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Marco Lorenz, ancien footballeur, aujourd'hui Directeur du Rados à Sion

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12 juin 2018

Marco Lorenz a de la tendresse dans l'âme. Avec quelques camarades, Marco Lorenz, 51 ans, a fondé en 2004 le "RADOS" à Sion, foyer pour requérants mineurs non accompagnés (MNA). "On est rattachés au service de l'action sociale du Canton du Valais à Sion au sein duquel se trouve l'Office de l'asile. Y travaille Monsieur Roger Fontannaz, qui assure le lien avec le politique."

Sur la place du Midi à Sion, Marco Lorenz rayonne. "Faire du foot, ça m'a aidé. Le football, c'est un vecteur de rencontres, de dialogues et d'entrevues, ça a facilité beaucoup de choses. En Valais le foot est porteur, peut-être davantage qu'ailleurs,  en Suisse-romande. Les gens vous remettent ou vous connaissent, ces personnes sont dans l'historique. J'ai eu de la chance de faire partie d'une génération - quasi valaisanne avec quelques joueurs du Haut-qui a marqué les esprits." Les cadres de l'équipe 1985-1986: Jean-Marie Pittier le portier, Alain Balet, François et Olivier Rey, Sauthier, Valentini, Bonvin, Lopez, Piffaretti, Perrier, Cina, Brigger, Praz pour ne citer, de mémoire, que ces "légendes".

Marco Lorenz a évolué durant de nombreuses années au FC Sion. Au terme de la saison 1990-1991, il était prêt à partir au Tessin, au FC Lugano. "L'entraîneur était Marc Duvillard. C'était tout bon. Je rentre chez moi et je dis à mon entourage: "Je pars à Lugano." Au courant des tractations, le président du FC Sion André Luisier m'appelle le lendemain et il me dit: " Non Marco, tu ne vas pas à Lugano, mais au Servette." Marco Lorenz sourit. En filigrane, ce changement de direction avait été la conséquence d'une question financière négociée avec le club grenat. Au-delà de ces tracasseries, quotidiennes ou presque aujourd'hui, il avait ressenti, Marco Lorenz, le besoin de se relancer, de souffler ailleurs, de vivre une autre expérience. Un Valaisan à Servette? De quoi alimenter, parodier et images les discussions dans les chaumières, dans les bistrots du Vieux-Pays. "Qu'est-ce que tu vas faire là-bas au Servette, t'es fou!" m'avait-on dit.

Marco Lorenz n'était pas un "traître". Ni un ennemi parce qu'il s'en va. Il voulait tout simplement changer d'air, remettre de l'ordre dans sa carrière. Que ce soit avec le FC Servette ou avec le FC Sion, il a toujours eu cette faculté d'amener des ballons de façon correcte, voire de manière décisive parce qu'il était à l'aise des deux pieds sur les côtés, dans n'importe quelle position. Il a aussi et bien évidemment marqué des buts, à l'affût quand il ne se trouvait pas positionné sur les extérieurs (à gauche ou à droite) où naissait déjà le danger.

Marco Lorenz n'est pas à proprement parlé un nostalgique. "Mais j'ai des émotions qui remontent. Je me dis que nous avons eu la chance de ce qu'on a pu vivre, de se trouver dans cette période. Je crois que les gens sont nostalgiques de celle-ci. Sur le moment, on n'a pas toujours conscience de ce qu'on vit. C'est après que tout ça se manifeste, se ressent. Ces moments sont forts." À l'époque et à l'exception de la bière, il n'existait qu'une pression. "Celle liée à l'aspect purement sportif. Il y avait de l'insouciance et de la légèreté; le plaisir du jeu. Le sportif n'était pas maltraité par les réseaux sociaux. On a échappé à ça. On était aussi dans les prémices du foot pro."

Dans le monde du football, les années 1985-1986 (ou juste un peu avant) sont des années charnières. "C'était l'arrivée du professionnalisme et des agents de joueurs, des managers. Et surtout, la reconnaissance des joueurs helvétiques à l'étranger se mettait en place." Même si, auparavant, quelques-uns étaient déjà partis, devançant des précurseurs comme Stéphane Chapuisat - pour rappel, il est depuis 10 ans chef du recrutement aux YB -, Adrian Knup et Kubilay Turkyilmaz, pour ne citer qu'eux.

Marco Lorenz aime toujours le foot, le jeu du foot caviar. Les artistes, Iniesta, qui a quitté Barcelone pour aller jouer au Japon. "Je me suis détaché du foot d'élite d'ici. Mais je regarde la Champion's League, le niveau qui est le sien, qui se trouve à des années lumières de celui qui était le nôtre. Devant la TV, on n'a pas l'ambiance, ses sensations, mais on a la qualité du spectacle proposé, des gestes incroyables, des buts magnifiques. Ça, j'aime."

RADOS

RADOS? Un mixe de requérants d'asiles adolescents. Fondé en 2004, ce Foyer a pu s'ouvrir grâce à l'office de la ville, fournisseur de moyens. Marco Lorenz est au bénéfice d'une matu socio-économique réussie à Sion. "Parallèlement au football, j'étudiais. Ensuite, je me suis essayé à quelques années universitaires (en sciences sociales et pédagogiques) mais je n'ai pas réussi à les concilier avec le football car des présences étaient exigées."

Actuellement, RADOS accueille environ 55 mineurs et une septantaine de jeunes
qui ont entre 18 et 20 ans. "Nous les prenons en charge", poursuit Marco Lorenz. "Des éducateurs, des assistants sociaux les encadrent. Nous les accompagnons. Durant 2 ou 3 ans, ils vont à l'école, sont dans des classes d'intégration. Puis, ils sont intégrés dans un cursus pour un apprentissage. Nous avons également des animateurs. Pour tous ces jeunes, le but avoué est d'assurer leur réinsertion aussi bien sociale que professionnelle. Le taux de réussite est très intéressant."

En 2015-2016, RADOS a accueilli 120 jeunes. "Il y a eu une explosion en terme d'arrivées", souligne en gras Marco Lorenz. Certains ont des parents, restés aux pays, d'autres n'en ont plus. La plupart sont Érythréens, Afghans et Somaliens."

Depuis 2015, des Centres se sont ouverts dans pratiquement tous les cantons. Il s'agit d'une recommandation de la Confédération. Auparavant, seuls le Valais et Vaud, Zurich et Bâle disposaient d'une telle structure.

Palmarès

Marco Lorenz est né le 28 juillet 1966 à Sion.

Ancien footballeur. Attaquant.

A joué avec le FC Sion (1985-1991), avec Servette (1991-1993), avec Monthey (1993, durant 6 mois).

A été à deux reprises international suisse (contre la Tchécoslovaquie, aujourd'hui Tchéquie, match éliminatoire comptant pour la Coupe du monde 1990 en Italie. Et contre l'Angleterre (match amical et de préparation).

A remporté une Coupe de Suisse avec le FC Sion (1990-1991), succès 3-2 contre Young Boys (deux buts d'Orlando et un d'Alexandre Rey).

Après avoir mis fin à sa carrière de footballeur, Marco Lorenz a entraîné des juniors
du FC Grimisuat durant quelques saisons.

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