X

Recherches fréquentes

Cristobal Huet, hockey sur glace, vainqueur de la coupe Stanley

31 octobre 2019

 

Le 5 octobre dernier, à la Vaudoise Aréna, la nouvelle patinoire dans laquelle évolue le LHC, le maillot no 39 de Cristobal Huet, grand gardien et portier de légende d’une humilité rarissime, a été retiré. La cérémonie fut émouvante et suivie d’une standing ovation. «Vous savez pourquoi je portais le 39? Parce que je suis né un 3 septembre.» 

Assis dans une des tribunes de la nouvelle arène lausannoise, Cristobal Huet la contemple. Il est aussi à l’écoute. Sa carrière? Il a fait exister quelque chose qui n’était pas. Il a été proprement le créateur. Son regard sur elle aujourd’hui? «C’est un voyage incroyable. C’est plus que les rêves les plus fous. Oui, je suis assez fier de ce que j’ai à accompli.» Là, sa modestie en a pris un coup. 

C’est aussi, pour emprunter les pas d’une philosophe inconnue, se dire à la fin qu’on n’a pas manqué ses rendez-vous, qu’on a su ne pas faire défaut. Qu’on était là quand il fallait et qu’on a fait ce qu’on devait. Cette loyauté de citoyen à répondre présent, et aussi valable pour un gardien de hockey. En l’occurrence, Cristobal Huet pour qui le temps sera un jour suspendu à un choix. Un autre. Le sien, à venir. Avenir.

Juste moyen à l'école

Quels valeurs, ou conseils, vous ont transmis vos parents?
Ils n’ont pas eu besoin d’être «dur» avec moi. J’ai été un enfant assez facile. 
A l’école? Non, je n’étais pas un élève dissipé, seulement juste moyen, assez pour passer (il sourit). Je n’ai jamais redoublé. J’ai eu mon BAC, j’ai suivi des études de sports à l’UNI de Grenoble, que je n’ai pas finies. J’ai été 4 à 5 ans aux études.

Et le plus beau compliment?
Avec les Canadiens de Montréal, j’ai été la «star» à une certaine période. Du coup, des journalistes sont allés en France pour y interviewer mon papa. Il a dit: «Je suis fier de mon fils» mais surtout et c’est ce qui m’a touché: «Il n’a pas changé.» ça reste le plus beau compliment reçu de mes parents. 

Le poste de gardien s’est-il tout de suite imposé à vous?
Oui, dans mon club, à Grenoble, ils avaient besoin d’un gardien. C’est comme ça que je me suis retrouvé devant une cage. Mon frère y jouait aussi. Si j’avais un don? Peut-être pas mais j’étais un gardien naturel. Dans les années 80-90, période où j’ai grandi, on était des hockeyeurs avant d’être des athlètes. 

Une humilité naturelle

Pratiquiez-vous d’autres sports?
Avec mes potes, on jouait au foot, au basket, au baseball, au tennis. On jouait tout le temps. Ça m’a aidé, j’ai acquis le sens du jeu, qui est très important.

Votre carrière est impressionnante et pourtant vous restez discret; en fait, vous avez toujours cultivé l’humilité...
...C’est dans ma personnalité. Je ne force rien. C’est naturel. Pourquoi me mettrais-je en avant? Il faut garder les pieds sur terre. Je ne sauve pas des vies, je ne suis ni docteur ni chirurgien. Je suis un gardien de hockey. 

Mais encore...
... À la base, je suis un garçon très timide et introverti, mais pas avec mes proches ou d’autres personnes que je connais bien, avec lesquelles il existe une confiance. Sitôt mon masque mis, j’étais une autre personne devant ma cage. 

Avez-vous aimé l’univers de la NHL?
Oui. Je n’y ai pas connu de joueur(s) détestable(s). Un vestiaire de hockey reste un vestiaire de hockey. Même en NHL avec le business en plus. Là, les salaires sont connus. Il n’y a pas de jalousie. Le milieu est sain. J’ai toujours adoré le milieu du hockey. 

À considérer votre parcours, votre palmarès, pourquoi n’avez-vous pas été un gardien comme les autres?
Mais je me considère comme les autres gardiens. Bon, j’ai gagné la Coupe Stanley mais en NHL, il y a 60 gardiens; on peut dire la même chose d’eux. Il faut remettre les choses à plat.

Au départ, aviez-vous un don ou avez-vous beaucoup travaillé...
...Sur la glace, j’ai énormément travaillé. J’étais le premier sur la glace et le dernier à la quitter. Au grand regret de certain de mes amis, j’aurais pu être meilleur physiquement. J’ai soulevé mes premières barres tardivement. C’est à Lugano que je suis devenu pro. 

Enfant, rêviez-vous de faire une telle carrière?
De ma vie, je n’ai jamais prononcé le mot NHL. La NHL était quelque chose d’impossible pour moi. Je jouais à Grenoble, je pensais, soyons fous, équipe de France. Quand je jouais à Lugano, le coach des gardiens m’a dit un jour: «La NHL, c’est pour quand?» Pour toute réponse, je l’ai apostrophé du regard.

Blanchissages avec les canadiens

L’excellence vous a (presque) toujours accompagné durant votre carrière. Et la perfection, l’avez-vous rencontrée?
Je ne parlerai pas de perfection. Mais il y a eu des périodes de surrégime où, heureusement, j’ai eu la baraka. Je pense à ma 1ère saison avec le Canadiens de Montréal. Je n’avais pas joué énormément, il n’empêche que j’avais réalisé 8 blanchissages avec moins 40 matches au compteur.

Vous êtes entraîneur des gardiens au LHC. Y a-t-il une méthode Cristobal Huet?
Il faut faire une distinction, une différence entre les jeunes et les pros. Les pros sont déjà (presque) un produit fini. Je suis toujours dans l’analyse de ce qu’il se passe, de ce qu’ils font. L’apport de la vidéo permet d’améliorer notre travail, des touches sont apportées à chaque fois; elles diffèrent, ne sont pas les mêmes pour les gardiens de la première équipe (ils jouent en alternance, il n’y a pas de no 1 et de no 2), Luca Boltshauser, 26 ans et Tobias Stephan, 35 ans.

Qui opère le choix du gardien pour un match? Est-ce vous ou Ville Peltonen, l’entraîneur de l’équipe?
Ville Peltonen demande mon avis sur son avis; après, il fait ce qu’il veut de mon avis. Ville a une bonne vision, un bon feeling. Entre lui et moi, il y a une belle complémentarité. Mais à la fin, c’est lui qui décide.

2020 : année de réflexion

À l’image du Britannique Sebastian Coe (deux fois champion olympique du 1500m), grand athlète devenu président de l’IAAF le 31 août 2015 (Fédération internationale d’athlétisme), seriez-vous tenté par une carrière de dirigeant?
Pour l’instant, je n’ai pas tellement d’ambition(s). Je n’ai jamais été approché pour être, notamment, dirigeant d’une grande instance sportive. Pour ça il faut avoir des envies, une personnalité. Être dirigeant ? Ce n’est pas une chose qui me corresponde forcément. 

Quand échoit votre contrat au LHC?
À la fin de la saison 2019-2020. Que vais-je faire plus tard? J’avoue que je suis parfois dans cette réflexion. Comme de me dire aussi qu’un ancien bon gardien ne fait pas forcément un bon entraîneur de gardien. J’ai accepté ce poste d’entraîneur en 2018 parce que j’ai eu peur du vide d’après carrière. À Lausanne, la Vaudoise Aréna -nouvelle patinoire- est un lieu magnifique, un magnifique outil de travail. Me concernant, quoiqu’il arrive, je resterai dans le milieu du hockey.

Palmarès

  • Cristobal Huet est né le 3 septembre 1975 à St-Martin d’Hères (France), près de Grenoble, Isère, Région Auvergne-Rhône-Alpes. 
  • Il est Franco-suisse, Suisse depuis octobre 2010.
  • Gardien, hockey sur glace.

CARRIÈRE EN CLUB

  • 1994-1998:  Brûleurs de Loups de Grenoble (élite et Nationale 1A (96-97).
  • 1998-2002: HC Lugano (LNA). 2002-2003: Monarchs de Manchester (AHL). 2002-2004: Kings de Los Angeles (NHL). 2004-2005: Adler Mannheim (DEL). 2005-2006: Bulldogs de Hamilton (AHL). 2005-2008:  Canadien de Montréal (NHL). 2007-2008:  Capitals de Washington (NHL). 2008-2010: Blackhawks 
  • de Chicago. 2010-2012: FR Gottéron (LNA). 2012-2018: LHC.

HONNEURS COLLECTIFS

  • 1997-1998: champion de France avec les Brûleurs de Loups de Grenoble.
  • 1998-1999: champion de Suisse (LNA) avec le HC Lugano.
  • 2009-2010: vainqueur de la Coupe Stanley avec les Blackhawks de Chicago.
  • 2012-2013: champion de Suisse (LNB) avec le LHC (Lausanne Hockey-Club).

HONNEURS INDIVIDUELS

  • Championnat de France.
  • 1996-1997: meilleur gardien (Trophée Jean Ferrand). 1997-1998: meilleur gardien et meilleur joueur (Albert Hassler).
  • Championnat de Suisse
  • 1999-2000: meilleur gardien. 2000-2001: meilleur gardien. 2013-2014: meilleur gardien.
  • LIGUE NATIONALE DE HOCKEY (NHL)
  • 2005-2006: pourcentage d’arrêts le plus élevé avec 92,9% (Trophée Roger Crozier). 
  • 2006-2007: sélectionné pour le 55e match des Étoiles de la Ligue Nationale de Hockey.

CARRIÈRE INTERNATIONALE

  • Cristobal Huet a été sélectionné pour la 1ère fois avec l’équipe de France alors qu’il n’avait que 17 ans. Il participe au Championnat d’Europe juniors en 1992 et en 1993. Lors de l’édition 1993, il est sacré meilleur gardien du groupe B de ce tournoi. 
  • En 1995, il participe aux Mondiaux juniors. Cristobal Huet est nommé dans l’équipe type du tournoi. Deux saisons plus tard, il participe aux Mondiaux (élite). La France évolue dans la division 1. Ensuite il participe aux CM 2014, 
  • La France termine 8e.
  • Le 15 mai 2017, au terme des Mondiaux, il met fin à sa carrière internationale. 
  • Championnat du monde avec la France
  • 1998, 13e (division 1). 1999, 15e (division 1). 2000, 15e (division 1), l’équipe est reléguée en division 2. 2001, 2e place, groupe A, division 2. 2004, 16e, division 1, l’équipe est reléguée en division 2. 2008, dernier du groupe A, mais la France est qualifiée pour les Mondiaux de 2009. 2011, 12ème. 2012, 9e. 2013, 13e. 2014, 8e. 2015, 12ème et 2016, 14e.

 

Vidéos 

 

 

 

 

Retour au blog