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Didier Défago, ancien grand skieur

08 avril 2021

 

Didier Défago est en résonance avec lui-même

Durant toute sa carrière de skieur, Didier Défago, 43 ans, a eu besoin d’audace et convoqué des ambitions. Histoire d’agir haut (Jeux olympiques), fort (entrer dans la mémoire collective), loin (longs voyages ou pas, à l’étranger) et vite (en descente).

Cet enfant de Morgins, qui l’est resté, a dessiné son destin, qui est aussi une puissance, saisissant des opportunités, parfois différentes, s’offrant à sa vie. Ainsi, depuis la fin de l’année passée, Didier Défago est le nouveau Président des remontées mécaniques du Valais. «Autour de moi, il y a des personnes très compétentes. En 2017, on m’avait déjà proposé une place, d’entrer dans le comité. J’ai toujours trouvé les contacts intéressants, plaisants, fructueux, voulu connaître l’autre côté du domaine skiable. Il y a un paquet de lois qu’il faut savoir.» Dans tout ce qu’il entreprend, Didier Défago est en résonance avec lui-même. Chez lui, il y a de l’humilité et une belle générosité. 

Un champion à l'écoute

Quel est votre travail au sein des remontées mécaniques? 
En Valais, il existe plus de 40 sociétés de remontées mécaniques. La mission est de les soutenir, d’être à l’écoute, de mieux connaître leurs représentants et de trouver des solutions à leurs problèmes. Il va sans dire, à considérer ce que nous vivons, que nous sommes très sollicités. Je précise que nous ne rentrons pas dans leur stratégie, qu’elle soit tarifaire, de communication ou de gestion. 

Vous rappelez-vous votre numéro de dossard lors de la descente aux JO de Vancouver en 2010?
(Du tac au tac)- Le 18. Aux JO, il n’y a que 4 places pour chaque discipline. Nous étions 7 à avoir réussi les critères: 5 avait fait un podium et parmi eux deux avaient gagné. La sélection n’est tombée que sur place à Vancouver. Les 2 vainqueurs étaient sélectionnés, les autres devaient se qualifier durant les entraînements. J’ai décroché ma place à l’issue du dernier, le vendredi 12 février, jour précédent la course.

Géant et slalom d'abord

Peut-on dire que la descente -vous avez été champion olympique en 2010 à Vancouver - a été votre discipline préférentielle?
Non, dans la mesure où je suis arrivé en Coupe du monde avec le géant et le slalom. Comme chez les jeunes, il y avait très peu de courses de vitesse, ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai découvert vraiment les disciplines de vitesse. 

Vous êtes-vous dit une fois: je n’en peux plus, c’est trop d’investissements et de contraintes, j’arrête?...
...Oui, une fois, en 4e année d’apprentissage. Je me rappelle, je me trouvais devant ma planche à dessin. Il y avait le boulot, le ski et la combinaison des 2 était compliquée. Je n’en pouvais plus. Merci à mes parents, ils m’ont toujours soutenus. Ma fille pratique l’équitation, mon fils joue au foot. Avec les enfants, ce n’est pas toujours évident. Cela étant, quand vous êtes toute l’année avec les mêmes personnes, que ce soit à l’école, aux études, au travail, ou dans le sport, le fait d’avoir une activité en parallèle, d’être au contact avec d’autres gens dans un contexte différent, permet de changer d’ambiance et ça fait du bien. 

Vous arrive-t-il de penser, parfois, à certaines de vos courses?
Pas assez! Souvent, on me remontre des images, alors c’est compensatoire. 

Une dynamique au SC Morgins

Si vous pouviez aujourd’hui revivre une épreuve skis aux pieds, pour le fun, laquelle choisiriez-vous?
Si la météo et les conditions de neige sont au top, alors oui: la descente du Lauberhorn, par exemple, ou alors celles de Kitzbühel, de Beaver Creek.

Entraîneur chez Swiss Ski (Fédération), ça vous aurait plu?
J’avais suivi des cours pour l’obtention du brevet d’entraîneur mais je ne suis pas allé jusqu’au bout. Par manque de temps (voir sous Palmarès, les missions, les travaux de Didier Défago).

Si le ski n’existait pas, quel autre sport auriez-vous pu pratiquer?
J’ai joué au foot, au tennis. C’est mon papa qui m’a poussé, encouragé à faire du ski. Il y a mis de son temps et de l’argent. Au SC Morgins, il y avait une très bonne dynamique. Quand j’avais 5, 6 ou 7 ans, il n’existait pas tous les sports dérivés qui alimentent le quotidien des jeunes, aujourd’hui. 

L'adrénaline, toujours elle!

Vous êtes du signe astrologique de la Balance. Il se dit, notamment, à leur sujet: sa recherche de la nuance, sa capacité à peser le pour et le contre le rend parfois hésitant. Vous êtes comme ça? 
(Sourire) -Il est vrai que sur certaines décisions, j’ai de la peine à trancher. En revanche, quand une chose me paraît évidente parce qu’elle définit ma façon de penser, je décide. Mais on peut se tromper.

Quel sujet pourrait vous fâcher?
Je parlerai plutôt de situations touchant différents secteurs: par exemple, les critiques gratuites dépourvues de raisons spécifiques, les considérations hâtives manquant de recul ou de connaissance.

Qu’avez-vous aimé le plus dans votre carrière de skieur: les courses, le milieu du ski, la descente?
Les courses, le géant, la descente; l’adrénaline qui n’existe nulle part ailleurs, faire quelque chose qu’on aime. J’ai eu la chance de beaucoup voyager et de skier dans des endroits extraordinaires, sorte de salle de jeux à ciel ouvert. 

Palmarès

  • Didier Défago est né le 2 octobre 1977 à Morgins.
  • Sa carrière a duré 19 ans (de 1996 à 2015, le 18 mars). 
  • 402 départs en Coupe du monde. À 120 reprises, il s’est classé dans le top 10.
  • Champion olympique de descente aux JO de Vancouver en 2010.
  • Classement: 1er Didier Défago, 1’54’’31. 2e Svindal, 1’54’’38 (à 1,90m). 3e 
  • Bode Miller, 1’54’’40 (à 2,44m). 
  • Il a gagné 5 épreuves de la Coupe du monde: 2003, Super G à Val Gardena. 
  • 2009, descente de Wengen et Kitzbühel. 2012, descente de Bormio et 2014, Super G à Kitzbühel. 
  • Coupe du monde: en terminant encore 8 fois à la 2e place et 3 fois à la 3e, Didier Défago comptabilise 16 podiums. 
  • À 3 reprises, il a été 3e du classement général de la Coupe du monde (en descente, Super G et combiné).
  • À son actif, il a participé à 4 JO (2002 à Salt Lake City, 2006 à Turin, 2010 à Vancouver et 2014 à Sotchi). 
  • Il a participé à 7 Championnats du monde. Meilleurs résultats: 6e à Bormio de la descente et 4e du combiné à Äre en 2007).
  • Didier Défago a été champion du monde juniors du Super G, en 1996 à Schwytz, 2e du combiné et 3e du géant.
  • Il a été à deux reprises champion de Suisse: en 2003 à Verbier (descente et géant) et en 2012 à Veysonnaz (en géant).
  • Pour le compte d’Ochsner Sports « Nous sommes ensemble depuis 2007 », Didier Défago est dans l’événementiel. Il partage ses expériences avec les clients de ce magasins aux multiples succursales.
  • Il organise en privé des sorties d’entreprises, à la carte.
  • Pour Rossignol, sa marque, Didier Défago a un mandat en Coupe d’Europe, il joue le rôle d’ambassadeur. «J’encadre l’équipe évoluant en Coupe d’Europe (matériel, développement). Avec l’apport, l’aide des athlètes, j’analyse le comportement du matériel.» 

 

Vidéos

Didier Défago, dix ans déjà, ici

 

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