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Stéphan Studer, de l'arbitrage à la direction du groupe Hirslanden

05 septembre 2019

 

Après avoir évolué avec les juniors du FC Grand-Lancy « Je jouais en attaque, j’ai marqué des buts », Stéphan Studer, 43 ans, s’est dirigé vers l’arbitrage. «Pour gagner de l’argent de poche. J’avais 14 ans», se souvient-il. «J’avais lu un article dans feu le journal «La Suisse», le canton cherchait des arbitres. Ça m’a tout de suite plu, j’arbitrais des juniors E, je touchais frs 50.- par match. Ça se passait le mercredi après-midi et souvent j’arbitrais 2 matches à la suite. À l’époque, 100 francs, c’était énorme.» À l’évocation de cette jolie histoire, il sourit, son regard s’illumine. Il a aimé cette période, ces moments-là avec les jeunes joueurs. En parallèle, il nageait au Lancy natation, alignant les longueurs de bassin sans privilégier une discipline plus qu’une autre. «La natation est un sport exigeant. J’ai nagé jusqu’à 17 ans.» Puis Stéphan Studer a choisi le foot. L’arbitrage. Ce battant de nature, ce compétiteur qui a toujours bien aimé étudier, était déjà un meneur d’hommes. 

Vous avez gravi les échelons très rapidement...
...Tous les trois ans, je montais d’une ligue. Ces sauts ont été réguliers. On est noté à chaque match, par des coaches, qu’on appelait inspecteurs à l’époque. Ce système de notes est assez objectif. A la fin, il y a un classement, et les meilleurs  arbitres sont promus.

La Champion's League, le Graal

Vous visiez la Ligue des champions (la Champion’s League), vous auriez aimé arbitrer des matches, qui de la phase de groupes, qui de la phase finale. Or...
...Pour moi, ça représentait le Graal. J’ai arbitré des matches de qualification. Je voulais faire plus, aller encore plus haut. 

La VAR ? Un soutien, mais...

Mais deux erreurs ont stoppé votre ascension: un pénalty non sifflé lors de la rencontre Benfica-Trabzonspor. Puis une simulation sanctionnée, qui ne l’était pas, lors du match Newcastle-Atromitos (club grec). Si la VAR (la très décriée Assistance vidéo à l’arbitrage) avait existé à ce moment-là, pensez-vous que cette technologie vous aurait sauvé la mise?
Pour moi, la VAR représente un très bon soutien. Cette assistance permet de corriger une injustice, d’obtenir un résultat qui n’est pas biaisé. Par définition, une image est aussi soumise à l’interprétation qu’on en fait. La beauté du jeu, sa dernière loi, reste le bon sens et l’interprétation (faute de main ou pas qui fait de plus en plus débat, dans les zones décisives, notamment). L’arbitre est soumis à ça. Il ne faut pas l’oublier.

Celle-ci, on parle de l’interprétation, est aussi valable pour les personnes se trouvant devant leur écran de contrôle.
Oui, chez elles, il y a aussi de l’interprétation, elles n’ont pas la même lecture de la situation vu qu’elles ne sont pas sur le terrain. On veut la perfection mais l’erreur fait partie du jeu, le jeu doit garder sa spontanéité. Alors, la VAR a-t-elle des raisons d’exister? Je pense que oui mais il faut admettre qu’elle ne réglera de loin pas tout.

Plus avant, vous dites que la VAR permet de corriger une injustice. Si cette technologie avait existé à votre époque...
...Peut-être m’aurait-elle permis d’accéder au Graal, dont j’ai parlé. Est-ce un regret? Non, parce que cela ne devait pas se faire, que je n’avais peut-être pas le niveau nécessaire. J’avais atteint mon sommet à moi. Même si j’étais ambitieux, il faut accepter ça. Cela étant j’ai été, à une dizaine de reprises, le 4e arbitre en Ligue des champions (phase de groupe et de finale) avec M. Massimo Busacca, qui est le dernier arbitre suisse à avoir dirigé à ce niveau. Je me rappelle d’un 1/8e de finales Barcelone-Arsenal assez grandiose.

Un coach mental

En tant qu’arbitre, pour quelle faute aviez-vous le moins d’indulgence?
Tout ce qui concerne la triche, la simulation, en tirer un avantage perfide pour marquer.

Alors arbitre, aviez-vous un coach mental?
À ma propre initiative et à mes frais, j’en ai eu un durant 4 ans. Je voulais me donner les moyens de réussir, d’aller le plus haut possible dans l’arbitrage. On analysait des séquences, etc. C’était notamment un moyen d’outrepasser des erreurs, de continuer dans les meilleures dispositions possibles. Sur le terrain il est rare d’être sûr d’avoir commis une erreur. On prend une décision et il peut y avoir un doute et ce doute peut subsister jusqu’à la fin. S’il s’installe en première mi-temps, psychologiquement c’est long. S’il arrive à la 89e c’est supportable. Le doute sera éclairci après le match, avec l’image. L’entraînement mental permet de faire face à ceci.

Vous est-il arrivé de présenter des excuses...
...Oui, il faut avoir l’humilité et l’authenticité de dire je me suis trompé. J’étais allé voir l’entraîneur, les joueurs, le capitaine, je me suis exprimé devant les journalistes aussi. En faisant ça, on montre que nous restons humain et donc avec notre part d’erreur. Il ne faut pas oublier non plus les supporters. Tous mes matches, je les préparais. J’étudiais les buts marqués, les situations spéciales, les coups de coin, etc. Cela permet d’anticiper et de diminuer l’erreur. 

L’arbitrage pour vous...
...C’était un hobby professionnel. J’ai toujours milité pour qu’on améliore les structures de l’arbitrage suisse, qu’on les professionnalise. Un gros effort a été fait dans ce sens. J’avais besoin de faire autre chose à côté. Cela permet de prendre du recul, c’est une soupape pour décompresser. Je me suis nourri de ces deux mondes et l’un comme l’autre m’ont permis de m’appuyer sur ces avantages de vie.

A la direction d'Hirslanden

De formation, vous êtes physiothérapeute. Et depuis le début de cette année, vous avez été promu en tant que COO Ouest (Chief Operating Officer), membre de la Direction générale du groupe de cliniques privées Hirslanden. 
Le monde de la santé m’a toujours intéressé. C’est un secteur où vous vous occupez de la prise en charge et du bien-être des personnes. Cela a et donne du sens. En choisissant le métier de physio, ça me permettait de rester au contact du sport. 

En quoi consiste votre mission en tant que COO?
Je supervise les directeurs de clinique de la partie ouest de la Suisse. Il y en a 8: deux à Genève, 2 à Lausanne, 3 à Berne, une à Bienne. Chaque directeur a ses objectifs. Je dois veiller et m’assurer que tout fonctionne bien au niveau de la stratégie du groupe, de la qualité, de la performance, des projets stratégiques et des relations politiques, entre autres, en vue d’apporter une valeur ajoutée à nos patients. Il faut également se projeter dans l’avenir. Se demander ce qu’on doit faire et entreprendre dans les 3, 5 ou 10 ans pour faire face aux défis qui nous entoure. Nous nous devons d’anticiper les solutions. Les enjeux à venir sont énormes.

Palmarès

  • Stéphan Studer est né le 9 octobre 1975 au Grand-Lancy.
  • Il est au bénéfice d’un Master en sciences sociales et politiques. D’un MBA (Master of Business Administration), d’un CAS (Certificat of Advanced Studies) en spécialisation management et de la société, obtenu à l’UNI de St-Gall.
  • Alors dans le management, Stéphan Studer a participé à la fusion entre l’Hôpital orthopédique de la Suisse-romande et le CHUV, s’agissant de créer un nouveau département de l’appareil locomoteur. Quelques années plus tard, il dirige ce nouveau département ainsi que celui des neurosciences au sein du CHUV.
  • Il a assuré la Direction de La Colline, clinique privée à Genève (groupe Hirslanden). De 2015 à fin 2018. 
  • Ancien arbitre international de football. 
  • A été junior au FC Grand-Lancy, aujourd’hui Lancy FC Lancy, suite à une fusion.
  • A commencé l’arbitrage -chez les juniors- il avait 14 ans.
  • Il a gravi les échelons brillamment, arbitrant son premier match de Super League en 2006.
  • A arbitré plus de 200 matches en Swiss Football League. 
  • A arbitré 70 matches au niveau européen.
  • A été nommé arbitre international FIFA le 1er janvier 2009. 
  • A arbitré des matches qualificatifs pour la Coupe du monde 2010 et celle de 2014. 
  • A participé à la Coupe du Monde U17 au Mexique (2011) et a sifflé la finale de l’Euro U19 en 2010. 
  • A arbitré des matches qualificatifs pour l’Euro 2012 et l’Euro 2016. 
  • En mai 2015, il a arbitré son dernier match de Super League. Peu après, en juin de la même année, il a assuré la direction du match amical Portugal-Croatie, à Genève.
     

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