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Julien Marendaz, hommes-femmes : mode d'emploi

28 novembre 2019

 

Il a, Julien Marendaz, 37 ans, effectué un apprentissage de bûcheron qu’il n’a pas terminé. Homme avide d’apprendre, de découvrir, de vivre et de partager aussi d’autres expériences, fort différentes, il suit une école de massage. Il l’a quitte diplôme en poche et travaille durant deux ans dans un cabinet à Gland. «Dans la même ville, j’ai travaillé ensuite chez SB Sport Service S.A., comme animateur sportif. J’organisais, notamment, des camps. Après, j’ai signé mon premier contrat pro dans le foot à Nyon, où j’étais entraîneur de la 2e équipe, tout en m’occupant du secteur administratif du club.»

Dans le monde du ballon rond, Julien Marendaz, qui a emménagé à Berne, a toujours côtoyé celui des hommes. Et aujourd’hui, le voilà, souriant, à la tête d’une équipe féminine aux Young Boys (LNA) «Oui, elles font la même chose que les hommes, mais moins vite et c’est valable pour tous les sports», dit le Vaudois. Qui parle de différence au niveau de la force athlétique, de la vitesse, justement. Et d’une autre. «Les filles ont davantage de respect entre elles, au niveau du groupe. Chez les hommes, ça se frictionne aux entraînements, les duels y étant plus engagés. Les problèmes qui peuvent surgir chez les filles? Ils sont les mêmes que chez les garçons; mais comme elles sont dans la retenue, les filles se plaignent un peu moins.»

Engouement pour les filles

Depuis la dernière Coupe du monde féminine -immense succès- avez-vous le sentiment d’un intérêt nouveau auprès du public?
Oui, dans la tête des gens. Il n’y a jamais eu autant de monde qui a regardé cet événement à la TV. Ça a été une grosse pub, même en Suisse. La qualité technique et celle des matches a été extraordinaire. Mais on n’y était pas, la « Nati » n’y a pas participé et c’est dommage. C’est le seul regret qu’on peut avoir.

Les filles trichent-elles autant que les hommes?
(Il sourit) Quand une fille a mal, elle a mal. Bon, il peut y avoir par-ci ou par-là une ou deux simulations. Mais pas plus.

Est-il plus facile d’entraîner une équipe féminine que...
...Non, ça reste le même job. Au bout, seule la performance compte, seul le résultat a de l’importance. Ce qui m’importe aussi dans la mission qui est la mienne, c’est de faire progresser le groupe. Cela passe par une amélioration de la qualité individuelle.

Et en cas de mauvais résultats?
Chez les filles, il y a moins de limogeage d’entraîneurs que chez les hommes. On vit (un peu) plus sereinement. Mais la loi est la même pour tout le monde.

Aux YB, c'est le top

Juste après avoir signé dans le club bernois, vous avez déclaré: à YB, c’est ce qui se fait de mieux...
...Dans ce club, comme au FC Bâle, deux clubs dominants en Suisse (et il ne s’agit pas d’un hasard), il y a énormément de compétences, de personnes de grande qualité. Les structures y sont solides, performantes. Ici, l’encadrement chez les féminines (par exemple) est super. Je travaille avec 2 assistants et un préparateur physique, il y a un entraîneur des gardiens, un Team manager, un directeur technique, une physiothérapeute. Avec moi, cela fait sept personnes. C’est beaucoup mais en LNA, cette tendance se généralise. Idem en première ligue chez les hommes, les staffs s’agrandissent.

On imagine que les filles sont plus sensibles que les garçons.
Oui, surtout dans la gestion des émotions. Dans mon discours, je temporise, il faut adapter sa communication. Je choisis mes mots. Ceux-ci peuvent être plus crus, plus forts voire plus durs, avec des hommes. Il y a une distinction à opérer et elle est logique, nécessaire. importante. Cela étant, dès qu’une fille a mis les crampons, je m’adresse à la footballeuse et mon exigence est différente. Là, on parle tactique, technique, on est dans le spécifique. 

Que ce soit chez les garçons ou chez les filles, la règle numéro 1, pour vous, c’est....
...Le respect. 

Dans l'attention et l'écoute

On a lu que votre système de jeu préférentiel est le 4-3-3.
Je n’ai pas de système préférentiel. Un système se construit en fonction des joueurs (ou joueuses) à disposition, des forces en présence. Aux YB, c’est ce que je fais, j’ai toujours fonctionné ainsi. Ici, j’ai 4 défenseur(e)s centrales de qualité. Conséquence, j’ai choisi de jouer à 3 derrière: en 3-4-3, quand on a le ballon et en 5-2-3 quand on ne l’a pas. 

Les filles assimilent-elles plus facilement cet aspect que les garçons? 
Oui et elles comprennent plus rapidement ce qu’on leur demande. Elles sont très à l’écoute et attentives. A l’image des M16 et des M18 elles ont très envie d’appendre. Dans un vestiaire de 1ère ligue masculine, c’est différent, dans la mesure où on trouve des joueurs expérimentés notamment, «finis» au niveau de l’apprentissage et dont le tort, pour certains, et de croire qu’ils savent tout. 

Le fait, aujourd’hui, d’avoir quitté le monde des hommes pour entraîner une équipe féminine constitue-t-il un saut en retrait ou...
...Pour moi, il s’agit d’une promotion, dans la mesure où je travaille dans un grand club, qui est YB. Je vis une nouvelle expérience, différente des autres. J’aime apprendre, découvrir. Je n’ai pas forcément peur de l’inconnu. Oui, je m’enrichis quotidiennement.

Plusieurs casquettes

À propos d’enrichissement, votre salaire est-il proportionnel à la grandeur du club, au fait que vous êtes l’entraîneur d’une équipe de LNA?
(Rire) Non, non! Mon salaire est proche de celui que touche un entraîneur de 1ère ligue chez les hommes.

Parlez-vous l’allemand, le Suisse-allemand?
Non, pas très bien. Je possède une base, apprise à l’école. Dans mon équipe, la majorité des joueuses parle le français, ça me soulage (il rit). 

Un entraîneur doit être aussi...
...Un psychologue et il est aussi parfois un assistant social. Il porte plusieurs casquettes. Chez les garçons, on peut parler, expliquer devant tout le monde.  Chez les filles, ça se passe, généralement, de manière plus individuelle. Il y a davantage de fragilité, de susceptibilité. Quand une fille ne joue pas, je lui dis pourquoi, du moins j’essaie d’expliquer, mais ce n’est pas systématique. Si les staffs s’agrandissent, c’est aussi pour apporter différents soutiens au coach, 
le décharger de certaines tâches. Le travail de management est de tous les instants. 

Durée indéterminée

Quand échoit votre contrat aux YB?
Il est d’une durée indéterminée, avec un délai de résiliation ou de congé de 3 mois. 

Comment voyez-vous votre avenir?
J’ignore de quoi il sera fait. J’ai une famille, je verrai avec elle. Une chose est sûre, je vis le présent à 100%. J’apprends tous les jours. Et si un jour j’effectue un retour chez les garçons, tout ce que j’aurai vécu et assimilé, partagé ici me sera très utile.

Palmarès

  • Julien Marendaz est né le 8 octobre 1982 à Nyon.
  • Licence A UEFA, obtenue en 2013. Cela lui donne le droit d’entraîner en LNA féminine, jusqu’en Promotion League messieurs et d’être assistant en Super League. 
  • Footballeur. A été gardien de but.
  • A arrêté le football à 20 ans, à cause d’une pubalgie chronique.
  • Depuis juin 2019, il entraîneur l’équipe d’YB (Young Boys) des dames en LNA.

Joueur

A évolué avec le FC Gland, avec Servette (M15 jusqu’au M18), Stade nyonnais (avec feu les espoirs), puis en 1ère ligue, toujours avec le Stade nyonnais.

Entraîneur

  • Stade nyonnais (B inter et A inter), Stade nyonnais II (2006-2010, promotion de 3e et en 2e ligue), LS (assistant de l’entraîneur Arpad Soos, en LNB, Challenge League) avec une finale de Coupe Suisse, perdue contre le FC Bâle 6-0. Puis, toujours au LS, entraîneur des M21 (2010-2011).
  • Retour au Stade nyonnais (2011-2012, entraîneur de Nyon II, 2e ligue).
  • A entraîné ensuite le FC Echallens (2012-2015, 1ère ligue), Yverdon (2015-2016, 1ère ligue), Team Vaud U18 et U16, Azzuri Lausanne (1ère ligue, de juillet 2018 à décembre 2018).
  • De 2016 à 2018, a été assistant de l’entraîneur de l’équipe de Suisse M16 (tout d’abord de Massimo Lombardo, puis de Marco Lustrinelli). 

Entraîneur

  • À Echallens (1ère ligue) du 1er décembre 2012 au 30 juin 2015.
  • À Yverdon (1ère ligue) du 1er juillet 2015 au 15 mars 2016.
  • À été assistant de l’équipe de Suisse M16 (adjoint de Massimo Lombardo), dés le 1er juillet 2017.
  • Entraîneur des M16 et M18 de Team Vaud (juin 2016 à juin 2018)
  • Entraîneur d’Azzuri Lausanne (1ère ligue) du 1.1.2018 au 31.12.2018.
  • Depuis 2019, il est entraîneur de l’équipe féminine des Young Boys (LNA).

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