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Marcel Dousse, ancien grand basketteur

15 octobre 2020

 

Il est fit, Marcel Dousse, 63 ans, et son sourire est toujours aussi large et beau. «Tous les matins, très tôt, je nage mes 3km de crawl, le week-end, je fais 30km à vélo, à côté de ça, je cours et je m’adonne à la randonnée.» Cette discipline il se l’est imposée quand il a vu son poids fondre à coups de rigueur intelligente, alors qu’il sortait de l’adolescence. «J’ai commencé à jouer au basket à 17 ans, je pesais 100kg. Il fallait que je fasse quelque chose. Alors, en 3 mois, je suis descendu à 75kg. Comment j’ai fait pour en perdre autant? J’avais éliminé les graisses, je prenais un petit-déjeuner et je dînais; mais je ne soupais pas. À la place, je faisais du sport. J’avais changé ma façon de vivre, sur une longue période.» Aujourd’hui, son poids est identique à celui qui lui a permis de vivre des années glorieuses.

À 20 ans, Marcel Dousse découvrait la LNA, avec FR Olympic, club formateur et de cœur. «Jean-Bernard Dénervaud, un monument d’Olympic, avait pris la décision d’arrêter. On m’a alors fait confiance.» Déjà, le numéro 11 de légende -son maillot a été retiré, à l’image de ceux de Dominique Currat, Harold Mrazek, Vladimir Karati et Marcel Koller- s’était trouvé au bon endroit, au bon moment. 

Un numéro 11 suspendu

Votre maillot est exposé à la Halle Saint-Léonard...
...C’est une preuve de gratitude, oui. Olympic est une grande famille. On reçoit, alors il faut tout donner sur le parquet. Cette immersion de jouer pour un club et des personnes, c’était un devoir issu d’une éducation. Cela a perduré, avec tout de même quelques petits changements, les époques n’étant plus les mêmes. À Fribourg, gagner un titre, c’est normal, c’est même dans les gênes.

Et à Pully ? (le président était feu Marc-Edouard Landolt, mécène)
C’était autre chose, un autre monde. L’équipe était composée de mercenaires formatés pour gagner. On a été champions, j’avais 30 ans. J’ai arrêté le basket après ce titre. À la distribution, il y avait Mike Stockalper qui était également un shooteur. Je ne l’étais pas.

Matan Rimac, grand coach

Vous avez connu passablement d’entraîneurs. Y’en a-t-il un que vous n’avez pas compris?
Gary Lawrence (Pully). Je vous donne un exemple: en finale de la Coupe de Suisse contre Champel il m’avait dit de jouer à l’aile alors que je n’avais joué à ce poste. J’étais un meneur de jeu. On a perdu après prolongation, que je n’ai pas jouée, ayant écopé d’une 5e faute juste avant. J’avais commis une faute sur Murphy. On a perdu le match. (Courte pause). À l’inverse, Matan Rimac m’a beaucoup marqué, inspiré. C’était un grand coach, intelligent, avec un charisme extraordinaire. 

Pratiquiez-vous un autre sport avant le basket, que vous avez découvert très tardivement?
Le foot, avec des copains. J’étais gardien. J’avais de bons réflexes avec les mains, qui étaient agiles et habiles. Depuis toujours, j’ai de très longs bras. Et j’ai aussi pratiqué le tennis. J’étais bon à la volée. Junior au basket je mesurais 187cm. J’étais considéré comme un grand. Je jouais sous les paniers. Après j’ai évolué comme meneur de jeu. J’ai dû apprendre à dribbler. Je portais une paire de lunettes, avec un cache sur la partie inférieure. Comme ma qualité de passe était bonne, je savais servir les joueurs grands.

Le monde de la finance

Quel était votre statut?
Je n’ai jamais voulu être pro. Ça, c’était exclu. Alors joueur à Pully, j’habitais à Fribourg. Je travaillais à UBS Lausanne. 

Le monde de la finance vous a-t-il tout de suite intéressé?
À l’UNI, j’ai obtenu une licence en économie. J’ai travaillé dans une fiduciaire, je voulais comprendre les rouages de la comptabilité. Ensuite, je suis parti aux Etats-Unis (chez un brooker, poste au conseil d’administration, début des années 1980), puis au Japon, pour UBS.

À New-York, avez-vous joué au basket?
Oui, à Central Park, sur des playground, je jouais avec des Noirs américains, j’ai tout de suite été admis et intégré. De retour en Suisse je n’avais plus peur de personne (Rire).

Parties de cartes en famille

De votre enfance, quelle est la première image qui vous vient à l’esprit?
Avec mes parents, on jouait tous les dimanches aux cartes, après le traditionnel repas familial. Il y a une année, quelques mois avant le décès de mon papa, on a revécu tout ça ensemble.

Et au niveau sportif, votre émotion la plus belle?
On jouait contre Momo basket -alors un club phare en Suisse-, au Tessin. À quelques seconde de la fin, le score était nul. Je me retrouve sous le panier avec le ballon, j’enroule mon bras et je marque. On gagne. Je disputais un des tout premier match avec Fribourg. 

Portes ouvertes

Le fait d’avoir été un sportif de haut niveau vous a-t-il aidé dans votre vie professionnelle?
Ça ouvre des portes, et encore maintenant. Sur un terrain de sport, on peut juger des qualités de quelqu’un, voir s’il a du caractère, s’il ne triche pas et si c’est un gagneur, un compétiteur qui ne lâche rien. Ce genre d’attitude ou de comportement se retrouve ailleurs. 

Le basket pour vous c’était...
...le numéro 1 dans ma vie, surtout pendant mes études. Avec le monde de la finance, j’ai trouvé un bon équilibre entre sport et profession.

Si le sport n’existait pas, qu’auriez-vous fait d’autre?
J’aurais encore plus travaillé (Rire). Quand j’ai commencé le basket, c’est immédiatement devenu une passion qui a donné un sens à ma vie et qui m’a permis de trouver l’équilibre nécessaire. Je me suis construit une philosophie de vie, saine.

Jouer pour gagner

Avec FR Olympic et Pully, vous avez toujours été l’équipe à battre. Comment viviez-vous avec ce statut de favori, omniprésent...
...Je n’ai jamais compris qu’on puisse jouer dans le seul but de se maintenir, de se sauver de la relégation, de vivre dans le ventre mou et d’en être content. On joue pour gagner, pour être devant. J’ai toujours fonctionné comme ça: être en haut ou rien du tout.

L’inspiration est-elle (ou a été) un moteur chez vous?
J’avoue n’être pas très créatif, plutôt terre à terre. Je n’aime pas l’imprévu ou alors pas trop. J’aime maîtriser les choses. Alors meneur de jeu en basket, il fallait que je sois discipliné pour pouvoir mener mes camarades. J’aime ce qui est cadré, j’apprécie le fait de pouvoir m’appuyer sur des schémas. 

Palmarès

  • Marcel Dousse est né le 7 novembre 1956 à Fribourg.
  • Ancien grand basketteur. Poste: distributeur (playmaker). Sa carrière a duré 13 ans (de 1973 à 1986).
  • C’est Dominique Currat, ancien grand joueur de basket, alors professeur de sport au collège St-Michel, qui lui a dit un jour: « Viens faire du basket avec nous et tu verras si... »
  • Il a été international suisse une quarantaine de fois.
  • Il a suivi toutes ses classes à FR Olympic.
  • Avec Fribourg, il a été 7 fois champion de Suisse (1973, 74, 78, 79, 81, 82, 85) et a remporté 2 Coupe de Suisse (1976 et 1978). 
  • Avec Pully (équipe avec laquelle il n’a évolué qu’une saison, 1985-1986), il a été champion de Suisse (en 1986), mais n’a pas gagné la Coupe de Suisse (défaite en finale, après prolongation, contre Champel, emmené par l’extraterrestre Ed Murphy).

CHAPITRE PROFESSIONNEL

  • Marcel Dousse est directeur général chez Boccard et Partenaires S.A., à Fribourg (référence fribourgeoise et neuchâteloise dans le domaine de la gestion de fortune privée (patrimoine) et la Family Office.
  • Il a été chef finance auprès d’UBS Fribourg. Il a aussi travaillé chez UBS Lausanne.
  • Il est au bénéfice d’une licence en sciences économiques et sociales à l’UNI 
  • de Fribourg et d’un diplôme fédéral et européen d’analyste financier et gestionnaire de fortunes.
     

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