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Sébastien Barberis, de Vevey à Lausanne, le parcours de cet homme de passions est riche

19 mars 2020

 

Il a quitté Vevey pour Lausanne, travaille à la BCV depuis 2017 après avoir servi  toujours avec élégance le Crédit Suisse, où il était responsable de la gestion de fortune et des crédits hypothécaires pour la Riviera. Sébastien Barberis, 47 ans jusqu’à fin mai, maintient un horizon joyeux et ses passions intactes. Il n’est pas du genre à improviser les situations, il les vit. « Au Siège, je suis responsable de la clientèle privée. » Sous ses ordres, il a 25 collaborateurs. Il est fier d’arpenter le hall de la grande bâtisse, d’y travailler dans ses murs. Qu’il quitte néanmoins fréquemment, pour affaires. « Je ne me vois pas être enfermé toutes la journée à l’intérieur d’un bureau. » Ce transfert, du Crédit Suisse (14 ans à Vevey) à la BCV, à Lausanne, il l’a ressenti comme un challenge. «Se remettre en question, se mettre en danger, ça fait du bien et d’être en ville aussi. Je suis un citadin et mon parcours est lausannois. » Certes, reste que Sébastien Barberis, homme passe-partout, aime aussi la campagne, son calme et ses douceurs; celle du Nord-vaudois par exemple, « Région où je vis depuis 3 ans. » 

Un homme de couloir

Sébastien Barberis est un homme de couloir et de terrain. Au football il était un latéral qui aimait monter, créer le surnombre en zone offensive. Marquer. «J’ai inscrit une trentaine de buts en LNA.» La Super League, pour les puristes et les  anglophiles. C’était un homme de devoirs «Un état naturel chez moi» et il l’est resté dans la vie de tous les jours, à la banque, partout. «C’est dans mon ADN. Avec l’âge, ils s’affinent, on s’affirme et la personnalité ressort. Par contre, j’ai hérité de ma maman un côté plus consensuel.» C’est souvent dans le chic qu’il s’exprime, il dit des mots en les pesant, sur la balance de sentiments, parfois, sur celle de la passion, tout le temps.

Alors joueur, outre vos qualités de battant et de compétiteur, c’est la régularité de vos performances qui ressortaient le plus...
...Papa (Umberto, ancien grand joueur et international) m’a transmis ça. Il n’y a pas besoin d’être un jour le meilleur et après le moins bon. Il me disait « Sois toujours parmi les 3 à 5 meilleurs joueurs de l’équipe, surtout quand tu perds. » C’est vrai, j’étais constant, physiquement toujours prêt, j’accordais une grande importance à mon hygiène de vie. À force de travailler, on peut y arriver, avec d’autres valeurs.

Un homme passe-partout

Dans la vie de tous les jours, quels sont les propos qui vous font râler?
Je n’aime pas les préjugés, les extrêmes (religion, races, etc). On vit dans une société multiculturelle et il faut respecter ça. Je suis contre le fait qu’on impose des choses. L’injustice? Personne ne l’aime mais elle fait partie de la vie. Je suis  contre le renfermement sur soi. 

...Vous êtes d’origine italienne...
...Oui, je suis aussi Genevois, Vaudois, Valaisan, Bâlois, je suis un peu de tout et bien partout. Voilà pourquoi je peux m’exprimer de la sorte. Je suis dans le monde, j’aime bien le monde. Quand on est dans cet esprit-là on est libéré de pas mal de choses. 

Pour quelle faute ou attitude avez-vous le moins d’indulgence? 
(Courte réflexion)-Le manque de ponctualité. J’ajouterai aussi l’incapacité ou le refus de se remettre en question. Je passe pour un gentil...mais faut pas croire (il rit). Dans la vie, rien n’est jamais acquis. L’humilité est une belle valeur. Dans le travail, il faut se soutenir dans la mesure où on ne peut pas tout savoir. C’est là que la notion d’équipe est importante. Au football, c’est pareil, on doit aussi travailler pour les autres. La solidarité permet de compenser bien des choses. C’est une question de respect, d’honnêteté vis-à-vis d’un entourage quel qu’il soit, de l’entraîneur, des joueurs etc. Le service doit être impeccable. Je suis quelqu’un qui écoute. Je suis dans l’empathie.

Je passe pour un gentil, mais faut pas croire, dites-vous. Ça veut-il dire que...
...J’ai une assez longue patience, comme l’élastique qu’on tend mais qui pète à un moment donné. Là, ça peut devenir compliqué. Il ne faut pas me la jouer longtemps (il sourit...néanmoins). Mais je ne suis pas rancunier. 

Vous avez été international avec les M21 mais pas avec l’équipe première...
...Pourquoi? Parce que je n’avais pas le niveau requis. Et puis, j’étais un joueur polyvalent. Il faut être le meilleur à son poste. Encore aujourd’hui. 

Du respect pour le papa

Quand vous jouiez, d’aucuns soulignaient fréquemment que vous étiez le fils d’Umberto. Ça vous agaçait?
Non. J’ai tellement de respect pour mon papa que ça me rend fier d’être son fils. Je l’admirais et ça n’a pas changé, sachant qu’on n’a pas la même personnalité ni le même caractère. Papa a été une source de motivation.

Au FC Servette, il a été votre entraîneur...
...Durant 6 mois (en 1995) Sur le terrain, je n’étais plus son fils. C’était spécial, mais il ne m’a jamais fait de cadeau en me faisant jouer par exemple. Mon père avait succédé à Bernard Challandes, qui s’était fait limoger. Sous sa direction, j’étais titulaire. Je le suis resté (logiquement). 

Vous avez été junior à Carouge...
...Oui et mon papa venait me voir jouer. Je n’aimais pas trop qu’il vienne me voir. J’ai une autre anecdote. Je jouais à Bâle et il était venu au match, avec ma maman. À la fin, on se retrouve et deux gamins s’approchent de nous, un carnet à la main, pour un autographe. Mon père était sûr que c’était pour lui. Mais c’est moi qui ai signé (Rire).

Un latéral centriste

À l’issue du match St-Gall-YB (3-3), le 23 février, Peter Zeidler, entraîneur de l’équipe saint-galloise a déclaré: «On aurait aimé être seul devant, mais on va continuer à travailler, non, pas travailler, j’aime pas trop de ce mot, à jouer au foot ensemble.» C’est beau, c’est rarissime, non?
C’est top! Jouer au ballon avec du plaisir. Mais nous vivons dans un monde où il faut montrer l’intensité de l’effort, avoir la capacité d’aller au-delà d’une certaine fatigue. Ça passe par le travail. Aller au-delà, c’est un travail sur soi-même. 

La politique vous intéresse. Et en faire?
Oui, j’aime bien la politique, être informé, renseigné. Pour l’instant, ça s’arrête là. Je suis plutôt centriste, avec des idées bien partout (il sourit). 

Palmarès

  • Sébastien Barberis est né le 31 mai 1972 à SIon.
  • Il jouait au milieu du terrain -poste initial- mais aussi comme latéral droit, joueur de couloir.
  • Il a évolué à l’ES Malley (alors en LNB) de 1990 à 1992 (prêté par le LS).
  • Il a joué avec Servette (1992 à 1997), puis à Bâle (1997 à 2005). Puis au FC Bulle (1ère ligue) où il a occupé le poste de directeur sportif (fin 2007).
  • Relégué en 2e ligue inter en 2010, il quitte le club, imité par l’entraîneur Stephane Henchoz.
  • Il a été champion de Suisse avec Servette (1994) et finaliste de la Coupe de Suisse en 1996.
  • Il a été à 3 reprises champion de Suisse avec Bâle (2002, 2004, 2005) et a remporté 2 Coupe de Suisse avec le club rhénan (2002 et 2003).
  • Avec Bâle, il a disputé la Ligue des champions (2002 et 2003).
  • Il a été international suisse des M21. 
  • Depuis 3 ans, il entraîne les juniors D (nés en 2008-2009) du FC Champagne 

 

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