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Juliane Robra, du judo à l'application SPORTIApp

19 décembre 2019

 

En 2016, Juliane Robra, 36 ans, peu après avoir mis un terme à sa carrière de judoka, déclarait: «Le judo, c’est mon chemin de vie.» Et aujourd’hui, est-ce toujours le cas? «Oui, ce sport représente mon ADN. En prenant de l’âge, on découvre de nouvelles facettes, surtout dans la forme. Tout ça évolue. J’aime ce partage au contact de personnes très différentes.» Si la Genevoise, toujours active dans l’action, et même dans la réaction, ne distille plus de cours à l’Association cantonale genevoise de judo qu’elle a servi avec un plaisir fou « Le temps m’a manqué pour continuer à bien faire les choses. Quand on remarque que c’est trop, il faut savoir se l’avouer », elle poursuit en revanche son aventure au Shung Do Kwan Genève «Mon club de toujours qui est mon club formateur. J’ai un lien émotionnel ici et cela me fait du bien. Mon envie était forte de redonner au judo ce que j’ai reçu. J’assimile ça à un retour à la maison.»

Un discours fort

Le discours de Juliane Robra est fort, les mots sont choisis et derrière chacun d’eux, il y a de la substance. «Je suis une personne terriblement impatiente, mais je progresse, je m’améliore. Il faut que je sois dans l’action tout de suite.» Son énergie est débordante. «Plus je grandi en âge, souligne-t-elle, plus je suis reconnaissante de l’avoir. Je n’ai pas à chercher d’où elle vient.» Elle poursuit, bref retour dans un passé récent. «Quand j’ai mis fin à ma carrière, j’étais un peu mélancolique de ce feu qui s’était éteint en moi.» Au travers de la compétition, elle a cimenté son énergie, qui lui a permis d’exceller. Quotidiennement, Juliane Robra se pose des questions. «Dans le judo, c’est pareil. Constamment on cherche des réponses aux différentes situations. La curiosité permet à tout un chacun de poser des questions dans la vie de tous les jours, d’apprendre et de réellement grandir.»

Potentiel à développer

Vous êtes une femme hyper motivante. Vos convictions, aujourd’hui, quelles sont-elles et où vont-elles? 
Je suis convaincue qu’il y a un potentiel chez tout un chacun, dans diverses situations. Ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de contribuer à diffuser ça par mon envie d’être dans l’action. Même si on apprend d’une défaite, je ne pars jamais d’un échec. Au judo, la première chose qu’on apprend, c’est à tomber puis à se relever (surtout). Pour la suite, cela permet de mieux continuer son chemin. Je le vis au quotidien. Aujourd’hui il existe plus de blessures morales que physiques. Dans une reconversion, un des défis qui pour moi est majeur a trait à la gestion de ses propres ressources.

SPORTIGenève en forme

Vous dites souvent ceci: «J’aime m’engager pour quelque chose dont je suis convaincue et que je trouve bien.» La mise sur pied de SPORTIGenève en fait partie?
Oui. Pour une prospérité commune, le partage et l’interaction sont des actions importantes. J’ai des parents théologiens. Le milieu œcuménique implique très fortement le partage, les valeurs en commun et la bienveillance. On doit, aussi, apprendre à bien vivre ses propres caractères que ce soit dans l’action et dans l’écoute. J’ai hérité de ses valeurs.

Parlez-nous de SPORTIGenève.
Nous avons pu mettre en place un espace physique -le guichet d’information et bureau de soutien SPORTIGenève en partenariat avec la Ville de Genève et son Service des Sports. C’est une association à but non lucratif pour laquelle nous nous sommes engagées (Swann Oberson, Sébastien Chevallier, Lucas Tramèr et moi-même). Nous sommes heureux que Jérémy Maillefer et Loïc Perizzolo fassent partie de l’équipe (ce sont aussi des champions). Ils sont employés, responsables de projets et des personnes importantes pour SPORTIGenève. Le bureau se trouve à Genève, au Centre sportif des Vernets. 

Aujourd’hui, une application est née...
...Oui, nous avons maintenant lancé le pendant digital, une application pour toute personne qui veut poser une question liée au sport. L’idée est partie d’une question simple: la personne qui veut savoir quelque chose sur le sport (recherche de manifestations, d’un club, d’un spécialiste, par exemple) où doit-elle s’adresser? Et celle qui contribue au sport (profil d’association, création d’événements, annonces, possibilité de dialoguer, etc), où doit-elle se diriger? Que doit-elle faire? Les jeunes s’informent et communiquent, comment? Il fallait mettre au point une approche actuelle et évolutive. La SPORTI App est un réseau qui peut être d’autant plus performant qu’il est utilisé. 

Pour imager SPORTI, vous diriez...
...SPORTI est une porte d’entrée, ou le rond-point qui permet d’aiguiller. 

Un moteur dans l'action

Comment est assuré le fonctionnement de la SPORTI App?
La maintenance est assurée par des informaticiens et des administrateurs. Pour le design, nous avons un contrat avec une agence. Nous avons pu bénéficier du soutien de la Loterie romande, tout comme d’autres organisations telles que la GENILEM, G’innove et GEOFAB. Actuellement, nous recherchons des partenaires pour assurer la suite (les améliorations, développements à venir et la maintenance) afin que SPORTI reste gratuit pour les utilisateurs. Dans la mesure où nous sommes tous des acteurs du sport, c’est une manière d’utiliser le savoir et de le faire partager.

Quel est votre job, aujourd’hui?
(Elle sourit)Mon job? Je crois qu’il n’existe pas (courte réflexion). Ou alors, c’est faciliter les réalisations sportives. Nous sommes plusieurs dans cette aventure SPORTI. Non! Je n’en suis pas la patronne, mais un «moteur», la facilitatrice. Ça se dit au féminin? 

Votre vie, présentement, c’est...
...De vivre (Elle rit). C’est d’être dans l’action, de favoriser les réalisations. Bien sûr que je prends des claques. C’est apprendre à laisser-venir les choses. Je suis très bien occupée, je prends du temps pour ce qui me tient à cœur.

Palmarès

  • Juliane Robra est née le 8 janvier 1983 à Herdecke (Allemagne).
  • Ancienne championne de judo (-70kg).
  • A remporté 8 titres de championne de Suisse (en individuelle et un par équipe).
  • Elle comptabilise plus de 20 podiums au niveau international.
  • En 2005, elle est vice-championne d’Europe -23 ans
  • En 2010 et en 2012, elle est médaillée de bronze aux championnats d’Europe. 
  • Première de la Coupe d’Europe par équipe en 2015.
  • Aux JO de Londres en 2012, elle est éliminée au 1er tour.
  • Meilleur ranking mondial: 6e.
  • Ne s’étant pas qualifiée pour les JO de 2016 à Rio, elle décide de mettre un terme à sa carrière.
     

Une vidéo : Judo: entretien avec Juliane Robra, Jeune judokate retraitée

 

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