Cyndie Allemann, ancienne pilote de kart et auto | Coopération
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Cyndie Allemann, ancienne pilote de kart et auto

27 août 2020

 

Elle a des étincelles de gentillesse et de passion dans les yeux. Spontanée de nature, Cyndie Allemann, 34 ans, à la «tchatche» élégante, mais sait toucher aussi avec peu de mots. À la TV, média qui s’est approché d’elle, elle plaît «Je suis comme je suis, on m’a pris comme j’étais, mon naturel a été un atout.» Et, la Jurassienne de Moutier, citoyenne d’Eggenwil près de Bremgarten (Argovie) est fort jolie et son âge a une belle âme. Son fils se prénomme Liam et attend pour très bientôt un petit frère ou une petit sœur. 

La vie rythmée de Cyndie Allemann est remplie d’émotions et n’a pas envie que ça s’arrête. À 7 ans, elle était au volant d’un kart, une compétitrice était née. «Il fallait que je gagne et j’ai remporté des titres.» Cette impétuosité, cette soif de succès a souvent débouché sur des accidents sans gravité. «Il m’est arrivé de foncer de manière pas toujours très intelligente, ma griserie n’était pas toujours contrôlée. Mais j’avais la rage, la volonté d’aller de l’avant et d’être devant. Mon frère Ken (12 titres de champion de Suisse) réfléchissait plus, quitte à terminer 2e. 

Spirit Karting à Bremgarten

Avec votre papa, Kurt, et votre frère, Ken, vous dirigez la société Spirit Karting à Bremgarten (Argovie)...
...On a trois axes principaux: la vente de karting, un atelier de réparation et le côté Racing, avec une équipe de compétition « Spirit Karting », qui se bat au niveau européen. Notre autre point fort c’est le coaching. On y met toutes nos connaissances et notre expérience qui est grande. Les essais sur le circuit ont un côté fun, avec des émotions et du plaisir. J’ai envie de travailler, je ne peux pas rester sans rien faire. Il faut que je bouge. L’entreprise familiale est mon futur. La TV ne sera pas éternel. Je vis au jour le jour et ça me plaît; surtout, ça me correspond. 

Ça passe ou ça casse

À 16 ans, vous êtes montée dans une voiture, un an plus tard vous participez à des courses. Quel a été l’élément déclencheur?
L’adrénaline, le «combat» entre pilotes, le dépassement et pas forcément la vitesse, les frottements dans la course, l’incertitude du ça passe ou ça casse. De savoir, et excusez-moi du terme, qui a les plus grosses «couilles.» J’étais une «bagarreuse». Mon papa est un peu bagarreur. J’ai pratiqué la course à pied. Il fallait que je sois devant.

Avez-vous bien été accueillie dans le milieu plutôt macho où les raisons vont du sexisme ordinaire à la théorie scientifique? 
Oui, j’ai toujours été respectée. En voiture, on doit plus prouver en étant une femme, travailler plus pour arriver au même résultat, au niveau physique car une femme est de nature moins musclée et moins forte qu’un homme. Il faut surtout muscler le haut du corps (force); chez une femme il est évident qu’il y a moins de choses développées, mais aujourd’hui, il est possible d’améliorer un certain nombre de domaines.

Le charme et l'image

«Une femme dispose rarement des mêmes chances qu’un homme», avez-vous déclaré dans une revue. C’est valable dans tout?...
...Le fait de toujours devoir prouver, c’est fatiguant. Si j’aurais alors préféré être un homme? Jamais! Le charme de la femme donne une belle image au sport, le charme d’une femme fait du bien au sport, non?

Vous souvenez-vous ce que vous avez ressenti la première fois que vous êtes montée dans une voiture de course?
C’était une monoplace Formule Renault 2.0., qui n’a rien à voir avec un karting: c’est plus grand et plus lourd. J’ai eu un peu d’appréhension et j’ai dû faire face à une nervosité plus grande. Une voiture ça coûte plus cher qu’un kart (sourire)

À 300km/h à Indy

Sur un circuit, avez-vous piloté la voiture de vos rêves?
La marque n’a rien à voir. J’ai piloté une F3 et une Mercedes DTM. C’était deux voitures magnifiques à rouler. À part ça, prendre un virage à plus de 200km/h, c’est impressionnant, ce n’est pas la vitesse de pointe qui l’est. À Indianapolis, en Indy Light (le circuit est en ovale), on atteint 300km/h en ligne droite et on est 3 ou 4 dans les virages. C’est de la folie dans le plaisir. À propos de plaisir, je l’avais un peu oublié en monoplace. Sans plaisir, on est moins performant.

Peu de femmes ont goûté à la F1: Maria Teresa de Fillippis dans les années 50,  Giovanna Amati en 1992...
...Je suis certaine que d’autres femmes vont y arriver. Pour l’image de la F1, la redorer, ce serait bien et ça inciterait les hommes à regarder encore plus cette discipline.

Surtout si la pilote est jolie...
(Rire)-...On s’en fout de la beauté, pourvu qu’elle soit performante. 

Et en ce qui vous concerne, le charme en plus...
...On m’a rarement demandée pour ça. Je n’ai jamais ressenti quoi que ce soit à ce sujet. D’ailleurs, je ne me suis jamais trouvée super Top. 

Votre modestie dût-elle en souffrir, vous vous mésestimez...
(Avec le sourire)...Si je n’avais pas été rapide, je ne serais pas dans mon rôle.

La technologie mise à part, le pilotage représente quel pourcentage dans la réussite d’une voiture?
C’est difficile à dire. La préparation de la voiture, la qualité du team qui s’en occupe sont des succès de réussite. Le matériel est important et les réglages. Un bon pilote peut faire la différence, d’avantage au volant d’un karting que d’une voiture. 

La F1 se mérite...

La F1, vous en avez rêvé mais...
...Si je n’ai pas pu y accéder, c’est parce que je ne l’ai pas mérité. Je pensais y arriver, mais il m’a manqué un petit quelque chose. Quoi? Si j’avais la réponse, j’y serai. (Courte réflexion). Je parlerai du mental, de la pression à gérer, mais tout ça tient à peu de chose. Le côté financier? C’est là que réside le plus gros des problèmes. En F1, il faut payer pour rouler (soir acheter le baquet, comme on dit ). Vous savez, les premiers gagnent bien leur vie, les autres pas ou très mal.

Mais grâce à la TV...
...J’ai la chance de piloter des F1. C’est génial. Pour GO, je pilote également des voitures alternatives, électriques, hybrides, gaz. Ce sont les voitures du futur. J’apprends plein de choses. Comment est la voiture à rouler? C’est un enrichissement. À chaque fois, il y a un côté émotionnel et cette émotion on la voit sur moi. Pour GRIP et GO, je teste des voitures de courses et pour M. et Mme tout le monde, dans le monde entier. Il y en a un peu moins depuis quelque temps.

Alors pilote, aviez-vous fait appel à un préparateur mental?
Oui, mais trop tardivement. En consulter un, ce n’était pas encore à la mode. Le mental était mon point faible. Le mental vous permet de gérer la pression, d’avoir plus de confiance en vous. Si on n’est pas fort à ce niveau on doute de sa vitesse. Oui, l’aspect mental est très important, voire déterminant.

Une moto à 11 ans

Et la moto?
J’aime la moto. J’aurais voulu en faire mais mon papa n’a pas voulu disant que j’étais trop dingue pour ça. N’empêche à 10 ans, j’en voulais une. Mon papa m’a dit: «Si tu veux t’en acheter une il te faut travailler.» Papa avait une menuiserie, j’y étais souvent. À 11 ans, j’avais une petite moto de cross. Si j’ai eu peur. Non, pas quand on commence tôt. Aujourd’hui, avec l’âge, il y a de l’anxiété.

Vous avez mis un terme à votre carrière en 2012. Cette décision a-t-elle été facile à prendre?
Oui, parce que je m’y étais préparée. J’ai les pieds sur terre. La TV est venue. Vous savez: si on donne, on reçoit beaucoup. Je n’ai pas peur des nouveaux défis. Je suis courageuse et spontanée. Il y a de nouvelles choses qui arrivent mais on ne sait pas lesquelles. La vie, c’est ça, il faut toujours aller de l’avant: soit tu prends, soit tu laisses.

Palmarès

  • Cyndie Allemann est née le 4 avril 1986 à Moutier.
  • Ancienne pilote, karting et automobile.
  • À 7 ans, elle pilote un kart.
  • Elle a été championne d’Europe cadet de karting en 1999. À son actif, elle a 2 titres de championne de Suisse.
  • À 16 ans, elle est pilote auto. 
  • En 2004, elle termine 6e du championnat de Suisse, formule Renault.
  • En 2005, elle se concentre sur l’Allemagne (12ème, championnat Formule Renault). 
  • En 2006, elle accède à la Coupe d’Allemagne F3 (9e).
  • En 2007, elle participe au championnat F3 Euro Séries (championnat très relevé).
  • En 2008, elle donne une nouvelle orientation à sa carrière, part en Amérique du Nord, participe au championnat Indy Light, formule de promotion de l’Indy Racing League.
    • En juin 2010, elle participe aux 24 Heures du Mans, avec Natacha Gachnang et Rahel Frey, avec une Ford GT 61, de l’équipe Matech GT Racing (abandon, fuite d’huile).
  • Auparavant, elle participe au 1000km de Spa Francorchamps, les 7,8 et 9 mai 2010, décrochant un podium en catégorie GT 1.
  • Elle met un terme à sa carrière en 2011, mais en 2012, on lui propose de rouler au Japon (Super GT, Audi R8, GP 3).
  • Avec son papa Kurt et son frère Ken (champions de karting aussi), elle dirige la Société Spirit Karting, à Bremgarten (Argovie).
  • En 2012, elle participe à un casting pour la chaîne allemande Sport 1.
  • Elle travaille pour la TV, pour «GO», magazine alémanique de la mobilité sur Téléclub Zoom et pour « GRIP », Motormagazin sur RTL2.

Vidéos 

La brillante reconversion de Cyndie Allemann, ici

Emission "Auftrag Auto 16, das sportliche Coupe" co-animée par Cyndie Allemann, ici

Cap sur le Japon, ici

 

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