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Renata Molliet, ancienne championne de water-polo et d'haltérophilie.

02 octobre 2018

Renata Molliet : "Je dois apprendre à m'accorder des pauses." Depuis le lundi 1er octobre, Renata Molliet, 48 ans, ne possède plus qu'un espace Crossfit NOIR-BLANC. Ce Centre vaste et beau, se trouve désormais à Givisez (près de Fribourg). "Il est très moderne. Il y a un grand écran. Le concept vient de Londres", dit-elle un brin fatiguée car le temps pressait au propre comme au figuré. On l'a rencontrée dans un hôtel lausannois l'après-midi du jeudi 27 septembre, très proche de l'endroit de son autre rendez-vous. Une aubaine! 

-Le temps qui passe vous fait-il peur?
-En fait, je dois me calmer. Avec l'âge, l'hyper active que je suis doit faire attention, être moins stressée. Je dois apprendre ça, à décélérer, à m'accorder des pauses.

-Qu'est-ce qui vous plaît dans la vie qui est la vôtre?
-J'habite au bord du lac de Morat. C'est une chance, un privilège. Je peux faire du vélo, nager dans le lac, entreprendre un tas d'autres activités. L'endroit magnifique s'y prête. C'est la nature. J'aime la nature. Cette région est fantastique. 

-Mais encore...
-...Le retour des personnes qu'on aide, à retrouver la santé, un corps plus adapté, une joie de vivre. Quand on me dit: grâce à vous, Renata, je vais mieux, je me sens mieux dans ma peau, ma santé s'améliore, je trouve ça formidable. C'est motivant, cela fait du bien à tout le monde. On sait pourquoi on travaille.

-Quel est votre moteur?
-Je suis une entrepreneure. Si vous me proposer un projet, j'y vais. Oui, j'aime les défis. Mon moteur, ce serait les défis. J'ai été au départ d'LFM TV et de ONE TV. Durant 10 ans, j'ai été directrice marketing de ROUGE FM. Ça aussi, cela a été un sacré défi. Je pars d'une page blanche et je vais jusqu'au contrat. 

Une leader à 7 ans

-Cet éclectisme, vous le tenez de qui?
-De moi-même. J'ai la tête dure et un caractère explosif. A l'école, j'avais 7 ans, et c'était déjà pareil. Je me rappelle que j'étais devant les autres, je voulais ça. Quand on faisait du sport, je demandais tout le temps le ballon. J'étais une leader. Déjà.

-Auriez-vous pu pratiquer un autre sport que l'haltérophilie et le water-polo?
-J'aime la planche à voile. Comme à Sao Paulo, il n'y a pas de plage, le week-end, nous faisions 3 heures de voiture - en tenant compte des inévitables "bouchons" -pour rejoindre l'Océan, pour pourvoir aller en faire. 

-L'exigence, chez vous, est-elle une des qualités premières? 
-Je suis plus exigeante me concernant que je ne le suis envers les autres. Je suis quelqu'un qui s'adapte, ça ne me dérange pas. En côtoyant des personnes venant d'horizons différents - dans quelque domaine que ce soit - j'apprends, au gré des rencontres, à les connaître, un peu. Je sens ce qui peut leur convenir ou pas.

-Vous dites souvent: dans les affaires, il faut parfois être masculin au moment de prendre des décisions. J'essaie de ne pas perdre ma féminité...
-...Le monde de la TV et de la radio (entre autres) est très masculin (macho?). On 
doit s'en rendre compte, apprendre de ça. Il ne faut pas être trop sympathique, ni trop séduisante. Au contact de ce monde-là j'ai appris beaucoup de choses, je me suis forgée (pas durcie), j'ai appris à avoir du caractère. J'étais un peu timide. Pour 
la petite histoire, un jour, on m'a demandé de tirer des cartes. J'ai tiré la princesse 
de l'hiver. Elle représente une personne froide. Bon, je ne suis pas comme ça (elle sourit).

Explosivité et force

-Passer du water-polo à l'haltérophilie ne doit pas être un transfert facile, non?
-Mon sport de base, c'est le water-polo (aux Mondiaux à Perth en 1990, elle était capitaine de l'équipe du Brésil). L'explosivité et la force sont mes atouts. Le water-polo, c'est comme le handball, mais on est dans l'eau. En haltérophilie, ma grande force, c'est la concentration. On a 30 secondes pour l'arraché et l'épaulé-jeté. Le mental joue un rôle déterminant. 

-En 2017, vous avez été championne du monde dans la catégorie 45-49 ans.
-Oui, sans doute parce que j'étais la plus forte au niveau de la concentration. Chez moi, elle est extrême. J'oublie tout, c'est nécessaire pour effectuer les mouvements. J'ai même été élue "Best Lifting" à l'issue des Mondiaux, la meilleure haltérophile de toutes les catégories.

Un diplôme niveau 3

-Vous êtes la directrice du Crossfit NOIR/BLANC à Givisiez, vous y enseignez aussi (coach). Faut-il avoir des diplômes?
-Je suis au bénéfice du diplôme niveau 3. En Suisse, on est deux à l'avoir.

-À considérer votre parcours dans sa globalité -riche et hallucinant dans sa variété-, on s'aperçoit que le monde des médias a occupé une grande partie de votre vie. On se trompe? 
-J'aime ce monde et encore maintenant. Dans la mesure où le sport a toujours été très présent je l'ai considéré comme un hobby, important. Si le crossfit représente grosso modo le 90% de mon activité, les 10% restants, je les utilise comme experte média, pour la radio et la TV. Dans le monde des médias, la compétition touchant 
aux audiences est grisante. Ça me procure aussi du plaisir.

-Vous avez vécu surtout ça au Brésil...
-...Il y a beaucoup d'émissions qui intéressent tous les pays. La TV au Brésil a un pouvoir. 

-Vous êtes arrivée en Suisse en 2004 et obtenu la nationalité en 2007. A l'époque vous aviez déclaré qu'en Suisse, c'était moins dangereux qu'au Brésil.

Ici, c'est le paradis

-Sao Paulo est une grande ville. Le stress fait partie de la vie quotidienne (son mari s'est retrouvé à deux reprises avec un pistolet sur la tempe). Une femme, seule, au volant et arrêtée à un feu rouge peut se faire voler son sac à main. Ici, c'est différent, non? C'est un paradis.

-Quelle est votre activité préférentielle?
-J'aime tout faire, créer, entreprendre. C'est à chaque fois un plaisir. Le site internet pour NOIR/BLANC, c'est moi qui l'alimente, qui y met les informations et qui fait les photos. Je fais tout ou presque. J'aime ça. 

-Vos journées sont longues, actives, variées, vous dormez de temps en temps?
(Elle sourit)-Ma journée commence à 8h et elle se termine vers minuit. Tenez, il est 15h maintenant et je suis déjà "morte". Bon, l'ouverture du Centre NOIR/BLANC, à Gevisiez, me prend beaucoup de temps mais heureusement pas la tête même si je suis toujours en train de réfléchir. Si je dors? Oui, j'aime dormir, ça me repose. 

-Vous êtes fit - 63 kg - pour 169 cm. On imagine que vous êtes à l'écoute de votre corps. Entretenez-vous votre ligne?
-Oui, j'ai trouvé la bonne balance entre les protéines, les glucides, les liquides. On peut mélanger le tout. J'ai trouvé la quantité idéale, me concernant. 63kg est mon poids de forme, j'y veille constamment. J'évite les sucres.

-Allez-vous continuer à faire de la compétition? 
-Je ne pense pas. Je vais me concentrer dans mon activité de coach, au Centre à Givisiez, pour tout ce qui a trait à l'haltérophilie notamment. Ayant été championne du monde en 2017 et élue meilleure haltérophile, toute catégorie confondue, je ne peux plus faire mieux. Mes défis qui sont ma vie aussi, je vais les consacrer à autre chose.

Palmarès

  • Renata MOLLIET est née le 12 novembre 1969 à Sao Paulo.
  • En 1980, elle découvre le volley-ball et la compétition.
  • En 1986, elle fait ses débuts en water-polo.
  • En 1990, avec l'équipe du Brésil -elle en est la capitaine-, elle participe aux Mondiaux de water-polo à Perth. Les JO? Le water-polo y a été introduit en 2004. "J'avais déjà arrêté de jouer."
  • En 1988, a l'occasion des JO à Séoul, elle a travaillé pour la télévision brésilienne en tant qu'assistante de production.
  • En 1992, elle obtient son diplôme en Broadcasting. "Mon objectif, c'était de pouvoir travailler dans le sport." 
  • En 1992, au plan sportif, elle est 5e de la Coupe du monde de water-polo avec le Brésil.
  • En 1995, elle écrit et met en scène "The Big Shit" qui est un court-métrage de fiction écolo, moitié film, moitié dessins animés. 
  • En 1998, reçoit un Emmy Award avec la série Saos et Salvos (sain et sauf), qu'elle a écrite et dirigée.
  • En 2000, elle épouse Marcelo Molliet, à Sao Paulo.
  • En 2003, elle créé l'émission Pânico na TV (panique à la télé), 26 épisodes, série TV éducative. 
  • Arrivée en Suisse en 2004. En 2007, obtient la nationalité suisse.
  • En 2005, elle est coach de l'équipe féminine de Genève-Natation de water-polo.
  • En 2007-2008, elle est coach de l'équipe nationale de Suisse féminine de water-polo, qui participe notamment aux Européens de Prague.
  • En 2010, elle commence le crossfit.
  • Elle est championne d'Europe de crossfit en 2013, 2014 et en 2015.
  • En 2015, elle ouvre le Centre Crossfit NOIR/BLANC, qui avait 3 antennes (Estavayer, Matran et Bulle) aujourd'hui fermés. 
  • L'unique Centre hyper moderne se trouve depuis peu à Givisiez. 
  • En 2017, elle est championne du monde d'haltérophilie catégorie 45-49 ans (elle a soulevé 54 kg à l'arraché et 72 kg à l'épaulé-jeté). La même année elle décroche le titre de championne d'Europe d'haltérophilie, moins de 63 kg.