Marcel Sgualdo, ancien hockeyeur | Coopération
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Marcel Sgualdo, ancien hockeyeur

24 septembre 2020

 

Quand il parle de hockey sur glace, de la voile, discipline qu’il a connue en parallèle, il avait une vingtaine d’années, Marcel Sgualdo, 75 ans, sourit, a des étincelles dans le regard; de reconnaissance, mais aussi de gentillesse. Car ses succès ne reposent sur aucun malentendu. Il a toujours su maîtriser les contours de son destin. «Ma première expérience sur l’eau, je l’ai vécue à Bournemouth, avec un dériveur (voilier monocoque). Je suivais des cours d’anglais là-bas. J’ai tout de suite aimé la voile. Au départ, mon intérêt s’est porté pour les régates (courses de vitesse entre plusieurs bateaux, parcours fermé).» Marcel Sgualdo a le timbre de voix doux. La rencontre a eu lieu au TC Stade-Lausanne, à Vidy. Il regarde la petite balle jaune voyager. «Ce matin, j’ai joué au tennis, à La Chaux-de-Fonds. On a aussi de belles installations.»

D'abord en attaque!

Avant d’être un grand défenseur - avec Gaston Furrer, il formait une paire d’arrières extraordinaire-, vous avez évolué en attaque...
...Oui, avec feu Michel Turler (décédé le 8 avril 2010) et Francis Reinhard. C’est quand Gaston Pelletier a repris l’équipe que j’ai reculé. Je n’étais pas le plus rapide, j’aimais bien m’amuser avec le puck. Un jour, Gaston m’a dit: «Marcel, je vais te faire jouer en défense. On va essayer pour voir.» Quand Pelletier est arrivé? En 1966. On était en LNA (aujourd’hui, National League). Avec l’équipe de Suisse B, à l’époque des Genevois Kast et Joris, j’ai évolué en attaque, avec Turler et Reinhard.

Sur le moment, aviez-vous contesté le choix de Gaston Pelletier?
Non, mais nous l’avions discuté, lui et moi. Au début, je montais beaucoup. Il me disait: «Derrière, derrière, reste derrière... » Furrer était plus costaud, il aimait bien les body-check et son tir était puissant. J’étais différent et mon jeu était différent. 0ui, nous étions complémentaires.

Duo avec Daniel Piller

Auriez-vous pu être un dirigeant au HC La Chaux-de-Fonds?
Quand j’ai retrouvé ce club après mes deux saisons au LHC, j’ai fait partie de la Commission technique avec Daniel Piller (dès 1974). Si être président m’aurait intéressé? Non, je n’en aurais pas été capable, et pour occuper ce poste, il faut avoir les épaules solides.

À l’image de celles de feu Charles Frutschi, (il est décédé en 2012, à l’âge de 94 ans), président glorieux du HCC...
...C’est moi qui l’ai fait venir au club. C’était en 1964. On s’était vus au Bar «Le Rallye». On a parlé hockey, il est venu aux Mélèzes, il s’est piqué au jeu, il n’est plus reparti. Il a dirigé le club à sa manière avec au compteur 6 titres de champion de Suisse de LNA consécutifs (1968 à 1973). Charles Frutschi était mon beau-frère.

Du HCC au LHC

Vous n’avez pas fêté le 6e titre parce que cette saison-là, vous jouiez avec Lausanne...
...en LNB. En 1972, l’année des JO de Sapporo. Charles Frutschi m’avait dit: «Après les Jeux, tu peux jouer n’importe où mais pas avec un club de LNA.» Il ne voulait pas qu’on joue contre son équipe. J’ai choisi Lausanne où jouaient Dubi et Friedrich, notamment. Quelle belle équipe! J’avais hésité entre le LHC et Lugano. 

Quel motif vous a poussé à quitter le HCC pour une autre équipe, le LHC en l’occurrence?
La raison de mon départ de La Chaux-de-Fonds était que j’avais eu une discussion aux JO avec Gaston Pelletier. J’avais rejoué un match en avant pour donner du poids à l’attaque(!!). Et ça n’avait pas plu à Monsieur Frutschi.

Hockeyeur, quel était votre statut?
J’ai toujours travaillé à côté du hockey. Je n’ai été pro que lors de l’année des JO (1972). Mon métier de base, c’est électronicien. Ensuite, j’ai travaillé dans l’informatique. Puis à la Genevoise assurances à Neuchâtel, de 50 à 65 ans (gestion du patrimoine). Mon pourcentage variait en fonction des saisons (100% en été, c’était du 60-40 quand il y avait le hockey). J’ai travaillé, aussi, pour la société belge CODITEL (réseau de télédistribution). On s’occupait de poser les premiers câbles pour la TV dans les appartements.

L'amour de la voile

Vous faisiez partie d’une Association qui faisait naviguer un voilier du Type ASS099, «L’Amiral.» Était-ce un clin d’œil admiratif à Olivier de Kersauzon, surnommé l’Amiral?
Non, mais ça aurait pu l’être. Au départ, le voilier était très connu sous le nom de «Corum». Il y a eu un changement de sponsor et il s’est appelé «l’Amiral», du nom du bar -Il n’existe plus- qui se trouvait à l’Hôtel Beau-Lac à Neuchâtel.

Vous avez beaucoup voyagé sur l’eau...
...J’ai effectué 3 traversées de l’Atlantique, la mer des Caraïbes, Panama, le Pacifique, les Galápagos, les Marquises, les Tuamotus et Tahiti, avec des jeunes de La Chaux-de-Fonds, j’ai fait le Tour de France à la voile sur un bateau s’appelant «Ville de La Chaux-De-Fonds». J’ai organisé également beaucoup de croisières en mer avec des voiliers. Là, je m’apprête à faire une petite croisière en Sardaigne jusqu’en Corse, avec arrêt à Ajaccio. Le bateau, appartenant à un ami, est déjà en Sardaigne. Il le met à disposition à un groupe de skippers. On participe aux charges. J’ai le permis lac, le permis B pour la haute-mer, le permis radio et le permis Astronavigation.

Rencontres en mer

Voguer sur l’eau, la mer...
...C’est l’évasion, les grands espaces, la rencontre avec les mammifères marins, soit des dauphins, des baleines ou même des orques suivant les endroits et c’est chaque fois une aventure, avec parfois de petits soucis techniques. J’aime la nature mais je ne suis pas un naturaliste. En novembre 2018, on s’est fait « secouer » sérieusement, avec un bateau de 16 m et ça a duré 10 heures. Je me rappelle qu’on s’était réfugiés à Gijon (Asturies) avec des bateaux participant à la Route du Rhum.

Quel rapport avez-vous aujourd’hui avec le hockey sur glace?
J’assiste à un ou deux matches par saison. Non, ça ne me demande pas. Mais je regarde certains matches à la TV.

Manque de franchise honni

En quelques mots, comment vous définiriez-vous? 
(Réflexion)- Je dirai que j’ai une certaine patience -ou une patience certaine-, je mets du temps à comprendre les choses mais je dois les comprendre. Alors je pose des questions jusqu’à ce que sache. Parfois il m’arrive de décider sans trop réfléchir. Je fonctionne beaucoup au coup de cœur; à ce jeu la, il y a des hauts et des bas. Oui, je préfère avoir des remords que des regrets.

Étiez-vous un bon élève à l’école?
Oui, des fois moyen, des fois bon, ça dépendait des profs, mais je n’étais pas le meilleur. J’aimais bien les maths, ce qui est logique mais je ne le suis pas toujours avec moi-même. Non, je ne suis pas un perfectionniste, je prends les choses essentielles.

Quel est le fil rouge de votre vie?
La loyauté. La fidélité, elle se reflète dans ma carrière.

Avez-vous décidé de mener la vie qui est là vôtre ou alors est-elle le fruit d’influences? 
Charles Frutschi et Gaston Pelletier ont influencé ma carrière de joueur de hockey; et de là, le choix d’une vie plus sédentaire.

Que détestez-vous par dessus tout?
Le manque de franchise.

Palmarès

  • Marcel Sgualdo est né le 18 décembre 1944 à La Chaux-de-Fonds.
  • Ancien grand hockeyeur. Attaquant, puis défenseur.
  • Il a été international 80 ou 90 fois. 
  • Il a participé aux JO de Sapporo en 1972.
  • Aux Mondiaux en Suisse en 1971 (groupe A), à Berne et à Genève, il a fait partie du All Star Team, avec Gérald Rigolet (portier de légende, qui vit en Thaïlande), et Michel Turler.
  • Il a été champion de Suisse de LNB avec le HC La Chaux-de-Fonds (1964-1965) 
  • Il a été 5 fois champion de Suisse de LNA (de suite) avec le HC La Chaux-de-Fonds (1968 à 1972). 
  • Il a joué avec Lausanne (1972-1974). Puis, il est retourné à La Chaux-de-Fonds (1974-1982).
  • Son maillot est «pendu» dans la loge VIP de la patinoire des Mélèzes à La Chaux-de-Fonds. «Il aurait fallu que je gagne le titre la 6e fois pour qu’il soit pendu dans la patinoire.»
  • Dès 1982, il a joué avec Forward Morges, équipe qu’il a entraînée par la suite.
  • En voile, il a disputé un grand nombre de courses sur lac en Suisse, le Bol d’Or notamment, sur le lac de Neuchâtel.
  • Il a été président de La Galère, club nautique d’Auvernier (2000 à 2003, puis en 2005).

 

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