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Bastien Chesaux, ancien pilote moto

14 février 2019

Bastien Chesaux: "Mon hobby? C'est mon job." A 27 ans, il aime les défis. "Ma passion." Les risques, le plus souvent calculés. N'a-t-il pas commencé la compétition à l'âge de 14 ans? "Si mes parents, dit-il à table avaient fait du cheval, j'aurais fait du cheval." C'est la moto qu'il choisit, faite pour lui mais pas par lui. Son talent aujourd'hui, son audace, il le distille ailleurs.

En 2017, Bastien Chesaux, avec Jérôme Berset et Stéphane Matthey crée ID Custom, une entreprise spécialisée dans le covering. Ses axes? Le covering total, les films de protection, des projets sur mesure, du design à la pose, le marquage publicitaire. "Je me suis entouré de personnes ayant appris à démonter les voitures et qui posent des films de protection après. On ne détoure pas au cutter - d'autres sociétés le font - on démonte. À Forel, dans notre garage, on a 3 lifts. On est les seuls en Suisse Romande à en avoir autant." (www.id-custom.ch)

Chez ID Custom, on démonte

Chez ID Custom, swiss covering, on travaille avec le haut de gamme: Audi, Porsche et Tesla. "On a également des Lamborghini." Pourquoi le haut de gamme? "On offre des services clé en main. Le client arrive chez nous avec sa voiture. On lui en prête une jusqu'à ce que son véhicule soit prêt. Non, on n'est pas un garage car notre travail repose sur tout ce qui n'est pas mécanique. On centralise avec des personnes différentes et très spécialisées." Exemple le covering, qui est une valeur ajoutée. " C'est une manière de changer la couleur de la voiture tout en protégeant la carrosserie - avec l'aide un film 
de protection - en garantissant l'assurance de pouvoir revenir à la couleur de base. Le film de protection, lui, préserve la valeur de base."

En 2018, ID CUSTOM a enregistré un chiffre d'affaires d'environ frs 600'000.-. "Ça représente 220 projets. Pour cette année (2019) on table sur 250 projets, pour un 
CA de frs 800'000.-. "Mais le but, avoue Bastien Chesaux qui fonctionne grâce au relationnel, soucieux dans l'âme -une bonne habitude-, perfectionniste de nature, 
qui est un comportement idéal, ce n'est pas de faire plus mais bien d'augmenter la qualité de notre travail." 

Et Mach? "J'ai repris la société qui me faisait rouler et j'ai modifié les statuts. Mach veut dire Moto Academy Suisse. Cette société avait été créée par mon papa et mon manager. Je suis seul et je travaille aux mandats." Le repas de midi pris, il est temps de passer aux questions, jamais dérangeantes.

Un entrepreneur responsable

-Remonter sur une moto, ça vous démange?
-Non, aujourd'hui, en fait depuis longtemps, j'ai tourné la page. Quand j'ai dit stop, j'ai remboursé mes dettes. Durant 6 mois, ça a été le black-out total et il n'y a plus eu de moto du tout. Après, on m'a recontacté pour que je sois pilote d'essai. J'ai refusé. Je travaillais et à un moment donné, quand tu es entrepreneur, tout repose sur toi. 

-La voiture se serait-elle substituée à la moto?
-J'ai acheté une Porsche, pour les circuits. Quand je m'y rends, c'est surtout pour y faire des rencontres, voir des gens avec toujours une idée derrière la tête. Parmi eux, il y a 20 à 30 personnes clés. On discute projets-voitures, business. Je peux dire qu'à part ça, les plus belles rencontres que j'ai faites, c'est le casque posé.

-Mais il vous arrive aussi d'aider des jeunes...
-...Oui, je donne des coups de mains à des jeunes, rarement en pensant à un intérêt. Quand j'étais pilote-moto, de nombreuses personnes m'ont aidé. Il est donc normal que je redonne un peu de ce que j'ai reçu. 

-Sur les circuits, avez-vous eu le sentiment d'être allé à chaque fois au maximum de vos possibilités? 
-Oui, mais pas forcément au niveau de la performance. Le fait d'avoir eu un certain nombre de casquettes: pilote, financier, manager, chargé de ma communication et endetté, entre autres, tous ces investissements m'ont pompé de l'énergie. Pilote j'ai toujours tout donné à fond. Peut-être aurais-je été plus performant si une structure nationale avait existé. Mais tout ce que j'ai vécu et aussi enduré me sert aujourd'hui, et contribue à ce que je suis. 

Un brûleur d'étape

-Après quoi courriez-vous?
-Après les filles (il sourit). Non, plus sérieusement, je courais pour gagner, pour être le plus rapide possible. J'ai un parcours atypique, j'ai brûlé des étapes puisque 2 ans et demi après mes tous débuts, j'étais engagé dans des épreuves comptant pour le championnat du monde. Peu ont fait ça. J'ai eu cette opportunité. Il y a eu du bon et du mauvais. 

-Quel autre métier rêviez-vous de faire ou auriez-vous pu pratiquer?
-J'en ai rêvé à aucun. Je me suis toujours vu faire des choses pour moi et par moi-même, pour ne rien devoir à personne. Aujourd'hui, j'entreprends des choses fort diverses que je suis capable d'assumer. Si c'est de l'égoïsme ou si je suis égoïste? Certainement, par rapport à la prise de risque. Je n'ai pas envie d'envoyer des gens embarqués avec moi sur le même bateau contre la falaise.

-Chez ID Custom - qui compte 3 personnes, dont Bastien Chesaux- et au sein de Mach S.à.r.l, société de conseils aux entreprises, que vous avez créée au terme de vos études de marketing et communication, vous êtes...
-...Actuellement majoritaire dans les deux. La première à raison de 51% et en plein chez la seconde, étant seul aux commandes. 

-Au fil des années, votre personnalité a-t-elle changé?
-Oui et j'ai remarqué ça. Avant et après une course, j'étais timide, soucieux, entre autres. Aujourd'hui, tu me lâches n'importe où et je me débrouille. Oui, je me suis affiné, c'est dû surtout à la prise de responsabilités.

Non à la "fraise"

-Avez-vous le temps pour une occupation préférée?
-Mon hobby, c'est mon job (courte pause). Mais je soigne mon bien-être avec le crossfit, je vais au fitness, je fais du ski, du vélo, du badminton, du squash.

-Quel est le son, le bruit que vous n'aimez pas du tout? Celui d'une moto ou d'une voiture au milieu de la nuit par exemple?
-Non, parce que ça, je l'ai eu fait. Je dirai le bruit de la "fraise" chez le dentiste.

-Aujourd'hui, avez-vous (encore) quelque chose sur le cœur?
-En 2009, alors pilote, quand j'ai eu la possibilité de monter en 250cm3. Le patron m'avait promis monts et merveilles, or c'était du vent. D'ailleurs, il a fini en taule.

Consultant ? Oh ! Non

-Quel est le métier que vous n'auriez pas pu pratiquer, ou que vous vous interdisez de faire?
-Consultant, pour moi, je trouve ça péjoratif. C'est quelqu'un qui s'invente un métier. Qui te dit qu'il va essayer de faire quelque chose et que ça te coûte tant la journée.

-Existe-t-il un moment dans votre vie où vous vous êtes senti seul?
-Non, j'ai toujours eu autour de moi des personnes qui m'ont appuyé et encouragé. J'aime les moments durs, qui m'obligent à rebondir. J'avoue qu'il m'arrive, parfois, d'en provoquer -volontairement ou pas - pour être face au mur.

-En moto, quel est votre meilleur souvenir personnel?
-En 2013, quand je prends la tête du classement général du championnat d'Europe des 600. C'était sur le circuit de Silverstone. 

-Quelle voiture n'aimeriez-vous pas conduire?
-Je dirai la Smart, pas par rapport à la place qu'elle offre, mais par rapport à son aspect sécurité.

-Quelle est votre moto proférée?
-La Honda 250, que j'ai pilotée en 2009. Là on te met dans les mains un engin qui développe 110CV et qui pèse moins de 110kg. Cela correspondait bien à mon style 
de pilotage. 

-En moto, vous avez connu des frissons incroyables. Qu'est-ce qui vous en procure aujourd'hui?
-Ils sont pour beaucoup liés à des prises de risques entrepreneuriales. 

Palmarès

  • Bastien Cheseaux est né le 2 novembre 1991, à Lausanne.
  • Ancien pilote moto. Chez Aprilia, puis Honda.
  • A commencé sa carrière en 2006, en 125cm3. En 2007 en 125 élite. En 2008, début élite Moto GP 125. En 2009 en 250 GP. En 2010 et 2011, en 600 super sport (a couru pour le championnat du monde). En 2011 et 2012, en 600 (championnat d'Europe). Et en 2013, en Moto2, en championnat d'Europe.
  • En 2013, a terminé 4e du classement général de la catégorie 600 stock.
  • A participé aux Championnats du monde en 125cm3, 250cm3, aux Championnats du monde Supersport et aux Championnats d'Europe Superstock 600.
  • A reçu le Mérite Sportif Vaudois en 2013.
  • En 2012, à l'enseigne de "La route n'est pas un circuit" il participe à la campagne de prévention routière menée conjointement par la police cantonale, les polices communales vaudoises et la section Vaud du TCS. Avec Bastien Chesaux, il y a Sébastien Buemi.