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Patrick Ferland, ancien nageur surdoué, haut pédagogue qui peint et qui écrit

14 mai 2020

 

Patrick Ferland est un artiste. Sa vie est alimentée par une intensité ressentie quotidiennement, par une jouissance aussi, qui est l’action de se servir d’une chose, d’en tirer les satisfactions qu’elle est capable de procurer. Lui, l’ancien grand nageur, spécialiste du dos, a vu le ciel en faisant tournoyer ses bras, et pas les catelles quand on pratique les autres disciplines de ce sport ingrat et dur, qui laisse des traces au niveau des vertèbres, la faute aux charges qu’il impose. 

Du Dali cher Ferland

Il peint, Patrick Ferland; dans ses œuvres, il y a du Salvador Dali «Je n’arrive pas à faire ce que les autres ont déjà fait et je n’ai jamais copié ce qui existe déjà» où des visages sont cachés, où d’autres formes s’expriment fortement dans le talent, dans l’imaginaire, dans le génie de la pensée. «J’écris d’abord le thème sur du papier, puis je prends le fusain ou le crayon et je peins dessus. Où, quand tout se précipite chez moi, je peins directement sur la toile.» il y a un message sur chaque toile, caché, métaphorique et allégorique à découvrir. Passionnant. Euphorisant. 

La peinture, pour Patrick Ferland, c’est une thérapie. Il y exprime ses mots, ses maux «Depuis tout petit, j’ai eu l’impression que je ne faisais pas partie de la même famille que mes parents. Ma mère m’a conçu dans un autre projet et ça me torture. Comme si j’étais mort-né. Ce passé, ce que je vis est malsain, voire troublant. Mais j’ai développé une force intérieure, au travers de mes luttes, qui me permet de peindre, d’écouter et d’aimer passionnément la musique, de voir des amis, tout ça m’aident à exorciser mes troubles intérieurs matérialisés par des manques d’amour. Entre autres.»

Une vilaine jalousie

Dans son fonctionnement, Patrick Ferland avoue qu’il se consume. «Avec la natation, poursuit-il, mon corps a brûlé toutes ses cartouches.» Alors, que lui reste-t-il? Des amis qui le comprennent, qui ne sont pas jaloux, envieux. «Je ne suis ni orgueilleux ni prétentieux; seulement, j’aime faire à ma manière et ça peut déranger. Je suis pour le lentement ensemble au lieu du seul et vite. J’aime le travail en équipe. On ne peut pas dire: moi, je, seul. J’aime demander l’avis ou de l’aide, au plus faible, au plus petit. C’est une forme existentielle du bien-être personnel et j’ai compris ça. Dans l’existence, on est sous-dépendant de tout. Ma personnalité dérange beaucoup de gens. Tout ce que je touche, ça me réussit. Des gens comme ça on ne les aime pas. Jalousie. Je ne croyais pas que ça pouvait exister; mais je le pense et le vis, depuis. C’est douloureux de ne pas se savoir aimer par d’autres. Je souffre le martyr de ça.»

HPI et HPE

Il y a quelques mois, suite à une discussion, Patrick Ferland a été diagnostiqué comme étant une personne HPI, avec un Haut Potentiel Intellectuel, «La carte est délivrée par des scientifiques», et HPE, Haut Potentiel Émotionnel, qui est une intelligence émotionnelle particulière, celle des surdoués. « Il a fallu attendre 54 ans pour que j’apprenne ça. C’est dingue!» Le Vaudois ajoute: «Je viens de très loin, je sais ça alors que j’étais tout petit. J’avais un an, j’étais à quatre pattes dans le salon chez mes parents. À un moment donné je me suis redressé, mon corps s’est mis à la verticale comme si une puissance venue d’en haut m’avait tiré et je me suis entendu dire: ça y’est, j’y suis arrivé. Oui c’est stupéfiant, à un 1 ans, un bébé, ça pense.» Plus haut, on parlait du ciel, de sa vue, depuis un bassin. «Le ciel est porteur d’élévation. Le ciel n’a jamais quitté ma tête et le bagage qu’il véhicule m’accompagne toujours.»

Un roman fantastique

Vous dites aimer le travail en équipe. Alors nageur, vous avez du aimer, voire préférer les épreuves de relais...
...Oui, peut-être plus que les épreuves individuelles, parce que tu t’engages, il y a l’orgueil du groupe, une dynamique de groupe, chacun nage pour l’autre et à la fin, on fait les comptes. 

L’écriture étant aussi un talent chez vous, avez-vous aujourd’hui terminé votre roman?
Oui, le livre fait 300 pages. Il s’agit d’un roman fantastique à l’intérieur duquel il y a une autobiographie cachée. Le tapuscrit est dans mon ordinateur.

Des toiles à exposer

Pour vos toiles, qui doivent être exposées, connues du grand public, sinon cela serait du gâchis, cherchez-vous des galiéristes?
Oui, si j’ai hésité jusque là, c’est parce que je ne sais pas me vendre. C’est un problème et j’en ai un autre, avec l’argent: je le distribue au besoin des autres. J’ai un côté philanthropique. Cela aussi ça ne doit pas plaire. Je suis humble, peut-être que je cache aussi une timidité sous divers aspects. Est-ce que je la cherche, trouverais-je un chemin? Je ne sais pas. Je réfléchis trop, je le sais. La natation m’a sauvé, le piano m’avait sauvé et le sport m’a aidé dans ma façon de penser. Si dans l’architecture il y a 3 dimensions, il n’y en a qu’une dans la musique: ses ondes. Alors nageur, j’écoutais du classique et du jazz. On disait que j’étais « anormal.» L’est-on si on touche le talon ou le doigt de Dieu?

Combien avez-vous de toiles chez vous?
J’en ai plus de 30. Elles sont toutes assez grandes (60x80xm), sauf quelques tryptiques et dyptiques. Ma famille en possède une dizaine. J’en ai vendues dans le monde une trentaine, cela m’a rapporté environ frs 20’000.-. Dans ma vie, j’ai dû en peindre huitante. Mes couleurs préférées? Le bleu et le jaune, le vert et le noir, qui sont des couleurs primaires et secondaires. En revanche il y a peu de rouge dans mes toiles, sauf pour des natures nippones dans les couleurs d’automne). Le rouge pourrait être une de mes couleurs préférées mais pour mes créations artistiques, elle paraît peu, puisque je vis déjà «en rouge». La peinture est l’expression la plus accessible pour moi. Si j’ai un thème favori, une ligne conductrice? C’est l’Antiquité et la Renaissance. Secundo, ce sont les ombres, les côtés de l’Humain, sa lumière, sa force et sa forme.

 

Membre d'une confrérie

On croit savoir que vous avez fait partie d’une Confrérie...
...Oui, de la Confrérie des peintres vaudois. Il y avait 50 personnes et j’étais le seul néophyte. Il n’y avait quasi pas de dame. On m’avait surnommé l’Agneau Blanc. J’ai fait partie de cette Confrérie durant 5-6 ans, de 14-15 ans à 20-21 ans.

Et l’éditeur, pour votre roman?
Je vais en approcher quelqu’uns. 

Palmarès

  • Patrick Ferland est né le 6 août 1965 à Lausanne. Il est d’origine hongroise par son papa. Sa maman est de nationalité hollandaise et helvétique.
  • Maître d’éducation physique et breveté de la HEP (Haute Ecole Pédagogique). 
  • Il a passé plus de 20 ans dans l’enseignement secondaire. Son autre savoir a englobé l’anglais, la géographie, l’informatique et le français.
  • Il est devenu pédagogue en qualité d’enseignant spécialisé en renfort pédagogique (inclusion et intégration scolaire), payé par l’Etat de Vaud. Sa mission est de soutenir les élèves mandatés par la DGEO (Direction Générale de l’Enseignement Obligatoire) afin de permettre à ces adolescents de vivre une scolarité normale et de rester dans l’enseignement classique. Et de mettre en valeur les qualités et les vertus de chacun d’eux. Il s’occupe de nombreux élèves confrontés à des difficultés d’apprentissage, des troubles sociaux et comportementaux. 

DANS LE SPORT

  • Ancien nageur. Dossiste. Il a été le premier nageur suisse à descendre sous la minute sur 100m dos, en 1983 à Zürich.
  • Il a disputé deux Jeux Olympiques, mais aussi sélectionné à ceux de Barcelone en 1992. Il a refusé de s’y rendre, conscient qu’il n’y aurait fait que de la figuration.
  • En 1984 à Los Angeles, il est 22e sur 100m dos et 22e sur 200m dos, 5e avec le relais 4x100m, composé de Ferland (dos), Étienne Dagon (brasse), Théo David (papillon) et Dano Halsall (libre).
  • En 1986, aux Mondiaux de Madrid, le relais 4x100 4 nages (Ferland, Dagon, David et Halsall) termine 6e de la finale.
  • En 1988 à Séoul, il est 24e sur 100m dos, 29e sur 200m dos et 9e du relais 4x100m, composé de Ferland, Dagon, David et de Stefan Volery (libre).
  • Il a remporté environ 60 titres de champion de Suisse. 70 fois record de Suisse individuellement (100 et 200m dos, 200m 4 nages et les relais).
  • Il est champion du monde Masters à Montréal en 1994 sur 100m dos et avec le relais 4x100m (même composition qu’aux JO de Séoul.
  • Il est 2e de la Coupe du monde en petit bassin à Malmö en 1986 sur 100m dos.
  • Il a détenu durant plus de 20 ans les records de Suisse du 50m dos (27’’96), du 100m dos en 57’’79 (1987) et du 200m dos en 2’06’’09 (1987).
  • Ses meilleurs chronos absolus
  • Mars 1983 (17 ans), 100m dos en 59’’58 (en grand bassin, premier Suisse sous la minute). 
  • Mars 1988 (21 ans), à Genève, 57’’79 sur 100m dos, 7e temps mondial cette année-là, en grand bassin.
  • En hiver 1986, à Santa Clara en Californie, il réalise en petit bassin sur le 200m 4 nages, 1’55’’89, chrono invraisemblable, stratosphérique encore à ce jour. Un chrono sans résonance médiatique (pas de web et pas de net, pas de réseaux sociaux à l’époque, etc). Patrick Ferland était-il en avance sur son époque? 

 

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