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Martin Steinegger, ancien hockeyeur, 220 fois International et 1023 matches en LN

16 janvier 2020

 

Durant toute sa carrière, Martin Steinegger, 47 ans, n’a connu que deux clubs. Rarissime. Le HC Bienne et le SC Berne. Chez ce dernier, il a également été un défenseur brillant, mais aussi un capitaine apprécié, jamais abandonné; avec, comme couronnement rêvé, deux titres de champion.

Quand il a mis fin à sa carrière de joueur, il évoluait à Bienne, et à Bienne, des personnes bien attentionnées et au fait du hockey lui ont proposé de rester au club. Un transfert à l’interne de qualité. Depuis 2012, Martin Steinegger en est le directeur sportif. «Mais je ne suis pas seul», dit-il. «Je suis bien entouré et nous discutons beaucoup. Le dialogue, son processus, est très important. Des idées naissent, des horizons s’ouvrent, tout le monde en bénéficie. Dès fois, on est prisonnier d’une idée. Le rôle d’un entourage est de dire des choses, de les voir; des choses auxquelles on n’a pas forcément pensé.» 

Des attaches à Bienne

À considérer votre long parcours avec le SC Berne, auriez-vous pu en être son directeur sportif?
(Il rit, puis il réfléchit)- Bienne étant mon club formateur, il est dès lors normal et naturel qu’il soit mon club de cœur. Enfant, j’allais au match, avec mon papa. À Berne j’ai joué durant 13 ans, mes enfants sont nés dans cette ville. En tant que sportif, j’ai vécu mes meilleures années avec Berne.

On vous chicane: à Bienne, c’est différent?
J’y ai aussi des attaches sentimentales. Mon papa y était maître de glace. Et mon fils joue avec les juniors. Ma jeunesse, je l’ai vécue à la patinoire. Alors...

...Et quand Bienne affronte Berne, en championnat?
Là, pas de doute, je suis pour Bienne. 

L’exception en 2017

En 2017, vous avez assuré un intérim en tant que coach du HC Bienne. Cela vous a-t-il plu? 
Ça à duré deux semaines, j’ai vécu une belle expérience humaine. On avait gagné 5 matches sur 6. Mais ce n’est pas la vie d’un coach que d’assurer une telle moyenne (il sourit). Quand je regarde un match, les émotions sont fortes. Coach, j’ai vécu les matches comme si je jouais. Alors, je ne pense pas que je 
le referai. Ce que j’ai vécu était une exception.

Un directeur sportif s’occupe des transferts. Alors une question: en général, un attaquant est-il plus cher qu’un défenseur?
Ça dépend et c’est spécifique. Exemple: un défenseur offensif, pour le power-play, coûte cher. Un buteur, également. Un gardien (il représente le 50% d’une équipe) coûte cher, aussi. Je connais le budget pour les transferts. Le Conseil d’administration avalise ou non la transaction. Mais il dit oui sachant que je ne viens pas le voir en lui proposant un coup de folie.

Quel genre de joueur recherchez-vous? 
Un bon, bien sûr, qui se distingue par un bon état d’esprit, une belle personne. Je n’ai pas peur des «caractères» mais dans l’équipe il se doit être positif. J’ai un peu de peine, je l’admets, avec les opportunistes et les égos. Bon, avoir un ego (mais pas surdimensionné) c’est bien, d’ailleurs nous en avons tous un. Le problème, c’est qu’il ne doit pas prendre le dessus sur le collectif, son aspect. Jamais.

D’abord comme attaquant

Le hockey s’est-il tout de suis imposé chez vous...
...J’ai d’abord pratiqué la gymnastique, puis le hockey est entré dans ma vie, j’avais 7-8 ans. Au début, j’étais un attaquant. Après deux ans, il a manqué un ou plusieurs défenseurs dans l’équipe. J’ai reculé, j’ai essayé et ça m’a plu. 

Vous étiez un défenseur solide, doté d’un excellent patinage. Quel autre talent vous a-t-il manqué?
Je n’avais pas un talent exceptionnel. J’étais un «couteau suisse», un joueur capable de m’occuper du meilleur joueur adverse, de jouer en power-play, en infériorité numérique, j’étais polyvalent dans mon rôle. Ma carrière a duré 22 ans. 

Le stop à 40 ans...

Vous y avez mis un terme, à 40 ans, et si votre autre talent se situait là, dans cette longévité...
...Durant tout ce temps, j’ai cherché à m’améliorer, à évoluer, à me développer. À 40 ans, je patinais mieux qu’à 20 ans.  Idem au plan technique. Cette volonté d’accompagner ma progression dans tout, cette capacité d’évoluer avec le jeu m’ont permis de jouer au plus haut niveau durant 22 ans. Ma progression? Elle a été linéaire.

Jouer au plus haut niveau, jusqu’à 40 ans, implique beaucoup de rigueur, une hygiène de vie parfaite...
...Oui, bien sûr, mais je n’ai jamais été dans les extrêmes. Je suis un bon vivant qui a été constamment à l’écoute de son corps. J’ai toujours très bien préparé les entraînements, les matches, pour être toujours prêt à jouer. Cela étant, il y a des moments où on doit sortir, non? 

D’autant que le jeu à vos débuts n’avait presque plus rien à voir avec...
...Celui que j’ai connu à la fin. La différence est énorme. J’ai arrêté en 2012, il y a 7 ans et en 7 ans, elle est aussi énorme: au niveau du patinage, de l’intensité, de la rapidité. 

Un millième rugissant

Si on vous dit: 27 septembre 2011. Cela vous rappelle-t-il un souvenir?
(Courte réflexion)- C’est le jour où j’ai disputé mon 1000e match en LN. C’était contre FR Gottéron, à Fribourg, non? En Suisse nous devons être une dizaine à avoir joué autant de matches. 

Le hockey du futur proche pour vous...
...C’est un jeu pratiqué par des joueurs moins grands, moins musclés, moins lourds, mais solides. Même si la grandeur peut être un avantage, elle ne sera pas décisive. Le gardien, lui, doit rester grand. Le patinage, sa qualité et pas qu’au niveau de la vitesse, sera un atout important, voire primordial, décisif. 

Le hockey va encore gagner en rapidité...
...Pour moi, il existe 3 rapidités: dans les pieds, dans les mains, dans la tête. La vitesse de patinage, le puck, sa réception, qui doit voyager d’une canne à l’autre après, trouver des solutions, ne pas avoir peur de faire quelque chose, être créatif. Voilà ma vision du futur.

Mais il y aura bien, à un moment ou à un autre, un plafond, où on ne pourra pas faire plus.
Je ne pense pas qu’il y aura encore de grandes différences; ce n’est pas ou plus possible, comme celles évoquées, vécues plus haut. Il y a eu les cannes en bois, puis en carbone. Grâce au matériel, des choses ont changé. Mais s’il faut s’attendre à ce qu’il y en ait d’autres, elles seront moindres. Les sauts au niveau de la progression, des différences, seront plus petits. 

Le plaisir du jeu

Qu’est-ce qui vous plaît au hockey?
Le jeu, le plaisir qu’on peut éprouver en le pratiquant. Gagner un match et voir la joie des spectateurs, je vis pour ces moments-là.

À l’école, étiez-vous un bon élève?
(Il rit) J’ai fait ce qu’il fallait pour avoir une marge, pour éviter de me situer à la limite. Ça veut dire que oui, j’aurais pu faire mieux. Ce qui m’intéressait, en réalité, c’était le hockey. Si j’ai effectué un apprentissage? Oui, de commerce. J’y ai récolté de bonnes notes (il rit).

Palmarès

  • Martin Steinegger est né le 15 février 1972, dans un petit village près de Bienne.
  • Ancien hockeyeur. Défenseur. Sa carrière pro a duré 22 ans (1990 à 2012).
  • Il a participé aux JO de 2002 à Salt Lake City. « Avant le tournoi, j’ai attrapé la grippe. Affaibli, je me rappelle que je n’avais pas bien joué. »
  • Il aurait dû participer aux JO de 2006 à Turin, mais il a dû renoncer, à cause d’une main cassée. «J’étais à Turin, mais comme ma main n’allait pas, j’ai dû me résoudre à rentrer en Suisse.»
  • Il n’a connu que deux clubs: le HC Bienne (son club formateur) et Berne. 
  • Il a joué avec Bienne (en LNA) de 1990 à 1995. Et avec Berne (en LNA) de 
  • 1995 à 2008.
  • Retour à Bienne (en LNA de 2008 à 2012).
  • Avec Berne, il en a été le capitaine «Durant 6 ou 7 ans.»
  • Il a été champion de Suisse avec Berne en 1997 et en 2004.
  • Il a participé à 12 championnats du monde (1993, 1997, 1998 à 2001, 2002, 2003, 2004, 2006, 2007), dont un juniors en 1992.
  • Il a été international suisse à 220 reprises.
  • À son compteur, Il compte 1023 matches en LNA.
  • Avec Berne, il a participé (saisons 96-97 et 97-98), à la EHL, qui était la Ligue européenne de hockey, compétition annuelle entre clubs, organisée par la Fédé internationale. Aujourd’hui, la Champion’s League est son équivalent.
     

Vidéo : Bienne revit grâce à Martin Steinegger

 

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