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Pamela Fischer, natation synchronisée

25 juin 2020


L’eau est plus qu’un élément de la vie de Pamela Fischer, aujourd’hui Pamela Nicod. «Je vis mieux, je suis plus à l’aise quand je suis dans l’eau que lorsque 
je suis hors de l’eau», souligne-t-elle très rayonnante et pas seulement parce qu’elle attend un troisième enfant. La native de Lausanne qui vit aux portes de la capitale a deux grands frères et deux petites sœurs; des jumelles. «Oui, j’aime les grandes familles.» La vie, les cris, les jeux, la jeunesse. «A Monthey je donne des cours de natation artistique. J’ai un groupe d’élèves âgés de 9 à 14 ans, un autre composé de filles qui ont entre 15 et 19 ans. Et également un groupe Masters, formé d’anciennes nageuses qui ont plus de 20 ans.» De 2013 à 2015, la Vaudoise a entraîné le cadre national Kids (moins de 13 ans), soit l’équipe de Suisse Kids. «Elles ont remporté la Coupe de la compétition, régulièrement chaque saison.»

Des garçons suivent-ils vos cours?
Non. Et je trouve ça dommage. Je me trompe peut-être mais cette discipline aquatique aux JO est la seule où il n’y a pas de garçon. Depuis 2015, il y a des duos mixtes, une nouvelle discipline qui a été introduite dans des compétitions internationales. C’est beau à regarder. 

En vadrouille

Si elle vit au jour le jour et n’a par conséquent pas de plan de carrière, Pamela Nicod Fischer, la battante, la compétitrice qui n’aime pas rester sans rien faire, distille des cours privés à la piscine Mon-Repos à Lausanne et des cours pour bébés-nageurs au Mont-sur-Lausanne. « Ainsi je suis en vadrouille. » Avec en toile de fond, l’eau en permanence, toujours elle. «Je veux transmettre ce que j’ai appris, communiquer mes connaissances.» Après le gymnase, la Vaudoise a suivi une école de massage. «Je suis diplômée et il m’arrive d’en prodiguer.»  Aujourd’hui, un hobby. «Je vis de hobbies et de passions.» Présentement, elle se concentre sur la natation. Mais demain? 

Vous êtes Poissons?
Non, Bélier. Mais j’ai sûrement été poisson dans une autre vie (sourire, il est éclatant).

À considérer votre carrière et votre expérience, avez-vous été approchée par une instance, la Fédération de Suisse par exemple, pour travailler...
...Non. Quand j’ai mis fin à ma carrière, j’ai pensé, sans doute naïvement, que quelqu’un s’approcherait de moi en me demandant si ça m’intéresserait de...Il n’y a eu personne. Au début j’avoue que ça m’a un peu «blessée.» J’admets que cette perspective, cette éventualité de servir une instance, s’est quelque peu évaporée avec le temps. En Suisse, j’ai le sentiment, l’impression, que c’est à l’athlète de faire le premier pas (En Allemagne ou en France, par exemple, ça 
se passe différemment).

Juge en Suisse

Au-delà des cours que vous dispensez, entraînez-vous une équipe?
Oui, l’équipe nationale jeunesse A (13-14-15 ans), au sein de la Fédération. Je suis juge également, j’ai le diplôme B, qui me permet de juger l’élite suisse. Internationale un jour? Pourquoi pas plus tard; car aujourd’hui j’aime bien entraîner.

La natation synchronisée, c’est...
...Il n’y a pas besoin d’être une nageuse olympique pour la pratiquer. Il faut aimer l’eau bien sûr; la synchro, c’est la danse, la musique à écouter pour en épouser son rythme. Il faut être en harmonie avec son corps, on doit travailler l’apnée dans la mesure où sur un programme de 4 minutes, on passe le 60% 
du temps sous l’eau. C’est pourquoi on «fait», à l’entraînement, des demis ou des longueurs de bassin sans respirer, pour entraîner nos poumons à l’effort.

Il n'a a pas de joker

Vous avez concouru en solo, en duo, en groupe (8 nageuses) et en combiné (10 nageuses). Où va votre préférence?
Ces quatre disciplines sont différentes. Je les aime toutes. En solo, on peut s’exprimer comme on veut, parfois improviser. En duo, il y a davantage de stress et de pression. Il faut bien s’entendre avec sa partenaire. Comme si on était des sœurs. En groupe, c’est plus fun, avec un esprit d’équipe développé, mais les erreurs se voient aussi....

Aux JO de Londres, votre partenaire était Anja Nyffeler...
...On était un duo complémentaire. Elle est grande, je suis plus petite. Anja est très calme, j’ai du caractère. Avec moi, il n’y pas de joker (rire).

Les JO, pour tous les athlètes, c’est un rêve...
...Ça a été le mien aussi. J’avais 10 ans et je nageais à Pully (Pully Natation). Un jour, mon entraîneure m’a demandé si j’avais un rêve. Je lui ai répondu: aller aux Jeux Olympiques. Elle a approuvé, m’a dit que si je voulais bénéficier de conditions d’entraînement et de structures plus performantes, il fallait que je change de club. Alors je suis allée au Lausanne Natation. 

L’eau est vitale

L’eau est une source de vie pour vous. Quand son contact vous manque trop, cela a-t-il un impact sur votre humeur...
...Oh! Oui, je peux être désagréable, de mauvaise humeur. Le confinement, ça a été dur (elle sourit, Pamela Nicod Fischer irradie).

Pourquoi avez-vous mis fin à votre carrière à 25 ans. C’est jeune, non?
C’est la fleur de l’âge, dans ce sport. Cet arrêt, je l’avais déjà programmé avant les JO de 2012. La coutume veut qu’on arrête un an après des Jeux. Je m’y étais donc préparée, cette décision avait été réfléchie et programmée. Donc je savais que la fin interviendrait après les Mondiaux de Barcelone en 2013. À Londres, il y avait toute ma famille et des amis qui ont pu venir me voir. À Barcelone, mes parents, un de mes frères et mon copain (mon mari actuel) étaient présents. Mes autres proches ont suivi mes exploits à la TV. Ça a été un moment génial et inoubliable.

En natation synchronisée, le risque de blessure est-il réel?
Oui, la blessure touche les épaules, les genoux, le dos, les hanches. On peut subir aussi une commotion, quand on retombe sur une autre fille. En groupe je me rappelle m’être cassé un orteil. Mais rassurez-vous, les accidents ne sont pas fréquents. En vue des JO, on s’est entraîné 30 heures par semaine et 40h lors des camps (6 mois par année). On ne pouvait rien faire d’autre. On ne s’enrichit pas avec la natation synchronisée. Je ne connais personnes en Suisse qui a gagné des sous. Je dis merci à mes parents qui m’ont soutenu et hébergé durant toutes ces années.

Le «mouton noir»

Votre papa est vigneron-encaveur. La vigne...
...J’aime contempler les vignes, le paysage, les sites, mais je ne suis pas faite pour y travailler; d’ailleurs, je ne bois pas de vin non plus. Sauf, peut-être, la vendange tardive, qui est sucrée (pas en ce moment, on est bien d’accord...)Je suis le « mouton noir » de la famille (elle rit de bon cœur). Mais je donne des coups de main: mise en bouteille, étiquetages, livraison, etc. J’habite au-dessus de la cave, c’est sympa. Un jour, mon papa, qui avait tout compris, a déclaré, voire confirmé: «Pamela? Elle est meilleure sous l’eau.»

Grâce, notamment, à votre sport, vous avez beaucoup voyagé...
...Oui, j’ai aimé voyager. Je suis allée dans tous les continents, sauf l’Afrique. Je me rappelle qu’en Australie et en Chine, on était rester 10 jours de plus pour visiter. Je me suis mariée en 2015. La demande en mariage s’est faite au Mexique, à Tulum en 2014, nous avions poursuivi notre voyage au Costa-Rica.  Pour notre voyage de noces en 2015, nous sommes allés au Vietnam et au Cambodge. En 2018, pour le mariage de noce de ma sœur, nous étions à Las Vegas et nous avons profité de rester 10 jours de plus pour faire un road trip des Canyons. Les voyages, c’est vraiment chouette, mais avec des enfants, on voyage moins et moins loin. On profite de visiter la Suisse, qui est toute autant magnifique.

Palmarès

  • Pamela Fischer, devenue Pamela Nicod en 2015, est née le 7 avril 1988 à Lausanne.
  • Ancienne championne de natation synchronisée. 158cm, 49kg.
  • Ses qualités (dans le désordre): rapide, technique, puissante, élégante 
  • Son entraîneure au Lausanne Natation était Sarah Harris, elle a créé tous les programmes solos depuis 2001. Yulia Vasilieva (Russie) a été l’entraîneure de duo de 2011 à 2013. 
  • Sa carrière a duré 13 ans (2000 à 2013), à l’internationale dès 2002. 
  • A participé aux JO DE LONDRES en 2014. En duo avec Anja Nyffeler (20e, il 
  • fallait être classée dans les 12 premières pour aller en finale).
  • A été 6 fois championne de Suisse en solo (de 2009 à 2014).
  • A participé dans l’élite à 5 championnats d’Europe (2004 à 2012, tous les 2 ans) et à 5 championnats du monde (2005 à 2013, tous les 2 ans). Son 1er championnat du monde, c’était en groupe (8 nageuses) en 2005, à Montréal. 
  • Premier championnat du monde élite en solo: en 2009 à Rome, 14e rang.
  • Le dernier, c’était en 2013, à Barcelone (14e en solo, 12ème en duo avec Anja Nyffeler).
  • A fait partie de l’équipe de Suisse junior de 2002 à 2006.
  • A été championne de Suisse junior en 2000 et en 2003 (solo) et en 2006 (solo et duo).
  • Aux championnats du monde junior en 2006, elle a terminé 11e en solo et 10e en duo avec Aude Bellina.
  • A participé à bon nombre d’épreuves de Coupe d’Europe et du monde. Sa 1ère épreuve de Coupe d’Europe date de 2004. Et la dernière, de 2012.
  • A fait partie de l’équipe de Suisse de 2003 à 2013.
  • À l’occasion des JOJ 2020 à Lausanne (Jeux Olympiques de la Jeunesse), la Vaudoise a fait partie du conseil des athlètes. Une « ambassadrice. » « On m’avait contactée bien avant leur tenue. »
  • A été élue Mérite Sportive Vaudoise en 2011 à Chavornay.

 

Vidéos

Portrait Pamela Fischer 

 

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