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Kevin Romy, hockey sur glace

20 février 2020

 

En juillet dernier, Kevin Romy, une des légendes du hockey helvétique, a décidé de mettre fin à sa carrière « Par respect pour mes coéquipiers », avait-il dit en majuscule. Des mots forts, rarissimes dans le milieu du sport, en phase avec la personnalité et la philosophie de vie du natif de La Chaux-de-Fonds, introverti mais pas effacé. Sa carrière? Elle a été riche, brillante dessinée avec une belle humilité et une intelligence affirmée. 

«Ma décision d’arrêter n’a pas été facile à prendre», dit-il. «J’ai pesé le pour et le contre. Elle a fait, aussi, l’objet d’une longue, d’une intense réflexion avec ma famille. Surtout avoue-t-il, je ne me sentais plus capable d’évoluer à 100 % de mes capacités. Il était important de prendre la bonne décision». Il a décidé de dire stop aussi pour lui-même, une touche qui n’a pas la teinte de l’égoïsme, mais bien plutôt celle de la raison. Comme cet arrêt a été réfléchi et préparé, Kevin Romy n’a pas vécu de « petite mort ».

Pilote d'avion

Pourtant, il vous restait 2 ans de contrat...
...Oui, mais une entente a été trouvée. Elle a convenu à tout le monde. À Genève, nous étions très impliqués dans la promotion du hockey aux travers de nombreux événements. Aujourd’hui, il est important pour moi de continuer à œuvrer dans ce domaine. Alors joueur (avec ses camarades, mais à tour de rôle), nous participions à des événements, nous étions en représentation. Il est donc normal que je m’implique dans ce sens.

Et vous pilotez, ce qui est votre autre activité et passion...
...Oui, j’ai ma licence pro de pilote d’avion, obtenue en 2012, soit 3 ans après avoir commencé ma formation, à Agno. Je l’ai entreprise alors que je jouais à Lugano. Gamin, je rêvais d’être hockeyeur pro ou pilote militaire.

Le hockey a gagné

Et c’est le hockey qui s’est imposé.
Oui, parce que pour être pilote militaire dans l’armée suisse, la tranche d’âge pour se présenter se situe entre 17 et 23 ans. Or, à cet âge-la, j’étais déjà un hockeyeur pro. Cependant en parallèle, j’ai entrepris une formation de pilote de ligne, obtenu un statut «Frozen ATPL», combiné avec une formation pratique. Ceci est le minimum requis pour postuler dans une compagnie aérienne. Tout cela, je l’ai bien sûr entrepris dans l’optique d’une reconversion dans l’aviation commerciale. »

Verra-t-on naître un jour la Compagnie Air Romy?
(Il rit)-Non, je ne pense pas. Mais piloter, c’est un beau métier, voler, c’est la liberté, c’est prendre et d’assumer aussi de grandes responsabilités.  

À quel âge avez-vous commencé le hockey?
À 4 ans. J’ai commencé à l’école pour patineurs. Toute ma vie a été consacrée au hockey sur glace. J’ai effectué toutes mes classes juniors au HC La Chaux-de-Fonds. L’entraîneur du mouvement junior était M. Jan Soukup, un Tchèque. Je lui dois beaucoup. J’ai toujours évolué au poste d’attaquant.

Un match parfait?

Durant toute votre carrière, avez-vous, ne serait-ce qu’une fois, joué le match parfait? 
Cela veut dire quoi, parfait? Il ne suffit pas de marquer un ou des buts, ni de faire un ou deux assists pour dire ça. L’important c’est d’accomplir un rôle, de le respecter, de gagner ou d’être décisif dans le rôle attribué. On peut réaliser un match moyen, ne pas être vraiment bien dans plein de détails et marquer 2 buts. Je ne considère pas ça comme un match parfait. Au contraire, car seul un vrai connaisseur va le remarquer. Ce qui est important aussi, surtout, c’est être constant dans ses performances. J’ai toujours fait très attention à mon hygiène de vie. Le corps est mis à rude épreuve. Le rôle mental est aussi primordial. Ne plus être sous le feu des projecteurs du jour au lendemain n’est pas facile. J’ai dû effectuer un travail mental pour assurer ce passage. 

Un appel à ProkeyCoach

À un moment donné, avez-vous fait plus spécialement attention à tout ça?
Tout au long de mes 5 dernières saisons, je me suis de plus en plus intéressé au domaine de l’individualisation dans un sport collectif. Qu’est-ce qui est bien pour soi-même? J’ai fait appel à «ProKeyCoach», une entreprise active dans le coaching sportif, laquelle développe différents produits, outils et services s’y rapportant permettant de mettre sur pied des exercices individuels. Un coach m’a aidé à individualiser mes besoins (exercices) tenant compte de mes profils spécifiques (forces et faiblesses). On travaille essentiellement avec les forces. 

Surtout qu’aujourd’hui, on recherche de plus en plus la performance...
...Oui. Il existe désormais un certain nombre d’outils à disposition. Pour, peut-être, prolonger une carrière, agir au niveau de la prévention des blessures; et domaine important, voire primordial, favoriser la récupération rapide. Un grand nombre de sportifs ignore tout ça, cette réflexion personnelle. Il y a forcément au bout un retour sur investissement.

Une expérience à partager

En tant qu’ancien sportif de haut niveau, seriez-vous intéressé par ce travail, à plus ou moins longue échéance?
Je dois prendre du recul et faire le point. Mais j’ai de l’intérêt pour ce genre d’approche qui permet de performer - la progression individuelle, c’est tout bénéfice pour un collectif -, d’aider les sportifs partant de leurs profils, tout en sachant que chacun est différent. Ce travail personnel je le conseille aux jeunes sportifs, aux personnes en général. Ce style de travail engageant la motricité m’intéresse. L’idée est de rester dans le monde du hockey, mettre mon expérience à disposition des jeunes.

Dans votre sport, qu’avez-vous le plus aimé: le jeu où le monde du hockey?
Le jeu. L’autre face de la médaille, c’est le business, et cela est valable pour beaucoup d’autres sports. C’est aspect ne me gêne pas, mais il faut en avoir conscience. 

Joueur, vous portiez le numéro 88...
...Quand j’étais junior à La Chaux-de-Fonds, j’avais le 17. En première équipe, le numéro 17 était déjà occupé, alors j’ai choisi le 88, sans raison particulière. J’aime bien l’idée du double 8. Et le 88, c’est un nombre qu’on voit bien.

Palmarès

  • Kevin Romy est né le 31 janvier 1985 à La Chaux-de-Fonds.
  • Ancien grand joueur de hockey sur glace. Attaquant.
  • Il a effectué toutes ses classes juniors au HC La Chaux-de-Fonds.
  • Sa carrière pro a duré 19 ans (2000 à 2019).
  • Il a incorporé la 1ère équipe, saison 2000-2001 (LNA), jusqu’au milieu de la saison 2002-2003 (LNB).
  • Il a évolué ensuite avec GE Servette (2003-2005), puis en cours de saison, il a joué avec Lugano. Club qu’il a quitté en 2012.
  • De 2012 à 2019, il a porté les couleurs de GE Servette.
  • Il a été capitaine de GE Servette (2017-2018).
  • Alors joueur à Lugano, Kevin Romy avait été repêché en 2003 chez les Philadelphia Flyers. Aux Etats-Unis, il a participé à des camps de développement avec des jeunes, à des camps d’entraînement. Mais il a décidé de rester Lugano. La raison? «La vie au Tessin y est sympa.»
  • Il a participé avec l’équipe de Suisse AUX JO DE SOTCHI en 2014 (9e).
  • Il est le 20e joueur le plus capé avec l’équipe nationale (151 sélections, 11 buts, 30 assists).
  • Il a été international juniors (U15-U20), et a disputé 2 championnats du monde U18 et 3 avec les U20.
  • Il a disputé 482 matches avec GE Servette et 339 avec le HC Lugano club avec lequel il a remporté le championnat de Suisse (2006).
  • Avec GE Servette, il a gagné à deux reprises la Coupe Spengler (2013, 2014). 
  • Durant sa carrière en élite (LN), il a comptabilisé 434 points (177 buts et 257 assists) en 840 matches. 
  • Le 14 janvier dernier, Kevin Romy a été honoré aux Vernets avant le match GE Servette-Lugano (deux clubs qu’il a longtemps servis). Il y a eu la diffusion de clips, sa famille était présente «Quelle émotion!», son maillot numéro 88 n’a pas été «pendu.»

Vidéos

Kevin Romy et l'Aviation 

 

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