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Loïc Hugentobler, un poisson-pilote cycliste devenu directeur

06 juin 2019

 

"Je pourrais être leur petit-fils..."

Il est jeune, il porte plusieurs casquettes estampillées cyclisme (pour le moment car allez savoir avec lui) et il est une pile électrique. Loïc Hugentobler n'a que 26 ans. Sa trajectoire est atypique. Il se l'est dessinée. "Gamin, j'aimais déjà bouger, j'aimais me dépenser." L'adulte d'aujourd'hui est la copie conforme de l'enfant d'hier. Au propre comme au figuré, il a grandi.

Il est au bénéfice, Loïc Hugentobler, d'un CFC de polymécanicien, d'un DUT qui est un diplôme universitaire en technologique, en génie mécanique et productique. Il a aussi en poche une licence professionnelle TCI, faite à Annecy, en Technico-Commercial-Industriel et a été engagé durant quatre mois dans une société de cette ville. "On vendait des pompes centrifuges pour le pétrole et le nucléaire." Début 2016, il a dû partir touché par une restructuration du plan économique. "Dernier arrivé, premier parti", dit-il. 

Un arrêt sur blessure

Un mal pour un bien. Puisque Loïc Hugentobler embrasse le monde du vélo, qui est fait pour lui, à 100%, avec des missions diverses, qui le comble. "En moyenne ajoute-t-il, je travaille environ 72 heures par semaine." Il ne se plaint pas. Il gère, conscient que dans la vie de tous les jours, on ne maitrise pas tout. Ainsi en 2014. "J'ai souffert d'une blessure à une cuisse m'empêchant de rouler correctement. Une inflammation chronique du vaste interne (qui est un muscle de la loge antérieure de la cuisse, qui se situe sur sa face interne). Du coup, je n'ai fréquenté l'élite du cyclisme que durant trois ans. J'ai été contraint de m'arrêter un certain temps; une grosse coupure qui a affecté ma motivation, qui m'a empêché de redonner une vie aux entraînements."

Depuis 2015, Loïc Hugentobler, formaté compétiteur, perfectionniste, rigoureux et exigeant "Je n'aime pas trop délégué, j'ai peur que ça ne soit pas assez carré, qu'il manque un petit détail", l'est aussi, exigeant, avec les personnes qui l'entourent est président de l'UVG, l'Union Vélocipédique genevoise. "Le vice-président a 69 ans et le trésorier, 71 ans. Ils ont de l'expérience. Nous avons trouvé une belle synergie. Je pourrais être leur petit-fils." Il sourit, se détend. Et un an après, il devient président du Vélodrome de Genève (nouvelle convention passée avec la Ville de Genève), ex-Vél' d'Hiv, débaptisé pour des raisons touchant à l'histoire: la rafle du Vél' d'Hiv à Paris à l'aube du 16 juillet 1942, la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée pendant la seconde guerre mondiale en France. 

650 membres !

Quelles sont les tâches qui vous incombent en tant que President du Vélodrome de Genève? (Le Vélodrome se trouve dans le Centre sportif de la Queue d'Arve, sis près des Vernets).
Elles sont surtout administratives. Il y a la gestion des 650 membres pratiquants la piste. Il y a la gestion de l'école de cyclisme. L'organisation des compétitions, il y en a 4 importantes: des omniums sur 2 Jours et les 4 jours de Genève qui auront lieu du 21 au 24 novembre, qui est une course UCI, avec 18 nations au départ.

Vous êtes l'entraîneur de la relève, dans le Canton de Genève...
...Sur route et sur piste. Mon métier, que j'exerce aujourd'hui à 60%, c'est directeur et entraîneur de la relève (15 à 23 ans). Je n'ai pas d'aptitude pour le VTT et le cross. Je suis moins connaisseur, Si ça reste du vélo, il s'agit d'un autre sport régit par des méthodes d'entraînement différentes. Mes compétences sont meilleures sur la piste et à la route. La piste prépare la saison sur route. J'ai également pu mettre en place un staff médical, surtout pour le Centre de la relève (piste et route) avec la Clinique de la Colline.

Qu'est-ce qui vous différencie du CMC à Aigle, par exemple? (Centre mondial du cyclisme)
A Genève, on est indépendant, mais on n'est pas ouvert toute l'année - le lieu est ouvert de mi-septembre à fin mai -. Comme à Aigle, on fait de l'initiation mais nous n'avons pas de salles de musculation. Le CMC gère l'exploitation. Et, détail pratique - même plus que ça -, en habitant Genève, on n'a pas besoin de se déplacer pour faire de la piste tandis que le Lausannois, par exemple, doit se rendre à Aigle.

Noël 2005

Qui vous a offert votre premier vélo?
Mes parents. Quand je regardais le Tour de France à la TV, je leur disais: "J'aimerais bien avoir un vélo comme eux". En 2005, à Noël, j'en ai reçu un, un vélo de course. Il était magnifique.

Avant de faire du vélo, vous jouiez au foot...
...Oui, à l'AS Saint Genis Ferney Crozet. J'étais attaquant, un ailier droit véloce. Et au Pays Gex Foot. Puis j'ai basculé vers le vélo. J'allais voir courir mon frère Grégory, plus âgé d'un an. C'était aussi un touche à tout et plus mordu que moi pour le vélo. 
Je m'y suis mis, je voulais essayer d'en faire. J'avais 14 ans.

Et?
Et pour ma première course sous les couleurs du VC Lancy, j'ai fini 3e au Tour du Lac de Divonne, mais on m'a déclassé parce que je n'avais pas le bon braquet. Du coup, je me suis mis aux normes. Lors de la course suivante en France, j'ai terminé 2e. Ces résultats m'ont encouragé, motivé et j'ai persévéré. 

Tomber dans la marmite

Vous étiez un sprinter, plutôt un grimpeur?
J'étais un poisson-pilote, celui qui emmène le sprinter à l'arrivée, du mieux possible. En roulant, je réfléchissais à plein de choses, je pensais peut-être déjà à l'avenir. Mon papa était président de l'UVG (Union Vélocipédique Genevoise). J'étais tombé dans la marmite, je roulais et petit à petit je voyais ce qui n'allait pas. Ma blessure est arrivée. Ce qui m'a le plus manqué? C'est de pouvoir m'appuyer sur de bonnes structures, et d'en bénéficier. Des camarades ont persévéré; moi pas.

Alors président de l'UVG, votre papa...
...Mon papa a crée un groupe de travail qui a planché sur comment développer le cyclisme à Genève. Aujourd'hui, il existe un Centre de la relève, le bureau se trouve 
au Vélodrome. Tout est regroupé ici, ça facilite les choses. La Ville met les locaux à disposition. 

Peut-on souscrire un abonnement annuel pour faire de la piste?
Oui, la cotisation s'élève à frs 250.- par membre (de 30 à 65 ans) et vous pouvez faire de la piste toute l'année. Avec l'abonnement, vous bénéficiez d'un repas offert durant les 4 jours de Genève. On peut laisser son vélo au Vélodrome, moyennant un montant de frs 55.-.

Quelle place occupe le cyclisme dans le Canton de Genève?
Ça fait 128 ans que ce sport existe dans le canton. Il véhicule une histoire. En Suisse à l'heure qu'il est, on est le Canton qui organisons le plus de courses, sur piste et sur route. Pourtant, on ne rayonne pas au niveau national. Pourquoi? Parce qu'au niveau de la communication et de la visibilité, on a encore un gros travail à effectuer.

Palmarès

  • Loïc Hugentobler est né le 28 octobre 1992 à Genève.
  • Ancien coureur cycliste. Licencié au VC Lancy.
  • Suit actuellement une formation d'entraîneur pro auprès de Swiss Olympic (brevet fédéral pluridisciplinaire).
  • Durant ses 9 années de compétition, a été à deux reprises champion de Suisse M17 (16 ans) sur route et sur piste.
  • En M19, a été 2 fois 8e aux mondiaux sur piste et en 2011 a été vice-champion de Suisse sur route. Et a été 7e aux mondiaux de poursuite par équipes.
  • A gagné plus de 20 courses nationales.
  • A été membre de l'équipe de Suisse sur route et sur piste.
  • De 2013 à 2015 a couru pour le Team Vulco-VC Vaulx-en-Velin.
  • Avec l'élite (de 2013 a 2015), il a été 6e aux championnats de Suisse sur piste.
  • Avec les M23, a été 2e du classement annuel (il regroupe toutes les courses en Suisse).
  • A 21 ans, il est président de l'Union vélocipédique genevoise (UVG).
  • Est président (responsable) du Vélodrome de Genève (ancien Vél'd'Hiv)
  • Est président du Comité d'organisation des 4 Jours de Genève.
  • De métier (60%), il est directeur et entraîneur de la relève -piste et route- pour le Canton de Genève. 
  • Depuis 3 ans, est manager et directeur sport de l'équipe féminine sur route et piste Cogeas Compressport Cycling Team (5 filles). Cogeas est une société basée à Epalinges, au-dessus de Lausanne.
  • Est aussi directeur sportif adjoint et responsable de la performance chez Cogeas Mettler Look Pro cycling Team (12ème équipe mondiale). "On travaille beaucoup avec la fédération russe. Le manager est M. Ruben Contreras."

 

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