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Théo David, un dauphin toujours dans l'eau

09 mai 2019

 

"Je suis reconnaissant à la vie". Son vrai prénom, c'est Théophile. "Mes parents l'ont choisi parce qu'ils étaient très amis avec la famille (des cafés) Trottet, dont l'arrière grand-père portait ce prénom", dit Théo David, en raccourci. "Théo est un prénom devenu à la mode. C'est dommage car seules 3 ou 4 personnes m'appellent Théophile." 

Ses parents ont tenu un restaurant à Nyon, "Le Cheval Blanc" réputé pour ses filets de perche. "Ils ont remis le resto en 2002. La famille est toujours propriétaire des murs." L'idée de le reprendre, de poursuivre l'aventure a-t-elle germée chez le fils? "Non parce que c'est un travail de dingue, qui laisse peu de place à la vie privée. En 1989 j'ai obtenu la patente de cafetier. Durant 6 mois, c'était un été, j'ai tenu le resto du tennis, à Nyon. Cette expérience m'a conforté dans l'idée que ce n'était pas fait pour moi. De plus, j'ai grandi dans un bistrot et ce n'est franchement plus ce que c'était." 

Responsable commercial

Professionnellement, Théo David a connu différents univers: une expérience chez un fabricant de cuisines à Gland, une autre dans une boîte d'électroménager, sur Genève. "Depuis 2003, je travaille chez Watersys (son siège est à Lyss) en tant que responsable commercial. Mon domaine touche la gestion des eaux de pluie. Je conseille et vends des caniveaux et des bassins de rétention d'eau pour toute la Suisse-romande." Entre autres missions, il démarche des bureaux d'ingénieurs, d'architectes et des entreprises de construction. "Nous venons de poser, par exemple, deux bassins de rétention d'eau à la Vaudoise Arena, la nouvelle patinoire à Lausanne et nous sommes en discussion pour les caniveaux." 

L'eau, toujours l'eau, encore elle et à jamais fidèle amie de Théo David, autonome dans son métier, ce qui est vital pour lui. "J'ai le privilège de pouvoir m'organiser comme je le souhaite, ce qui me permet de faire du sport, à ma guise. Oui, je suis reconnaissant à la vie, pour plusieurs raisons: j'ai deux garçons magnifiques que j'aime comme la prunelle de mes yeux et une femme qui me soutient de manière inconditionnelle dans tous mes délires sportifs. Sans parler de l'auréole que j'ai au-dessus de la tête, la vie m'ayant préservé de toute maladie et de tout accident."

Priorité au dauphin

Vous avez été un grand spécialiste de la nage papillon ou dauphin. Pourquoi cette prédilection pour elle?
Cette nage requiert de la force dans le haut du corps, au niveau des épaules. Là, j'avais des aptitudes et je développais une bonne ondulation. Même si cette nage est l'une des plus difficiles (libre, dos, brasse), je l'ai toujours aimée. La vitesse pure n'était pas mon point fort. De mon point de vue, faire de la natation, c'est être un peu maso car compter les carrelages des piscines, ce n'est pas vraiment intéressant. Je pense qu'il existe beaucoup d'autres sports plus passionnants. 

Avez-vous déjà vu de près un dauphin?
J'ai un dauphin tatoué sur une épaule. J'en ai rencontré lors d'une plongée sous-marine en Egypte. Ils sont passés à 10 mètres de moi.

Vous étiez un compétiteur, l'êtes-vous encore aujourd'hui?
Je le suis resté. Je suis un joueur mais si, aujourd'hui, cet état s'exprime logiquement différemment, je n'ai pas perdu l'esprit de la gagne. Cet état d'esprit m'accompagne dans un tas de domaines et avec ma femme Alexandra, nous parlons souvent de cette approche. C'est intéressant car elle en a une toute autre, qui est passionnée, mais dénuée de compétition. Par exemple, lorsque nous nous baladons à vélo, elle savoure le paysage, les odeurs, etc., alors que moi, j'ai besoin de me dépenser, d'aller titiller mon corps. Je reste dans cette notion de sport et de dépassement. Je ne pourrai, par exemple, jamais pratiquer le golf.

Auriez-vous pu pratiquer un sport collectif?
Non, je ne pense pas. J'ai toujours ressenti le besoin de me confronter à moi-même. Lorsque j'ai arrêté la natation, après les JO de Séoul en 1988, à 25 ans ce qui était jeune à l'époque, j'ai fait du triathlon. Le premier date de 1993. J'ai commencé par des petites compétitions, ensuite je me suis aligné sur des distances olympiques jusqu'en 2003. Puis, j'ai participé à des Ironman, notamment celui de Nice à 4 reprises (2007, 2008, 2011 et 2012). 

Une folie, non?
Oui, en effet, j'ai toujours trouvé intéressant de repousser mes limites, même si je n'avais pas conscience où elles se situaient. Lorsque j'ai envisagé de me lancer, je
je me suis dit que c'était un truc de dingue pour des dingues. Et finalement, je l'ai 
fait car j'ai eu besoin de ressentir mes limites, qui étaient finalement plus psychiques que physiques.

Votre meilleur chrono est de...
...11h59. À Nice, j'étais 3e ou 4e au scratch. Après la nage, je sortais de l'eau en premier, avec une avance confortable sur les autres participants. Après, bien sûr, 
c'était un peu plus compliqué. (Un Ironman, c'est nager 3,8km, parcourir 180,2 km 
en vélo et courir 42,195km, qui est la distance du marathon).

Le respect du corps

Vous êtes fit. Entretenir votre corps a-t-il toujours été une priorité?
Pas une priorité, mais une hygiène de vie. Quand je nageais, je "faisais" 83-84kg. Aujourd'hui, j'en ai 3 ou 4 de plus, mais il m'est arrivé d'en perdre un peu lors des entraînements de préparation à un Ironman. Mon corps me soutient dans mes délires, je l'entretiens, je le respecte. 

Avec trois camarades de la grande époque (le dossiste Patrick Ferland, le brasseur Etienne Dagon et Stefan Volery, une torpille sur le libre) vous aviez effectué un retour plutôt tonitruant, non?
C'était en 1994, puis rebelote en 1995. Nous nous étions inscrits aux Championnats de Suisse. Par pur plaisir et surtout de nous retrouver pour nager ensemble. Nous nous étions entraînés un ou deux mois seulement. La dernière course du week-end était le relais 4 nages. C'est incroyable, nous n'avions jamais vu autant de monde  rester pour nous voir. Et nous avons gagné avec 5 mètres d'avance, échouant à 2 dixièmes du record de Suisse seulement. Si en 1994 personne ne nous attendait, l'année suivante, à Renens, on nous avait dans le viseur. Et par chance nous avons remis ça. Quelle blague et quel pied de nez. Aux Mondiaux masters 1995 à Montréal, nous avons également terminé 1er, mais sur 4x 50m 4 nages. C'était vraiment très sympa de nous retrouver. 

Quel autre métier vous aurait plu?
Architecte. J'aime les beaux monuments, les beaux édifices. J'aime dessiner et tout ce qui a trait au design. Le moderne? Oui mais sans pousser dans les extrêmes. Notre Dame de Paris? Cette cathédrale est fabuleuse et elle a quelque chose de magique. Elle a traversé les âges et je n'en reviens pas de ce qui s'est passé. Lorsque je suis dans une ville, ici ou ailleurs, je lève la tête et je regarde les détails des constructions.

Etes-vous plutôt lac ou montagne?
Clairement lac et mer, surtout quand il fait chaud. Je déprime à la montagne.

Alors nageur, vous couriez après quoi?
Je voulais à chaque fois repousser mes limites. Je dois avoir ça dans le sang. J'ai toujours cherché à abattre des centièmes, à me battre avec le chrono. Gamin, devant la télé, je caressais le rêve de participer aux JO. J'ai été chanceux car j'ai eu l'honneur d'y participer à deux reprises. Le sport reste un pilier dans ma vie. Je suis reconnaissant à la vie de m'avoir offert tous ces fabuleux moments de partage et de souvenirs, de pouvoir toujours vivre de ma passion.

Palmarès

  • Théo David est né le 15 décembre 1963 à Nyon.
  • Ancien nageur, spécialiste de la nage dauphin ou papillon (100 et 200m).
  • A mis un terme à sa carrière de nageur en 1988, après les JO de Séoul.
  • Il comptabilise 53 titres de champion de Suisse (avec ceux acquis en relais).
  • Il a à son actif 30 records de Suisse. Celui qu'il détenait sur 200m papillon (2'02"52, Rome, le 20 août 1983) a tenu plus de 17 ans.
  • A été élu à 5 reprises meilleur sportif nyonnais.
  • A participé à 2 JO: Los Angeles en 1984 et Séoul en 1988.
  • A participé à 2 championnats du monde: Guyaquil en 1982 et Madrid en 1986.
  • A participé à 4 championnats d'Europe: Split en 1981, Rome en 1983, Sofia en 1985, Strasbourg en 1987.
  • A participé aux Championnats des Etats-Unis à Los Angeles en 1985. Et à ceux du Canada à Toronto en 1986.
  • A participé aux Mondiaux masters à Montréal en 1995.

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