X

Recherches fréquentes

Marc Hottiger, ancien footballeur international

28 mars 2019

 

Marc Hottiger est au centre de huit centres. Il est un enfant de Renens, sait d'où il vient. Il n'aime ni l'abondance ni l'opulence, seulement le travail bien fait. Marc Hottiger, 51 ans, vit bien, "vieillit" bien, mais se pose pourtant ou désormais des questions qui ne l'effleuraient pas avant. "Oui, tu réfléchis un peu plus sur ton avenir, sur celui de tes enfants -il en a 3-. Je joue au foot, avec les seniors de l'ES Malley (il y retrouve notamment Stéphane Chapuisat, Christophe Ohrel), avec les anciens de l'équipe nationale et je constate que tu vas moins vite, que tu mets plus de jours pour récupérer, que le dos, et les genoux, en prennent un coup." Il sourit, Marc Hottiger, goûte à son café, à la vie qu'il traverse, heureux. Il consulte un site, chausse une paire de lunettes. "Le jour de mes 40 ans, en me regardant dans la glace j'ai vu un cheveu gris. Le même jour je suis allé chez l'opticien pour m'acheter une paire de lunettes." Pour s'assurer qu'il l'avait bien vu, ce cheveu? Peut-être, mais pas que. Ce souvenir ou cette anecdote, le met en joie. Et on la partage.

Depuis le 1er juillet 2018, le citoyen de Cugy est responsable du développement (et du contrôle) des Centres de performance de l'ASF. "Après 9 ans passés au LS, je me suis dit: accepte le poste, tu as 50 ans, c'est un nouveau défi. Et peut-être l'ultime." Marc Hottiger précise. " En fait, je contrôle qu'on s'occupe bien des joueurs, que les critères demandés pour leurs développements soit mis en place, en valeur. 

-Votre regard se porte aussi et entre autres sur...
-...Le bon fonctionnement des infrastructures -autorisations à faire- de tout ce qui touche à l'organisationnel, au secteur médical, à celui du recrutement, au domaine mental, à l'encadrement des joueurs (-de 16 à -de 21 ans), pour qu'ils se sentent le mieux possible, qu'ils travaillent dans les meilleures conditions. Il faut veiller et c'est une évidence, à ce qu'ils soient bien formés. Le mental? Il est important, et pas que pour le développement de la personnalité, pour plus tard. L'axe est, aussi, porté sur l'éducation. Elle est capitale, quelque soit la formation entreprise. 

-Combien y a-t-il de Centres de performance en Suisse? (Ils ont été mis en place il y a un an et demi par le Neuchâtelois Christophe Moulin, chef du département du foot d'élite junior à l'ASF, qui avait personnellement souhaité la venue de Marc Hottiger à l'ASF).
-Il y en a huit. Ils se trouvent à Bâle, à YB, GC, Zurich, Lucerne, St-Gall, Lausanne (alors au LS Marc Hottiger avait postulé pour que Lausanne soit un des Centres de performance) et Servette. Je suis responsable des 8. Chaque Centre doit posséder un minimum de pro.

-Et l'attention...
-...Elle est particulièrement portée sur les talents, les internationaux. Mais attention, notre regard va chez tout le monde, tous les footballeurs sont concernés. 

-La réussite passe-t-elle forcément par le travail?
-Ceux qui réussissent sont ceux qui en ont envie et qui travaillent. Le talent, seul, ne suffit pas. Il faut le travailler. J'en ai vu des talents qui, aujourd'hui, ne jouent plus au foot. Des footballeurs, j'en ai côtoyé qui étaient moins talentueux mais qui ont réussi tout simplement parce qu'ils ont travaillé, beaucoup travaillé. 

-Et l'intelligence de jeu?
-Tu l'as. Ou alors tu ne l'as pas, mais tu peux la développer.

-Les jeunes, aujourd'hui, sont-ils aussi imprégnés du foot que ceux des générations précédentes?
-Oui, il y en a toujours, c'est réjouissant. Avant, pour les jeunes de 12 à 16 ans, faire une carrière n'était pas une obsession. Aujourd'hui, avec la médiatisation, etc, ils ne rêvent que de ça. A 15 ans, ils ont tous envie d'être professionnel; après, ils doivent être conscients des efforts à faire. Il y a peu d'élus.

-En tant que responsable de ces 8 Centres (niveau supérieur de formation), vous sillonnez la Suisse...
-...Oui, ma voiture est mon bureau et j'ai une place de travail à Muri (Marc Hottiger sourit, le timbre de voix est doux). Je peux voir tout le travail qui est fait partout et son évolution. Ils occupent des positions géographiques différentes. La force, c'est la diversité, quelle soit culturelle ou au niveau des mentalités. C'est une richesse, il faut s'appuyer dessus.

-En 2017, vous déclariez: "Je me réjouis d'emménager à La Tuilière..." Et vous voilà à l'ASF.
-Mais à La Tuilière, j'y ai passé 6 mois (Il sourit) La Tuilière (Centre sportif abritant 9 terrains, 3 en gazon naturel et 6 en synthétique) c'est bien mais ce n'est pas optimal. Mais c'est nettement mieux que ce qu'il y avait avant (lieu et les conditions de travail d'avant). Dans ce genre de Centre, on est, on travaille tous ensemble et c'est capital. Avoir un Centre d'entraînement en commun -comme à La Tuilière-, c'est la base. 

-Quelle est la rencontre qui a modifié (ou changé) votre vie?
-Le jour où j'ai rencontré celle qui devait devenir ma femme (Longue pause). Et il y en a une autre et on m'en parle encore aujourd'hui. Il s'agit du match Suisse-Italie, joué à Berne le 1er mai 1993. 1-0, j'avais marqué d'une volée du gauche. Cette victoire avait ouvert le chemin de la Suisse pour la World Cup de 1994 aux Etats-Unis (qualification validée plus tard contre l'Estonie).

-Etes-vous plutôt petits commerçants ou grandes surfaces, à l'heure des course à faire? 
-Les deux. Mais j'ai une préférence pour "La Ferme de Cugy". Je m'y rends tous les samedis.

-Au-delà du football, avez-vous une autre passion?
-Oh! Oui, celle que je voue à mes enfants.

-Quelle est votre plus grande qualité?
-La simplicité, l'humilité.

-Et votre plus grand défaut?
-L'impatience.

-Quel est le métier que vous n'auriez pas pu faire?
(Intense réflexion)-Je ne sais pas, je n'ai pas d'à priori. Tous les métiers ont leur rôle. (Pause). J'en ai trouvé un: agent de joueurs.

Palmarès

  • Marc Hottiger est né le 7 novembre 1967 à Lausanne.
  • Ancien footballeur. Latéral droit offensif: un pionnier.
  • A joué avec le FC Renens (LNB) de 1985 à 1988.
  • Au LS: de 1988 à 1992. À Sion, de 1992 à 1994. À Newcastle de 1994 à février 1996 (alors entraîneur de Newcastle, Kevin Keegan, séduit par le bon Mundial d'Hottiger aux Etats-Unis, était aller le chercher à Sion). Puis a joué avec Everton de février 1996 à 1997. Retour au LS, 1997-1999. Enfin Sion, 1999-2002. Là, il met fin à sa carrière de joueur.
  • Avec le FC Sion, a été promu en LNA en 2000.
  • Avec le LS, a remporté 2 Coupes de Suisse (1998 et 1999).
  • Avec l'équipe de Suisse: 63 matches, 5 buts, dont celui marqué contre l'Italie, le 1er mai 1993 (1-0), qualifiant l'équipe nationale pour la World Cup 1994 aux Etats-Unis.
  • A participé à l'Euro 1996 en Angleterre.
  • En 2007, il passe 18 mois à Cleveland, à la Soccer Academy avec Brad Friedl, ancien portier international américain et gardien mythique de Tottenham.
  • A entraîné le FC Echallens (1ère ligue) durant une saison (2002-2003). Après, Marc Hottiger s'est dirigé vers la formation. 
  • Durant 9 ans, il a été Directeur technique de l'Association Team Vaud, qui gère la structure et la formation du football d'élite sur le territoire vaudois. Auparavant, Il 
  • avait passé 6 mois avec la M18.
  • Depuis le 1er juillet 2018, il est responsable du développement et du contrôle des Centres de performance de l'ASF.
     

Et deux vidéos

Marc Hottiger