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Xavier Margairaz, ancien footballeur, aujourd'hui au LS

04 avril 2019

 

Du foot avec l'aide de la danse 

Un jour, Stéphane Maeder, aujourd'hui responsable du CSS -Centre Sport et Santé UNIL-EPFL, du Centre sportif universitaire Dorigny, lui glissa à l'oreille: "Si tu veux t'améliorer techniquement, fais de la danse." Ce que Xavier Margairaz, déjà très au-dessus de la moyenne dans ce domaine avec le ballon, fit. Il suivit des cours de hip-hop, puis de samba et de salsa. Il n'avait pas 20 ans.

La danse? Tous les jeunes footballeurs - où ceux qui le sont moins - devraient la pratiquer pour qu'un sens vienne s'ajouter à leur vie, à leur jeu personnel. "Pour la coordination des mouvements, la danse est importante", assure le natif de Rances, qui en a bénéficié, qui lui a permis quelques saisons plus tard d'atteindre quelques sommets; l'équipe nationale par exemple. "La danse permet de travailler le rythme, ses changements, que tu retrouves au football. Les vertus de la danse t'amènent à être le plus relâché possible dans tes mouvements avec le ballon, de développer le degré de rapidité de leurs animations. Le foot a 3 temps: contrôle, crochet, tir. Les meilleurs joueurs de la planète dansent avec le ballon. Dans ce sport de balle, il y a de la chorégraphie."

A Bordeaux

Alors à Osasuna (Liga), Xavier Margairaz connut une grave blessure qui l'a privé de terrain durant un an (ligament croisé et latéral salement touchés, plus le ménisque, genou droit, opération faite à Genève par le Dr Siegrist). Cette année-là, en 2008, il a été invité au mariage de Jaroslav Plasil, alors joueur aux Girondins de Bordeaux. Au beau milieu des festivités, le Vaudois fait la connaissance de celle qui allait devenir plus tard son épouse. Son nom? Leanne Codrington, danseuse soliste chez Béjart, sociétaire aussi et notamment des Ballets de Monte-Carlo et du Royal Ballet de Londres. "Elle m'a dit souffrir d'un genou -elle a quitté le Ballet Béjart en 2008 à cause des douleurs à cette articulation, aujourd'hui, elle ne danse plus mais est au bénéfice d'un Master RAD.- Et dans la discussion, poursuit Xavier Margairaz, elle m'a aussi dit qu'elle était suivie par un médecin. Il s'est avéré que nous avions le même." Destin. Début d'une belle romance. Sa rééducation, Xavier Margairaz l'entreprit au Centre Sport et Santé UNIL-EPFL. "Les dirigeants d'Osasuna m'ont laissé libre de choisir. Je les en remercie, ils ont été très sympas avec moi."

La peur de grandir

Depuis qu'il est enfant, le foot est dans ses gènes et la technique aussi. Les joueurs de ce calibre - bien sûr, il existe des exceptions - ne sont pas grands en taille. Alors, une phobie s'est installée chez lui. "Gamin, je me mesurais tous les jours. Oui, j'avais peur d'être trop grand. Ça m'a marqué. Je lisais des magazines sur le football, j'étais surtout intéressé par les milieux de terrain comme moi, à leurs caractéristiques, leur taille. Je me rendais compte qu'ils n'étaient pas grand." Xavier Margairaz culmine à 185cm. Ce qui rend son talent naturel encore plus grand.

Durant sa carrière, Xavier Margairaz a toujours tout donné. "Pour avoir zéro regret." 
A 17 ans, il a connu un déclic. "Je me suis dit: jouer dans la 1ère équipe du LS, c'est possible." Ça l'a été. L'hiver, il n'avait pas encore 20 ans, il s'astreignait dans la neige à des séances techniques. "Je bossais seul, mais j'avais besoin de repères." Il jouait pour s'amuser. Après, son statut grandissant et s'étant modifié, il a joué comme pro, dans le respect, l'émotion, en harmonie avec lui-même.

L'esprit occupé

Outre les blessures, il a connu le chômage durant quelques mois (2017). Il a connu aussi une période fin de carrière compliquée, des problèmes liés à son passage au FC Sion. Mais tout ça est oublié. "Ma fin de carrière, poursuit-il, a joliment coïncidé avec le fait que j'ai pu travailler chez moi. Avec mon papa, mon épouse et des amis, on a retapé une maison. Elle date des années 1960. Ça m'a occupé l'esprit."

Et puis, le LS est venu le chercher, a frappé à sa porte, en connaissance de cause. Dans un premier temps -durant un mois- lors du changement d'entraîneur (Giorgio Contini pour Fabio Celestini) Xavier Margairaz a été engagé pour faire le lien entre le vestiaire et le coach (staff technique). Une sorte de confident, avec son expérience du milieu. Puis il a été nommé Talent Manager. Il est un salarié du club. Son bureau est au stade.

L'envie de transmettre

Son job? Il consiste à s'occuper principalement des -21 et des -18 ans, qui ne sont pas contingentés avec la 1ère équipe. L'objectif? Les amener justement à l'intégrer. "Le mercredi matin, précise-t-il, avec les joueurs qui ont pu se libérer, je donne des entraînements individualisés touchant à la technique et à la tactique. Trois fois par semaine, je suis sur le terrain avec l'entraîneur. J'entretiens de bons rapports avec Giorgio Contini." Dans le travail de Xavier Margairaz il y a la gestion des individus à tenir compte, à maîtriser (si possible) dans le but de les amener à maturité. Où l'on parle de la personnalité et pas (forcément) du papier du bout d'études.

Le Vaudois a toujours été lucide. "De tout temps, avoue-t-il, j'ai gardé les pieds sur terre, conscient d'être un privilégié, qui a fait de sa passion son métier. De pouvoir surtout en vivre. Mais la transition fin de carrière début d'une autre n'a pas été très simple, psychologiquement parlant. "Je me suis retrouvé dans le flou -il n'avait rien d'artistique-, j'ai même pensé quitter le milieu." Mais le LS s'est intéressé à lui, à sa personnalité, à son vécu. "J'aimerais dire un grand merci à ce club et pas seulement parce qu'il me permet de rester dans le foot, que j'aime tant."

Merci, parents!

Tout au long de sa carrière, Xavier Margairaz a pu compter sur le soutien, immense, de ses parents. "Je tiens également à les remercier pour tout ce qu'ils ont fait pour moi. Ils m'ont toujours suivi et soutenu. Ils ont toujours respecté mes décisions, ils n'ont eu aucune influence sur mes choix, ils n'ont jamais chercher à les influencer." Cette confiance lui a permis d'être libre, de s'épanouir, de vivre une belle histoire. 

Vous avez marqué un certain nombre de buts. Y'en a-t-il un, particulier, dont vous vous souvenez?
C'était un dimanche, avec Zurich contre Servette à Genève. Mon épouse étant sur 
le point d'accoucher je n'étais pas parti le samedi avec l'équipe pour la mise au vert. Ma femme a accouché le samedi à 5h du matin. J'ai rejoint le groupe dans la soirée. Dimanche, je joue et je marque d'un tir pris de 25m dans la lucarne. 0-1. On gagne la rencontre. Après 30 minutes, j'étais "cuit". Je n'avais pas dormi de la nuit.

Avec Zurich, toujours, vous jouez à Madrid contre Real, en ligue des Champions et...
...Ma femme était à Madrid. Le match terminé, elle vient vers moi et me dit: "Xavier. j'ai quelque chose à te dire: je suis enceinte." Elle n'avait pas voulu me le dire avant, pour ne pas me perturber. 

Quelle est la plus vieille chose que vous possédez?
Je ne suis pas matérialiste, quelqu'un qui garde des choses. J'ai passablement de maillots, ils seront pour mes enfants. Joueur, j'en ai échangés, surtout donnés pour faire plaisir.

Quelle est l'application la plus précieuse figurant sur votre iPhone?
J'étais sur Facebook, je n'y suis plus. Je ne suis pas fan de ce genre de chose. Je dirai Whatzapp. 

Aujourd'hui, avez-vous encore quelque chose sur le cœur?
(Pause) Je ne suis pas rancunier. J'ai opéré des choix de carrière, ils ont influencé ma vie. Comme tout un chacun, je l'ai dessinée. Je suis le seul responsable de ce que j'ai fait.

Dites-nous trois adjectifs vous définissant.
Sensible, perfectionniste, authentique.

Serez-vous un jour entraîneur d'une équipe? 
(Petite pause). Je ne sais pas. Il faudrait que j'essaye. Que je me structure et c'est valable aussi pour aujourd'hui. Je pense avoir de bonnes idées. Le problème, c'est quand tu es dans la place, c'est différent, ce n'est plus tout à fait la même chose.

Palmarès

  • Xavier Margairaz est né le 7 Janvier 1984 à Rances.
  • Ancien footballeur international. Milieu de terrain.
  • Papa de deux enfants: Noa, 8 ans et Ruben, 7 ans.
  • A été juniors à Champvent, à Rances (1991-1996) et à Yverdon (1996-2001).
  • A joué au LS (2001-2003), à Neuchâtel (2003-2004), Zurich (2005-2007), Osasuna Pampeluna (Espagne, Liga, 2007-2008), Zurich (2009-2012), Sion (2012-2014), Servette (2014, 3 mois), LS (2015-2017).
  • A joué avec les Espoirs suisses (2003-2005), international suisse de 2005 à 2010 (18 sélections, 1 but). 
  • A participé à la Coupe du monde de 2006 en Allemagne. "Je suis rentré deux fois en cours de match: contre la France et la Corée."
  • Blessé, il n'avait pas goûté à l'EURO 2008 (en Suisse et en Autriche).
  • A été champion de Suisse à trois reprises avec Zurich (2006, 2007 et 2009).
  • A remporté la Coupe de Suisse avec Zurich en 2005.
  • Est au bénéfice d'un diplôme d'entraîneur B+ (-15 ans jusqu'en 2e ligue inter).
  • Son épouse, Leanne Codrington, est une ancienne danseuse soliste, au bénéfice d'un Master RAD (Royal Academy of Dance). 
  • Le RAD est un organisme international d'enseignement de la danse et de l'éducation du corps en danse classique. Ses principaux objectifs sont de développer et de maintenir un haut niveau de qualité dans la formation du jeune danseur.
     

Et deux vidéos 

 

 

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