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Dominique Herr, ancien footballeur international

10 juin 2021

 

Il est en forme, Dominique Herr, 55 ans, un âge où la sérénité prend le pas prudemment sur les tracas du quotidien, négociés différemment voire avec déférence quand la vie a été rondement menée sur le terrain, ou ailleurs, et qu’elle propose encore des surprises. Quand il ne se déplace pas en voiture, il utilise sa jolie Vespa «Pour parquer, c’est plus facile», d’un vert rappelant les toutes premières, quand la circulation était nettement moins dense et la vie moins compliquée. 

Depuis deux ans, il a retrouvé le club de ses débuts, le FCB, là où il a grandi,au propre comme au figuré, bâti sa carrière de grand défenseur central, au jeu de tête écœurant, pour l’adversaire, si rassurant pour ses coéquipiers. Il est «Verkauf Hospitality» au FC Bâle. «Je suis en contact avec les gens et j’aime ça, je suis fait pour ça», dit-il. «Je vends des places et des loges etc, mon rôle est de trouver des partenaires régionaux et de garder ceux qu’on a. J’ai un réseau, des relations, fortes. Je lis aussi les journaux, les magazines, les pubs. Je m’informe pour savoir quelle société, entreprise s’est implantée dans la région. L’objectif consiste à intéresser, à convaincre leurs dirigeants à investir au FCB. Le FCB est un club mythique et attractif qui offre une belle visibilité.» 

Activités distinctes

Dominique Herr accorde 40% de son temps au FC Bâle. Quand c’est jour de match, il accueille les gens, serre des mains, parle affaires, et recrute quand l’occasion se présente et il y en a. En parallèle, il travaille à 60% à la Bâloise assurances, partenaire du FCB. «Je travaille au bureau, derrière un écran et je ne vends rien. Je gère des dossiers.» Ses deux activités sont distinctes. Il souhaitait vivement qu’il en soit ainsi. «Mais quand dans la discussion je dis que j’ai un mandat au FCB, l’intérêt devient plus soutenu.» Le fait, aussi, que Dominique Herr a un passé dans le foot et qu’il habite dans la banlieue verte de Bâle dont il est un enfant est un argument favorable qui plait, qui pousse à la réflexion. 

Trop de commotions

Vous avez mis un terme à votre carrière à 30 ans, sur ordre des médecins. On imagine que cela n’a pas été facile à accepter...
...Mon poste de défenseur axial exigeait que je sois bon dans le jeu de tête. Avant ma dernière commotion datant de 1996 -Dominique Herr jouait alors avec le FC Sion-, j’en avais subie plusieurs auparavant, les premiers chocs remontant quand j’avais 17-18 ans. Avec le temps cet endroit est devenu de plus en plus sensible. Pour beaucoup cette sensibilité se situe au niveau des genoux, des tendons, par exemple. Chez moi, c’était la tête.

Donc, vous n’avez pas eu d’autre choix que...
...D’arrêter, oui. Sur le moment, ça n’a pas été facile d’accepter ça, de tout stopper du jour au lendemain, de tout quitter, les copains, le vestiaire et ses odeurs, des ambiances, une atmosphère. Mais la santé n’a pas de prix, et si j’avais continué, décidé de poursuivre l’aventure, sans doute aurais-je connu des problèmes; et au niveau des assurances aussi.

A l'aise partout

Vous avez connu 3 clubs et chez chacun d’eux, vous y êtes resté 4 saisons...
...C’est un hasard (il sourit). J’avais quitté Bâle sur une relégation en LNB et qui n’avait plus d’argent. Au LS, j’ai vécu quatre belles saisons, on a été vice-champion mais nous méritions le titre. L’équipe était jeune et ça fonctionnait bien. L’entraîneur était Umberto Barberis. À SIon, Christian Constantin avait pris possession de la présidence. J’ai gagné deux Coupe de Suisse.

Quel est votre club de cœur? Le FC Bâle?
Je me suis senti bien partout où j’ai joué. Bon, le FC Bâle est le club où j’ai grandi, fait toutes mes classes, des touts petits jusqu’à la 1ère équipe, dans laquelle évoluaient des  jeunes du club. Je suis parti parce que le club avait des problèmes financiers et qu’il n’y avait pas de perspectives. Au LS, c’était différent, un autre endroit, avec des soirées avec la Confrérie, des vignerons. Nous étions une équipe de jeunes qui aimions bien rester avec les «vieux.» L’identification a toujours été pour moi importante. 

Passion valaisanne

Et à Sion?
C’est un lieu, une vallée que je ne connaissais pas trop. Ça été dur de partir parce qu’à Sion, dans le canton, il y avait de la passion. Elle est toujours très présente. J’habitais à Crans-Montana. En Valais, j’ai vécu une belle période. En Valais, on n’aime pas les gens qui ne foutent rien.

À Sion, on vous a donc beaucoup aimé parce que...
...J’étais un compétiteur, un gagneur. J’ai toujours été comme ça. Mon plaisir, c’était tu joues et tu gagnes. Le plaisir, c’est tout donner, pour arriver, grimper, progresser. Prendre la place à quelqu’un relève de la logique si on a tout fait et entrepris pour la conquérir. J’ai voulu toujours plus. Le jeu, c’est vouloir gagner, gagner des duels et dans la vie, c’est pareil. Le fait d’avoir du succès te permet d’avancer. C’est un état d’esprit, l’argent ne motive pas. La progression est un moteur et l’envie de gagner aussi. 

Les coeur des envies

L’adrénaline, elle se manifestait comment et où?
(Réflexion)-Chez moi, il n’y avait rien de particulier. Le public me motivait, le cœur gonflait mes envies. Ça, tu l’as ou tu ne l’as pas. Il ne s’agit pas d’une d’éducation. Enfant, j’aimais jouer, les jeux et c’est moi qui gagnait. 

Si le football n’existait pas, quel sport auriez-vous pratiqué?
Quand j’étais enfant, Karl Odermatt -légende du football suisse, joueur du FC Bâle- vivait dans le même immeuble. Lui était au 3e étage et nous, au 4e. Dès lors, le foot ne pouvait pas ne pas exister. Avec des copains, je jouais au tennis, peut-être que ce sport m’aurait intéressé.

Vous aimez la musique, plus particulièrement le heavy metal.
Oui, je suis fan de cette musique-là. Avec Yvan Quentin -ancien international et joueur du FC Sion-, j’ai assisté à un certain nombre de concerts metal. Chez moi, j’ai des disques, des affiches qui me les rappellent. 

Du tambour

Savez-vous jouer d’un instrument?
Jeune, j’avais joué du tambour, mais je n’ai jamais défilé au Carnaval de Bâle (Basler Fasnacht). Ça a duré 3 mois seulement, par manque de temps. J’avais l’école, le foot et ça faisait beaucoup. Si je sais chanter? Non, ni danser, je n’ai pas le rythme. 

À ce qu’il parait, vous aimez cuisiner...
...Oui et ma spécialité est le filet de tranches de bœuf flambés. La recette figure dans un livre édité par le FC Bâle dans lequel d’innombrables joueurs ou membres du club exposent leurs recettes. Quand j’étais gamin, Le plat que je préférais, resté dans ma mémoire, était les les filets mignons, On en mangeait à Noël. Quand on a des visites, c’est moi qui cuisine.

Quel métier n’auriez vous pu jamais faire?
Infirmier, soigner les gens. Je voue une énorme admiration pour le personnel soignant. Ce métier est un sacerdoce. Quel amour il faut avoir pour pratiquer cette profession. 

Palmarès

  • Dominique Herr est né le 25 octobre 1965 à Bâle.
  • Ancien footballeur international. Défenseur central.
  • Il a joué au FC Bâle (de 1984 à 1988), au LS (de 1988 à 1992), au FC SIon (de 1992 à 1996).
  • Il a gagné à deux reprises la Coupe de Suisse, avec SIon (en 1995 et en 1996)
  • Il n’a jamais été champion de Suisse.
  • Dominique Herr a été international de Suisse à 52 reprises. Il a disputé la World Cup aux Etats-Unis en 1994.

 

 

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