X

Recherches fréquentes

Matteo Fedele, natif de Lausanne, footballeur à Valenciennes

09 juillet 2020

 

Savait-il, Matteo Fedele, quand il a débarqué à Lille à 16 ans au magnifique et performant Centre de formation que sa vie de footballeur serait autant variée, mouvementée et qu’il conjuguerait le verbe bourlinguer au présent comme au futur? «J’avais signé avec l’AS Monaco. Didier Christophe, entraîneur des M18 me voulait absolument. Mais il y a eu un changement de président et de staff. Quand je suis arrivé là-bas, les personnes que je connaissais n’étaient plus là. C’est comme ça que je me suis retrouvé à Lille. Si le décor n’était pas le même, j’ai trouvé des conditions tout aussi excellentes dans le Nord. Ce changement de cap? Ça a été dur au début de l’accepter, je me réjouissait tellement d’être dans la Principauté. Mais c’est la vie.»

Vous avez changé 9 fois de clubs en 9 saisons. Ce n’est pas commun. Avez-vous une explication? 
(Il sourit)-Si seulement j’en avais une de rationnelle? Même mes coéquipiers à Valenciennes (L2 française) me demandent comment c’est possible. C’est dû au fait que j’ai souvent été l’objet d’un prêt en cours de saison pour X raisons (choix de l’entraîneur, orientation tactique, etc). Il y a beaucoup de joueurs qui restent longtemps dans un club; je n’en fais pas partie. Mais ce n’est pas ma volonté, croyez-moi.

Un joueur demandé

Pourtant, au départ, vous étiez titulaire...
...Oui, beaucoup d’entraîneurs m’ont voulu, m’ont persuadé de venir. 

Et si ça venait de vous...
...Je me pose souvent cette question: et si ça venait de toi, de ton attitude, de ton comportement sur le terrain, de ton style de jeu. La plupart des entraîneurs  ne donne pas trop d’explications. Mon coach actuel, Olivier Guegan, je l’aime bien. On se parle, il me dit le pourquoi et le comment des choses. Auparavant, on m’a souvent mis de côté, sans qu’on m’explique la raison. Tu t’entraînes, tu rentres chez toi, tu te poses plein de questions. Mais j’ai confiance en moi, en mes qualités de footballeur. Je travaille toujours plus pour surmonter ce que je vis, ces épreuves.

Milieu de terrain à vie

À considérer votre gabarit -1,85m, 81kg- vous pourriez évoluer en défense ou...
...Non! Non! Je suis un milieu de terrain et je le resterai. Bon, à SIon, il m’est arrivé de jouer libéro.

Vous êtes milieu de terrain, plutôt défensif avec le numéro 8...
...J’aime le ballon, j’aime le jeu avec lui, c’est mon profil. Je cours beaucoup, je joue pour l’équipe, je me sacrifie pour elle. Je ne suis pas le gars qui récupère le ballon et qui le balance en avant, un peu n’importe où et comment. On me juge sur le terrain; c’est le terrain qui parle. 

Des blessures graves

Vous avez subi de graves blessures et vous êtes à chaque fois revenu...
...J’ai cette volonté-là. J’ai travaillé pour guérir et sur un terrain, je travaille. Je suis un travailleur, je le suis devenu, quand j’ai compris que si je voulais faire ce métier, il fallait bosser, beaucoup. C’est ce que j’ai fait quand je me suis blessé. À SIon, avec les moins de 21 ans, je me suis fait les croisés au genou gauche. À Carpi, idem mais à droite. Je me suis aussi déchiré les ligaments d’une cheville. J’ai de la volonté, j’ai beaucoup travaillé et pas que sur moi-même pour revenir au jeu, retrouver à chaque fois un bon niveau. 

Enfant, vous étiez...
...J’étais plutôt rebelle. J’ai du caractère, mais j’avoue que de 17 à 20 ans, j’ai pris des choses à la légère. On me l’a dit, j’ai compris que pour arriver dans le foot, il fallait faire des sacrifices, ne pas se disperser mais travailler. Le foot ce n’est pas avoir un peu de talent et claquer des doigts pour jouer. C’est bosser, bosser et bosser. Alors j’ai pris ma vie en mains, aidé par mes parents, qui ont toujours été là pour moi. J’ai le soutien aussi de mon amie. Ça fait 8 ans qu’on se connaît. Je lui dit aussi merci.

Y a-t-il une personne qui a beaucoup compté pour vous, dans le monde du football? 
Oui, M. Pierre-Alain Praz, qui malheureusement est décédé. M. Praz est un entraîneur que j’ai eu, jeune, au LS. Il a été une personne importante dans ma vie, qui m’a appris que le foot, c’était beaucoup de sacrifices et de volonté. 

Une valse à Sion

À Sion, vous avez connu...
...Laurent Roussey, Didier Tholot (il y est resté très longtemps, un exploit dans ce club), Frédéric Chassot, Christian Zermatten, Michel Decastel et Gennaro Gattuso. J’ai gardé quelques contacts avec ce dernier. À SIon, j’y suis resté 4 ans. Le président Constantin changeait tout le temps d’entraîneur. Oui, j’avais un rêve: jouer en Italie. 

La trajectoire qui est la vôtre dans le monde du football, vous l’aimez?
Même si j’ai toujours aimé bouger (différemment) et voyager, je ne l’ai pas du tout choisie. Elle est comme ça. On ne s’y fait pas, on s’y habitue. Mais j’avoue que ça serait bien de rester longtemps dans un club. À Valenciennes, j’ai signé un contrat de 3 ans. Il m’en reste deux.

Liberta, liberté

Sur le torse, vous portez un tatouage « Liberta »...
...Le mot liberté est un mot fort dans la vie. Sa liberté, il faut la défendre, avec des valeurs.

Vous plaisez-vous à Valenciennes?
Oui, c’est une ville de foot, on y est bien. Les gens m’apprécient.

Vous avez connu plusieurs clubs en Italie...
Oui, plusieurs. Le fait de parler italien m’a aidé. Je n’ai pas connu de problème d’intégration, d’autant que je suis une personne sociable, ouverte, qui aime les gens. J’aime parler. En Italie, j’ai toujours trouvé quelqu’un que je connaissais. Reste que ce n’est pas simple de changer toutes les années. Le premier mois, tu vis à l’hôtel. Le club te donne un mois pour trouver un appartement. Il t’aide.

Faillites en Italie

Des clubs où vous avez évolué sont tombés en faillite, non?
Oui, Foggia (quand j’y jouais, aujourd’hui en série D), Bari (un an après mon départ, série C) et Cesena (série C, mais le club était parvenu à se maintenir en série B). C’est fou! C’est l’Italie. En France, il existe des assurances, entre autres, pour qu’il n’y ait pas de problème.

Et en Roumanie?
J’ai vécu des moments extraordinaires. J’ai fait de belles rencontres. Le stade a Craiova peut contenir 40’000 personnes. J’ai eu la chance de jouer en Ligue Europa, contre Leipzig. Craiova est une petite ville. Je m’y suis senti bien. Mais là aussi, je n’ai pas joué tout le temps. 

Un retour en Suisse?

Envisagez-vous de rejouer un jour dans un club suisse?
Oui et non. Ça pourrait dépendre des conditions, du club, etc. J’ai 28 ans. J’ai encore énormément de choses à voir, à découvrir, sportivement, culturellement aussi. Cela étant, bien sûr que j’aimerais rester plus longtemps dans un club. Le problème, c’est que ce qui m’arrive devait arriver. Et perdurer.

Y’a-t-il encore un football que vous aimeriez découvrir?
Jouer en Angleterre, oui, ça me plairait bien. C’est aussi un pays du foot. 

Et si cela était à refaire...
...Je referai la même carrière parce que je n’ai aucun regret. Ce que je pense faire plus tard? Rester dans le sport, dans le foot, former, entraîner des jeunes mais pour ça, il faut avoir des diplômes. Plus tard, j’aurai le temps d’y penser. Travailler dans un bureau? Ça jamais (il rit), j’aime trop bouger.

Palmarès

  • Matteo Fedele est né le 20 juillet 1992 à Lausanne.
  • Footballeur. Droitier. Milieu de terrain, position centrale, numéro 8.
  • Il possède deux passeports: suisse et italien. 
  • Dans cette ville, il y fait sa scolarité. Puis a étudié mais pas longtemps à l’Ecole Roche (sport-études). 
  • Il aurait dû faire partie de l’équipe de Suisse M17, championne du monde au Nigeria, en 2009. « Je revenais de blessure, j’étais de « piquet » au cas où. Mais j’ai le diplôme. Il est à la maison. » 
  • Son premier club? Azzuri Lausanne. Il joue ensuite au LS 2004-2008), puis en 2008, il signe avec Lille (Centre de formation exemplaire et reconnu).
  • Il a fait partie de l’équipe de Suisse M15, M16, M17 et M21 (2007 à 2014).
  • Il passe pro en 2009. 
  • Il joue à SIon (2009 à 2012, juniors) et de 2012 à 2016 (Super League), avec GC  en 2015, où il est prêté.
  • La suite? À Carpi (Italie) 2015 à 2017, série A et B), avec Bari, à Foggia, puis à  Cesena. Il joue ensuite en Roumanie, 2018-2019, à Univeritatea Craiova (Liga 1). Il évolue actuellement à Valenciennes (L2 française). Son contrat porte sur 
  • 3 ans, il lui en reste 2.

 

Vidéos

 

 

 

Retour au blog