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Steve Rey, un enfant de Montana et du golf

23 mai 2019

Steve Rey, 49 ans, est un enfant de Crans-Montana. Il a parcouru le monde et visité, surtout, un grand nombre de parcours de golf et de green. Aujourd'hui, il souffle un peu et sa passion pour ce jeu dans la nature est redevenue de qu'elle était. "J'ai à nouveau très envie de me former, de lire, d'apprendre, de faire des choix par moi-même." Il a quitté le monde de l'élite, ses formats, des routines. Le contact, il l'aime, l'éventail très large des personnes à l'écoute apprenant avec lui, l'enthousiasme. "Le débutant me remet en question." 

Sa philosophie, en tant que pro-enseignant, consiste à faire prendre conscience à la personne qui apprend -ou qui possède quelques bases intéressantes, voire solides- qu'elle possède des capacités naturelles. "Je cherche à modeler son swing, à mettre sur pied un programme d'entraînement en fonction de ses capacités initiales." Le swing est le mouvement de départ effectué dans le but de transmettre une énergie à la balle pour qu'elle parcourt une distance souhaitée. "Le timing, souligne Steve Rey, est l'aboutissement, la vérité ultime pour un mouvement efficace. Il dépend d'un ensemble de coordinations internes qui sont propres à chacun. Il est important qu'on aide la personne à les découvrir."

Une affaire de sensations

Où l'on parle de sensations. "Plus on va de l'avant, plus on a des sensations dans le corps liées à la coordination. La balle, elle part à 250km/h - pour les meilleurs-. Il y a une sensation dans l'impact, dans la coordination, le timing, avec le fait de savoir ce qui se passe exactement. Rien n'arrive, rien ne démarre en même temps. Toutes ces séquences sont différentes. Ma mission consiste à comprendre l'humain et à déceler comment il pourra bouger le mieux. La manière d'orienter son cerveau et de l'utiliser laisse des traces dans le corps. J'analyse tout, parce qu'il y a du respect, et que mon envie, c'est de voir la personne progresser, de trouver des voies rapides pour qu'elle arrive à ça. La question est: comment je peux faire pour l'aider? On n'est pas là pour empêcher les gens de rêver. Quand on commence avec quelqu'un, on lui demande toujours quel est son objectif; qui n'est pas forcément un objectif de compétition."

Le golf s'est-il d'entrée imposé à vous?
Si je suis né avec des skis au pied, à 10 ans, je voulais être professionnel de golf en été de hockey sur glace en hiver. Papa était international de hockey -Jimmy Rey-, j'ai commencé à en faire à Montana, j'avais 4-5 ans. Plus tard, on était partis en vacances en Espagne et j'avais joué au golf. Ce jeu m'a tout de suite fasciné. Le jeu, c'est magique, quand on touche une balle au milieu du club. J'ai commencé à 9 ans et à 14 ans, je me suis retrouvé en équipe nationale junior.

Aujourd'hui, combien y a-t-il de golfeurs professionnels (playing pro) en Suisse?
Un peu mois de 30.

Mes M18 en argent

Peu de golfeurs suisses parviennent à un haut niveau...
...Ce qui est le plus difficile, c'est d'accéder sur les grands circuits ou principaux. Pour obtenir une carte sur le circuit européen, il y a une compétition "La Tour Q. School" qui sert de sélection. Elle regroupe environ 1000 joueurs, seuls les 25 premiers sont qualifiés. C'est donc très compliqué. Cela étant, l'an passé, les M18 (garçons) ont terminé 2e du championnat d'Europe par équipes.

Quelle(s) condition(s) le golfeur craint-il le plus?
Le ressenti du joueur en dépend. Mais le mélange vent-froid rend les choses très difficiles. Le vent, parce qu'il faut bien maîtriser la balle, le froid qui vous prive de certaines sensations.

Quel est le mouvement, le geste, qui est travaillé le plus?
Les bases que sont le grip et la position du corps devant la balle, puis le mouvement dans son ensemble. Répéter et apprendre les rotations du corps, maîtriser le rythme et l'équilibre.

Qu'est-ce qui différencie un bon golfeur d'un très bon golfeur?
C'est celui qui possède et qui peut mélanger dans son jeu l'habileté physique et technique avec le mental. Dans tous les domaines de la performance propre, les très bons sont ceux qui sont meilleurs partout et qui savent comment faire quand ça ne va pas. Qui travaillent. De nos jours, le golfeur est de plus en plus athlétique. La forme du jour entre aussi en ligne de compte. 

Une radiographie de l'âme

Comment définiriez-vous un grand golfeur?
C'est celui qui allie une belle puissance avec de la finesse.

Quel joueur étiez-vous?
Jeune, je m'énervais beaucoup, j'avais du mal à contenir mes émotions. Au début, mon putting n'était pas très bon. Il s'est amélioré quand je suis arrivé sur le circuit européen. Les conditions étaient différentes, j'en ai bénéficié (le putting est un coup exécuté sur ou très proche du Green en faisant rouler la balle).

Le golf, pour vous, c'est...
...une radiographie de l'âme. Le golf dévoile les personnalités. Un parcours est fait de 18 trous. Devant soi, on a toute une vie qui arrive, avec de la chance, une poisse. Ces situations, il faut les gérer.

Faut-il avoir une bonne condition physique pour jouer au golf?
Oui, pour être serein, pour être bien au niveau de la concentration. Un parcours 
est long de 10km. On ne marche pas tout le temps, la marche est interrompue de manière régulière. Aujourd'hui, on travaille de plus en plus sur la puissance: force-vitesse. Les jeunes la travaillent. Un golfeur est devenu un athlète.

Le golf s'est-il démocratisé ou ce sport est-il encore réservé plus spécialement à une certaine élite?
En ce qui me concerne, j'ai eu la grande chance de pouvoir jouer au golf dans des conditions abordables. Si un jeune veut commencer, il peut s'inscrire et faire partie d'une section juniors. Le prix à payer? La fourchette varie entre frs 250.- et frs 900.-pour faire partie de ce mouvement et bénéficier de cours collectifs. Jusqu'à 14 ans, son matériel ne coûtera pas cher. Le ski coûte plus cher que la pratique du golf.

Espérance de vie en plus

Et le golf possède un autre avantage, c'est de pouvoir le pratiquer longtemps. 
Oui, le golf a cette belle assurance. On peut y jouer très longtemps. C'est jouer, aussi, dans la nature, marcher des kilomètres et s'amuser. Le golf permet de se ressourcer. On peut se lancer dans un parcours avec des personnes de niveau différent. On peut le pratiquer en famille. Une étude suédoise a montré que la pratique du golf augmentait de 5 ans l'espérance de vie.

Parfois, au réveil, vous arrive-t-il de vous dire: "Non, pas aujourd'hui."?
Dans ma carrière de joueur? Jamais. Plus ça allait mal, plus il fallait que je trouve 
une solution. Avec les jeunes, ce qui m'énerve un peu et je l'avoue, c'est qu'ils ont besoin de faire des pauses parce qu'ils sont fatigués. J'éprouve de la peine avec ça, de comprendre ça. Pour moi, une heure sans golf était une heure de perdue.

Vous avez mis fin à votre carrière en 2002. Pourquoi?
Arrivé en fin de saison, je me suis demandé ce que j'allais faire la saison suivante. Avant, je me projetais dedans. Jamais je ne m'étais posé cette question, je n'avais jamais éprouvé le besoin de me la poser. Ça a été un déclic. J'ai dit stop. Mais, j'ai néanmoins participé à l'Open de Crans en 2003. Juste après, des personnes m'ont demandé si je voulais m'investir dans la formation des professeurs. J'ai bien sûr accepté.

Votre retrait n'est-il peut-être pas dû aussi à une lassitude?
J'ai beaucoup voyagé. C'est une grande richesse, culturelle, on rencontre plein de gens avec lesquels on apprend énormément de choses. J'aime voyager, mais c'est fatiguant: aéroport, hôtel, golf, hôtel, aéroport. En camp, j'ai eu la chance d'aller en Australie, aux Etats-Unis, en Asie. Il y a eu énormément d'entraînements et j'ai subi passablement de claques suite à des résultats moyens. A 30 ans passé j'ai eu envie d'avoir une famille.

Palmarès

  • Steve Rey est né le 15 septembre 1969 à Montana.
  • Ancien golfeur professionnel. Il a mis fin à sa carrière en 2002.
  • A été une fois champion de suisse juniors M21 et deux fois champion de suisse "Boys", M18.
  • A 18 ans, il est golfeur professionnel. En 1993, il est un des rares joueurs suisses à obtenir une carte sur le circuit européen.
  • A été champion de suisse pro à 4 reprises (1er titre en 1993, le dernier en 2003). A terminé 6 fois à la 2e place.
  • A été 2 fois champion de suisse de l'Omnium suisse (pros plus amateurs) en 1994 et en 2002.
  • A été durant un an un compétiteur sur le circuit européen. Ensuite, il a accompli de nombreuses saisons en Challenge Tour (circuit satellite).
  • Depuis le début de l'année, Steve Rey est pro-enseignant au Golf-Club de Sierre, à Crans-Montana.
  • Auparavant, il a été head pro au Golf-Club de Crans-sur-Sierre (2003-2006) puis au Golf-Club d'Ascona (2007-2009). "Les Tessinois sont venus me débaucher", sourit-il. "Ça a été une période magnifique de ma vie."
  • A fait partie de la Commission de formation des professeurs suisses de golf, a été même Président de celle-ci de 2006 à 2011.
  • Est expert J+S (Jeunesse et Sport) et il est professeur "Advanced A".
  • A suivi les formations Swiss Olympic obtenant un brevet fédéral d'entraîneur de sport et de performance, puis un diplôme d'entraîneur de sport d'élite.
  • A été coach national (pour les dames et les hommes) des joueurs pros suisses de 2010 à 2014 (une vingtaine de tournois par année).
  • De 2014 à 2018, il a été coach élite pour l'ASG (Association suisse de golf) pour 15 à 18 jeunes de 13 à 20 ans (région Valais).

Vidéos :

Retrouvez Steve Rey en inerview ici

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