Kenny Guex, ancien athlète | Coopération
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Kenny Guex, ancien athlète

12 novembre 2020

 

Il est dans le perfectionnisme et l’exigence, la réflexion et la recherche quasi permanente. Kenny Guex, 36 ans, est ainsi, bilieux dans l’âme, soucieux des mots précis et porteurs, d’une tonalité ferme et rassurante. 

Entraîneur en chef et national

Depuis le 1er septembre de cette année, le natif de Lausanne qui habite près de son lieu de travail, histoire de ne pas perdre de temps à considérer toutes ses activités, est le nouvel entraîneur en chef, pour les hommes et les dames, du sprint, des haies et des relais. Il est aussi, à l’intérieur d’un organigramme sophistiqué entraîneur national du 400m, du 400m haies, tout ça chez Swiss Athletics. «Je ne fais rien tout seul», précise-t-il d’emblée. «Ces missions je les aborde en consultation avec les autres entraîneurs.» Dans le désordre et par exemples, Kenny Guex accompagne les athlètes, son travail consiste non seulement à renforcer l’équipe élite mais aussi à définir les cadres élites (Swiss Starters) et de la relève (Swiss Starters Futures) avec une estimation du potentiel des athlètes. «L’objectif, ajoute-t-il, c’est de les rendre le plus compétitif possible. Non seulement, j’organise des camps mais j’entraîne. C’est aussi un très bon moyen d’avoir des contacts et de construire une collaboration avec eux, de la définir, de leur offrir ensuite le meilleur environnement dans lequel ils peuvent s’épanouir.» 

Un rôle de guide

Dans tout ce travail, il y a passablement de tâches administratives. «C’est évident, avoue Kenny Guex, le terrain est plus excitant, mais on a une vision de management. On est dans la modernité.» L’énergie déployée est partout, surtout avec les Swiss Starters Futures (U18-U23). «Des entretiens ont lieu avec les athlètes, leur entraîneur et, si possible, un parent. On aborde beaucoup de domaines et l’environnement y est essentiel. En quelque sorte, on dresse un état des lieux de la personne. On a un rôle de guide avec ces athlètes-là.»

Enseignement à Hesav

Parallèlement à ses multiples missions chez Swiss Athletics, Kenny Guex est maître d’enseignement à HESAV (Haute Ecole de Santé du Canton de Vaud). Il a une formation en physiothérapie. «Suite à mon nouveau poste à la Fédération, j’ai cessé ma mission de recherche en santé, tout en maintenant mes enseignements. Ce qui est intéressant, souligne-t-il, c’est qu’il y a un partenariat entre ces deux institutions. Le transfert des compétences y est bidirectionnel.» HESAV est une université de sciences appliquées, sise au cœur de la cité hospitalière du CHUV, le plus grand centre de formation des professions de la santé (plus de 1200 étudiants) du canton de Vaud. «J’ai gardé, cependant, une mission de recherche qui a trait à la gestion de performance des athlètes.» 

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’athlétisme?
On a des chronos, des hauteurs, des distances, des performances objectives. Du coup ça rend la comparaison à soi-même facile et encourageante. On peut évaluer son niveau et constater ses progrès. Ce qu’il faut éviter à tout prix c’est les comparaisons entre les athlètes. Il faut réfléchir à son propre niveau.

L'athlé s'est professionnalisé

Les émotions que vous vivez sont-elles partagées avec d’énormes sacrifices?
Je parlerai d’organisation plutôt que de sacrifices même si je dois renoncer à certaines choses. Il faut les hiérarchiser et les mettre en perspectives, les unes par rapport aux autres. Ma vie de famille est un socle. Mes émotions sont liées avec les résultats. Dans mon groupe -Il est formé de 6 athlètes - tout le monde ne performent pas au même moment. Les émotions s’auto-régulent donc souvent. 

Quel regard, objectif, portez-vous sur l’athlétisme suisse?
L’athlétisme de notre pays s’est décomplexé. Il existe aujourd’hui une densité qu’on n’avait pas auparavant. Si beaucoup de nos leaders sont pas loin de la trentaine, voire trentenaires déjà, derrière  des jeunes de talents poussent et se distinguent dans les divers championnats. Il va y avoir un renouvellement des «locomotives» actuelles, qui sont toujours très performantes. On a aussi professionnalisé l’athlé, on prépare les athlètes au sport de haut niveau. On s’entraîne de manière plus qualitative. Ceci explique cela.

Un déficit de vitesse

Vous avez été un bon athlète, que vous a-t-il manqué pour être meilleur?
Il m’a manqué le potentiel de base, j’avais un déficit de vitesse important. Et j’ai eu aussi pas mal de petites blessures. J’étais tenu par les résultats. Avant de faire de l’athlétisme, j’ai pratiqué le karaté. J’avais 6-7 ans.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui fait votre force?
La remise en question, qui est une force mais aussi une faiblesse, puisqu’elle peut créer un doute, engendrer des erreurs. Réfléchir, se demander pourquoi ça fonctionne, ou pas. Ce questionnement est personnel. Discuter, échanger avec un athlète, le comprendre. Il ne faut pas imposer une chose à un athlète en sachant qu’il n’y adhérera pas. L’entraîneur est un guide qui doit trouver la personnalisation de chacun.

Temps optimisé

Vous êtes aussi hyper organisé...
...Oui, j’optimise mon temps, j’ai renoncé à certains mandats, j’ai dû faire de la place pour pouvoir maintenir un bon niveau d’exigence avec mes jobs. J’ai une famille, je suis papa d’un garçon (il a 2 ans), et j’ai une belle-fille (elle a 9 ans). C’est prenant, mais on s’organise bien.

Quel est le fil rouge de votre vie?
La recherche. Ça a commencé en 2005-2006. Améliorer ses performances. C’est valable pour tout le monde, quel que soit le niveau. La recherche est un outil parmi d’autres qui permet ça. C’est une quête sans fin. On ne doit jamais s’arrêter à un résultat, il faut tout de suite passer à l’étape suivante.

Emotions à canaliser

Faites-vous une distinction entre regret et frustration?
Si on est bloqué sur un regret, ça veut dire qu’on regarde derrière. Pour moi, la frustration est plus primaire. Il faut y faire attention, les réactions peuvent être plus fortes. N’oublions pas le côté émotionnel à canaliser si on veut trouver des solutions.

Avez-vous décidé de mener la vie qui est la vôtre? 
Oui, clairement. Il arrive que des étudiants me consultent: «Est-ce que vous me conseillez de faire un Master?» Je leur réponds que c’est un outil et je leur demande: «Où vous voyez-vous dans 5 ou 10 ans?» Il faut construire et il faut savoir où on veut aller et déterminer les éléments pour y arriver: opportunité et/ou hasard, être flexible.

Si l’athlétisme n’existait pas, qu’auriez-vous fait?
Tout ce que je suis, c’est grâce à l’athlétisme (performances, chemins, etc). L’athlé a construit mon système des valeurs. Cela étant, j’aurais opté pour un sport individuel me permettant de mesurer mes progrès. 

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre vie?
J’ai la chance dans mes activités de pouvoir développer des idées, d’essayer de nouvelles choses, de créer; d’être en quête permanente d’un certain niveau de performance, de sensations. Se remettre en question est une chance, sinon tout serait monotone. J’admets que se poser tout le temps des questions, c’est fatiguant. Mais, au moins, on vit. 

Palmarès

  • Kenny Guex est né le 1er janvier 1984 à Lausanne.
  • Ancien athlète. Sociétaire du Lausanne Sports athlétisme.
  • Depuis le 1er septembre, chez Swiss Athletics (Fédération de Suisse d’athlé), il est le nouvel entraîneur en chef du sprint, des haies et des relais (hommes et dames) et entraîneur national du 400m et du 400m haies (hommes et dames). 
  • Records personnels.
    • 400m en 50’’09 (2006). 
    • 400m haies en 51’’62, chrono établi à Lausanne en 2007, qui lui a permis de terminer 2e des championnats de Suisse élite. 
    • 300m haies en 37’’91 (2001).
    • Champion de Suisse cadets (aujourd’hui U18) du 300m haies A en 2000 et en 2001.
    • Champion de Suisse juniors (aujourd’hui U20) du 400m haies, en 2002.
    • Il est recordman de Suisse du 3x1000m, écoliers A (aujourd’hui U14) en 1997 (9’05’’04).
  • Il est au bénéfice du brevet fédéral d’entraîneur (sport de performance).
  • Il est au bénéfice d’un Bachelor en physiothérapie, d’un Master en science du sport, orientation entraînement et performance, d’un doctorat en science de la vie, sur la gestion de la prévention des blessures chez les sprinters.

 

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