Cyril Lin, capitaine de l'équipe de Suisse de rugby | Coopération
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Cyril Lin, capitaine de l'équipe de Suisse de rugby

10 décembre 2020

 

L'autorité naturelle du Capitaine Lin

Nous nous sommes rencontrés un mercredi, au stade de Colovray, quelques jours après le premier succès de son équipe (Nyon) en championnat. C’était contre les Chevaliers de Plan-les Ouates (24-12). Auteur d’un essai, Cyril Lin,36 ans, avait récupéré, s’était remis de quelques bobos. «L’âge est là, mais ça va», dit-il. S’il est capitaine de l’équipe de Suisse depuis 2012, il ne l’est pas à Nyon. «L’avenir, ce n’est pas moi. Bon, je fais partie des cadres, dans le vestiaire, je suis un leader, qui a son mot à dire, parfois; mais c’est tout.» Quelle humilité! «Dans la vie, il faut rester humble, non?»

Homme de liaison 

Le rôle d’un capitaine? «C’est un homme de liaison, confirme-t-il, entre le groupe et l’entraîneur et/ou les dirigeants. Sa mission est aussi de défendre ou de parler des projets de jeu, de tout entreprendre pour que ça se passe bien entre les générations, de voir s’il y a des besoins intérieurs, etc. Je ne m’occupe que de l’aspect sportif.» Cyril Lin est la courroie de transmission entre les hommes et sur le terrain, il est un joueur de ballon, il en assure la liaison. «J’effectue aussi des placages mais là, je n’ai pas le choix.» Et de chuchoter, en souriant: «Vous savez, un capitaine, on ne l’écoute pas tout le temps.» On devine du vécu dans ces dernières paroles.

Dans le parascolaire

Depuis 2 ans, Cyril Lin est assistant socio-éducatif dans un établissement à Yens. «Je suis dans le parascolaire.» ça s’est fait un peu par hasard. «On m’avait contacté pour une intervention scolaire, ayant trait au rugby. Là, il y avait beaucoup d’enfants, de 4 à 12 ans, très à l’écoute. On a joué au rugby, tout s’est merveilleusement bien passé. Un peu plus tard, une personne, soit la directrice de l’UAPE (Unité d’accueil pour écoliers), intéressée, m’a appelé pour me demander si je serais intéressé à travailler là. À ce moment-là j’étais au chômage. J’ai accepté aussi parce ce que j’étais certain que ce travail me plairait, avec les enfants, étant donné mon expérience récente.»

Peut-on comparer le rugby à un autre sport collectif?
Le handball qui est un jeu de mains, de contacts et d’évitements se rapproche beaucoup du rugby.

Dangereux, un mot à biffer

D’aucuns pensent, estiment, disent que le rugby est un sport dangereux...
...Je n’aime pas le mot dangereux. Le rugby est un sport de contact, on en est conscient. Le rugby, tant qu’on n’a pas essayé, on ne peut pas le comprendre. Il y a beaucoup de règles. Quand les gens ont compris ce qu’est le rugby, ils sont surpris. Ce sport s’appuie sur des règles fondamentales. Le rugby est aussi une école de la vie. Le rugby c’est marquer, c’est des droits (de faire ça et de ne pas faire ça) et des devoirs, c’est des tenus au sol, c’est des hors-jeu.

Le travail de la Fédé, de vous, les entraîneurs, les éducateurs, c’est d’emmener le rugby dans les écoles...
...Oui, mais la mission est compliquée parce que le rugby ici n’est pas connu, n’est pas réputé. On demande juste qu’on nous accorde un peu de temps pour montrer et expliquer. Il existait un petit essor, mais le Covid a tout cassé. Alors il va falloir repartir à zéro. 

Un rugbyman, peu importe son gabarit est-ce quelqu’un de gentil, par nature?
(Cyril Lin sourit)-Sur le terrain, on découvre des caractères. Le sport, dès lors qu’il y a un affrontement -les affrontements, répète -t-il, sont moins nombreux que les évitements - permet de montrer une agressivité positive. Quelqu’un de célèbre a dit un jour: le rugby, c’est un sport de voyou joué par des gentlemen.

Grand fan de l'OM et de Papin

Votre hygiène de vie, quelle est-elle?
Je fais le contraire de ce qu’il, faudrait faire (Rire). Plus sérieusement, je fais attention mais j’aime bien en fumer une, j’aime bien manager et boire l’apéro avec les copains. Mon épouse cuisinant très bien, elle fait attention à moi. 

Si le rugby n’existait pas, quel autre sport auriez-vous pratiqué?
Je suis fils de rugbyman, j’ai grandi à Lannemezan, qui est une terre de rugby. J’y suis resté longtemps. J’ai pratiqué le foot, le handball me plaisait, un peu de judo, le tennis. Je suis un grand fan de l’OM, j’étais fan de Jean-Pierre Papin, et je suis fan du TFC (Toulouse). Au foot, je jouais devant, marquer, c’est l’essence du foot. Plus que marquer, ce qui me fascinait, c’était la célébration d’un but, en inventer une. Ou copier. 

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer?
Pro dans le rugby, à mon niveau. Mais j’ai souhaité vivre différemment. Plus tard, quand je ne jouerai plus? J’aimerais rester dans le monde du rugby, qui est mon monde, au niveau sportif parce le domaine administratif, j’aime moins.

Se laisser vivre

Avez-vous un rêve d’avenir?
Je ne me projette pas. Avec ma famille, nous sommes quatre, mon épouse et mes deux enfants qui ont 13 et 9 ans, on est bien ici. Nous nous laissons vivre. Personnellement, je ne vis pas au jour le jour. Les autres membres de la famille vivent dans la région toulousaine.

Vous dites-vous que vous auriez pu faire mieux?
On peut toujours mieux faire, j’avais cette capacité-là. Avec le recul, j’avoue qu’il m’a manqué l’envie de franchir un cap. Des contacts ont existé, mais j’ai choisi de privilégier ma vie de famille. Je ne regrette rien. Je joue au rugby et c’est vraiment un chance. 

Les pieds sur terre

Votre papa, Patrick, a joué au rugby...
...Oui et il était gendarme. Après chaque match, je lui téléphone. Quand je jouais en France, il m’a eu engueulé, cela m’a obligé de garder les pieds sur terre. Il disait aussi: il vaut mieux un grand parmi les petits qu’un petit parmi 
les grands. 

Pour quelle faute avez-vous le moins d’indulgence?
L’arrogance. Le manque de respect. Je n’ai pas besoin de reconnaissance. Nous vivons une aventure humaine. Je veux que l’on respecte ce que je fais. Le respect l’un pour l’autre est fondamental.

Palmarès

  • Cyril Lin est né le 17 août 1984 à Aurillac (France, département du Cantal).
  • Rugbyman. Il joue avec Nyon, LNA. Son poste? 3e ligne. 181cm pour 104kg.
  • Il a suivi l’école de rugby à Lannemezan (Département des Hautes-Pyrénées). Puis, avec les -16 et les -18, il a joué à Colomiers (Haute-Garonne). 
  • Avec les -21, il a évolué avec Blagnac (Haute-Garonne).
  • Puis, il a joué 10 ans à Lannemezan (2005 à 2015).
  • Aujourd’hui, il évolue avec Nyon.
  • Il est directeur technique régional (La Côte).
  • Il est éducateur à l’école de rugby de Terre-Sainte. L’autre école est à Gland.
  • Il est entraîneur des M18 à Nyon.
  • Il évolue en LNA avec Nyon.
  • Il a été champion de France en 2005 avec Blagnac.
  • Il a été champion de France (en Fédéral 1 (3e division française, mais première division amateur) avec Lannemezan en 2009. Puis, il a été pro un an avec ce club (D2). 
  • En Suisse, il est le capitaine de l’équipe nationale et compte 35 sélections et en 2012, il est champion du groupe 2 B et de 2 A en 2016 (zone Europe). 
  • Avec Nyon Rugby, il est champion de Suisse de LNA (2016 et 2017) et remporte la Coupe de Suisse en 2018.La LNA compte 8 équipes.

 

Vidéos

L'équipe suisse de rugby s'incline, ici

Les Nyonnais sont champions, ici

 

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