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Jamal Wahib, de l'industrie aux pieds-poings et un gala

21 novembre 2019

 

Avec ses pieds et ses poings, Jamal Wahib, 35 ans, a boxé un peu partout sur la planète. Il a bourlingué, vécu aussi une dizaine d’années à Dijon, à 2 heures de Lausanne par le rail, toujours aux services de son sport. Il y a boxé et était licencié dans un club de box Thaï de la ville. Avec quelques camarades, il avait demandé en 2012 un soutien financier à la ville, histoire de promouvoir le nom et l’image de Dijon. N’était-il pas, Jamal Wahib, un des meilleurs mondiaux (amateurs) de la discipline? «Pour un an on m’avait alloué la somme de 1000 euros. Il s’agissait d’une aide individuelle.»

Il a commencé à pratiquer cet art tardivement. «J’avais 22 ans.» Jusque là, il en avait servi une kyrielle. «J’ai fait du basket, du handball, du water-polo, du football, et j’en oublie. Je n’ai jamais trouvé le sport qui me convienne.» Et puis, un jour, il découvre la boxe. «Je m’entrainais dans la salle de basket à Sens, avec des éléments sommaires. J’attendais la fin des matches pour m’exercer.» Il a également pratiqué l’équitation. «Le cheval est un animal très noble. Ce qui m’a intéressé, souligne-t-il, c’est le fait de pouvoir le maîtriser. Cette relation m’a marqué parce qu’elle était très forte.» 

Ses sous pour Pegasus Gym

Depuis 4 ans, Jamal Wahib est le patron et le seul maître à bord du «Pegasus Gym», à Crissier, club de boxe, d’arts martiaux, de remise en forme physique. «Oui, j’ai engagé tous mes sous dans cette aventure. J’ai une centaine d’élèves de tout âge, provenant de toutes les classes sociales. Je leur redonne ce que j’ai réussi à avoir. Ce que je gagne en combattant? Je le réinvestis dans ma salle, j’y apporte sans cesse des améliorations. Elles sont nécessaires, voire vitales, pour le bien-être de chacun et pour que mes élèves puissent suer dans les meilleures conditions possibles.» 

Votre club s’appelle Pegasus gym. Pourquoi Pegasus?
Pegasus, c’est un cheval ailé. Ce nom est tiré d’un manga (dessin animé japonais), qui a marqué mon enfance. 

Un gala à Morges

Le samedi 7 décembre, vous organisez un grand gala de boxe à Morges (début des combats à 17h; à l’affiche il y en aura environ 13). Il s’agit pour vous d’une première, non? 
Oui, il va se dérouler au Théâtre de Beausobre, cela sera aussi une première dans ce lieu magnifique et prestigieux. Le ring sera érigé sur la scène, les VIP seront installés à table tout autour du ring et bénéficieront d’un repas servi par 3t-by-Steph, un traiteur renommé de la région lausannoise. Les autres spectateurs se trouveront dans la salle, assis dans les fauteuils. Ils surplomberont le ring. (Billets sur www.starticket.ch)

À combien se monte le budget pour une telle soirée?
(Il sourit) Ça a un coût, mais je ne peux vous le dire. Nous avons des sponsors principaux (voir l’affiche) et une cinquantaine de partenaires de la région. La pesée aura lieu à Lausanne, à l’Hôtel Carlton. La plupart des boxeurs, venus d’ailleurs, y logeront. Mon souci est de leur offrir le meilleur confort possible. J’ai énormément voyagé, et je n’ai pas toujours eu de bonnes conditions de logement. Ce que je veux ici, c’est que les sportifs soient bien logés. Il en va de leur bien-être et, par conséquent, de leur performance. Dans la boxe, au-delà des entraînements, des combats, il y a de la souffrance, de la sueur, une tonne d’énergie qui sort du corps. Alors, loger là, c’est exceptionnel.

Handi-Boxe à l'affiche

Il y aura des combats handi-boxe...
...Oui, la boxe est un des sports qui permet de réunir tout le monde, de toutes les classes sociales. Sur le ring, à Morges il y aura des boxeurs de France et d’Allemagne porteurs de prothèses de jambes. Une première en Suisse. Dans mon club il y a quelques personnes en situation de handicap. J’entraîne une élève atteinte de surdité, une autre souffre d’une maladie génétique. De travailler avec elles, c’est magnifique. 

Pourquoi avoir personnellement choisi la boxe pieds-poings à la boxe anglaise, traditionnelle?
Pour avoir à ma disposition le plus d’armes possible pour me défendre. Ça me permet d’avoir des combinaisons supplémentaires, plus difficiles à travailler. À Crissier, dans mon club, j’enseigne les deux. 

Dans la discrétion

Vous avez un palmarès intéressant, construit dans le monde entier, on y trouve des titres majeurs, mais on parle peu de vous...
(Il sourit, franchement)....C’est peut-être un défaut. Je l’assume. Mais je n’aime pas être dans la lumière. Je préfère m’occuper de mes élèves; oui, les mettre en    valeur. 

Vos sponsors, vos partenaires vous reprochent-ils cette discrétion, qui est le reflet finalement de votre personnalité, de la philosophie que vous plaidez? 
Oui, ils me reprochent ça. Bon, je ne suis pas un ermite mais j’ai toujours mis l’accent sur ce que je défends, sur ce que je fais ou je peux faire. Mes valeurs? Je ne parlerai pas des valeurs de base (respect, etc) mais de celles qu’offre le sport, la boxe, aux personnes qui la pratiquent: soit augmenter leur croyance personnelle, la confiance en elles. Souvent, je leur dit: allez, faites-le, cela va payer. Combien de personnes vivent ça, vivent nettement mieux depuis. Elles sont nombreuses et me le font savoir. Parmi les adhérents, j’ai des employés travaillant chez certains partenaires, recommandés par leur patron respectif.

Pour vous, la boxe c’est...
...C’est un sport de combat qui rassemble. C’est contradictoire, mais après un entraînement, un combat, on se retrouve, on va boire quelque chose. Et la boxe est un des sports les plus fair-play.

Bac + BTS

Parallèlement à la boxe, travailliez-vous, avant de vous installer en Suisse et d’y ouvrir votre club? 
J’ai effectué toute ma scolarité à Sens (un habitant de Sens est un Sénonais). J’y ai obtenu mon BAC en sciences et techniques industrielles. Je suis également au bénéfice d’un BTS en maintenance industrielle, décroché à Dijon (au Lycée Eiffel), après 2 ans d’études. J’ai travaillé dans le domaine de l’industrie.

Pourquoi avoir choisi la boxe? 
Parce que j’y ai trouvé une manière de m’exprimer. C’est le seul sport qui me permet de traduire ce faire-savoir. C’est un sport à la fois individuel et collectif. Collectif parce qu’il y a une équipe entourant le boxeur, des sparring-partners (partenaires d’entraînement) et un entraineur, etc. Et la boxe ne permet aucun relâchement, que ce soit sur un ring, au niveau de la préparation, de la gestion du mental ou encore de la nutrition, également très importante, Il faut toujours tout donner, sinon la sanction est immédiate et elle peut faire mal. 

Quelle différence y a-t-il entre le muay-thaï et le kick-boxing? 
Au Muay Thaï, on peut mettre des coups de coude et de genoux; et du corps à corps. Au kick, seuls les pieds et les poings sont permis.

Que du bonheur!

Vous détenez un titre européen IPCC (International Professionnal Combat Council) et mondial AFSO (All Fight System Organisation). Où se situent-ils dans la hiérarchie?
La hiérarchie est tellement vaste que ces titres ne sont pas facile à loger. L’IPCC et la AFSO sont 2 fédérations différentes avec des catégories de poids différentes. Elles sont reconnues par la Fédération internationale. Quand vous gagnez un titre, vous êtes le numéro 1 au classement de la Fédération concernée, dans la catégorie de poids qui est la vôtre.

Vos journées sont-elles longues?
Oh! Oui, mais seulement en heures. Je commence à 6 heures et je finis vers 21 heures. De surcroît, aujourd’hui, Il y a aussi le gala à préparer mais ce n’est que du bonheur.

Palmarès

  • Jamal Wahib est né le 29 septembre 1984 à Sens (France, département de l’Yonne). Il est de nationalité française. 
  • Boxe pieds-poings. Poids welters, 67kg
  • 71 combats, 61 succès dont 27 par KO, 8 défaites, 2 nuls.
  • Titre européen K1, moins de 67kg, IPCC (Martigny, 2018). Titre conservé le 16 novembre dernier à Martigny (5x3’).
  • Titre mondial K1, moins de 67kg, MJM Striker League (China Glory of Heroes), Martigny, 2017.
  • Titre mondial K1, moins de 67 kg, Superpro Fight Night-club (Bâle, 2016).
  • Titre mondial en Muay Thaï, AFSO, moins de 67kg (Differdange, Luxembourg, 2015).
  • Titre mondial en Muay Thaï, moins de 72,5kg (SMTL 8 Men tournament winner 2015 (Zurich) 
  • Titre européen K1, moins de 70kg, World Fighters Council, (Genève 2011).

 

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