Michel Dätwyler, ancien grand skieur | Coopération
X

Recherches fréquentes

Michel Dätwyler, ancien grand skieur

03 septembre 2020

 

Il a la personnalité rassurante, Michel Dätwyler, 73 ans, ancien descendeur de talent - 10 ans de vie en Coupe du monde -, grand acteur «Mais je n’étais pas seul» dans le développement touristique de Villars, homme politique durant 16 ans «Dès 1990, j’ai fait partie de l’Exécutif», dont 5 -de 2002 à 2006- en tant que Syndic de la Commune d’Ollon. Le ski, son monde aussi? Alors que Michel Dätwyler pensait «lever la spatule» il a été renommé pour 3 ans président de l’Ecole suisse de ski de Villars. Il est un enfant majuscule de cette belle station, «J’ai apporté ma petite pierre à son développement», dit-il modestement, à une paire de lattes du vaste et riche magasin «Dätwyler Sports», entreprise familiale depuis 1965. «Et ça continue», s’enthousiasme-t-il, reconnaissant, admiratif. «Aujourd’hui, la 3e génération, mon fils, ma fille, ma nièce, (Céline, ancienne championne de ski), tout le monde s’y est mis.» Et ça marche! 

Une statue à Villars?

Il se murmure, et vous nous l’avez chuchoté, que des personnes vous ont dit: «Michel, il faudra bien qu’un jour on érige ta statue au rond-point, là...» Qu’en est-il?
(Rire)...Ils exagèrent...

La politique, vous avez aimé?
J’ai adoré ça, la période publique. J’étais partout, le Syndic est très demandé. Les implications y sont multiples. C’est très prenant. De voir quelque chose se réaliser, c’est génial. C’est gratifiant parce que j’aime ma Commune. Je vous donne un exemple: le développement de la Rue Centrale, à Villars. Ça a été 30 ans de procédures, d’oppositions. Un autre, il date de 2007: il s’agit de la carte libre accès. Ça a été mon dernier «travail» comme politique. La superficie de la Commune d’Ollon est la 3e du Canton de Vaud.

Quand vous êtes entré en politique, vous avez arrêté votre fonction à l’Ecole Suisse de ski de Villars...
...Oui, mais on m’a demandé de revenir, j’en suis le Président, je viens d’être renommé pour 3 ans (il sourit). On compte 280 professeur(e)s. En Suisse on est dans les 3 meilleures écoles. Une manière de continuer à redonner au ski tout ce que le ski m’a apporté. 

Optimiste et passionné

Vous avez aussi et notamment été président de la taxe de séjour. Vous avez dû vous faire des amis...
...Vous en connaissez? (Rire)

À considérer votre trajectoire, vos innombrables missions et investissements, comment vous définiriez-vous, en quelques mots?
(Réflexion, il les passe en revue)-Je suis une personne optimiste, passionnée, positive. J’ai de l’empathie également. Avec constance, j’ai cherché à trouver des solutions harmonieuses. Les gens m’ont toujours fait confiance. 

En politique, ça n’a pas toujours dû être facile...
...C’est vrai, il y a eu des prises de bec dont certaines, je ne vous dis pas...J’ai du répondant, j’aime quand il y en a. Aujourd’hui, je rencontre des personnes avec lesquelles j’ai «bataillé». «Tu te rappelles, notre joute...» Là je suis dans l’émotion positive. Je suis très émotif. Partout où je me suis engagé, j’ai toujours œuvré dans l’intérêt de la station. Skieur, j’ai pris des claques, j’ai subi pas mal d’échecs. J’ai appris à les digérer, à les surmonter, à ne pas ruminer longtemps. Cet héritage sportif m’a aidé dans ma vie, dans tout. 

PLR et les verts

Vous êtes PLR, radical avant, proche et soucieux de la nature. Et avec les Verts, êtes-vous toujours d’accord avec eux?
Je comprends les Verts mais certaines fois, ils font preuve de mauvaise foi. L’approche de la nature, pour certains, diffère parce que ce sont des universitaires. Donc, ils ne sont pas tout le temps en phase avec la réalité de cette nature, qu’on doit protéger. Ce qu’il faut, c’est trouver un juste milieu. 

Avec votre frère, Jean-Daniel, médaillé de bronze de la descente aux JO de Grenoble en 1968, vous avez vécu 10 ans de Coupe du monde...
...Mon frère et moi, c’est fusionnel, on est une copie conforme. Personne ne nous a comparé et il n’y avait aucune rivalité. On essayait d’être devant, tout simplement. On se tirait la bourre, elle était saine et belle. Jean-Daniel était plus performant, sa médaille olympique, il l’a méritée.

 

 

Pas de JO, regrets!

Vous n’avez pas participé à des JO. Le regrettez-vous?
C’est un regret. J’ai été tout près d’aller aux JO de Sapporo en 1972. J’avais terminé 2e de la descente préolympique. À St-Moritz, j’avais fini 4e - course comptant comme sélection pour les JO - et il fallait être dans les 4.

Et après?
Il y a eu une course de Coupe d’Europe en Autriche. J’ai chuté, effectué une puissante gamelle. Quand je suis revenu à moi, j’ai vu un tronc planté à côté de moi, si je l’avais percuté, c’était fini pour moi. Ensuite, on part à Kitzbühel. Un peu sur la crainte, je me «viande» dans la forêt. Ça m’a secoué. Alors ça devait se jouer à Wengen. Mais le brouillard s’est invité...J’espérais aller aux Mondiaux de 1974. Comme je n’ai pas été terrible en 1972 et en 1973, j’ai dit stop.

A pied à l'école

Faut-il être un casse-cou de nature pour être un descendeur?...
... Je n’étais pas un casse-cou, j’avais surtout un gabarit de descendeur, le plaisir de la vitesse. À mon époque, on participait à toutes les disciplines (il n’y avait pas encore le Super G). La spécialisation est venue au fil des ans, après 1968. Schranz et Killy, Dumeng Giovanoli disputaient les 3 disciplines. Au plan physique, Jean-Daniel et moi on était bien. On a vécu à Bretaye, l’école était à Villars, on s’y rendait à pied, plusieurs fois dans la semaine. Il n’y avait pas de ramassage scolaire (il sourit). En courant dans la montagne, on se construit un physique de base.

Quelle est la date qui a le plus compté dans votre vie?
Le 28 février 1947 (Rire)

Merci, Mary-claude!

Et la personne?
Mes parents, beaucoup ma maman, conciliatrice, pour sa tendresse et sa douceur. Jean-Daniel, bien sûr et Mary-Claude, mon épouse. Merci Mary-Claude. Sans elle je n’aurais rien pu faire, rien ne serait arrivé. J’avoue que 
je ne lui ai pas trop laissé le choix.

Quel est le défaut qui vous irrite le plus chez les autres?
La mauvaise foi et l’égoïsme.

Quel était le plat de votre enfance?
Quand papa tenait le resto au Col de Bretaye, avant de reprendre celui de la patinoire de Villars, c’était la Croûte au fromage Chamossaire à 3 étages. Je n’en ai jamais retrouvée une d’aussi bonne.

L'harmonie, toujours

Y a-t-il une chose dont vous êtes plus spécialement fier?
(Réflexion)- Je suis fier et content de tout ce que j’ai accompli. L’ensemble me réjouit. Il n’y a rien que je regrette. S’il fallait recommencer je ferai exactement la même chose. Le fait d’avoir pu beaucoup voyager et eu l’opportunité de visiter des stations partout m’a ouvert l’esprit et permis d’élargir mes connaissances. (Courte pause suivie d’un large sourire). Je suis également fier de la reprise du commerce familial par mes enfants et ma nièce. 

Quel est l’enjeu, ici, dans les années à venir?
Maintenir un développement harmonieux. Villars a toujours été une station deux saisons. De retrouver une capacité hôtelière suffisante. À ce propos, le Villars-Palace, classé note 2 au point de vue architectural va réouvrir en juin 2021. Et l’Hôtel du Parc va renaître. Des mécènes nous aident, quelle chance extraordinaire on a. 

Palmarès

  • Michel Dätwyler est né le 28 février 1947 à Ollon.
  • Ancien grand descendeur.
  • Il a effectué sa scolarité à Villars (Ecole publique) puis au Collège privé à Beau-Soleil, établissement où il a pu obtenir les congés nécessaires pour qu’il puisse pratiquer le ski.
  • Il est au bénéfice d’un diplôme commercial obtenu à Beau-Soleil.
  • Il a suivi aussi l’Ecole hôtelière à Genève. Il y a obtenu un diplôme, peu mis en pratique (stages en cuisine). 
  • Le magasin « Dätwyler Sports », inauguré en 1965, et agrandi par trois fois, était auparavant «Le Petit Chalet » sur la place du Marché.
  • Il a fait partie du circuit Coupe du monde durant 10 ans.
  • À son actif: deux podiums. En janvier 1971, il termine 3e à Megève (derrière Russi et Vogler. En janvier de la même année, il est 3e à Val d’Isère, derrière Schranz et Messner). En 1972, à Val Gardena, il est 9e et en 1972, il termine 20e au classement général de la Coupe du monde.
  • En 1969, il gagne à Madonna, la 3 TRE.

 

Retour au blog