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Jacques Gottofrey, agriculteur, élu Juge à la Fête fédérale de lutte suisse

25 avril 2019

 

Jacques Gottofrey, 56 ans, est un enfant d'Echallens. Il y est né et est bourgeois. "Notre famille y est établie depuis 1450", dit l'intéressé avec l'accent qui ne trompe personne, à la fois bon vivant et gros travailleur. Avec lui, il n'y a pas de demi-mesure. Président du Conseil communal d'Echallens, il n'aime pas que ça traîne trop. "Il y a 60 conseillers. On me pose une fois une question, pas besoin de deux. Je suis quelqu'un d'expéditif." Pour ça, il faut être à l'écoute des autres. Le regard malin et perçant, voire rieur mais sans en avoir l'air, Jacques Gottofrey est une personne à l'écoute; puis qui tranche. En ayant raison, ou pas. "Dans la vie, ajoute-t-il, on avance ou on recule. Moi je pars du principe qu'il faut avancer. Je travaille pour la collectivité, pour le bien des citoyennes et des citoyens, pour Echallens."

On le dit "sanguin", Jacques Gottofrey. Il sourit, ne cherche pas à savoir qui a dit ça, sans doute parce qu'il sait. "Au Conseil communal, je suis dans la retenue, c'est tout à fait normal. En revanche je peux l'être dans la vie privée, dans la vie active. Ça dure 3 minutes et après on va boire un verre." De profession, il est agriculteur. "Je le suis à 100%." Il a fréquenté l'Ecole cantonale d'agriculture de Marcelin à Morges. Avec brio. 

Un agrarien

Chapitre politique, Jacques Gottofrey est UDC. Pourquoi ce parti? "Parce que je suis un agrarien." De 1971 à 1985, le parti s'appelait PAI-UDC et PAI signifie: Paysans, Artisans, Indépendants. Le PAI a toujours eu pour vocation de représenter spécifiquement les gens du monde rural et les petits entrepreneurs. En 1985, l'acronyme PAI a été abandonné au profit de l'UDC. Pourquoi la politique? "J'ai toujours aimé faire part de mes idées, pas toujours justes ou faisables", avoue-t-il. "Faire de la politique, ça colle très bien avec mon caractère. UDC, c'est être patriote. J'aime les gens. J'ai toujours travaillé avec des étrangers. J'ai été chauffeur, couvreur, j'ai posé des vitres. Je n'ai jamais eu de problème avec les personnes qui travaillent." Son mandat de Président du Conseil communal prendra fin en juin 2020. "Le vice-président prendra alors ma place."

Juge à la fête fédérale

En août prochain (du 23 au 25), Jacques Gottofrey sera à la Fête fédérale de lutte suisse et de Jeux alpestres. Il fonctionnera comme juge. Il y en aura 21, dont deux Romands. Tous ont été sélectionnés par un jury, en fonction de leurs compétences, selon certains critères (comportement, appréciation de la lutte, décisions, respect des lutteurs, etc), lors des différentes joutes auxquelles ils se sont inscrits. "Avant, c'était l'assemblée des délégués qui choisissait; maintenant c'est un jury, des gens (superviseurs) qui nous notent et à la fin, il y a un débriefing." Le fait d'être élu par ses pairs est une sorte de consécration. "C'est en tout cas une reconnaissance." 

-Par année, combien de Fêtes suivez-vous en tant que membre d'un jury?
-Une quinzaine, environ. Au début de chaque année, on reçoit un calendrier dans lequel figurent toutes les manifestations et on indique celles pour lesquelles on est disponible. 

-Est-ce bien rémunéré?
(Jacques Gottofrey sourit)-On touche frs 50.- par convocation. Cet argent sert à payer une bouteille de vin après le concours, parce que, pendant, on boit de l'eau. 
La lutte, c'est aussi ça: se retrouver pour un moment d'amitié. Je me suis fait des amis en Suisse-allemande, en fait, j'en ai un peu partout. Il y a du respect et de la politesse dans la lutte, une belle convivialité aussi. Avec la lutte, on s'ouvre et elle permet de rencontrer de personnes différentes, dans tous les cantons et tous les dimanches.

-Quand avez-vous arrêté de la pratiquer?
-En 1988, au décès de mon papa, j'avais un peu plus de 24 ans. Il a fallu reprendre l'exploitation agricole. À partir de cet événement, je me suis consacré à ma vie familiale et professionnelle. Ayant transmis ma passion pour la lutte à mes 3 fils, je les ai accompagnés et ma devise a toujours été: il ne faut pas faire un sport à moitié mais comme il faut. Pour devenir bon, il faut faire beaucoup d'entraînements et de combats. 

-Vous attendiez vos fils au bord des ronds de sciure?
-Oui, et je me suis dit: pourquoi ne pas m'investir pour la lutte et c'est ce que j'ai fait au club de lutte suisse à Lausanne. Par la suite, en 2009, je me suis inscrit à des cours pour devenir juge.

-Et 10 ans plus tard, vous voilà nommé Juge à une Fête fédérale.
-Oui, je prends ça pour un honneur.

Le feeling, un atout

-Faut-il avoir pratiqué la lutte pour être juge?
-Pas forcément, mais ça aide, c'est certain au niveau du feeling, pour comprendre certaines prises techniques, l'attitude des lutteurs, ce qu'ils proposent, etc. Il faut sentir ce sport et si on y arrive, c'est un atout, un avantage.

-Avez-vous entraîné?
-Oui, j'ai entraîné des jeunes à Echallens, à la lutte fédérée. J'ai fait ça une dizaine d'années, de 25 à 35 ans.

-La lutte suisse est-elle reconnue par Swiss Olympic?
-Oui, depuis 2017 et en plus Swiss Olympic a aussi repris la Commission antidopage qui, avant, était indépendante.

-Alors lutteur, quel était votre point fort?
-La force et j'avais du caractère (déjà): je n'aimais pas perdre et ça n'a pas changé. 

L'âge de la raison

-Pratiquez-vous encore votre sport, même un peu?
-Non, je laisse la place aux jeunes. Je préfère juger et m'intéresser aux performances des lutteurs.

-Vous faites de la politique et êtes président du conseil communal d'Echallens. Est-ce une fonction qui vous prend beaucoup de temps?
-Quelques heures par semaine, sans compter les séances. Cette semaine par exemple (1er au 5 avril), j'en ai eu deux. Mais mon métier, c'est agriculteur et ça me prend le 100% de mon temps.

L'amour des vaches

-Vous occupez un certain nombre de fonctions. Où prenez-vous cette énergie?
-Je dors peu, en moyenne 4 heures. Je suis un passionné de la vie, l'adrénaline me nourrit aussi. J'ai la faculté de changer de sujet rapidement. Si j'ai une soupape de survie? Mes vaches m'apaisent, j'en ai 83. Quand je ressens le besoin de passer une heure tranquille, je vais les "trouver". 

-Qu'est-ce qui pourrait entacher votre passion pour la lutte?
-Que l'on me dise après une journée passée à juger que tout s'est bien déroulé et que quelques jours après, la Commission me fasse savoir le contraire. Vous pouvez être certains que dans les 2 jours, je pose ma démission. Je déteste l'hypocrite, le mensonge.

-Pour quelle faute êtes-vous le moins indulgent?
-Si l'injustice est une faute, alors l'injustice. Pour moi, ce qui est juste est juste.

-La lutte est plus difficile avec qui?
-La vie est un éternel combat et on ne peut pas être juge de ce combat. La base, ici, c'est l'agriculture. Je cherche à convaincre dans le travail. Pourquoi? Pour ne pas que ce métier qui est le notre soit dévalorisé. Il faut le sauver Je défends l'agriculture, qui nourrit le peuple. Oui, j'aimerais qu'il y ait un meilleur partage entre le consommateur et l'agriculteur. 

Palmarès

  • Jacques Gottofrey est né le 17 décembre 1963 à Echallens.
  • Ancien lutteur.
  • En 1988, il remporte le tournoi de la cantonale à Brétigny-sur-Morrens (lutte fédérée).
  • A gagné de nombreux combats de jeunesse et des "tours" de jeunesse (lutte fédérée).
  • Depuis 2009, il est juge en lutte suisse.
  • La lutte fédérée est un des sports rois de la FVJC (Fédération Vaudoise des Jeunesses Campagnardes).
  • La lutte suisse est une variante populaire de la lutte à la culotte qui se pratique en plein air, sur des zones circulaires couvertes de sciure de bois.
  • Cette année, il a été élu juge à la Fête fédérale de lutte suisse et de jeux alpestres (Zoug, du 23 au 25 août). Sur 21 juges pour cette manifestation, il y a 2 Romands.
  • Il est président de la section UDC d'Echallens.
  • Maître agriculteur.
  • Président du conseil communal d'Echallens.
  • Membre du Club de lutte suisse à Lausanne.
  • Président de la Société de laiterie d'Echallens.
  • Membre du comité et secrétaire "Qualité Paysage" de la région Gros-de-Vaud.
     

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