terrain, le fair-play n'existe pas dans les instances dirigeantes. Cela étant, j'ai gardé des contacts avec pas mal de gens. Cette partie relationnelle m'a plu et me plaît. Quand j'étais joueur, ce qui plaisait, outre le jeu de basket, c'était le contact avec le public après les matches. J'avoue que cet aspect me manque un peu. 

-Dans votre vie professionnelle, vous avez connu un certain nombre d'employeurs. Pourtant, vous êtes de nature fidèle...
(Il compte)-...La Compagnie de navigation est mon 7e. Partout ailleurs, je suis resté longtemps, sauf chez les deux derniers. Je suis fidèle. La fidélité, c'est bien mais au jour d'aujourd'hui, l'emploi à vie n'existe plus. J'ai aussi dit ça à mes 3 enfants. Dans l'existence, il faut toujours faire des choix, qui impliquent une méthode de faire, une culture différentes. Ça demande du courage. Et d'avoir un brin de folie.

-Possédez-vous un bateau?
-Non. (Il se reprend). En fait, oui, deux bateaux gonflables.

-Avant d'entrer en fonction, aviez-vous déjà navigué avec les bateaux de la Cie de navigation des lacs de Neuchâtel et de Morat (la LNM)?
-Oui, avec mes grands-parents et plus tard, à quelques reprises. J'opère un retour dans l'histoire. Il est émotionnel parce qu'il a des liens. La vie est faite de ce genre d'éléments positifs. Quand j'ai postulé, quelqu'un m'a parlé.

Palmarès

  • Jean-Luc Rouiller est né le 5 janvier 1965 à Fribourg.
  • Ancien basketteur.
  • Est au bénéfice d'un Master en économie obtenu à l'UNI de Fribourg et d'un brevet fédéral de marketing. 
  • A été junior avec Marly. A 15 ans, il intègre FR Olympic. A 17 ans, il fait partie du contingent de l'équipe qui évolue en LNA. Puis, il retrouve Marly (il joue 2 ans en première ligue). Arrivé à la tête de FR Olympic le coach Jo Whelton, le repère. Il cherche un bon joueur, un défenseur. 
  • Retour de Jean-Luc Rouiller à FR Olympic. Il y jouera de 1988 à 1991. 
  • A travaillé chez Cremo, Cardinal, Emmi fondue (1999-2008), Valcrème, à la Fédération de Suisse de basket, Salines suisses, et dans une pharmacie à Marly (comme administrateur). "Mon épouse est la patronne de cette pharmacie." 
  • A été Directeur de la Fédération de Suisse de basketball, de janvier 2013 à 2015.