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Laurent Perroton, hockey sur glace

18 avril 2019

 

La folle passion d'un homme loyal. Le hockey sur glace habite Laurent Perroton, 45 ans, entraîneur, coach, et surtout formateur; trois fonctions ou missions qu'il enchaîne avec succès. "À 14 ans, dit-il, j'étais l'assistant de mon papa, alors entraîneur général du CP Lyon. Oui, ça fait 30 ans que, l'hiver, je n'ai pas de week-end." 

Sa grande passion? C'est comprendre le jeu. Celui de son équipe évidemment, lui en construire un, bien sûr; mais aussi "savoir" celui de l'adversaire. Laurent Perroton est un perfectionniste. Il prône de la rigueur. Elle est extrême. Elle colle et correspond à sa façon d'être. Au travail, dans la vie. "Je suis un adepte du hockey nordique (Suède, Finlande et Norvège). Chaque joueur doit avoir un rôle bien défini à accomplir, que ce soit sur la glace ou en dehors. J'aime que tout soit bien structuré dans le jeu et dans la vie du vestiaire." On appelle ça le hockey total. "Chaque situation est vue et revue. Les six joueurs qui évoluent sur la glace ont des responsabilités, dans n'importe quel secteur de jeu. Comme moi, ils doivent comprendre très vite le jeu de l'adversaire, et ses intentions, s'adapter rapidement aux changements tactiques, de système que je leur indique en cours de match (et avec la vidéo). Ils varient en fonction du jeu et des situations, de l'attitude ou du comportement de mes hommes, aussi. Les meilleures performances arrivent quand tu es bien préparé."

Loyal et passionné

Laurent Perroton est une personne loyale, un immense passionné, qui a besoin d'une confiance partagée pour pouvoir s'exprimer. "J'aime qu'on se dise les choses en face. Ça évite des tourments et des situations floues, irréversibles. J'aime qu'il y ait, aussi, de la passion chez les autres personnes qui sont autour de moi, une saine volonté de s'investir pour un club, de le faire progresser. Quand tout ça est réuni, il n'y a aucune raison que ça se passe mal." Ça coince quand des dirigeants sont là pour des raisons familiales - ils pensent à privilégier leurs enfants -, ou privées -intérêts personnels en jeu. 

Avec Star Forward, club de Morges qu'il a servi durant de nombreuses saisons, cela s'est mal terminé alors que les feux avaient toujours été au vert. Laurent Perroton en est tombé malade. Aujourd'hui, sa santé va mieux, il revit du côté de Martigny, où on est venu le chercher. "C'est le directeur sportif Nicolas Burdet qui s'est approché de moi. Je l'avais comme joueur, lors de ma 2e saison, quand j'entraînais le club qui,  il y a quelques années, s'appelait Red Ice." Petit retour du côté de Morges, de la patinoire des Eaux Minérales. "Je ne supporte pas l'injustice, le manque de loyauté. Dans mes choix -professionnels -, je dois faire attention à ça, être vigilant avec ça. À Morges je voyais des gens que je n'aimais pas, qui n'étaient pas corrects dans plein de choses. Pour ma santé, cela devenait nocif. J'ai été licencié et j'ai pris ça comme un immense soulagement." 

Des touches

-Avec le HCV Martigny (Hockey Club Valais Martigny, son nom officiel) votre contrat...
-...Il portait jusqu'au 30 mars. L'objectif? Le titre de champion de la MySports League, une promotion en Swiss League (ex-LNB). Malheureusement, on a perdu le 5e match (décisif) contre Sierre (4-3 après les tirs au but) qui est promu. Mon avenir? On est en  discussions avec les dirigeants du HCV Martigny. J'ai d'autres touches. On verra bien.

-Pourriez-vous quitter quitter le monde du hockey? 
(Il réfléchit) -Oui, mais alors pas longtemps, tout en restant dans le monde du sport; dans le management. J'ai une famille, je dois en tenir compte.

-Entraîneur, coach, formateur: comment vous qualifiez-vous?
-Je suis un formateur qui va au-delà du hockey. Je suis proche de mes joueurs, je veux les aider, leur faire profiter de mon expérience, qu'ils en acquièrent, aussi et surtout. Tu apprends à jouer au hockey mais tu apprends aussi à vivre. 

Pas de retour

-Avez-vous envisagé, un court un instant, un retour en France?
-Pas du tout. On est installés ici, mon épouse travaille à Genève. Il n'y a jamais eu 
de péril en la demeure. 

-Êtes-vous indulgent?
-Oui, avec les enfants (Laurent Perroton en a 3, Ugo, 16 ans, Ema, 14 ans, Valentina, 3 ans). En revanche, j'éprouve plus de mal avec les adultes.

-Quelle est la faute que vous pardonnez le moins?
-Je ne pardonne pas du tout le manque de loyauté.

-Au hockey, quel est votre style de management?
-Dur mais aimant.

-Pourriez-vous quitter le monde du sport et...
-...Travailler dans un bureau? Jamais, ça serait insupportable. Je vis au travers des émotions. J'ai besoin d'elles au quotidien, tout le temps. Abandonner le monde du hockey (ou du sport) pour un autre? Non, car je l'aime trop.

Papa poule

-Justement, dans le quotidien, comment êtes-vous? 
-Contrairement à ce qu'on peut penser, je suis assez calme, assez cool. Avec mon épouse, je suis très calme, aimant. Je suis aussi un papa poule.

-Et dans un match?
-Je suis très théâtral, Je joue avec ça quand il le faut. Puisqu'on l'évoque, j'aime le théâtre. J'essaye d'y aller, hors saison. J'aime aussi le cinéma.

-Si vous deviez vous qualifier...
-...Je suis courageux, persévérant, têtu, perfectionniste. Je ne laisse rien au hasard. L'hiver, je suis dans ma "bulle". J'ai la chance d'avoir une épouse qui me comprend, qui accepte de vivre ça.

-Vos trois enfants ont des prénoms italiens...
-...Oui, c'est en lien avec ma maman, qui était d'origine italienne, qui nous a quittés, victime d'un accident de la route. J'avais 11 ans.

-Le sport a-t-il été un remède à la mélancolie, une forme d'échappatoire?
-Oui, j'ai mal vécu le décès de ma maman. Je me suis alors investis dans le sport, à fond, pour m'éviter de trop penser à ce drame. Je pense souvent à ma maman, dans les moments difficile surtout et je sais qu'elle voit ce que je fais. Valentina, 3 ans, me demande: où est grand-maman? Dans ma famille on se dit les choses en face. 

-Avez-vous une devise?
-Le mot talent arrive une seule fois avant le mot travail: c'est dans le dictionnaire.

Palmarès

  • Laurent Perroton est né le 14 septembre 1973 à Lyon.
  • Il est arrivé en Suisse en 2003.
  • Depuis 2003, il est enseignant à l'UNI des sciences et du sport. À Lausanne.
  • Depuis 2012, il est consultant à la RTS pour le hockey sur glace (une vingtaine de matches par saison).
  • Depuis 2008, il est responsable de la formation des entraîneurs pour la Suisse-romande (Jeunesse & Sport, au maximum 8 jours par année). 
  • A été entraîneur à Nice (1998-2001, il a connu trois promotions).
  • A entraîné Gap en 2002 (en Ligue Magnus).
  • En novembre 2002, a été assistant de l'Equipe de France A pour les Euro Ice Hockey (invité par la DTN, Direction Technique Nationale).
  • Il a travaillé durant 6 ans au LHC (novices, élite, juniors élites A).
  • Durant 2 ans, au LHC, il a été assistant de l'entraîneur de la première équipe.
  • Puis, au Star Lausanne, il a été durant 4 ans entraîneur principal.
  • De 2010 à 2012, il a été entraîneur du Red Ice Martigny.
  • De 2012 à 2016, il a entraîné Forward Morges, et de 2016 à 2019, Star Forward, club qui avait changé de nom.
  • Depuis le 25 janvier 2019, il est entraîneur principal du HCV Martigny (MySport League). Pour info, le HC Valais-Chablais réunit sous sa bannière ces 5 entités: 
  • Sion, Nendaz, Martigny, Verbier et Monthey.
  • Prix Panathlon Club Lausanne en 2015.
  • Prix Personnalité du Journal de La Côte en 2016.

 

 

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