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Laurent Alvarez, ancien champion de patinage

30 avril 2020


On l’a revu avec une barbe juste ce qu’il faut, collier plutôt bien taillé, sympa et lumineux, comme avant. Laurent Alvarez aura bientôt 30 ans. Déjà. Cela lui procure-t-il un effet particulier? « Non, ça va, répond-il, en souriant. Et même si des choses se sont passées j’ai toujours l’impression d’être jeune et de faire partie des jeunes, justement parce que je les fréquente au quotidien. » 

Depuis 2018, Laurent Alvarez, ancien patineur de talent, et qui avait cultivé des relations, est chef du sport de performance à la Fédé, hélas anglicisée Swissiceskating. «Mon travail est très varié. Il y a l’aspect terrain où je suis les athlètes (juniors de 13 à 18 ans, élite dès 15 ans), un autre, administratif, touchant à la planification de carrière, d’une saison, ici ou alors à l’étranger. 
Je suis la personne de contact entre un team et la fédération. Je m’occupe de l’artistique et de la danse. On a une grosse équipe de Suisse (U19, U15, U13), soit entre 20 et 30 athlètes, plus les cadres régionaux. Je m’occupe aussi des concepts de sélection et, en avril, de la constitution de toutes les nouvelles équipe de suisse. » Le Genevois travaille à 70% chez Swissiceskating (donc forcément plus...) et le solde, il le consacre au CP de Genève, son club de cœur, là où il a tout appris du patinage, aux côtés de Peter Grütter, grand professeur et qui a été aussi celui de Stéphane Lambiel.

La technique en force

Avec Sarah Meier et Stéphane Lambiel, la Suisse a connu une génération dorée. Exceptionnelle. Revivra-t-on ça un jour?
Même si la Suisse, petit pays, possède un réservoir de la même dimension, je pense que la chose est possible. Mais le niveau technique a explosé.

Vous voulez dire par là que son aspect a pris le dessus sur l’artistique?
À l’époque, il suffisait d’avoir un quadruple, éventuellement deux pour faire partie d’un Top 5. Aujourd’hui, il en faut plus. L’implication technique dans le travail au quotidien est considérable. L’Union Internationale de Patinage (ISU) prend conscience que c’est surtout la technique qui est valorisée. Il se dit que des règles du jeu vont être redéfinies afin de revaloriser l’aspect artistique; et que l’âge des seniors serait augmenté.

Préparateur physique?

Vous avez fait un Master en biologie-chimie mais...
...Aux études, à un certain moment, tu dois choisir une option. J’ai donc pris celle-là. En 1ère année de science et sport, il y avait des cours de médecine.

Mais votre objectif, à ce moment-là, était de devenir préparateur physique.
C’est vrai, à la fin de mes études, j’étais parti dans cette optique-là. J’en ai fait un peu mais pas dans un milieu pro. Il y a peu de clubs ( surtout dans le monde du patinage) qui peut se permettre d’en engager un. Si je devais être préparateur physique, j’aurais un objectif autre que la remise en forme, que le sport santé. Avec les jeunes, aux Vernets (CP de Genève), la préparation  vient en complément du travail sur glace. Le travail physique se fait avec les patins aux pieds. 

A vélo en ville

Êtes-vous écolo ou plutôt...
(Il sourit)-...À Genève, je me déplace à vélo, il y a un aspect pratique et c’est plus rapide. Comme je travaille à Ittigen (près de Berne, siège de la Fédé), je prends le train. Au début du mois de mars, j’étais à Tallin (Mondiaux juniors). J’ai pris l’avion. Si je peux éviter ce moyen je le fais. Si je porte une attention à ça, si je suis sensible à cette question? C’est un peu à la mode, non? (Il rit) Mais avec le métier que je fais, il m’est impossible de ne pas prendre l’avion. 

Il y a très longtemps, on avait demandé à Peter Grütter ce qu’il fallait pour réussir dans le patinage. Il nous avait répondu: passion et persévérance, et posséder des qualités physiques bien sûr. Êtes-vous d’accord avec lui?
Oui, et je parlerai également de l’entourage familial, qui est déterminant, et pas que pour le soutien financier. Il ne faut surtout pas oublier l’aspect lié à l’émotionnel. Dans la plupart des carrières brillantes, on retrouve la famille, son rôle essentiel. Si le patinage est un sport toujours aussi coûteux? Oui. 
Nous nous préoccupons de ce soutien majeur aux athlètes. Là aussi, nous avons un rôle à jouer. Comme les soutenir dans leur développement.

Content du parcours

Vous n’avez jamais participé à des JO. Le regrettez-vous?
Non parce que je suis content de ce que j’ai accompli et content d’avoir dit stop en 2012. À considérer le niveau qui était le mien, j’ai fait beaucoup dans la mesure où le niveau du patinage à cette époque, pas si lointaine, était déjà très relevé. Mon idée, c’était de participer aux JO de Sotchi de 2014. Cela ne s’est pas fait. C’est la vie, ça a été mon choix de m’arrêter avant.

Que vous a-t-il manqué pour appartenir au Top 10 européen, par exemple?
Au niveau technique, j’étais trop irrégulier. Si tu n’as pas cette stabilité dans ce domaine, tu n’as aucune chance d’y être. Il n’y a pas de place pour toi. En revanche, le patineur qui ne rate rien ou qui commet peu de faute, y accède. 

Maso? Oui

Ne faut-il être pas un peu masochiste pour pratiquer le patinage?
On est tous un peu maso. Le patinage artistique n’est pas un sport linéaire. Dans le sport en général, on est à l’abri de rien et encore moins au patinage. 
Ce sport ne permet aucune erreur, la sanction est immédiate. Je ne sais plus qui a dit ça mais la frontière entre le succès et l’échec, la joie et la tristesse a l’épaisseur d’une lame. Au patinage, à part les JO, nous n’avons que 2 autres grands événements: les européens et les mondiaux. L’occasion de se montrer est donc rare, la chance de briller, aussi. Dans le sport de performance, il n’y a pas de zone de confort. 

Pour occuper le poste, important, qui est le vôtre chez Swissiceskating, faut-il avoir pratiqué le sport, à un haut niveau ou pas, que vous représentez?
Il faut être du milieu pour en connaître les rouages et les subtilités, il y a des sensibilités que tu perçois et comprends seulement si tu es de la maison. Ça demande aussi une bonne organisation, au niveau administratif ou autre. On ne peut pas se permettre de ne pas être à jour, il y a des délais à respecter, à connaître. À la Fédé, on n’est pas une grosse équipe.

Une exigence commune

Comment êtes-vous à la Fédé, le même qu’en ville?
(Il sourit)-Je reste moi-même; enfin, je crois. 

Si vous devriez-vous définir en trois mots et un bémol?
Je suis exigeant, il faut que les autres personnes le soient aussi envers elles. Ainsi, les règles du jeu sont claires. Peut-être devrais-je mieux me structurer. J’aimerais encore mieux anticiper les choses, même si ça n’est jamais facile. Parfois, je suis trop gentil.

Pourriez-vous utiliser votre savoir ou transposer votre bagage dans un autre sport? 
Je ne suis pas fermé à tout. Évoluer dans une autre discipline? Pourquoi pas. Tout est envisageable. Je ne me vois pas faire que du patin toute ma vie.

Palmarès

  • Laurent Alvarez est né le 23 septembre 1990 à Genève.
  • Ancien patineur artistique. 
  • Il a mis un terme à sa carrière en 2012.
  • Il est au bénéfice d’un diplôme d’entraîneur professionnel, passé à Macolin.
  • Durant quelques années, il a été moniteur au club des patineurs Trois-Chêne.
  • Il a effectué un stage à l’Institut des sciences du sport à Perth (Australie). Puis, il a pris quelques mois sabbatiques. Dans les années 2015-2016.
  • Il a été champion de Suisse chez les cadets et les juniors.
  • Il a été champion de Suisse élite en 2012 à Bâle. Et 2e en 2011 à Zoug, alors qu’il était en tête à l’issue du programme court.
  • Dès 2006, il a participé au CS élite.
  • Il a disputé des GP juniors au niveau international.
  • Il a disputé d’autres compétitions Internationales, terminant notamment 8e aux Universiades d’hiver en 2011, 12ème à la Coupe de Nice en 2011. Et en 2010, 5e au Challenge sur glace de Graz.
  • Il a participé à 2 Championnats d’Europe élite: en 2011 à Berne (22e) et 2012 (30e). Et à un championnat du monde (2012, 34e).

 

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