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Alexandre Comisetti, ancien footballeur international. Et consultant

21 février 2019

Alexandre Comisetti: "Je n'ai jamais rien attendu du foot..." Il a quitté la BCV, il y a deux ans. Aujourd'hui, Alexandre Comisetti, 45 ans, homme de terroir, d'une région, travaille sur ses terres; à l'intérieur d'une zone. Il est responsable administratif chez 1040 Chauffage, société, la petite sœur, complémentaire de BRM, Brûleur Romandie Maintenance S.à.r.l. En résumé la première réalise des installations de chauffage domestiques et demi-industriels. La seconde, qui est attenante, assure le service, l'entretien, la maintenance et le dépannage de tout système de chauffage et des brûleurs. Il faut se rendre sur le site, pour en savoir plus. Au chaud.

Corinne, l'épouse d'Alexandre Comisetti, a toujours eu une vue dans l'immobilier, et ce qui touche ses contours. Elle intègre BRM en 2005, à leur retour de France. Cette société a été fondée en 2003 par son frère Pierre-Alain Favre et Flavio Damioli, directeur technique. Tous les trois sont associés. "Les responsabilités sont sur leurs épaules. En ce qui me concerne, précise l'ancien international à l'élégance toujours aussi naturelle, j'occupe le poste de responsable administratif." Au départ,  chez BRM, il y avait 2 personnes, ensuite 3 il y a 15 ans. "Aujourd'hui, nous sommes 18 en tout." 

Bagages enregistrés à la BCV

Il a quitté la BCV - management de projets, événements, marketing, etc - avec plein de bagages pour la suite de sa carrière, connaissances acquises dans des dizaines de cours internes, "Au Centre de formation incroyable" de cette banque. " A la BCV, j'avais une caution de sécurité. Mais mon envie était de voir autre chose, de quitter l'institutionalité pour le privé, en y injectant toute mon énergie. Une nouvelle. Les 3  dernières années, j'étais conseiller à la clientèle. A un certain moment, j'ai ressenti que j'avais peut-être fait le tour, mon énergie était moindre et je n'avais plus du tout envie de faire des diplômes. La BCV est une belle institution très hiérarchisée. C'est comme si j'avais atteint un plafond au poste où je me situais. Je voulais mettre mon énergie dans le développement de projets avec la possibilité de prendre des décisions rapides et en assumant ces choix. Je devais partir dans le privé avec ses risques et avantages." 

Il apporte un second café. Une belle clarté s'installe dans le bureau et le téléphone sonne souvent. Alexandre Comisetti court et va répondre. "Tout l'aspect technique 
lié à la construction d'un projet immobilier je l'avais appris à la BCV, au magnifique Centre de formation où je me suis nourri d'énormément de choses. Exemples: des réunions de chantiers, rencontres avec des architectes, etc. Ça m'a beaucoup aidé. J'ai un vrai vécu par rapport à ça. Merci. Quand je suis arrivé ici, chez BRM et 1040 Chauffage j'ai retrouvé des choses relativement familières. Où les corps de métiers sont nombreux -tous les métiers techniques sont compliques-, chaque chantier est différent. Tous les matins, nous nous réunissons vers 07h-07h15 pour poser toutes les problématiques sur la table. C'est hyper varié, et parce qu'on touche au confort des gens, il faut trouver des solutions rapidement. Nous avons une bonne capacité de réaction, sommes bien organisés même si nous savons qu'on peut toujours faire mieux."

Le besoin d'être occupé 

-Si on vous dit que vous avez toujours été focalisé sur le fait de travailler...
-...C'est vrai. J'ai besoin d'être occupé. Je travaille beaucoup. Je me sens bien que lorsque les choses sont faites. En partant dans le privé, je savais que l'approche allait être différente. Le fait que mon épouse y soit a été le déclencheur. 

-Et le football, il faut en parler, l'heure avançant.
-Le foot? J'en ai fait parce que j'aimais ça. La notion de carrière n'existait pas dans mon esprit. J'ai été pris dans un engrenage dans lequel ça s'est très bien passé. Jamais je n'ai eu le blues de celui qui n'est plus connu. Je n'ai jamais rien attendu du foot, mais j'adore ça.

-Durant 11 ans -et pas 10-, vous avez été consultant à la RTS pour les matches de l'équipe de Suisse.
-Après avoir effectué des essais, tout a commencé en 2007 avec Suisse-Etats-Unis à Zurich. Le dernier a été le fameux Suisse-Belgique à Lucerne (de 0-2 à 5-2) ce qui a qualifié la Suisse pour le Final Four de la Ligue des nations, au Portugal (Portugal-Suisse le 5 juin, Pays-Bas-Angleterre le 6 juin). Mais le match que je n'oublierai pas, jamais, c'est Suisse-Argentine à Sao Paulo (Coupe du monde au Brésil en 2014, 1/8e de finales, 0-1, 118e minute!).

Un duo plutôt qu'un "couple"

-Onze ans, c'est un sacré bail, non?
-Philippe von Burg, journaliste à la RTS, ne m'a jamais dit: "On arrête!" Ça s'est fait tout naturellement. Après toutes ces années, Philippe voulait donner une autre orientation à son activité professionnelle, dans la production.

-Avez-vous formé un "couple"?
-Non, je parlerai plutôt d'un duo, sans prétention aucune. Nous avons accompagné l'équipe de Suisse de manière naturelle. Nous étions extrêmement bien préparés. La veille des matches, le jour des matches on allait pas visiter la ville. Vis à vis des gens, des téléspectateurs c'était une question de respect. Pour amener quelque chose en plus, il faut se préparer. 

-Au fils des ans, on a eu le sentiment que l'enthousiasme, de part et d'autre, a été grandissant. On se trompe?
 -Non. A la base, nous sommes très attachés à l'équipe nationale. Avec Philippe, c'est vrai, on s'est lâchés progressivement au micro. En général le ton du commentaire a évolué. On a suivi le mouvement, on s'est orienté dans ce bon sens, aussi parce que les résultats étaient là. 

-Tout au long de cette aventure, avez-vous eu des retours...
-...Avec l'EN, si ça se passe mal, si tu dis des bêtises, tu fe fais chahuté, surtout sur les réseaux sociaux. C'est arrivé, mais relativement peu.

A deux points du leader

-Quel est votre regard sur la mondialisation du football, les origines des joueurs, qui sont multiples et qui parfois "font causer"?
-Je suis à 10'000 lieues de tout ça. Les origines? C'est un faux problème, on a tort de s'en poser, d'en faire naître. Je vais dire une évidence: il ne faut pas mélanger le sport avec la politique. Pour avoir été très proche de l'équipe nationale je peux vous certifier que l'implication des joueurs est totale, ils jouent pour le drapeau suisse, ils ne parlent que de ça, ils veulent ça, parce qu'une croix repose sur leur cœur.  C'est humain d'être attaché et d'idéaliser des origines. Au fond de moi, je ressens une certaine fierté de mes origines tessinoises mais je n'y suis allé que quelques fois dans ma vie. Au FC Echallens, je côtoie quotidiennement des joueurs de diverses origines. L'attachement à la région et notre culture sont communes. Et ça se passe magnifiquement bien.

-En première ligue, votre équipe occupe actuellement le 2e rang de la division, à 2 points du leader Etoile-Carouge...(reprise du championnat le 3 mars).
-...C'est agréable de regarder vers le haut dans un championnat, sinon à quoi bon y participer. Mais l'approche n'est pas la même pour tous les clubs et leur situation du moment. Je discutais de ça il y a quelques temps avec Lucien Favre, autre enfant du Gros-de-Vaud (leader en Allemagne avec Borussia Dortmund), du principe de vouloir gagner ou de devoir gagner. À Echallens, par exemple, on veut gagner. Au LS, notre club phare, avec les ambitions et perspectives du moment, on doit gagner. La différence est grande. Elle implique la recherche de joueurs propre à chacune de ces deux philosophies. L'équipe qui doit gagner va devoir chercher des joueurs prêts à adhérer à 100% à ce mode de fonctionnement. À Echallens, les obligations ne sont pas les mêmes. Dans mon équipe, j'ai environ une dizaine de joueurs de la région. Le groupe doit s'impliquer à 200% pour atteindre des objectifs sinon la saison peut être longue. Je trouve ça génial.

Palmarès

  • Alexandre Comisetti est né le 21 juillet 1973 à Saint-Loup.
  • Milieu de terrain offensif.
  • 30 sélections avec l'équipe de Suisse, 3 buts. A participé en 1996 à l'Euro en Angleterre.
  • Première sélection: contre le Luxembourg le 13 mai 1996 (1-1). La dernière, à Moscou le 16 octobre 2001 (Russie-Suisse 4-0).
  • Joueur au LS (1990-1992), à Yverdon (1992-1993), au LS (1993-1994), à Yverdon (1994-1995), GC (1995-1999). Puis à l'AJ Auxerre (1999-2001), à Servette (2001-2004), au Mans (2004-2005), retour au LS (2005-2007). Enfin, à Echallens (2007-2008). 
  • Deux titres de champion de Suisse avec GC (1995-1996 et 1996-1997). Promotion en LNA (Super League) avec Yverdon (1992-1993). Promotion en D1 avec Le Mans  (2004-2005). 6 participation à la Coupe d'Europe (Europe League), avec Servette et GC, et deux en Ligue des champions avec GC.
  • A entraîné les M21 de Team Vaud.
  • Entraîne le FC Echallens (première ligue) depuis 2018.
  • A été durant 11 ans consultant à la RTS pour les matches de l'équipe de Suisse.

Deux vidéos 

Facebook : coupe du monde de la FIFA

Plusieurs vidéos avec Alexandre Comisetti