X

Recherches fréquentes

Julien Rahier, ancien basketteur

06 février 2020

 

Julien Rahier: «Un premier amour ne reste-t-il pas le plus beau?»

A part une barbe nouvelle, vieille de trois semaines seulement, il est resté le même, Julien Rahier, 37 ans, à savoir une belle personne au propre comme au figuré, qu’on a revu le 7 janvier dernier quelque part à Lausanne, près de son lieu de travail. Mais il en a un autre.

Au bénéfice d’un diplôme de coach réussi et obtenu en Belgique et d’un autre de personnal trainer et instructeur physique, il est professeur de sport à Rolle, à l’institut le Rosey. «Je suis en charge du basket, de trois équipes, ce qui fait une quarantaine de joueurs en tout», dit-il. Julien Rahier a aussi en poche une maturité en science sociale, qu’il met en pratique. «Je travaille à 50% à la Ville de Lausanne - 5 demi-journées par semaine -, à la Direction des sports et de la cohésion sociale. Mon travail y est administratif.» Au niveau horaire, avec ses activités au Rosey, l’équilibre est parfait, les ententes et les attentes aussi.

Scout pour des Giants

Et, depuis le mois de juillet dernier, Julien Rahier est scout, détecteur de talents pour le club belge d’Anvers (Giants Antwerp qui a le plus gros budget du basket  belge), 3e de la dernière Ligue des Champions, vainqueur aussi de la Coupe de Belgique. «Le coach et son assistant sont partis. Un nouveau staff s’est créé. Des joueurs ont aussi quitté le club.» Eu égard à son parcours très riche, à son talent reconnu partout où il est passé et à ses innombrables connaissances, et pas que basketballistiques, Julien Rahier a été approché par les Géants et il n’a pas réfléchi longtemps, «Ni trop discuté le contrat», ajoute-t-il. Toujours aussi ambitieux et fort désireux de continuer à briller sur le continent, le club d’Anvers s’en donne les moyens, au sens large. N’a-t-il pas par exemple libéré un budget pour un scout?

Comment faites-vous pour concilier cette mission avec vos autres tâches? 
La plupart du temps, poursuit-il, je travaille le soir jusque tard dans la nuit, en fonction des événements, des situations. Je suis très près du marché pour être le plus réactif possible. J’essaye d’éviter les agents. J’ai souhaité, voulu limiter mon cercle de contacts. Je travaille principalement avec des personnes que j’ai rencontrées durant toute ma carrière et qui ont la même philosophie que moi. J’ai beaucoup de liberté. Je recrute en Europe et aux Etats-Unis, aussi. Je suis un employé du club. Mon contrat porte sur un an.

Les stats? Une indication

Avec le club d’Anvers, vous êtes en contact...
...Avec le coach et le manager sportif, bien sûr. Je reçois des directives très précises (ils reçoivent aussi des CV). Les recherches pour un joueur sont très ciblées. Le joueur qui arrive doit constituer une plus-valeur dans les systèmes de jeu. Il s’agit de maximiser les qualités que tu as, il est aussi très important de minimiser les «faiblesses» par les systèmes, par la philosophie aussi mise en place. 

À l’heure de proposer un joueur, ou de le choisir, ses statistiques sont-elles déterminantes?
On se méfie des joueurs avec de trop belles statistiques. Elles représentent une indication, elles ne doivent pas être un critère. Nous nous fions plutôt à son potentiel, à celui que le joueur peut représenter. Je travaille beaucoup à partir de données (Data), de prises d’infos, avec des vidéos. 

Avez-vous déjà réussi un gros coup?
Un joueur américain s’est blessé. Il est out pour plus de deux mois. J’ai reçu à minuit un appel du manager du club, qui m’a dressé le profil du joueur à trouver. Je me suis mis au travail  et je leur ai proposé un joueur évoluant dans un petit club finlandais, qui met de l’intensité dans le jeu, qui a un body language (soit un langage corporel) et qui humainement est bien. Ils ont dit oui, et dire que je ne leur avais envoyé qu’un seul nom. J’aurais pu me «planter», surtout sur la personne. Mon intérêt, c’est que le joueur épouse la philosophie du club, pour un bon développement. En résumé, ils me consultent, je propose (un ou alors plusieurs noms) sur la base de mes convictions mais c’est eux qui choisissent.

Voyages, voyages...

On imagine que vous voyagez souvent..
...Il arrive que je me déplace 2 ou 3 fois par mois; il y a aussi des mois où je ne me déplace pas. Je suis déjà allé en Italie, en Slovénie, en Allemagne, et en France. Je pars le vendredi soir, le samedi, j’assiste à un entraînement (ou à un match), le dimanche, je suis avec le coach et les joueurs, nous discutons. Puis, je rentre. Je m’organise, je construis mon emploi du temps et ça fonctionne.

L’idéal ne serait-il pas de vous établir à Anvers, par exemple?
Ça serait une suite logique dans la mesure où l’Académie du club a étendu son recrutement en Europe. Après, tout serait trop compliqué. Dans la mesure où je me suis organisé dans mes activités, je trouve pratique d’être ici, en Suisse, où il y a une belle qualité de vie, mes enfants y sont scolarisés, l’équilibre est donc parfait. Tout va pour le mieux.

Alors à l’école, quelle branche n’aimiez-vous pas?
L’histoire. Mes études, je les ai effectuées en Flandres, avec l’obtention de plusieurs diplômes. J’avais suivi aussi des cours du soir, pour apprendre les langues.

A la maison à Ostende

Où avez-vous le mieux gagné votre vie en tant que basketteur?
En Roumanie, en Italie (Roseto Sharks) et à Nyon. Le président était feu Jean-François Kurz (il a été aussi celui du Lausanne-Sports, de 1995 à 1999).

Entraîner une équipe de club, vous y avez pensé?
Un entraîneur a les mêmes «contraintes» que les joueurs. Conséquence: je suis content aujourd’hui de pouvoir passer des week-ends avec ma famille. La proximité du terrain et le fait de pouvoir insuffler de l’énergie à des joueurs, je retrouve tout ça avec les équipes au Rosey. J’en ai trois et cela représente une quarantaine de joueurs.

Et diriger une équipe nationale?
Tant que j’occupe une fonction avec les Giants d’Anvers, je ne peux pas me le permettre. De surcroît, la grosse période de recrutement se situe en été et plus personnellement, je suis l’homme d’un projet, pas celui d’un commando (il rit).

Où et dans quel club avez-vous mieux vécu le basket?
(Courte pause)- À Ostende, au BC Ostende, qui est mon club formateur, qui est ma seconde maison, là où toute l’histoire a commencé. Le fait d’avoir voyagé et d’avoir pu affronter des grandes équipes même avec un temps de jeu limité car j’étais jeune, ça sert pour tout une carrière. Et puis, un premier amour ne reste-t-il pas le plus beau?

Palmarès

  • Julien Rahier est né le 12 février 1983 à Liège (en Wallonie).
  • Ancien joueur de basket (arrière-ailier).
  • Il a été international belge dans toutes les classes juniors. 
  • En Suisse, il détient un record. Le 2 mai 2015, Il a marqué 49 points dans un match. C’était avec le BBC Lausanne contre Fribourg. « Je n’avais joué que 
  • 28 minutes », précise-t-il. 
  • Carrière de joueur 
  • 2003-2004: BC Ostende. 2004-2005: Union Hutoise. 2005-2006: B.A. Limburg. 2006-2007: Proximus Spirou Charleroi. (ce sont tous des clubs de 1ère division belge).
  • 2007-2010: Nyon. 2010-2011: Vacallo. Retour en Belgique, saison 2011-2012: VOO Verviers-Pepinster. Retour en Suisse, saison 2012-2013: Starwings Bâle. 2014-2016: BBC Lausanne. 2016-2017: Nyon ( LNB). 2017-2019: Morges-St-Prex (LNB).
  • Il a joué aussi en Espagne (Tarragone), en Roumanie, en Italie (Roseto Sharks), aux Pays-Bas.
  • Il a connu la promotion en LNA avec le BBC Lausanne en 2016.

 

Vidéos 

 

 

Retour au blog