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Nestor Subiat, ancien footballeur, consultant et à la recherche d'un emploi dans le sport

04 septembre 2018

"Suisse-Argentine ? Ça m'emm...je ne veux plus ce genre d'affiche"

Nestor Subiat, 52 ans, est spontané, nature, franc et dit ce qu'il pense "Je ne suis pas un aigri, je n'ai rien contre personne", en y mettant les formes nécessaires et ciselées avec le temps. Ce qui lui plaît avant tout, c'est parler de foot, sa passion devenue une vie, librement. Depuis peu de temps, il est consultant - en alternance avec d'autres -, à Télé-Club, chaîne de télévision payante avec laquelle il est sous contrat. 

Le dimanche, il est présent pour le football italien. Et le lundi, il participe à l'émission "Match après match" (phrase chère aux footballeurs et aux entraîneurs notamment) sur le foot suisse où tout est disséqué, analysé. "On m'a demandé d'être moi-même, d'être libre dans mes propos. Comme je ne suis marié avec personne (sauf avec son épouse Natacha), ça me va." Est-il au courant des premiers retours? " Ils sont plutôt positifs. On me dit souvent: "Enfin, Nestor, on te voit à la TV." 

Sur le plateau Nestor Subiat apporte du sang neuf et un peu de sang chaud.

Emploi recherché

Durant un mois et demi, tous les matins, Nestor Subiat, toujours à la recherche d'un emploi - Télé-club est une activité annexe - a suivi des cours d'anglais. "C'était très intense." Et durant quelques années, il a fait la promotion et vendu des vins de son pays, de sa terre qui est l'Argentine. "Je faisais ça en même temps que les voyages. J'accompagnais des gens dans mon pays. Je leur faisais visiter des endroits où les touristes (en général ou en principe) ne vont pas." Des voyages à thèmes. Il pourrait poursuivre cette expérience, mais, pour l'instant, ce n'est pas trop sa volonté. "Il faut être disponible". 

C'est que, Nestor Subiat, a des projets et des envies de retrouver un travail dans le domaine qu'il connaît le mieux. "Aujourd'hui je sais ce que je ne veux plus faire." Par exemple? "Être enfermé dans un bureau." Ce qu'il souhaiterait? "C'est évidemment rester dans le sport, m'investir dans l'événementiel. Ou alors dans un club, quelque soit sa teneur (pas forcément pro), dans des écoles privées ou pas. Pourquoi pas?" 
Il aimerait être utile, rendre ce qu'il a reçu, transmettre son vécu, son expérience à d'autres amoureux du sport, passionnés. Joli programme, intéressant pour qui veut être curieux. Nestor Subiat a soif de transmettre. De se (re)trouver sur le terrain du sport, là où il se sent le plus heureux.

A Savièse, le mercredi

Il n'y a pas si longtemps, l'entraîneur du FC Jorat-Mezières l'a contacté pour qu'il initie ses joueurs. Nestor Subiat y est allé -ce qu'il aime, c'est le travail spécifique avec les attaquants -, une aventure d'une fois, et c'était prévu comme ça. En Valais, on s'intéresse aussi à lui. Tous les mercredi, il se rendra -il s'y rend peut-être déjà- 
à Savièse, pour travailler avec les attaquants, et les jeunes du club. "J'ai accepté la mission par amitié pour l'entraîneur Éric Lagger, que j'appelle Monsieur Éric; et par passion, aussi. Nous sommes tombés d'accord, pour un suivi jusqu'en novembre. Après on verra." 

Domenech l'attendait

Nestor Subiat est au bénéfice de 3 passeports: argentin, français et suisse. Un fait assez rare. "Je suis né à Buenos Aires, mais j'ai grandi en France dès l'âge de 7 ans, en Alsace. Ma naturalisation, je l'ai eue à 16 ans et demi." Il se rappelle, souvenir en forme de tournant. "Dans la semaine qui a suivi, il s'est produit un truc de fou. Je me trouvais en classe avec mes potes. On frappe à la porte, c'était la directrice. Elle me dit: "Nestor, prends tes affaires." Inquiet, je me demande ce que j'avais pu faire pour en arriver là. "Tu dois aller jouer avec ton équipe, le FC Mulhouse. Il y a un dirigeant qui t'attends dehors dans la cour." Mes potes ont tous applaudi. Mais avant, on a dû aller à Strasbourg pour aller signer la licence française m'autorisant officiellement à pouvoir jouer." 

Pour Nestor Subiat, tout a commencé à Abbeville, en 2e division française. "J'arrive là-bas et le coach me dit: "Nestor, je ne t'ai pas fait venir ici pour rien. Tu es prêt? Je vais te faire jouer sur la droite." Le premier ballon? Je ne l'ai pas touché, un mec est venu sur moi, il m'a tacklé par derrière à la hauteur des genoux. Je suis parti en l'air, je suis reste au sol un moment et j'ai regardé le coach. Il a rigolé et écarté les deux bras comme pour me dire: "eh! oui, c'est comme ça Nestor." Qui était l'entraîneur? "Raymond Domenech." 

C'était le premier match de Nestor Subiat chez les professionnels. À Abbeville avec 
le FC Mulhouse. 

Avec la Suisse, le pays, Nestor Subiat a une affection particulière. "Je suis infiniment reconnaissant de la manière dont j'ai été accueilli, admis. Ici aussi, le foot pour moi a été très important. J'y ai gagné des titres." Des trois nations, son cœur penche pour l'Argentine et c'est logique. "Mes parents sont argentins. Je suis né dans ce pays. Je suis très attaché à mes racines." Et le cœur, où penche-t-il quand la Suisse affronte l'Argentine? "Ça me déchire, oui je suis emm..., tellement que je ne veux plus que ce genre d'affiche se reproduise."

Palmarès

  • Nestor Subiat est né le 23 avril 1966 à Buenos Aires.
  • Il a joué à Mulhouse (1984-1989), puis avec Strasbourg, retour à Mulhouse, avant d'évoluer avec Lugano (1992-1994), Grasshopper (1994-1997), Bâle (1997-1998), Saint-Etienne (1998-2000, avec une ascension en L1). 
  • Ensuite, ce fut Lucerne, Etoile-Carouge et le SC Orange (2001-2002). 
  • A remporté une Coupe de Suisse avec Lugano en 1993: 4-1 contre GC, 2 buts de Subiat. 
  • A été champion de Suisse avec GC (1995 et 1996) et avec Bâle (1998). 
  • Champion de France de D2 avec Saint-Etienne, montée en L1 en 1999. 
  • International suisse à 15 reprises, 5 buts. A participé à la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis.