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Diana Barbacci Lévy, Présidente de Swiss Ice Skating

07 mars 2019

 

"Je souhaite voir la Suisse danser sur glace ou en rêver..." Elle aime Schubert, Diana Barbacci Lévy. Aimez-vous Brahms? "Oui, aussi, répond la Présidente, depuis le 25 août 2018, de Swiss Ice Skating (aussi Union de suisse de patinage); anglicisée pour des raisons de modernisation et de simplification de l'identité graphique." Elle joue, également, du piano, mais pas debout. "Je fais partie d'un petit orchestre de musique liturgique." Cet atout en est un autre, un éclectisme qui lui est cher et vivant dans son parcours très riche. 

Le monde du patinage, ses arcanes, ses contours, ses personnages, Diana Barbacci
Lévy le connaît par cœur, avec ses coups de cœur permanents. " Indéniablement, ça a joué un rôle important à l'heure du vote", admet-elle. À Ittigen, n'a-t-elle pas été élue par 133 voix sur 161 face à son "adversaire" grison, qui ne devait pas se lancer dans la course dans un premier temps, puis qui s'est ravisé, encouragé par ses partisans. "Le fait d'avoir pratiqué le patinage, d'avoir déjà fait partie du comité central de la fédération et d'être au bénéfice d'une expérience de plus de 20 ans dans différentes fonctions de l'arbitrage du patinage a aidé", ajoute la présidente à l'heure de l'apéro-capuccino. Un règlement non écrit qui a pesé tout son poids à l'heure du vote à bulletin secret. Diana Barbacci Lévy est la première femme à accéder à ce poste. La voilà dans l'histoire majuscule.

Compétition et sport loisir

-Combien y a-t-il de clubs en Suisse?
-Huitante-huit. Une de mes tâches, le devoir de la Fédération, c'est de leur offrir des produits adéquats, tenant compte des pratiquants qui les animent, qui fonctionnent selon leur niveau et leur désir. Le patinage, ce n'est pas que la compétition c'est aussi un sport loisir pour petits et grands. On n'enseigne pas le patinage aux adultes ou aux jeunes adultes de la même manière qu'aux enfants. Tout ça est une affaire d'approche. Nous voulons faire du très haut niveau, mais il n'y a pas que ça. Il faut être à l'écoute de la base. 

-En Suisse, on dit qu'il y a plus de moniteurs que de professeurs. Est-ce vrai?
-Les moniteurs ont passé par le système Jeunesse & Sport, la base du patinage. Ils sont environ 600 à être actifs et sont encadrés par des professeurs diplômés ou des entraîneurs ayant suivi le cursus Swiss Olympic.

Lambiel passe des diplômes

-Combien y a-t-il de professeurs et d'entraîneurs? 
-On compte environ 25 professeurs avec brevet fédéral et environ 35 entraîneurs qui ont suivi le cursus Swiss Olympic ou équivalent. Stéphane Lambiel suit ce cursus, il est en train de passer ses diplômes Swiss Olympic. Il a compris qu'il était nécessaire aujourd'hui de valider sa compétence de coach par un titre officiel. En résumé, Swiss Ice Skating prépare des gens à l'enseignement du patinage avec diplôme et travaille étroitement avec Swiss Olympic. Le but? C'est l'établissement d'un partenariat afin de mettre de l'ordre dans la formation et d'avoir un système de reconnaissance des diplômes. Ceci est extrêmement important pour les clubs en raison également de la mobilité internationale croissante dans ce métier. A cela s'ajoute le fait que pendant longtemps les professeurs travaillaient en tant qu'indépendants dans les clubs.

-Et aujourd'hui?
-Les clubs salarient les coaches. C'est la tendance. Le club joue donc un rôle plus important en tant qu'employeur et doit avoir tous les éléments en main pour faire son choix de manière éclairée.

Le haut potentiel existe

-Quelle est la santé du patinage artistique suisse? 
-Nous remontons la pente depuis 2-3 ans et nous nous acheminons vers une santé assez solide. Nous n'avons pas le réservoir de la Russie mais dans toutes les catégories, il y a du talent. Il nous faut encadrer au mieux les filles et les garçons qui ont un haut potentiel. Nous avons engagé des personnes pour ce faire, pour assurer un plus grand professionnalisme. On a un Chef sport élite qui a pour mission entre autres de planifier et suivre la carrière des Juniors et des Séniors, de soutenir leur développement sportif et personnel; et un responsable pour la relève chargé de détecter et d'intégrer les jeunes talents bien plus tôt dans les structures de la fédération. On veut ainsi que toutes les conditions soient réunies pour que l'athlète puisse se développer. Un cadre Novices dès 10 ans est en création. 

-Et votre autre mission...
-...C'est regrouper toutes les ressources et transférer les compétences. L'objectif, c'est qu'il y ait une unité du suivi nationale. Je suis convaincue qu'on tient le bon bout. 

-Le patinage helvétique a connu une génération exceptionnelle avec Sarah Meier et Stéphane Lambiel. Si on vous dit qu'il faudra attendre 25 ou 30 ans avant de...
-...J'espère avant. Lors des derniers Européens qui se sont déroulés à Minsk, Alexia Paganini a terminé 6e et à tout de même décroché la médaille de bronze du programme court. C'est indéniablement un succès. Stéphane Walker (champion de Suisse à plusieurs reprises), c'est aujourd'hui un danseur sur glace. Il patine avec Arianna Wroblewska et le couple a de belles qualités pour ambitionner une carrière internationale. J'espère que nous aurons effectivement l'occasion de suivre durant quelques années la progression d'une génération talentueuse d'athlètes suisses. 

-Ce que la Russie, surtout chez les dames..
-...À Minsk, chez les dames, deux Russes sont montées sur le podium. Il ne s'agissait pas des médaillées du championnat de Russie qui, elles, n'avaient pas encore l'âge requis pour participer aux Européens. A peine arrivées dans le circuit international, ces toutes jeunes athlètes gagnent puis disparaissent de la scène, remplacées par de plus jeunes encore. Je trouve primordial de fixer un âge minimum pour la participation aux championnats d'Europe et du Monde, sinon on risque vraiment d'avoir des podiums d'enfants en catégorie Seniors. Ces Russes sont hallucinantes autant par leurs capacités techniques qu'au niveau des composantes artistiques. Le problème, c'est qu'il devient difficile de s'attacher à elles et de les suivre. Ce sont des étoiles filantes.

Une présidente à l'écoute

-Quelle genre de présidente êtes-vous?
-Les quatre premiers mois, j'ai étudié les dossiers, j'ai écouté les gens, je me suis fait une idée de toutes les branches et leurs spécificités. Swiss Ice Skating regroupe 5 disciplines : le patinage artistique individuel et en couple, la danse sur glace, le patinage synchronisé -les mondiaux juniors se disputeront à Neuchâtel les 15 et 16 mars prochains - le short track -cette discipline sera au programme des JOJ à Lausanne en 2020 et aux Universiades à Lucerne en 2021-, le patinage de vitesse. L'artistique est la plus importante et par conséquent la plus chronophage. Je fais confiance aux commissions les régissant, pour ne pas trop m'impliquer dans l'opérationnel. Je reste toujours à l'écoute mais mon job consiste désormais à développer de nouveaux axes stratégiques et de passer à l'action pour les mettre en place.

-Et la danse sur glace?
-Voilà une discipline - belle, élégante et spectaculaire- que nous aimerions développer davantage. On se doit d'accroître sa visibilité. Chez nous, il est impératif de la revaloriser. Le message à faire passer est que la danse sur glace est une discipline jeune, exigeante et passionnante, attractive pour les patineurs recherchant la compétition mais aussi l'art sur glace dans sa plus belle expression. Et tout cela partagé à deux. Stéphane Walker est dans ce trend là. Promouvoir, faire aimer la danse sur glace, c'est un projet qui me tient à cœu

La loyauté en exergue

-Quel trait de caractère vous séduit ou vous agace?
-Je ne supporte pas du tout la mauvaise foi et l'immobilisme. En revanche, j'apprécie la transparence et la loyauté.

-Quelle est ou quelle pourrait être votre plus grande extravagance?...
(Réponse dans un éclat de rire) -...Sont-elles avouables? 

-Avez-vous un juron préféré?
(Courte réflexion) -Non, je fais au mieux pour ravaler ma salive. 

-Même pas du style: zut, alors?
-Ça, c'est trop gentil. Bon, en voiture, c'est sonore. Je me mets debout sur le klaxon.

-Pour quelle faute avez-vous le plus d'indulgence?
-Les fautes qu'on admet et qu'on ne répète plus.

-Sincèrement, aimez-vous les séances de comité?
-Les séances de comité font partie de mon mandat. C'est parfois des séances-marathon, compte tenu des différentes disciplines à gérer et des problématiques liées à chacune d'elles.

-Et tout ce qui est administratif?
-Ça ne me dérange pas plus que ça même si on doit pratiquement tout faire en deux langues et que ça retarde. 

-Vous êtes Neuchâteloise. En tant que romande, cela se passe-t-il toujours bien avec les Alémaniques?
-Oui, oui, pas de problème, je les pratique depuis longtemps. D'ailleurs, les séances se font en allemand. 

Palmarès

  • Diana Barbacci Lévy est née le 18 août 1985 à la Chaux-de-Fonds.
  • Ancienne patineuse artistique.
  • Présidente aujourd'hui de Swiss Ice Skating.
  • A travaillé dans le marketing des biens de grande consommation et l'horlogerie: chez Cinzano, Tag Heuer et Omega. 
  • Elle est licenciée ès sciences économiques, option gestion d'entreprise (UNI de Neuchâtel).
  • A été championne Romande junior en 1979. La même année, elle est première de la Coupe romande junior. En 1980-1981, elle est championne romande sénior. A été sélectionnée à plusieurs championnats suisses juniors et seniors.

Expériences sportives

  • Commission technique puis vice-présidente de l'ARP (Association romande de patinage, 1996-2004).
  • Commission technique de l'USP (Union suisse de patinage, 1995-2006).
  • Membre du comité central de l'USP (Commission sport, 2011-2015).

A l'international

  • Juge ISU (Fédération internationale) en individuel et couples dans de multiples Championnats d'Europe (CE) et du monde (CM); ainsi qu'aux JO de Turin en 2006.
  • Juge-arbitre ISU en individuel et couples lors de différents CE et CM. Elle a été juge-arbitre aux JO de Sotchi en 2014.
  • Technical Controller ISU en individuel (multiples CE et CM). ISU. Elle est aussi Technical Controller international Couples.