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Vanessa Gusmeroli, cette ancienne championne de patinage artistique est professeure au CP Genève et une entrepreneure active 

26 mars 2020


À Annecy, son papa possédait une pizzeria. Il y a longtemps. « À la Clusaz, il a même créé Pizza-Minute », dit Vanessa Gusmeroli, qui n’a jamais été tentée de donner dans la restauration. « Les pizzas? Je les mangeais, j’aimais bien, c’est tout.» Elle sourit, nous bavardons, elle a une heure, avant de retrouver la glace,  ses élèves pour un cours. Depuis 6 mois, elle est professeure au CP de Genève. «Auparavant, et durant 11 à 12 ans, j’ai été professeure indépendante, toujours en patinage, à la Ville de Genève. » 

Sportlogin.ch

Hyper active, Vanessa Gusmeroli a développé un logiciel « Sportlogin.ch » qui existe en fait depuis 10 ans, outil de gestion destiné à venir en aide, à organiser le quotidien et à simplifier la vie des professeurs (notamment), pour tout ce qui a trait à l’organisation, à la planification des cours et à la facturation; pour tout ce qui concerne aussi la communication. « Je suis en train de le commercialiser (louer), ici en Suisse (écoles, clubs, privés, etc). J’ai consulté un avocat pour les droits d’utilisation. »

Mentor en PNL

Elle est également Vanessa Gusmeroli, mentor coach en programmation neuro-linguistique (PNL) « La psychologie, c’est vague, précise-t-elle. Dans ce cas-là,  qui est précis, ça serait de se dire comment (re)programmer le négatif en positif. Je pourrais en faire mon métier. » Un mentor aide une personne à révéler ses propres compétences inconscientes. En simplifiant un peu, la PNL est une méthode de psychologie appliquée, faite de curiosité et d’expérimentation, de respect aussi, focalisée sur la manière dont une personne peut atteindre un résultat.

Jusqu’à l’âge de 16 ans, Vanessa Gusmeroli, que ce soit en ski nautique ou au patinage, n’a quasiment jamais perdu. Douée, elle a toujours été humble dans ce qu’elle entreprenait, toujours dans la performance aussi, ce qui lui a permis de rester au plus haut niveau, dans deux disciplines à la fois; avant de choisir. Plus justement, de devoir le faire. «Si je m’amuse, si je suis heureuse, dit-elle, souriante, je fais des miracles. Et encore aujourd’hui. » 

Dans le hockey

Depuis un certain temps, et de plus en plus, cette «entrepreneure» sur glace enseigne le vocabulaire du patinage à des équipes de hockey «Ou si on me le demande, de manière individuelle », via le club. « C’est très bénéfique dans la mesure où les résultats ne se font pas attendre et cela se voit sur leurs jeux, à l’entraînement ou lors de stages. Ils se sentent beaucoup plus à l’aise, et ils le font savoir. Cette autre activité me plaît aussi beaucoup. 

Qu’est-ce qui vous plaît dans le patinage? Son milieu, la beauté, sa magie?
(Du tac au tac) ...Pas le milieu, ça non? Mais le patinage, les émotions que ce sport dégage et procure aux gens; les émotions que les patineurs font passer au public. Il y a un échange. C’est tout ton corps qui vibre avec la musique.

À propos de musique, qui l’a choisi?
Il y a de « grosses » négociations avec l’entraîneur, la ou le chorégraphe; et la fédération. Il arrive que les fédés s’en mêlent. Oui, plus on a un vocabulaire musical large (classique ou moderne), plus on a des chances d’apprécier la musique choisie. Cette musique, il faut qu’on l’aime sachant qu’elle va nous accompagner quotidiennement, durant une saison et parfois plus. 

L'année 2000

Quelle est l’année où la date qui a le plus compté dans votre parcours, qui a eu une influence sur la suite?
L’année 2000. Cette année-là j’ai quitté Annecy, Didier Lucine, mon entraîneur  depuis mes débuts, pour Paris. À Annecy, j’ai senti que je ne progressais plus et mentalement, c’était devenu pesant. C’était une fin de cycle. Je l’ai pris comme ça. Il fallait que j’évolue, que je grandisse. Mais ça a été très très dur de partir. Didier Lucine m’a tellement donné et apporté, que c’était comme si je quittais ma famille. 

Vous arrivez à Paris...
...Et il y a eu un changement énorme. Dans cette grande ville, j’étais livrée à moi-même. Mon entraîneur était russe. Malgré une blessure aux pieds qui m’empêchait de m’entraîner autant que je le devais, c’est paradoxalement en 2000 que j’ai réalisé mes deux plus beaux programmes: à Nice, lors des mondiaux et à Sofia, aux Européens. J’ai été deux fois 4e, mais pas bien jugée. Ces deux programmes, je les ai reçus comme la récompense de tout le travail que j’avais accompli à Annecy. C’est comme si on avait enlevé la soupape d’une cocotte-minute. 

Juge internationale

À ce propos, vous êtes juge, reconnue depuis 2008...
...Oui, je suis technical spécialist. Mon passé de patineuse me permet de bien connaître les éléments. La Fédération française m’avait proposé de suivre des cours avec examens. Cela a été tout de suite un plaisir; surtout, ça m’a permis de rester dans le monde du patinage. J’ai officié dans tout: dans des GP et aux JO de Sotchi en 2012, aux Mondiaux de Tokyo en 2019 et au GP de France. Et d’autres grands événements sont encore à venir.

Si on vous dit que le patinage aujourd’hui a passablement perdu de son sens artistique, la multiplication des sauts étant de plus en plus marquée. Êtes-vous d’accord avec ça?
Les sauts ont une grande importance. C’est vrai. La note technique est assez juste aujourd’hui, parce que tout est précis. Elle est cadrée. Il y a beaucoup de choses dans la note artistique. Ses composants sont très nombreux. Il y a par exemple l’expression, le choix musical et du costume, etc. Peut-être faudrait-il un groupe de juges s’occupant de la chorégraphie, un autre se concentrant sur l’interprétation et un autre sur les transition, etc. Cela ferait un vrai résultat, qui déboucherait sur un classement où le premier ou la première aurait tout ça. Un patineur complet en quelque sorte.

Durant de très nombreuses années, vous avez pratiqué le ski nautique et le patinage artistique en parallèle...

Douze heures contre quatre

...Bien que le haut niveau en patinage exige qu’on lui consacre beaucoup de temps, il m’en restait encore un peu pour la pratique du ski nautique. Le gros de l’entraînement, c’était pour le patinage. Soit 12 heures d’entraînement sur la glace et hors glace par semaine contre 4 pour le ski. L’avantage que j’avais tenait à ça : le patinage est tellement complet que sa préparation physique, par exemple, m’a été utile dans l’autre sport. Après l’hiver, retrouver le soleil grâce au ski nautique m’insufflait une énergie extraordinaire. J’étais heureuse.

À partir de quand vous n’êtes-vous plus consacrée qu’à un sport?
Après ma 3e place aux Mondiaux de patinage en 1997. Des personnes des deux fédérations ont dit: Vanessa, il faut qu’elle choisisse. J’ai choisi, je n’ai  pas regretté ma décision. J’avais opté pour la voie difficile. Je bénéficiais, je pouvais m’appuyer sur tout un staff que je n’avais pas au ski nautique.

La glisse à la une

Existe-t-il des similitudes entre le ski nautique et le patinage?
Ce dont deux sports de glisse, il y a des figures, des rotations, ils sont jugés un peu pareil. Le patinage est plus gracieux, il a un côté artistique, une fluidité qu’on retrouve, qui se reflète au ski nautique. 

Le mot contrainte apparaît souvent quand on parle de patinage...
(Courte réflexion) ...Le patinage est un sport qui demande un entraînement tout le temps. Il faut faire attention à son poids. Voilà une contrainte et on la retrouve dans la grande majorité des sports. Il faut être fort athlétiquement, mais svelte, fort mais gracieux. Les muscles doivent être allongés. 

Le patinage est-il toujours un sport cher?
Parce qu’il s’est démocratisé, ce sport l’est moins qu’avant. Il y a moins de cours privés et davantage de cours collectifs.

 

Palmarès

  • Vanessa Gusmeroli est née le 19 septembre 1978 à Annecy.
  • Elle est diplômée d’Etat français supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport. Elle est au bénéfice d’un diplôme équivalent, ici en 
  • Suisse, soit à Swiss Olympic et de la relève Jeunesse & Sport II. 
  • Elle a commencé le patinage artistique à 6 ans.
  • Parallèlement au patinage, elle a aussi pratiqué le ski nautique au plus haut niveau. 

SKI NAUTIQUE

  • En 1991, elle est vice-championne de France et vice-championne d’Europe, espoir.
  • En 1994, elle est championne d’Europe élite (figures). Et 2e en slalom et en combiné.
  • En 1997, elle est championne de France (figures). Elle a fait partie de l’équipe de France élite de 1990 à 1998.

PATINAGE ARTISTIQUE

  • Elle est 3e au Mondiaux de 1997, 5e en 1999 et 4e en 2000 (6 participations).
  • Elle est championne de France en 2000, 2001 et 2002. Elle termine 2e en 1997, 3e en 1998 et 2e en 1999 (9 participations).

ROLLER-IN-LINE ARTISTIQUE

  • Elle a été terminé 1ère de l’Open mondial 2014 et 2015 en couple, avec Matthieu Jost
  • Elle a participé à 2 JO, terminant 6e à Nagano en 1998. Et 16e en 2002.
  • Aucun podium à des championnats d’Europe (7 participations). Son meilleur résultat: 4e en 2000. 
  • Elle a participé à 3 championnats du monde junior: 4e en 1994, 5e en 1995 et 6e en 1996.
  • Elle a participé à de nombreux GP ISU: notamment à la Coupe d’Allemagne (3e, 1996-1997) et au Trophée de France (2 x 3e, 1997-1998 et 1998-1999). Et 4e au Trophée NHK (Japon, 1997-1998).
  • Elle a patiné pour Holiday on Ice, Art on Ice, dans le show Tom Collins, etc.

Après sa carrière, Vanessa Gusmeroli a créé des spectacles sur glace, pour des Fêtes, qu’elle a vendus à des sociétés etc etc avec un plateau d’artistes connus, reconnus «La présence ou non des meilleurs patineurs de la planète dépendait du budget à disposition. La durée? 2h30 avec deux parties ou une heure. Je me produisais dans ces spectacles. Aujourd’hui, on m’appelle toujours pour créer des spectacles à la carte. »

Vidéos

 

 

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