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La passion selon Paul Mamassis

09 janvier 2020

 

Sa passion pour le tennis est en lui et elle ne s’en ira jamais. Quand il parle de son sport, sa vie, Paul Mamassis, 75 ans, devient un acteur, s’emballe avec la force qui le caractérise et une gestuelle qui transmet son savoir, des envies et ses convictions.

Le TC Bossonnens, c’est aussi le TC Mamassis, une académie où on apprend, ou on reçoit aussi M. et Mme Tout le monde. Ici, il y a 6 courts fermés et autant dehors. Propriétaire à un jet de la balle jaune d’une surface de 26’000m2, près du terrain de foot, Paul Mamassis attend, avec impatience et fermeté, que l’on pose dessus une mega infrastructure (halle et courts) venant s’ajouter à ce qui existe déjà. «Le projet vit depuis très longtemps, ce dossier reste ouvert et une décision devrait tomber prochainement.» La gare? «Elle va être déplacée près du centre de tennis.» 

Un espoir au foot

Mais, au commencement, le football était le sport de Paul Mamassis, milieu de terrain. «Avec les espoirs grecs, je faisais partie de la sélection des 10 meilleurs du pays», dit-il. Mais le tennis, son jeu, l’attirait déjà. «Un jour, une personne de la fédération grecque de tennis m’a dit: Paul, il te faut choisir.» Et il a choisi. «Le tennis, ça coûtait cher, mon papa avait une entreprise de construction.» À 14 ans, Paul Mamassis partit à Athènes, pour ne pratiquer que ce sport qui n’allait plus le quitter. Sa scolarité, il l’avait faite à Thessalonique. 

Pratiquer un sport collectif ne cadrait pas vraiment dans son caractère, ni dans sa personnalité. «Le tennis, qui est un sport individuel par excellence te permet d’assumer des responsabilités. J’ai voulu ça. Le revers ou la défaite, plutôt. «Je n’aimais pas perdre, je suis de mauvaise foi.» Il rit de bon cœur Paul Mamassis. Il fait partie intégrante de ces personnes promouvantes, qui savent, de manière naturelle, provoquer, encourager et développer la création chez les autres.

Vous êtes le directeur du Centre de tennis de Bossonnens (un fitness y a été intégré). Quand a-t-il été ouvert?
En 1978, j’en suis le fondateur. Autour, il y avait des vaches. Ici avait lieu un grand tournoi de tennis. Il n’existe plus. On a commencé avec un prize money de 25’000 dollars. En 1989 il était de 125’000 dollars. Des grands champions sont venus ici (Rosset, Agenor, Korda, Mezzadri, Stadler, pour ne citer qu’eux). À cette époque le tournoi de Bossonnens était le 3e en Suisse, derrière Bâle et Gstaad.

Un envol à Bossonnens

Y avez-vous accueilli Roger Federer?
(Son regard s’illumine, il y dissimule une fierté)- C’est ici, à Bossonnens, qu’il a récolté ses premiers points ATP. Qu’il a pris son envol. C’était en 1997 lors d’un tournoi satellite. Il était tête de série numéro 4. Séverin Lüthi (son entraîneur de toujours) y avait aussi participé. En 2017 (24 septembre), un journal titrait: 20 ans déjà.

Vous rappelez-vous ce qu’il vous a dit?
Ma vie change, maintenant. 

N’avez-vous pas aussi ce sentiment que lorsque Federer, Nadal et Djokovic mettront fin à leur carrière, des tournois disparaîtront du calendrier?
Ça va changer des choses, c’est certain. 

Pourquoi la jeune génération, pourtant talentueuse, peine à les bousculer, à s’installer...
...Parce que ces joueurs manquent encore de maturité, d’expérience. Et ça se passe sur les effets de balle. La volonté est là, mais les nerfs ne sont pas encore assez solides. Cela dit, Tsitsipas, Thiem, Zverev, Medvedev, pour ne citer qu’eux, ne sont pas loin.

Tsitsipas est la loco

Le fait que Tsitsipas a remporté le Master de Londres a dû vous réjouir...
...Oui, pour la Grèce, Stéfanos, c’est la locomotive. Oui, j’aimerais faire sa connaissance. Il habite à Monaco (pour des raisons fiscales évidentes, car Monaco n’impose pas d’impôt sur le revenu).

Un numéro un mondial doit avoir...
...Il doit être complet. Le service ne suffit pas, il faut avoir un coup droit, tous les coups du tennis, de la variété. Tsitsipas? Il a tout ça, et son tennis est très spectaculaire. Le fait qu’il a gagné à Londres doit le motiver et augmenter ses envies, sa volonté. Comme tout le monde, il perd. Une défaite, elle doit t’inciter à encore plus travailler, toujours plus fort. Le tennis doit être une université. 

Le tennis est son ADN

Auriez-vous pu entraîner un champion?
À l’époque, j’ai entraîné deux joueurs du cadre national suisse: Thierry Grin et Ignace Rotman. Ils ont été mes 2 élèves (il y en a eu beaucoup d’autres). À une certaine période, ils ont fait partie de l’équipe de Suisse de Coupe Davis. 

Le tennis vous passionne-t-il toujours autant?
Je ne donne plus de cours. Je m’occupe de mes enfants. J’en ai 6, issus de 2 mariages. Le tennis? Il n’est plus mon travail, c’est un hobby. Le tennis est mon ADN, il est dans mon cœur. Tous les jours, je dois voir les courts. Je dois tout et absolument tout à ce sport.

À considérer votre palmarès, vos multiples diplômes, votre parcours est...
...Pas mal (Il rit), moniteur, entraîneur, professeur, entraîneur de compétition, directeur de tournois nationaux, internationaux. En ce qui concerne Protennis, j’en suis le Président-administrateur. Mon Academy à Bossonnens est ouverte à toutes et à tous.

Palmarès

  • Paul Mamassis est né le 9 novembre 1944 à Thessalonique (Grèce).
  • Ancien champion de tennis. Il est binational: Grèce et Suisse.
  • Il a figuré en série A durant 15 ans.
  • Il a joué (no 1) et travaillé au Stade-Lausanne. Il y a été entraîneur-principal, aussi pour le Canton de Vaud. Sous son impulsion ce club a été le premier en Suisse-romande à offrir des bulles, pour pouvoir jouer l’hiver.
  • Puis il a joué pour le TC Dählhölzli (Berne). Il y a disputé les Interclubs, entre autres. Puis, il est retourné à Lausanne, au Stade. « Ma clientèle, nombreuse, était à Lausanne. »
  • À 35 ans, il a mis fin à sa carrière de joueur compétiteur. 
  • Il a disputé de nombreux matches de Coupe Davis avec la Grèce. Dont un contre la Suisse, en 1967, à Genève, au Parc des Eaux-Vives (2 à 3).
  • Il a été champion de Suisse en simple et en double; en double avec Pierre Berney.
  • Il a remporté beaucoup de tournois, notamment l’Ebel Classic à Lausanne, à Vidy, à 2 reprises, en 1973 et en 1978 (grand tournoi international).

 

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