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Julien Staudenmann, de joueur de hockey sur glace à arbitre

11 juillet 2019

 

Julien Staudenmann, 38 ans, né à Peiry-Reuchenette, est un enfant d'un village "Le 2e plus beau village du monde. Je vous laisse deviner qui est le premier", dit cet ex-icône du LHC "Dans ce club, qui était celui de mon rêve, où jamais je n'aurais pensé y jouer, l'histoire d'amour a duré de 2006 à 2012, jusqu'au jour où on m'a dit que l'on n'avait plus besoin de moi." Ainsi va le monde du business (et de l'ingratitude). Dans n'importe quelle activité, sportive ou autre, on est un numéro." Celui que portait avec fierté Julien Staudenmann au LHC était le 54. Il jouait au sein de la 3e ligne. 

Avant de jouer au LHC, il s'est intéressé à son histoire afin de mieux s'imprégner du lieu, une manière aussi de s'y intégrer. Pour lui, parti d'Ajoie, jouer à Lausanne était synonyme de progression. "J'aime aussi la ville pour ce qu'elle est, ce qu'elle offre, pour sa culture. J'étais un jeune père de famille. J'avais signé pour un an, après il y a eu une extension de 3 ans. Lausanne est une ville de hockey qui est vécu comme un phénomène social. Je connais très peu d'endroit où il existe un tel engouement. J'ai toujours des frissons quand je me rappelle mon premier match avec le LHC." 

Deux échecs contre Bienne

Avec le LHC, Julien Staudenmann a fêté deux titres de champion de Suisse de LNB. Mais pas de promotion. "Les deux fois, on a échoué en finale et les deux fois contre Bienne, qui a été mon club formateur(!), au 7e match. L'un des deux 7e match - il ne se rappelle plus lequel - tombait un 13 avril, qui est le jour de mon anniversaire. Ma famille était là avec une banderole: "Bon anniversaire, frangin!" Il a été un peu gâché. 

Conséquence: vous n'avez jamais évolué en LNA. Le regrettez-vous?
Non, car je suis content de ce que j'ai fait au hockey. Ce qui est un peu paradoxal dans la mesure où, en général, je ne suis jamais satisfait. Est-ce un défaut? Dans la vie, il vaut mieux avoir des remords que des regrets.

Après votre belle période au LHC, vous avez joué avec le HC Vallée-de-Joux, en 2e ligue...
...L'entraîneur était Beat Kindler, mon contrat portait sur une saison. Je venais d'un monde pro, j'y étais encore. Conséquence: je ne me suis pas plu, dans ce niveau de 2e ligue. Je rentrais à la maison, je n'étais pas heureux et quand on ne l'est pas, ça se répercute forcément sur la vie familiale. Un jour, mon épouse m'a dit: Julien, soit tu changes, soit tu arrêtes. J'ai arrêté et je suis parti au HC La Chaux-de-Fonds. En janvier 2013, je me blessais à un genou. Ça été la fin de ma carrière. 

Le hockey dans les veines

Pourquoi avoir choisi d'être arbitre de hockey?
Je voulais rendre au hockey ce qu'il m'a donné. Et puis, le hockey coule dans mes veines. Je respire hockey, je mange hockey. J'ai commencé par arbitrer des enfants de 9-10 ans. On était deux arbitres.

Un ancien joueur bénéficie-t-il d'un parcours particulier?
On suit un programme "express" ou accéléré, destiné à "monter" ou à accéder le plus rapidement possible en Ligue nationale. Ce programme a également pour but d'attirer d'anciens joueurs dans l'arbitrage. Il s'agit d'un appel du pied, en quelque sorte (au plan financier, être arbitre en hockey est intéressant). Depuis 2016, je suis arbitre de LNA (désormais la National League). Il y a en Suisse 15 arbitres principaux (heads), parmi eux 7 sont professionnels. Le 90% des arbitres travaillent. Avec Alain Reist, mon cousin, arbitrer était un défi (Alain Reist a notamment évolué avec le LHC, de 2004 à 2006, de 2010 à 2014. Depuis un certain nombre d'années, il propose au LHC et partout ailleurs un tartare de grande qualité).

Un jeu à sentir

Faut-il avoir été un bon joueur de hockey pour être un arbitre reconnu?
Avoir joué au hockey, ça aide. Il existe une philosophe, une mentalité, une culture hockey. Les règles se trouvent dans un livre, épais comme ça ( avec ses 2 mains, il indique l'épaisseur et en effet..). Après il y a la pratique sur la glace, l'interprétation. Il faut sentir le jeu.

Sur la glace, comme dans la vie, vous êtes apprécié, sympa, souriant, jovial, avez de l'entregent. On a du mal à imaginer que vous puissiez avoir des "ennemis".
(Il est un brin gêné)Quand on est apprécié il ne faut pas se louper. J'ai la chance de parler 3 langues. Avec moi c'est noir ou blanc, jamais gris. Je le dis avec modestie: je pense avoir quelques cartes en mains pour que ça se passe bien.

Et chaque match est une aventure...
...Oui, et quand le puck est lâché, le spectacle peut commencer. La magie du jeu opère. S'il m'arrive de discuter avec les joueurs? J'ai le choix de discuter ou pas. Il faut une dose de psychologie, d'empathie, de repartie, de diplomatie. L'émotionnel est un mouvement de la sensibilité qu'il faut respecter.

Après un tiers, avez-vous le droit de discuter avec un joueur?
Non, avec personne. On refuse poliment. Après? Quand l'émotion a passé, il n'y a généralement plus de discussion souhaitée. 

Pour la vidéo

Qu'est-ce qu'un bon arbitre?
Celui qu'on ne voit pas. Mon papa me disait: "Si tu n'as pas vu l'arbitre, c'est qu'il a été bon." Ça veut aussi dire que son management du jeu (game management) a été bon.

Étant arbitre, on imagine que vous êtes pour l'assistance de la vidéo en hockey, qui est structurée et respectée, à l'inverse du football. 
Oui. À considérer les problèmes que le VAR (football) engendrent (et si on revenait en arrière, ne serait-ce que pour sauver l'esprit du jeu?) je suis content d'être arbitre de hockey plutôt que de foot.

À l'école, étiez-vous un bon élève?
J'étais, disons, minimaliste (il sourit). Il fallait que je travaille, pour pouvoir jouer au hockey. Mes parents avaient une pression énorme tellement j'étais impliqué dans le sport. À l'école, au hockey, on était une bonne bande de copains. 

À la base, votre métier c'est...
...Monteur-électricien dans le bâtiment. Je suis au bénéfice d'un CFC. Aujourd'hui, je suis responsable des ventes chez Arnold SA (Énergie et Télécom), entreprise qui est active dans la construction de réseaux dans les domaines de l'énergie, de la mobilité, des télécommunications et de l'eau. Je suis souvent sur la route.

Palmarès

  • Julien Staudenmann est né le 13 avril 1981 à Péry-Reuchenette. 
  • Ancien hockeyeur -attaquant gauche - devenu arbitre. A été joueur pro de 2003 à 2013. Il mesure 191cm pour 88kg.
  • A disputé environ 500 matches en Ligue nationale.
  • A joué avec le HC Martigny (2002-2003, 1ère ligue), Ajoie (2003-2006, LNB), le LHC (2006-2012, LNB), puis avec La Vallée-de-Joux (2e ligue, l'entraîneur était l'ex-grand gardien Beat Kindler) et un peu plus tard avec La Chaux-de-Fonds (2012-2013, LNB).
  • Il avait un statut de professionnel mais a toujours travaillé (avec un pourcentage) à côté du hockey. Pour un bien équilibre personnel.
  • Champion de suisse juniors élite en 2001 avec le HC Bienne.
  • A été 2 fois champion de Suisse de LNB avec le LHC (2009 et 2010).
  • A été à deux reprises vice-champion de Suisse de LNB avec le LHC (2011 et 2012).
  • En 2013, a été opéré au genou droit (ligament croisé touché). 
     

 

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