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Gérard Balanche, ancien sauteur à ski

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17 avril 2018

Gérard Balanche et les passions d'une vie. Comme tout enfant, avec des skis aux pieds, Gérard Balanche, 54 ans, façonnait des petits tremplins et sautait. "J'ai fait toutes mes classes au SC Le Locle", souligne-t-il. "Une bonne moitié des sauteurs de l'équipe nationale y était membres, avec d'autres de leurs camarades, qui provenaient de La Chaux-de-Fonds, de Sainte Croix et de la Vallée de Joux."

Très rapidement, Gérard Balanche sauta loin, obtenant des résultats dignes de son talent et de son investissement. L'appréhension? "Elle s'apprend, on vainc la crainte, tout jeune. On la domestique." Sur le grand tremplin de la Combe-Girard, au Locle, inauguré en 1969 (à l'époque, c'était l'un des meilleurs emplacements de saut à ski d'Europe occidentale), il atterrit à 60m. Gérard Balanche a 13 ans. "Aujourd'hui, à 13 ans, souligne le citoyen de La Chaux-de- Fonds, un jeune se pose à plus de 100m. Les installations, le matériel, les tremplins et leurs profils, tout a changé. Avant, on faisait la trace sur le tremplin, aujourd'hui, il y a des rails. Dans tous les domaines, l'évolution est incroyable et la technique du saut à ski s'est développée de manière impressionnante."

Gérard Balanche a arrêté la compétition en 1989. "Mais j'ai remis les skis l'année d'après, je voulais participer aux championnats de Suisse, au Locle. J'y ai terminé troisième." Ensuite, plus rien, plus de saut, durant 20 ans. "Je n'ai plus eu d'envie. C'est comme dans tout: moins on fait, moins on a envie de faire. De surcroît, les possibilités de pouvoir sauter en Suisse sont maigres."

Mais en 2009, Gérard Balanche reçut une invitation d'un collègue Suisse-allemand, Edgar Furrer. "C'était pour l'inauguration d'un nouveau tremplin à Einsielden (70m). J'ai répondu positivement en demandant à ce qu'on me fournisse le matériel. Ce qui fut fait. Ainsi, j'ai pu sauter et ça a été génial."nécessaire". Depuis, Gérard Balanche saute à Einsielden. En été. "J'effectue environ 50 sauts chaque année."

Le plaisir revenu et les envies aussi, il a participé aux Masters de saut au ski. Chaque sauteur choisit 2 tremplins, afin d'opérer une sélection. "Avant, on sautait droit. C'est au tout début des années 1990 qu'on s'est mis à sauter avec la position des skis en V. Ce qui permet d'augmenter la surface de portance." Gérard Balanche explique. "C'est un Suédois, Jan Boklöv, qui a inventé ce style, très involontairement, mais néanmoins repris par tout le monde après. En se rattrapant alors qu'il se trouvait en difficulté, il a orienté ses skis en V. Un nouveau style était né."

Les skis en V? "La base, je l'ai. J'ai sauté durant 25 ans, mais pour moi, le style en V n'était pas quelque chose d'évident. Avec l'âge, on est moins souple, on a tendance
à être en arrière. Ce que j'avais oublié, c'est l'accélération. Il faut un positionnement du corps idéal sur le tremplin, un sens de gravité bien en place à la table (qui est le point d'envol) pour donner l'impulsion." Et de donner un exemple: "À Einsielden, au grand tremplin, on passe de 0 à 100km/h en 4 secondes."

Cette année, les Mondiaux Masters de sauts à ski se dérouleront en Pologne, sur un nouveau tremplin. "Ça risque d'être bien", dit, fort enthousiaste Gérard Balanche, qui visera un autre podium. "Aux Masters, précise-t-il, on peut prendre l'élan plus haut et du coup, c'est 100 % de plaisir assuré." Le Chaux-de-Fonnier avait un peu perdu de vue son sport. Mais depuis qu'il saute à nouveau, il a retrouvé son sens critique, ou pas, et son regard s'est affûté. "En Suisse, on manque de moyens, de tremplins. Bon, il y a Einsielden et Kandersteig, mais c'est très peux." Il y a aussi Hinwill (2 tremplins), sis au-dessus de Rapperswil. Aujourd'hui, la jeunesse s'est déplacée. Dans sa grande majorité, les bons viennent de là-bas."

Gérard Balanche et la maison d'hôtes

Il y a sept ans, Gérard Balanche a acheté une belle maison, à La Chaux-de-Fonds, avec Marlène Pini. "Elle a eu envie de faire des chambres d'hôtes." Cette bâtisse du début du XXe siècle (Art nouveau), une ancienne demeure d'horloger, est devenue une maison d'hôtes de caractère. "Marlène et moi, on a visité la maison. Comme elle nous a plu, on a décidé d'un projet à deux, d'effectuer des transformations, tout en gardant le style, son cachet. Les chambres sont au nombre de 4, chacune d'elles a son thème. Les travaux ont duré 3 ans. On a ouvert "Passion d'une vie" il y a 4 ans". Pas de pub, mais cette belle enseigne a un site, sur internet. Et le bouche à oreille fonctionne merveilleusement.

Gérard Balanche et Marlène Pini travaillent, les deux, à plein temps. Menuisier de formation "J'ai effectué mon apprentissage à La Chaux-de-Fonds", il a pu assurer
tout ou partie des travaux de menuiserie de la maison d'hôtes. Il est aussi intervenu dans d'autres domaines importants, mais plus modestement (électricité, sanitaire). "Je m'intéresse à la décoration d'intérieur." L'éclectisme fait partie de son bagage personnel.

Pour Columbus - construction d'escaliers planifiés et fabriqués, qu'il s'agisse de nouvelles construction ou de réfections -, Gérard Balanche est responsable de 3 régions (Lausanne, Genève, Jura). Alors, monter et descendre, il connaît. Avec ou sans tremplin. Dans son histoire de vie il a connu aussi des hauts et des bas. Avec des frissons contrôlés ou incontrôlables. Une base sur laquelle on peut construire une épopée.

Palmarès

Gérard Balanche est né le 18 janvier 1964 au Locle.
Ancien sauteur à ski. Sa carrière au haut niveau a duré 6 ans. De 1983 à 1989.
A participé aux JO de Calgary en 1988 (37e au petit tremplin, 30e au grand tremplin, 8e par équipe, avec la Suisse.
Mondiaux de 1987 à Obersdorf (Allemagne): 44e au petit tremplin et 17ème au grand tremplin.
Mondiaux de 1989 à Lathi (Finlande): 34e au petit tremplin et 49e au grand tremplin.
Coupe du monde: 27e en 1987.
1985: 3e à Holmenkollen.
1987: 4e à Obersdorf, 7e à Innsbruck, 13e à Garmisch.
1987: champion de Suisse
2014: 1er au championnat d'Europe masters
2015 et 2016: 1er au championnat du monde masters. Les épreuves masters ne sont pas reconnues comme compétitions officielles par la FIS (Fédération internationale de ski).
Aux Masters, il a gagné sur le tremplin des 70m et des 100m, plus le combiné.

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